l'atelier pédagogique

l'enseignement à l'école primaire dans ses évolutions

Une forme de tabou semble encore régner chez les professeurs des écoles. Ils pensent volontiers leur projet de classe pour une année, parfois deux… ils esquissent à peine la perspective de changer de niveau et osent timidement concevoir de changer de cycle, de lieu, de fonction… d’orientation.

Evoluer dans sa carrière, monter un projet professionnel… pour l’oser, il faut peut-être un meilleur accompagnement. La grande maison apprend progressivement à gérer ses ressources humaines. On y parle même de « coaching », mais ce dernier est davantage vu comme un soutien à l’enseignant qui rencontre des difficultés qu’un véritable projet constructif et positif…

Parfois aussi, c’est « par défaut » que le projet professionnel doit se mettre en place, pour substituer dans l’urgence ou la nécessité un métier ou une fonction à l’actuel.

Oser se penser un projet professionnel c’est  s’inscrire dans une dynamique qui professionnalise sa relation personnelle au métier.

Une hypothèse est que cette absence de projet professionnel peut favoriser l’intrusion de la vie personnelle dans le travail quotidien en créant une perméabilité plus forte entre les aléas de sa vie et les difficultés de la classe , les uns nourrissant les autres.

Il n’y a rien d’indécent ou de présomptueux pourtant à se dire que l’on préparera l’examen du CAFIPEMF, un CAPASH, les entretiens de direction ou de conseiller pédagogique… Des perspectives existent qui doivent peut être gagner en valorisation mais qui sont moins réduites qu’on ne le laisse souvent augurer.

La stabilité rassure, elle est nécessaire… mais elle peut devenir ensablement. La mobilité, le projet, nous donnent des enjeux… Il faut oser se penser à cinq ans, dix ans… Esquisser le projet professionnel c’est aussi créer une distance avec son métier actuel, c’est questionner et faire progresser son habitus et avancer dans son quotidien.