l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

L’élève en échec n’est pas celui qui n’apprend pas et ne comprend pas. C’est souvent celui qui apprend et comprend autrement… et ces cailloux sur lesquels il bute, ces obstacles cognitifs, ont peut être à nous enseigner sur ce que nous n’avons pas su voir nous mêmes dans l’objet à apprendre.

Il faudrait alors que le maître apprenne à faire parler ces silences retenus de l’élève, qu’il mette en lumière ces zones qui restent à l’ombre, ces non-dits qui bloquent celui qui apprend et n’ose pas désigner ou appeler.

L’enfant qui bute sur la difficulté, cet enfant souvent pudiquement nommé « élève à besoins éducatifs particuliers », ce n’est pas un enfant « qui ne comprend pas ». C’est un enfant qui « ne comprend pas comme ça ».

Et l’obstacle sur lequel il bute parfois avec violence, c’est souvent l’implicite sur lequel nous sommes passés, mine de rien, nous laissant illusionner par d’autres élèves qui parlent mieux mais n’ont pas forcément « le concept »…

Le rapport au savoir est la vraie question des enseignants aujourd’hui avec en écho celle de l’étayage : il ne faut pas ôter les obstacles, il faut les décrypter, les faire parler, interpréter et donner à l’élève le courage d’essayer, la possibilité de reconnaître dans ce qu’il produit ce qui est première réussite.

Nous avons énormément à apprendre des élèves qui ne comprennent pas comme les autres. Il ne s’agit pas de répéter seulement, il faut expliciter – donner les références culturelles – et mettre en mots -faire du langage -.

L’un de nos enjeux forts à venir sera le traitement de la difficulté. Il ne s’agit pas seulement de faire des petits groupes et de « refaire à l’identique », il faudra aller regarder ce qui coince, soulever le capot… et même pour le maître le plus expérimenté, se poser humblement la question de ce que cache le plus petit savoir : cette règle que l’on énonce, cette  conjugaison que l’on récite, cette opération si simple… que cachent-elles d’enjeux, de problèmes et de questions pour nos élèves qui doivent dans un même mouvement apprendre et comprendre, essayer, reconnaître, refaire, mémoriser, stabiliser, transposer… mais toujours avec l’exigence du droit de comprendre ce que l’on est apprendre… ?