Le séisme destructeur d’Haïti est-il possible en Guadeloupe ?

Un séisme destructeur, de magnitude 7.0 est survenu mardi 12 janvier 2010 à Haïti à 16h53 heure locale, à proximité immédiate de la capitale fortement urbanisée, Port-au-Prince. Les dégâts sont considérables même si au moment de la rédaction cet article, aucun bilan officiel n’est encore disponible. La puissance du séisme, sa très faible profondeur, sa proximité des zones urbanisées, combinée à un contexte urbain particulièrement vulnérable (nombreuses constructions précaires construites pour certaines sur des terrains instables, nombreuses constructions, y compris des bâtiments publics officiels, a priori non parasismiques) expliquent en très grande partie l’ampleur de la catastrophe qui se dessine heure après heure.

Haïti est situé sur la bordure nord de la plaque caraïbe et le séisme est localisé sur une des failles formant cette limite de plaque. Dans ce contexte, les principales failles et probablement celle en cause le 12 janvier, fonctionnent en décrochement (un compartiment de la faille coulisse par rapport à l’autre). La faille dite d’Enriquillo est vraisemblablement celle qui a joué le 12 janvier. Elle est d’ampleur pluri kilométrique (500 km) et s’étend de Haïti à la Jamaïque. L’extension de la faille explique la forte magnitude puisqu’il y a un lien direct entre la longueur la faille en rupture et lamagnitude. Dans le cas présent, il s’agit d’une magnitude 7.0 avec une rupture de l’ordre de 50 km.
A partir des ces quelques constats, quelle comparaison, quelle liaison peut-on faire avec la Guadeloupe ?
La Guadeloupe est également située sur la bordure de la plaque Caraïbe, mais dans un contexte géodynamique très différent et sans aucun lien avec la région d’Haïti. Il n’y a donc aucune conséquence sur la sismicité en Guadeloupe, ni à court terme ni même à plus long terme.

Dans notre région, les deux plaques Amérique et Caraïbe ne coulissent pas horizontalement l’une par rapport à l’autre, mais la plaque Amérique s’enfonce directement sous la plaque caraïbe (phénomène de subduction).

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Cette configuration est à l’origine de séismes à la limite entre les plaques (les plus puissants potentiellement, comme le séisme historique de 1843), à l’intérieur de la plaque Amérique plongeante (comme celui de Martinique en novembre 2007) ou encore au sein de la plaque caraïbe (comme celui des Saintes en 2004 ou plus loin dans le passé, 1851 ou 1897).

Il n’y a donc pas en Guadeloupe de grande faille régionale décrochante comme celle d’Enriquillo, se développant sous ou à proximité des villes. En revanche, des failles d’extension moindre, au sein de la plaque Caraïbe, comme celle à l’origine du séisme des Saintes en 2004, sont présentes en différents points du territoire guadeloupéen, et parfois sous ou à proximité des villes. Elles ne fonctionnent pas en décrochement mais plus généralement en faille normale (affaissement d’un compartiment par rapport à l’autre). Elles sont d’extension kilométrique, ce qui signifie que la probabilité de générer des séismes de magnitude 7 est très faible. Les magnitudes maximales attendues sont de l’ordre de 6.0 à 6.5, soit de 15 à 30 fois moins puissant que le récent séisme d’Haïti.

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TF1 NEWS

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