l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

La lecture ce matin d’un article en provenance du Québec nous rappelle que les préoccupations sur les mutations du système éducatif sont partagées.
« Le socle commun des connaissances et des compétences » par son titre lui même pose la primauté du savoir mais rappelle que « maîtriser le socle commun c’est être capable de mobiliser ses acquis dans des tâches et des situations complexes ».
Les compétences sont définies également en une déclinaison de connaissances, capacités et attitudes. Vision « englobante » qui peut sembler paradoxale. Le chemin qui mène au savoir devient important… si important qu’il y a risque que la méthode prenne le pas sur la connaissance finale. C’est la critique faite aux « constructivistes » parce qu’on ne peut imaginer reconstruire chaque connaissance avec tous les enfants.
En revanche, on peut observer que l’appropriation d’une connaissance passe par un travail réel sur la représentation que l’on peut en avoir et le travail du maître consiste aussi en la capacité de repérer par quel chemin on peut aller à la connaissance, quitte à oser prendre parfois quelque détour, quitte à oser interroger la connaissance elle même.
Ce croisement dynamique est difficile à intégrer. Une connaissance pour stabilisée qu’elle soit mérite souvent un retour. Le savoir évolue pour chacun au fil de l’augmentation de ses propres connaissances, il évolue pour tous au fil de l’évolution des connaissances. Complexité difficile à intégrer sans angoisse.
Le socle n’est pas qu’une base de connaissances « élémentaires », il est aussi une façon de penser sa relation à la connaissance et d’interroger la relation des domaines disciplinaires entre eux. Il faut relire « les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur« d’Edgar Morin (Seuil)