l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

On donne à l’élève un cahier de brouillon.

Entre le brouillon et le cahier du jour, le cahier d’essais, soumis à correction mais outil de recherche, ose un statut différent.

Mais il est amusant de dire « cahier de brouillon » comme si l’on convoquait le désordre sur la feuille.

Le désordre aurait-il des vertus nous qui passons notre temps à l’école à vouloir formaliser, codifier et obtenir des objets écrits « parfaits » ?

J’aime beaucoup ces blocs, ces carnets, ces petits formats, ces cahiers libres où l’élève  – et son maître parfois invité – note une idée, une phrase, gribouille un schéma, une formule, un dessin et laisse peut-être même le stylo aller à la rêverie graphique. Jeux entre l’espace, la pensée, le temps, l’ennui, l’inspiration…  Pense-bête ou support ponctuel, le brouillon est à la fois béquille, mise à jour, visualisation… liberté hautement personnelle.

Car il est bon et bien que l’élève redevenu enfant découvre cette liberté qu’il a de pouvoir écrire pour lui et pour les autres.

Même si cela concerne alors la sphère privée, l’école qui émancipe doit lui montrer qu’il peut gagner ce pouvoir. Ce pouvoir de grandir. Alors écrire est potentiellement subversif !

Du brouillon à l’essai, jusqu’aux formes les plus abouties, il est enrichissant pour l’élève de voir comment le professeur procède devant lui.

Comparer, voir l’effort sur le papier.

Nous manquons aujourd’hui des brouillons d’écrivains que le traitement informatique masque laissant croire parfois au geste unique, à la magie de l’improvisation…
Fulgurances. Fugacité  d’un écrit qu’on peut faire disparaitre ou perfectionner jusqu’à le partager, le faire connaitre, le publier.
En cela, le vieux Célestin, avait compris bien des choses…