l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

En lisant certains débats, force est de constater que perdure l’idée d’un modèle de transmission des connaissances où l’élève serait passif.

Or, où bien l’élève comprend, apprend et retient, ou bien cela ne passe pas et ne reste guère…

Ainsi, si « ça passe », peut-on penser que l’élève serait resté passif ?

Alors ce serait un apprentissage à l’insu de sa conscience ?

Il y a des tas de choses que j’ai apprises parce qu’on me les a dites un jour. Parce que j’ai fait confiance un temps à mes maîtres. Ensuite ils ont eu l’audace  de m’inviter à l’esprit critique.

Il est aussi nombre de concepts et de résolution de problèmes que j’ai pu comprendre en manipulant, essayant, comparant… et j’ai souvent appris et mieux compris lorsque j’étais en situation réelle, devant construire un projet, trouver des solutions collectives, confronter des raisonnements…

Bien des méthodes actives ne consistent qu’à solliciter l’élève sur ce qu’il a appris au dehors, creusant par là l’inégalité entre « celui qui a pu apprendre au dehors » et en témoigner et « celui qui n’a pas eu de chance ».

Il ne suffit pas d’apprendre par coeur une règle pour la mettre en application. Réciter n’est pas comprendre.

Mais se constituer un solide patrimoine de référence, disposer d’une mémoire solide, « ça aide ».

Ne devrions-nous pas nous pencher sur ce que nous avons à enseigner et faire comprendre, en analyser les obstacles, les enjeux et rechercher les meilleures situations adaptées à l’apprentissage ?

Ne confondons pas la forme et le fond. Ne nous leurrons pas sur ce que nous enseignons et sur ce que nous voulons enseigner.

Les élèves ont besoin de contenus et de méthodes où ils puissent expérimenter divers chemins, changer de point de vue.

Mais ils ont besoin de clarté.

Nombre de séances proposées présentent un appareil pédagogique souvent très élaboré mais qui éloigne de l’objectif.

Ailleurs, d’autres séances, fondées sur la transmission verticale d’une règle, ont pour handicap de ne pas toujours être claires avec la vérité scientifique, d’affirmer sans permettre de vérifier, d’induire des généralisations abusives et de leurrer…

La vraie question est dans l’objet à enseigner, dans la relation au savoir.

A nous de dépasser parfois une vision de modèles que nous utilisons en repoussoir pour ne peut-être plus assez interroger nos pratiques.