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arts appliqués

Le fonctionnalisme des années 50, le cas Jean Prouvé

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Contexte

Les débuts de la modernité et du fonctionnalisme, le début du XXe siècle

« Form follow fonction », « la forme suit la fonction » : l’architecte américain Louis Sullivan définit ainsi l’esthétique d’une  nouvelle architecture : la forme et l’apparence extérieure d’un bâtiment doivent découler de sa fonction et de ses articulations intérieures, définissant du même coup l’esthétique fonctionnelle.

« Ornement est crime« , l’architecte autrichien Adolf Loos publie « Ornament und Verbrechen », livre dans lequel il s’oppose à l’architecture éclectique et académique de la fin du XIXe siècle.

Walter Gropius écrit en parlant de la 1ère école d’arts appliqués qu’il a fondé à Weimar en 1919 : « Le Bauhaus veut servir au développement d’un habitat conforme aux besoins de l’époque, du simple ustensile ménager à la maison préfabriquée….Pour concevoir un récipient, une chaise, un bâtiment, de manière à ce qu’il fonctionne correctement, on doit d’abord étudier leur nature. Car ils doivent atteindre leur but, c’est à dire emplir pratiquement leur fonction, être durable, bon marché et beau. »

Naissance du design industriel, l’entre deux guerres

« Une maison est une machine à habiter. », Le Corbusier, 1924

« Ce qui est inutile est laid. Ce qui est laid se vend mal. » et  « La beauté par la fonction et la simplification » , Raymond Loewy, années 30

Design des années 50

 Simplification : le fonctionnalisme des années 50 veut tendre à l’unité de la forme grâce aux nouveaux matériaux, en particulier les matières plastiques. Cependant les designers ne l’obtiendront que dans les années 60.

Fauteuil modèle RAR

Charles & Ray EAMES, 1950 pour Herman Miller

Chaise « tulipe »

Eero Saarinen, 1956 pour Knoll

« Panton Chair »

Verner Panton, dessinée en 1956, éditée en 1967 par Herman Miller

Jean Prouvé

« Rien n’est plus déprimant qu’une planche à dessin […]. Sur le chantier, on ne déchire pas, on ne détruit pas, on construit. » Jean Prouvé

La recherche de l’équilibre

Un objet est fonctionnel s’il répond correctement à son usage et à son mode de production : pour Jean Prouvé, homme de terrain, les possibilités de la tôle d’acier pliée sont une source d’inspiration. Sa légèreté et sa résistance lui permettent de  créer des structures dynamiques, dans lesquelles chaque élément est nécessaire à l’équilibre de l’ensemble.

Architecture


Extrait du livre des cours du CNAM

 

Analyse 3D de la Maison de Nancy

[vimeo]http://vimeo.com/16204968[/vimeo]

 

La maison des jours meilleurs commandée par l’Abbé Pierre à Jean Prouvé après l’hiver 54 se révèle comme un véritable manifeste en faveur de l’industrialisation des procédés de construction. Habitat de type F3, composé de deux chambres et un salon, avec cuisine et salle d’eau comme noyau central, elle se veut  reproductible et économique.

Maison des jours meilleurs : Site du Moniteur

PdF du SCEREN

Hommage à Jean Prouvé,  site de la ville de Nancy 2012

Site du centre Pompidou

Jean Prouvé, les cours du CNAM

Mobilier

Dans le mobilier de Jean Prouvé, c’est le matériaux et ses qualités propres, les systèmes d’assemblage et leur résistance ainsi que la réflexion sur l’usage qui induit la forme.

Chaises

Chaise Standard, 1934

La charge exercée sur une chaise est la plus importante au niveau des pieds arrières, là elle doit supporter le poids du buste. Prouvé a mis en œuvre cette simple constatation de manière remarquable dans la Standard Chair. Tandis qu’un tube d’acier est suffisant pour les pieds avants dont la charge supportée est relativement faible, les pieds arrières sont constitués d’un corps creux volumineux qui transmet la charge au sol.

Extrait du site Vitra

dessin de Jean Prouvé extrait des cours du CNAM

Chaise Anthony, 1954

Ce siège créé au début des années cinquante pour la cité universitaire d’Antony, près de Paris, est l’une des dernières œuvres de Prouvé dans le domaine du design mobilier. Ce siège unique en son genre se distingue par une structure surprenante que Prouvé a su marier à des lignes d’une dynamique frappante.

Extrait du site Vitra

Tables

EM Table, 1950

Au début des années 50, Prouvé développait la table EM pour le projet de «Maison Tropicale». Cette table empreinte de la pensée constructive jusque dans le moindre détail repose sur une esthétique de la nécessité. Elle illustre le jeu des différentes forces et les relations statiques comme ne le font habituellement que les bâtiments conçus par des ingénieurs.

dessin de Jean Prouvé extrait des cours du CNAM

Table Trapèze, 1950

Tout comme la chaise Antony, la table Trapèze a été conçue à l’origine pour la cité universitaire d’Antony. Son nom renvoie à la forme caractéristique des deux pieds en tôle d’acier qui, avec les larges chants biseautés vers l’extérieur du plateau, soulignent le caractère massif de la structure.

Extrait du site Vitra

Le style international, les années 50

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