Ce sujet est l’occasion à la fois de comprendre la démarche créative et d’apprendre à représenter des volumes dans l’espace
La main est un outil performant d’une architecture complexe et un formidable moyen de communication. Au confins des émotions et de la technicité, elles révèlent la sensibilité et le travail de l’être humain.
DEMANDE
A partir de l’expression « ENTRE NOS MAINS » vous définirez votre thématique personnelle.
Vous développerez diverses expérimentations plastiques et volumiques : dessin d’observation, peinture, graphisme, maquette, sculpture, vidéo, photographie…
Vous veillerez à la communication de votre travail dans sa présentation écrite et scénographique.
DÉMARCHE
– 1 Recherche
La démarche créative consiste dans une première phase en l’appropriation d’un sujet, d’une demande, d’une thématique.
Vous pouvez entamer des recherches de manière intuitive ou raisonnée.
Vous avez à votre disposition 3 impulsions que vous mettrez en oeuvre tour à tour :
- la recherche plastique : intuitive en vous exprimant librement, ou raisonnée en partant d’une idée (mots clés)
- la recherche sémantique : intuitive comme le brainstorming ou raisonnée comme la recherche de définition ou de champs lexicaux
- la recherche documentaire : intuitive en partant au hasard (existe t’il vraiment ?) ou raisonnées à partir de mots clés….
Vous devez dans tous les cas prendre du recul par rapport à votre production pour pouvoir singulariser votre réflexion et définir votre thématique personnelle. Prendre du recul consiste à classer, rassembler, définir des axes… pour vous permettre ensuite de poursuivre votre recherche dans une autre impulsion, fonder et approfondir votre réflexion.
– 2 Proposition
En en rendant compte par des textes de synthèse court vous aboutirez à définir une thématique personnelle que vous exploiterez dans une deuxième phase.
– Communiquer
Vous choisirez comment présenter vos recherches : carnet, planches, boîtes…
Vous accompagnerez votre présentation des textes de synthèses en veillant à leur mise en page et lien avec vos productions.
Quelques aides
Dessiner une main dans l’espace à partir de volumes simples.

La couleur de la peau

Pour mettre en volume un objet il faut ombrer sa couleur. Il suffit d’ajouter sa complémentaire. Pour obtenir un vert foncé par exemple il faut y adjoindre du rouge.
Selon la loi des contrastes simultanés les couleurs complémentaire se renforçant l’une l’autre, le résultat est plus intense, le volume tourne.
Dans le cas de la peau, il faut ajouter du bleu au mélange initial d’orange avec une pointe de bleu et du blanc .
Analyse d’une oeuvre
L’empreinte
Gabriel Orozco (né en 1962), Mis manos son mi corazón (littéralement,
Mes mains sont mon coeur), 1991, tirages photographiques. Il s’agit de
deux photographies ayant captées un geste d’empreinte, une action en deux
temps traduite en deux images : des mains serrées autour d’un matériau
presque invisible, puis, des mains ouvertes révélant ce qu’elles contiennent,
soit un volume d’argile portant
les marques de la pression subie par les mêmes mains.
Le titre, Mes mains sont mon coeur, amène une première
lecture : « mes mains » sont le moule, la matrice (le creux solide) qui ont
créé « mon coeur » qui, lui, est la marque, le moulage, l’empreinte de «
mes mains ». Les mains ouvertes de la deuxième photographie révèlent
un coeur, comme s’il venait d’être démoulé. Comme si ce coeur était bel
et bien l’exacte contre-forme du moule formé par ces deux mains. Mais il
ne s’agit que de l’empreinte de ces mains elles-mêmes, et non du moulage
d’un « vrai coeur »… Au creux des mains, au coeur de ces mains, se tient un
coeur. Le titre donné à ces deux photographies nous permet d’observer un
premier écart entre ce que l’on avait d’abord pressenti à la lecture du titre
et ce que l’on vient d’analyser par une observation attentive…
Le geste de Gabriel Orozco, la performance de l’empreinte documentée
par ces photographies, est un geste simple, évident, mais son geste artistique
(ces photographies soutenues par ce titre) révèle une plus grande
complexité, produisant différents écarts chargés de nombreux sens : un
écart surprenant (un coeur « apparaît »), un écart poétique (un geste d’offrande),
un écart drolatique (illustration de l’expression avoir le coeur sur la
main), un écart romantique (un coeur sensible, pétri, un coeur d’artichaut),
un écart anatomique (un contact épidermique produit une forme viscérale),
un écart séman- tique (un geste premier, évident, permettant de produire
l’organe à la fois vital et symbolique qu’est le coeur)… On sait Gabriel
Orozco artiste plasticien contemporain, on ne s’étonne donc pas que cette
oeuvre relevant des arts visuels ait du sens, soit porteuse de
significations et d’interprétations possibles…
Yannick Rifault, 2013
PDF : Orrozco