l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Cette opposition permanente entre un modèle « transmissif » d’une part et un modèle « pédagogique » d’autre part me semble être une guerre dépassée.

L’école doit transmettre des connaissances et oser le faire. Le savoir, forgé au fil de l’Histoire, est l’oeuvre humaine et civilisatrice.Le vrai progrès n’est pas dans les inventions de l’homme, mais dans ce que sa pensée à su construire.

Les connaissances évoluent et s’enrichissent. Cette mouvance a laissé croire à une relativité du savoir qui parfois bouscule l’idée même de rationalité. Mais nos connaissances d’aujourd’hui s’inscrivent dans celles d’hier…

La première inégalité entre nos élèves, tient de ce que certains bénéficient à la maison de l’éclairage qui leur permet de comprendre tous les implicites que l’école ne lève pas.
Non, les élèves ne doivent pas venir avec un bagage de références pour s’exercer à l’école. C’est bien à nous, le plus souvent, de dire et d’enrichir ce bagage…

Cela ne s’oppose pas à l’idée d’apprendre à apprendre. Mais je ne peux apprendre à apprendre sans apprendre, à vide, sans contenu. Et si l’élève doit être au centre, au centre de notre préoccupation respectueuse et attentive, il doit être au centre des savoirs…

Transmettre, donner des clés, donner cet amour de la connaissance, partager cette curiosité.

Pour le maître créer des situations, des lieux de rencontre avec la connaissance, aider à lever les obstacles mais non pas créer des appareils spectaculaires ou amusants pour motiver… Ce n’est pas la situation créée qui doit être motivante mais le savoir lui même rendu savoureux par le maître…

Un maître qui aime le savoir et le fréquente. Un maître qui à l’école, va dans « les petites choses » en apparence insignifiantes montrer qu’il n’est pas de petit savoir.

La pédagogie n’est rien sans la didactique. Elle doit aussi veiller à l’estime de soi et rappeler sans cesse l’éducabilité.
Elle doit prendre en compte les âges et les représentations, elle doit repérer les priorités, elle doit oser évaluer non pas pour éliminer mais « donner de la valeur à »…

Et la difficulté pour les maîtres qui sont paradoxalement allés à l’Université, c’est souvent d’aller dans ces « petits savoirs », dans ce solfège qui leur semble parfois rébarbatif, trouver là le lieu de l’émerveillement : car il s’y trouve aussi.
La construction du nombre ou la rencontre des syllabes, sont des questions fondatrices.
La vision parfois négative de l’enseignement des bases ne vient-elle pas souvent d’un maître qui n’a pas perçu ce qu’il y a de passionnant dans ces connaissances en apparence simples et dans le rapport qu’élèves et maîtres entretiennent avec elles ?

Michael Edwards dans le Nouvel Observateur (20 Aout) « Le savoir c’est ce que l’on sait d’un phénomène. Alors que la connaissance, c’est le rapport que l’on crée avec lui ».