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Hokusai, quelle vie ! Vendredi, 10 juillet 2015

Hokusai, à qui a été consacré une exposition importante au Grand Palais à l’automne 2014, est le peintre japonais le plus célèbre à travers le monde. Mort à 89 ans en 1849, Hokusai a vécu mille vies. Passionné par son art, il lui sacrifie tout et mène une vie errante, changeant de nom à chaque fois qu’il veut se renouveler pour atteindre une forme plus haute de la peinture. Il abandonne les familles qu’il fonde, ses amis, ses disciples, pour toujours se réinventer ailleurs, parfois d’ailleurs poursuivi par ceux qu’il a blessés ou ceux qui l’adorent. Il passe de la plus grande célébrité à la misère la plus absolue, sans que jamais ces péripéties semblent l’atteindre.

Ce manga n’est pas un simple récit linéaire de la vie d’Hokusai. Son intérêt vient de sa construction qui privilégie certains épisodes de sa vie et les emboîte dans le désordre. Cette structure demande une petite gymnastique mentale, mais se révèle passionnante dans le sens où elle renforce le côté énigmatique de la personnalité exceptionnelle d’Hokusai, « le vieux fou de peinture ». Le dessin est remarquable d’expressivité. L’art de l’auteur réside dans l’élégance avec laquelle il insère dans ses pages les œuvres d’Hokusai lui-même, en les reproduisant avec fidélité. C’est un album magnifique dont la lecture ravit de bout en bout !

Hokusai, de Shôtarô Ishinomori, éd. Kana, 2014.

Thème : la vie du peintre japonais Hokusai.

Demandez le programme : pas de rapport avec un programme d’histoire en particulier, mais peut être une ressource en histoire des arts.

 

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Innocent, le bourreau de la Révolution ? Samedi, 13 juin 2015

 

 

 

L’histoire commence en 1753 : Charles-Henri a 14 ans, il est le fils du bourreau officiel, ce qui en fait un paria. Solitaire et mal dans sa peau, il doit commencer un apprentissage éprouvant pour prendre la succession de son père, seule carrière qui lui soit ouverte. Mais exécuter les gens le dégoûte…

Voici encore un manga historique richement documenté et d’une grande qualité graphique. Mais la lecture du volume 2 a confirmé ma première impression : il y a une grande complaisance pour la violence et l’horreur, une description si précise de la cruauté de l’éducation infligée aux enfants Sanson, que la lecture est éprouvante et finalement très déplaisante. Je ne continuerai pas cette série et la déconseille vivement aux âmes sensibles !

Innocent, de Shin’ichi Sakamoto, Delcourt, 2015.

Thème : la vie du bourreau Sanson avant et pendant la Révolution française.

Demandez le programme : 2e.

C’est proche du programme ? Pas vraiment, même s’il y a coïncidence chronologique. L’histoire est trop centrée sur le personnage principal pour aborder vraiment d’autres thèmes, en tout cas après lecture des deux premiers volumes.

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Ad astra, naissance d’un empire Mardi, 17 juin 2014

Les mangas historiques ont la cote ! L’éditeur de Cesare nous emmène cette fois dans l’antiquité. Au 3e siècle avant Jésus Christ, Rome est une république impérialiste. Son expansionnisme se heurte à une assez proche voisine, Carthage (Tunisie actuelle, alors maîtresse de la Sicile). Le manga porte sur l’affrontement entre les deux principaux stratèges des guerres « puniques » : Scipion dit « l’Africain » côté romain, et Hannibal côté carthaginois. Le premier volume est un épisode d’introduction : l’auteur nous décrit la jeunesse de ces deux commandants de génie et les origines de la guerre, qui sera développée dans les épisodes ultérieurs. Si le récit n’évite pas les légendes sur des personnages après tout peu documentés (on peut trouver discutable le nouveau-né déjà doué de la parole, par exemple), il reste plausible et soucieux de réalisme dans l’ensemble.

Pour ma part je regrette un peu une certaine monotonie du dessin des personnages qui complique leur identification, mais c’est un défaut de début de série qui va sans doute s’estomper. Les scènes de bataille par contre sont très bien rendues avec des points de vue cinématographiques très dynamiques.

Ad astra, de Mihachi Kagano, éditions Ki Oon, 2014.

Thème abordé : les guerres puniques entre Rome et Carthage au IIIe s. av. J.-C.

Demandez le programme : Seconde

C’est proche du programme ? A la marge puisque le chapitre de Seconde sur l’Antiquité ne porte que sur l’Empire et non sur la République. Cependant on peut lire cette BD comme une introduction au sujet et une réflexion intéressante sur la notion d’empire : ce n’est pas seulement une forme de régime politique mais aussi un mode de conquête et de gouvernement qui s’applique déjà à cette époque.

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Thermae Romae, quand la Rome antique percute le Japon contemporain Mercredi, 9 avril 2014

Lucius est un architecte romain qui vit sous le règne de l’empereur Hadrien au IIe sècle après J.-C. Sa vocation est de construire des thermes, mais ses plans démodés ne trouvent plus preneur. En panne d’inspiration, il trouve le salut dans une noyade accidentelle qui le propulse au Japon de notre époque. Et c’est ainsi, de noyade en noyade, qu’il va et vient entre deux époques et deux pays et comment on découvre que les bains publics japonais ont inspiré les thermes romains de l’Antiquité ! Ce ressort fantastique permet au lecteur de se familiariser avec des aspects méconnus des deux cultures. Les nombreux rebondissements comiques ou dramatiques des noyades à répétition de ce pauvre Lucius nous montrent à quel point le thème est riche et passionnant !

Thermae Romae, de Mari Yamazaki, Casterman, 2012 (manga, sens de lecture japonais).

Le thème d’histoire concerné : l’Antiquité romaine

Demandez le programme : Seconde

C’est proche du programme ? Pas vraiment, le thème est trop pointu, mais c’est une lecture qui vaut le coup !

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Cesare, les Borgia en manga Mercredi, 9 avril 2014

Cesare, c’est l’histoire de César Borgia, personnage flamboyant de la Renaissance italienne, fils du pape Alexandre VI (hé oui…) et inspirateur du Prince, de Machiavel. Son histoire est racontée à travers les yeux du personnage principal du manga, le jeune Angelo. Issu d’une famille modeste, c’est grâce à la protection de Laurent de Médicis, un autre grand prince italien, qu’il accède à l’université de Pise où il rencontre Cesare. Le héros naïf et maladroit est un procédé classique pour présenter une époque et un milieu aussi étrangers au lecteur. C’est bien amené et ne nuit pas du tout à la dynamique du récit. On s’intéresse très vite aux personnages et aux multiples découvertes, gaffes et bévues du héros. Bref, une série prometteuse !

Sur le plan du contenu historique, ce manga est réalisé avec un très grand souci de vraisemblance et basé sur une solide recherche. Chaque volume est accompagné d’une postface dans laquelle l’auteure explique un aspect de son travail, c’est vraiment passionnant ! De plus un historien est à chaque fois invité à détailler un aspect particulier de l’histoire développé dans le volume, que ce soit la vie étudiante à l’université, la religion, l’art, etc.

Cesare, de Fuyumi Soryo, éditions Ki-oon, 2013. Manga, sens de lecture japonais.

Le thème d’histoire concerné : la Renaissance italienne.

Demandez le programme : Seconde.

C’est proche du programme ? