Clam est une boîte ronde en plan et rectangulaire au bord très arrondis en élévation. Elle est coupée en deux par une ligne dentelée.
C’est une forme géométrique très lissée, si ce n’était cette denture qui peut être interprété de plusieurs façons. D’abord comme il s’agit d’un cendrier, ou plutôt de deux, chaque cran de cette dentelure est pratique pour tenir la cigarette au bord du cendrier, car il est à la taille du diamètre d’une cigarette. De plus cette dentelure ferme hermétiquement, ce qui occulte les odeurs et les mégots.
Mais surtout, c’est un objet jouet… Lorsqu’on manipule ces deux couvercles, ils ressemblent à une bouche toute en dent et a un coquillage bivalve semblant sortir de l’univers de la BD comique.
Et effectivement un clam est un coquillage, dont le nom sonne comme l’onomatopée qu’il ferait en se fermant brusquement.
Tout en plastique brillant, lisse et coloré, il est représentatif du design des années 60-70, que l’on qualifie souvent de pop, pour son recourt à l’imagerie populaire, ici la BD. On retrouve cette référence dans le Pop art et les œuvres de Roy Lichtenstein comme BLAM. Mais Clam est-il le véhicule d’une contestation, comme BLAM, tableau qui représente un gros plan d’attaque aérienne et l’onomatopée BLAM reproduisant une case de BD surdimensionnée.
Clam est-il le symbole d’une révolte contre l’impérialisme des codes artistiques et contre une société au prise avec les conflits générés par la guerre froide. Sous ces aspects ludiques, il sourit jaune et mord. On pourrait alors penser qu’en plus d’être un objet fonctionnel, il est un objet pop rebelle…

