B.A.A.BA

arts appliqués

Observer/analyser une image

Comprendre comment fonctionne le langage de l’image, sa composition (morphologie), les caractéristiques formelles, mais aussi les codes auxquelles elle fait référence.   Un exemple tiré de Art Plastique au XXe siècle, analyse des mouvements et des oeuvres, Alain Biancheri, éd Delagrave Pédagogie et formation. Extraits de l’analyse du tableau Jaune-rouge-Bleu de Kandinsky, 1925 Kandinsky analyse

voici 2 exemples de relevés du tableau de Kandinsky parmi tant d’autres possibilités…! le 1er met en valeur la composition : la structure et l’équilibre du tableau, quand le second nous parle plutôt de mouvement et de dynamique ndp (note du professeur)

 

 

 

Morphologie

Deux grandes masses s’articulent de part et d’autre d’un espace oblique central et se détachent du fond pour former une direction dynamique induite par les obliques de l’extrémité inférieure gauche. Les deux masses sont reliées par des figures géométriques ou curvilignes qui, par superposition et transparence accentuent le sens de lecture que propose la grande barre noire. Le vocabulaire plastique se décompose en lignes et figures fermées.

– Les graphismes fins ou épais stabilisent la composition par leur orthogonalité et reprennent les directions du cadre. Les courbes et contre-courbes enferment sans les clôturer hermétiquement les deux grandes masses, tandis que les lignes ondulantes aux épaisseurs variées annoncent la référence à l’abstraction biomorphique. Tous les éléments linéaires constituent le tissu conjonctif de la composition.

– Les formes géométriques, telles que le carré ou le rectangle, équilibrent [a partie gauche du tableau et pivotent progressivement pour créer un effet cinétique tandis que les cercles ponctuent la surface par leurs différences de taille et les inversions de valeurs.

– Enfin les figures curvilinéaires de droite regroupent les quadrillages qui, par leur effet de perspective, multiplient les effets de profondeur.

Chromatisme

La répartition des couleurs correspond aux données du titre en établissant un sens de lecture de gauche à droite. Ainsi le jaune est décliné avec toutes ses nuances ocres, beiges et bruns dans un environnement de complémentaires violets; tandis que les surfaces centrales en rouge varient du carmin au rose pâle en s’accordant aux complémentaires vertes et turquoises des petites figures géométriques. Enfin, les bleus très denses – outremer et cobalt – ferment la composition avec leur halo d’ocre pâle. Ce voisinage de complémentaires se réfère aux accords que prônaient Delacroix et les expressionnistes; mais ici les gris colorés tempèrent les excès de contrasts trop heurtés.

Valeurs

La zone la plus sombre, dans la masse centrale, s’éclaircit avec le contraste des carrés et cercles qui illuminent l’espace; les cercles et graphismes noirs reprennent en écho cette clarté sur le fond.

Technique

Les modulations des surfaces géométriques et les dégradés des fonds renvoient aux procédés cubistes mais surtout aux transparences de l’aquarelle qu’affectionnaient les membres du « Cavalier Bleu », dont faisait partie Kandinsky. code de la spatialité: La profondeur est niée par les contacts de surfaces alternées clairs/foncés et les pénétrations des figures géométriques dans le fond par l’estompage des contours.

 

Et enfin

Après avoir été à l’origine de groupes d’artistes contestataires en Allemagne (« Phalanx »,1901, « Blaue Reiter », 19111, Kandinsky passe de la figuration expressionniste il l’abstraction grâce aux « impressions » qu’il puise directement dans la nature bavaroise et russe. Véritable précurseur de cette nouvelle forme d’art, il ôte toute référence à la réalité et élabore des oeuvres de plus en plus abouties qui deviennent des compositions autonomes sans aucun lien avec des formes réelles.

Les éléments qui composent le tableau ne se réfèrent à aucune réalité précise et constituent un ensemble non figuratif. Le titre renvoie aux couleurs principales et connote une recherche pédagogique qui correspond à l’enseignement de Kandinsky au Bauhaus après 1920 et aux pratiques de ses étudiants. Si ce tableau peut être considéré comme un exercice de style (le titre pourrait, en faire foi), le vocabulaire plastique qui entre en jeu dépasse l’aspect dogmatique pour atteindre une force d’expression qui renoue avec la spontanéité des « Improvisations ».

Commentaires Clos.