Mar 13 2010

Temps des Poètes 2010 : Hommage à Max Rippon

Publié par bebel971 dans Français, Temps des poètes      

Max Rippon

Max Rippon est né le 29 février 1944 à Grand-Bourg (Marie-Galante). Son enfance se déroule à Grand-Bourg jusqu’à l’âge de onze ou douze ans quand il quitte son île pour aller à Point-à-Pitre, au Lycée Carnot.

Depuis il vit en Guadeloupe continentale. Et pourtant, comme forcené, il se définit et reste fondamentalement marie-galantais. Écrivain d’une grande rigueur, Max Rippon a le souci du détail vrai. Il dit de façon originale ce que chacun côtoie, voit, ressent, respire.

I have a Blues

J’ai donné à ma voix le tranchant de la faucille
J’ai donné à mes paroles la puissance des marteaux
Mon chant est demeuré ce long sanglot seul et triste
Usé sur l’enclume du temps qui passe sa paresse
Et pourtant l’espoir engage chaque arpent resté vif en moi
Voilà ma nuit de pleine lune venue à bout de mes matins neufs
Voilà la pluvine qui ruisselle et fait luire mon corps
Voilà le chemin rendu savonneux et plus glissant encor
Et ma lutte chaque jour plus rude
Et ma solitude accrochée au flanc des récifs
J’ai accepté de soumettre mon être aux souffrances des hommes
J’ai accepté en solitaire de gravir le morne le plus haut
Pour lire bien avant la route des quatorze détours
J’ai suivi ces tracés capricieux
Pour mener mes frères dans ces lieux paisibles que tu m’as indiqués
Et voilà qu’il pleut sur nous des larmes tièdes
Saumure tenace à la commissure de mes lèvres
Gland d’ancrage où se pose mon repos
J’ai peine à donner cadence aux espérances
J’ai peine à porter haut la voix à effilocher la paix des nuages
Pour convaincre le dernier des attardés
Et ma solitude accrochée aux portes béantes des avens
J’ai si souvent refusé d’être cette macula asservie
Qui lit le monde la nuit paupières closes
J’ai rêvé d’être à l’égal des autres hommes
Qui vont leur route le long les cannaies imberbes
Mais tu as voulu que je sois commissaire de ce peuple-là
Mais tu as voulu que je sois comptable soumis de ses errements
Et tu as voulu qu’avec mes seules mains nues
Je retourne la terre rêche pour faire fleurir les savanes inquiètes…
Je suis à ce point triste et point las de combattre la bombance des fromagers en rut
Je veux reforger l’acier dans lequel nous sommes trempés
Je veux connaître le jargon intime des galaxies
Pour lever l’unique route qui domine la crête des cyclones en feux
Je veux planter mon totem dans l’œil des tourbillons haineux
J’ai fait l’inventaire des étiers pour lier des espérances inabouties
Et ma solitude demeure accrochée à la barbe des vagues  furieuses
Donnez à mes mains  pouvoir de forger le destin des hommes à leur insu
Donnez à ma parole pouvoir d’apaiser ces silences grondants
Qui font trébucher nos pas lourds à porter
Donnez aussi à mon cœur force d’aimer le fossoyeur
Qui m’accordera la paix ultime
Au creux de cette terre que j’aurai tant aimée
Alors je rendrai aux matins tristes
La beauté d’une gouttelette de rosée
Suspendue au menton peureux de la feuille de siguine

Max Rippon

Cataplasme

Les hasards d’un commerce cupide
Nous a fait germer sur des rives distantes
Nous, long lasso d’îles chevauchant les failles profondes
Tétons hérissés dans les turquoises caraïbes
Te voilà Haïti Toma
Sœur blessée
Terre lardée
Linceul césarisé à vif
Si je devais parler de toi encore
Jumelle aride tant de fois éprouvée
J’épouserais le plus infime battement de ton cœur
Pour essorer tes plaintes résignées
Avec mon drap trop vieux, de hardes remisées
Les hasards de ce commerce cupide et honteux
A fait partition de terres soumises
Et ton sol tant de fois mis à rude partie
De sang asséché depuis si longtemps
S’est laissé briser en une seule semonce à sept degrés décomptés
Si je devais alors
Dire ma part de souffrances
Quand tes tripes le soir
S’étalent à même les flancs des coulées cathodiques
Je me ferais fils de Toma chérie
Délitant mes douleurs dans les rizières silencieuses de l’Artibonite inconsolée
Je me ferais messager vagabond des guerriers aphones
Pour chambouler la sieste des puissants
Je me voudrais buvard multiple, docile et poreux
Pour éponger tes larmes
Pour partager tes doutes et lever tes inquiétudes
J’interrogerais les lendemains lointains plongés dans la gorge des horizons
Pour donner à tes jours le meilleur du brillant des soleils
Je fermerais les yeux aux assauts des midis grondants
Pour t’inventer des aubes qui esquivent l’engourdissement du dernier angélus

