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arts appliqués

Le déconstructivisme et les Folies de Bernard Tschumi

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LA DECONSTRUCTION : Une architecture de ruptures

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La transformation des outils de conceptions

Les années 1985-95 sont marquées par des changements fondamentaux dans les domaines de l’art et de l’architecture, comme les nouvelles possibilités offertes par l’informatique.

 Déconstruire ou construire autrement

La déconstruction s’oppose à toute forme de destruction ; elle constitue une attitude affirmative et positive ; elle est construction.

La déconstruction prône un goût pour la fragmentation, l’éclatement de la forme, la rotation des axes, l’entrecroisement des grilles, l’entremêlement des poutres, les murs inclinés et la juxtaposition radicale des matériaux.

 Architecture de la rupture, de la dislocation, de la distorsion et du déséquilibre, elle se détache des formes rectilignes et orthogonales de l’architecture modernistes.

 Acte de naissance de l’architecture déconstructiviste

La déconstruction en architecture trouve son point d’ancrage dans l’exposition new-yorkaise de 1988, Deconstructivist Architecture, rassemblant 7 architectes : Coop Himmelblau, Peter Eisenman,  Daniel Libeskind, Franck O’Gehry, Zaha Hadid, Rem Koolhaas, et Bernard Tschumi.

A l’origine

Le « Constructivisme »

Les opérations de distorsion, de dislocation ou d’interruption sur les structures et la géométrie appliquées par les déconstructivistes, sont en partie issues des transformations utilisées auparavant par l’avant-garde russe des années 20. Les formes créées par les artistes constructivistes ne proviennent plus d’une composition classique. L’avant garde russe rejette les beaux arts traditionnels ordonnée au profit d’une géométrie instable, de la profondeur et d’une dynamique au rythme cinétique.

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Le Modernisme

Le mouvement moderne qui se développait au même moment rappelle l’esprit des projets révolutionnaires du Constructivisme, par son utilisation des formes abstraites, son refus de l’ornement, son vocabulaire structural (poteaux, plan libre, fenêtres horizontales). Mais il substitue l’esthétique élégante du fonctionnalisme à l’instabilité des projets de l’avant garde russe par l’utilisation du tracé régulateur en particulier.

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Gordon Matta-Clark

 L’artiste américain Gordon Matta-Clark (1943-78) refaçonne les immeubles vides notamment en y découpant des fragments. Ainsi, il transforme l’architecture en sculpture, il met à nu l’âme d’une bâtisse : “to convert a place in a state of mind.”

Le déconstructivisme

Coop Himmelbau

 L’Open House de Coop Himmelblau (1983-1992), cette maison fut conçue à partir d’un dessin les yeux fermés. L’effet d’instabilité, d’inachèvement et de morcellement fait littéralement voler en éclats la géométrie orthogonale de l’immeuble rationaliste que l’on voit d’habitude. Elle est « ouverte » vers le ciel à travers la transparence de ses matériaux et l’interpénétration de ses volumes.

Peter Eisenman

 La Guardiola House de Peter Eisenman, projetée au flanc d’une colline, au bord du déséquilibre, se décompose rationnellement en une succession de volumes tronqués, fendus, penchés et disloqués, les déboîtements successifs d’un cube multipliant les ruptures.

Le Monument à l’holocauste à Berlin, est composé de stèles parallélépipédiques régulièrement espacées sur une trame et de plus en plus haute vers le centre, ce qui crée une sensation de perte de repère comme lorsqu’on est dans un labyrinthe labyrinthe.

Bernard Tschumi

 Au Parc de la Villette situé à Paris de Bernard Tschumi (1983), 25 folies transforment l’espace en promenade. Les folies (exemple de la n°7) résultent de l’éclatement d’un cube de 11 mètres de côté et de sa recomposition en d’infinies possibilités, mi sculptures, mi architectures.

 

 Clin d’oeil

BD « Dans la fièvre d’Urbicande », de Peters et Schuiten, un architecte est le spectateur impuissant de l’expansion d’un réseau cubique qui va bouleverser l’ordonnance de la ville qu’il a construite.

Conclusion

« Les projets déconstructivistes ne classent pas définitivement les architectes qui les ont conçus dans une catégorie stylistique. Ils marquent plutôt une époque pour rappeler que ces concepteurs ont participé à un travail commun sur l’architecture en gardant distinctement leur langage architectural.

Ces projets ont la capacité de déranger notre façon de penser les formes et leurs fonctions. Pour prendre un élément courant dans le vocabulaire architectural : le mur, sa disposition et ses différentes formes remettent en question la division des espaces intérieurs et extérieurs. La géométrie s’avère être plus complexe et la notion de protection ou de cloisonnement que procurent une pièce ou un ensemble bâti en est dérangée. La fermeture n’est pas simplement remplacée par l’ouverture du plan libre moderne, mais le mur est mis en tension, déchiré, plié. Il ne procure plus la sensation de sécurité en partageant le familier de l’étranger ou l’intérieur de l’extérieur mais toute la notion de clôture ou d’enceinte est décomposée.

Ce processus de subversion, au delà de toute idéologie ou folie de ses créateurs, démontre les multiples possibilités de combinaison du vocabulaire architectural trop souvent cristallisé dans l’architecture traditionnelle. »

Extrait de « Pourquoi déconstruire l’architecture ? » de Pierre Grenier


 Lien PDF : Déconstructivisme, Tschumi

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