Max Rippon « Une parole pour Haïti. Janvier 2010 »

Wi tan ka pasé

Menm si sé pou nou kouché do pou do
Bannou chofé po an kabann kanmenm
Doudou
Menm si sé pou nou kouché san dégoudi machwa
Annou kabanné on ti-gouté
San chastren niyaj ka ba sòlèy masko
Lapli fifiné si nan kaz ka ba tòl karès an do
Annou profité titak pou ba lanmou on ti chans lofé
Doudou
Lanné ki lanné ja filoché janmsé si nou
Ki fè lanvi rété pa ka réisi désann
Pli ba ki an bòdaj a lonbrik
Tan dja pasé si tan
Ki ba chak zobèl po a kò a-w
Gou ék lodè a lanmou ki rété lanké nèf é fwé an sèvèl an mwen
Kon gran-moman a dousin an fenfon ravin
Bèl tan pousyè tan pa ka rivé dolé…
Mi tan a kip épi élas rivé
Mi doulè é mi blès ka pran lanmen
Doudou sé fòs ka manké mwen pou an fè lèspri a-w pèd-tè
Jistan chofwèt a lanmou palanké nou an syèl douvan-jou
Doudou…
Nou sav sa nou sav é sé pousa kwa ka baré bouch

Max Rippon « Contribution à la journée du créole 2009 »


Mar 13 2010

Brevet/Histoire-Géographie : L’Union Européenne

Publié par bebel971 dans Brevet, Histoire/Géographie      

I. La réalisation d’une union dEtats
Construction et institutions de lU.E.
L’Union européenne s’est fixé des objectifs généraux :
– renforcer les relations entre les peuples européens pour favoriser la paix.
– affirmer son identité sur la scène internationale et ses valeurs démocratiques.
– renforcer la protection des droits, la croissance, l’accès à l’emploi pour les habitants de l’Union.
L’édifice communautaire s’est bâti par phases successives : la CECA, la CEE, l’UE. Cette construction s’inscrit selon des textes fondamentaux : le Traité de Rome, l’Acte unique, les traités de Maastricht et d’Amsterdam.
Les conditions de candidature sont d’être une démocratie et avoir une économie de marché.
L’UE s’est dotée d’organes institutionnels qui permettent son fonctionnement : le Conseil de l’Europe, la Commission européenne, le Parlement européen, la Cour de justice, la Cour des comptes.
Une union dEtats indépendants et différents
Les quinze Etats communautaires restent indépendants, malgré les transferts de compétence en faveur de Bruxelles.
Les Etats communautaires constituent par leur diversité une mosaïque d’identités nationales. Il existe au sein de l’Union 11 langues, différentes religions et des systèmes politiques très variés.
Il existe une forte hétérogénéité des niveaux de développement et ces disparités influencent l’organisation spatiale de l’Union européenne.
Le centre est le « cœur » de l’Europe, où se prennent les grandes décisions. Il englobe le bassin de Londres et le couloir rhénan. Les espaces intermédiaires sont constitués de zones plus ou moins dynamiques. Les espaces périphériques sont en marge.

II. Des politiques communes pour une puissance économique
Des politiques communes efficaces
La politique agricole commune (PAC) est une action communautaire majeure : elle représente la moitié du budget.
Ses objectifs reposent sur 4 principes : le marché unique, la préférence communautaire, des prix uniques et la modernisation des exploitations.
Les fortes productivités agricoles permettent à la l’UE de dégager des surplus exportables. Mais la PAC connaît aujourd’hui de nombreux problèmes (productions excédentaires, endettement). Intégrée au complexe agro-alimentaire, elle est devenue dépendante des circuits de distribution.
La coopération industrielle (Airbus, Ariane) est très dynamique.
L’UE favorise le développement de la coopération technologique et scientifique. Elle encourage les associations d’entreprises, les « eurofirmes » et accorde des aides financières aux secteurs en difficulté.
L’UE s’est dotée d’une Banque centrale, qui siège à Francfort.
Les transports, l’éducation (SOCRATES), l’environnement et la culture font l’objet de politiques spécifiques.
Un pôle majeur
Grâce à ses succès agricoles et industriels, l’UE est la première zone d’échange du monde. Les échanges intracommunautaires augmentent grâce à la libéralisation des échanges (abolition des frontières et des taxes douanières).
Important foyer d’immigration.
Rayonnement culturel (idéaux des droits de l’homme et de la démocratie).
L’UE est un décideur sur la scène politique internationale. La France et le Royaume-Uni sont des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.
L’Union attire les capitaux étrangers en devenant un espace d’implantation de firmes transnationales, renforcé par le rôle important des Bourses européennes (Paris, Londres, Francfort).

III. Les défis à venir de lEurope
Un rayonnement mondial
Il existe un modèle culturel européen. L’anglais, le français et l’espagnol sont parlés sur les 5 continents. L’UE est un foyer culturel avec ses universités renommées, ses chercheurs, ses artistes et ses écrivains.
L’UE protège son identité culturelle face à l’influence américaine ( cinéma, musique, télévision).
L’UE mène de nombreuses missions de solidarité et de coopération humanitaire avec les pays en développement. Les principaux bénéficiaires sont les Etats voisins et les anciennes colonies.
Les conventions de Lomé unissent depuis 1975 les pays ACP et l’UE.
C’est le premier espace touristique mondial, avec 2/3 des arrivées mondiales. Le tourisme, estival autant qu’hivernal, religieux ou d’affaires, est une activité créatrice d’emplois directs ou indirects.
Les problèmes et les limites de la communauté
Les Européens sont divisés sur de nombreux dossiers. L’affaire de la « vache folle » et l’embargo sur les produits bovins importés du Royaume-Uni l’a montré.
En politique étrangère, les Quinze adoptent difficilement une politique commune (ex-Yougoslavie).
L’UE est déséquilibrée car l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni assument l’essentiel du poids politique et économique et il existe une concurrence interne.
Les problèmes de chômage sont accrus par la concurrence et la mondialisation, qui poussent des secteurs à s’adapter ou à se reconvertir.
Sur le plan politique, l’Union doit construire une Europe à l’échelle humaine. A l’occasion des futurs élargissements, une réforme des institutions s’imposera.


Mar 13 2010

Hommage à Anthony Phelps (suite)

Publié par bebel971 dans Français, Temps des poètes      
Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge
Nous n’irons plus jouer à la marelle et lancer nos pions par-dessus le ciel de terre. Nous n’irons pas pêcher la lune au Quai Christophe Colomb.
Lorsque que j’ai appris qu’un tremblement de terre avait détruit ma ville natale, plusieurs passages de mon recueil : Mon Pays que voici, me sont revenus à la mémoire. Je ne me doutais pas, en 1965, qu’en écrivant cette marche poétique à l’intérieur de l’Histoire d’Haïti, je décrivais le drame qui frappe aujourd’hui mon Pays.
J’ignore encore si la maison familiale est restée debout, mais mes sœurs, neveux et nièce ont été épargnés. Certains amis manquent à l’appel. Plusieurs sont saufs. Mon appartement, dans mon ancienne station de radio Radio Cacique, a tenu le coup et abrite toujours mon lieu de mémoire.
Nos n’irons pas poser nos nasses dans le lit de la voie lactée pour piéger des étoiles doubles. Nous n’irons pas, le temps n’est plus au jeu nous avons dépassé le chant des marionnettes. Nous avons dépassé le chant de l’enfant-do. Et l’enfant ne dormira pas. Il fait un temps de veille. Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge.
L’église de mon enfance a été détruite, le Sacré-Cœur. Mon collège a disparu, l’Institution Saint Louis de Gonzague. Qu’est devenu le Centre d’Art et ses collections ? Les lycées, universités et autres écoles n’existent plus. Tant de voix se sont tues à jamais ! Tant de victimes d’une aveugle colère de cette terre qui nous a portés !…
Entre la liane des racines tout un peuple affligé de silence se déplace dans l’argileux mutisme des abîmes et s’inscrivant dans les rétines le mouvement ouateux a remplacé le verbe. La vie partout est veilleuse.
En nous nos veines au sang tourné sur nous, le cataplasme de la peur et sa tiédeur gluante et notre peau fanée, doublée de crainte, comme un habit trop ample baille sur des vestiges d’hommes. La vie partout est en veilleuse. Ô mon pays si triste est la saison qu’il est venu le temps de se parler par signe.
Qui donc va me redessiner mon Pays ?
Nous n’avons plus de bouche pour parler nous portons les malheurs du monde et les oiseaux ont fui notre odeur de cadavre. Le jour n’a plus sa transparence et ressemble à la nuit. O mon Pays si triste est la saison qu’il est venu le temps de se parler par signe.
Merci à celles et ceux dont les gestes viennent soulager notre détresse et nous aident à nous relever.
Étranger qui marches dans ma ville, souviens-toi que la terre que tu foules est terre du Poète et la plus noble et la plus belle, puisqu’avant tout c’est ma terre natale.
À la table de concertation pour la reconstruction du pays, en plus de la voix des gros bailleurs de fonds, qu’on entende celle de Cuba, celle de la République dominicaine pour une réconciliation dans la dignité. Celles des créateurs. Que les citoyennes et citoyens des beaux quartiers et des quartiers défavorisés soient consultés. Plus jamais de bidonville.
Mais, qui dirigera un tel projet ? Déjà le grand voisin s’est clairement manifesté. Il a dépêché dix mille soldats du corps le plus aguerri, le plus brutal de l’armée états-unienne : les marines. Dix mille marines pour lutter contre les tremblements de terre ? Ou pour agrandir les bases qu’ils viennent d’installer en Colombie ? Presque cent ans après l’invasion d’Haïti par les marines, assistons-nous à une nouvelle forme d’interventionnisme au nom de l’aide humanitaire ?
Je me demande ô mon pays quelle main a tracé sur le registre des nations une petite étoile à côté de ton nom.
Yankee de mon cœur qui entres chez moi en pays conquis, Yankee de mon cœur qui viens dans ma caille parler en anglais qui changes le nom de mes vieilles rues, Yankee de mon cœur, j’attends dans ma nuit que le vent change d’aire.
Une fois de plus nous avons rendez-vous avec l’Histoire. Ne ratons pas cette opportunité de construire, sur cet immense malheur, une société plus juste où chacun aura sa place.
Réinventons un pays, pour que ce petit garçon et cette petite fille, qu’on a sortis des décombres, aient une ville où il fera bon vivre.
Après les pleurs et les douleurs, on entendra monter le chant qui séchera toutes tes larmes, ô mon beau Pays sans écho. On entendra monter le chant des enfants qui auront seize ans, à la prochaine pleine lune. Même si je dors sous la terre, leur chanson saura me rejoindre et je dirai dans un poème que j’écrirai avec mes os : Mon beau Pays ? Pas mort ! Pas mort !
Anthony Phelps

Mar 13 2010

La surveillance des tortues marines a repris!

Publié par bebel971 dans Environnement      

Souhaitez-vous participer activement à la protection des tortues marines ?

OUI !

Alors rejoignez les équipes de bénévoles pour la campagne 2010
de suivi des pontes des tortues marines dans le Nord Basse-Terre !
L’

Les patrouilles ont repris !

En effet les membres de l’association Le Gaïac qui font partie du réseau tortues marines de Guadeloupe, regroupés par binôme, se rendent chaque jour et chaque nuit sur les deux plages de Cluny  ainsi que sur la plage de Nogent à Sainte-Rose pour faire le comptage des tortues marines qui viennent pondre sur ces plages. Cette surveillance est importante aussi parce qu’elle éloigne les braconniers en les empêchant d’agir par dissuasion.

Des élèves du collège participent à cette action vous pouvez encore vous joindre à eux et former de nouvelles patrouilles. Renseignez-vous auprès de Madame Flanet et de Monsieur Vibert.

Voici les tortues que vous aurez à surveiller…

La Tortue Verte

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Philippe Deproft

La Tortue Luth

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La Tortue Imbriquée

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Kap Natirel

Johan Chevalier

Matthieu Roulet

Cloe Marien

Laurent Malglaive

SOYEZ NOMBREUX A DECOUVRIR ET PROTEGER
LES TORTUES MARINES !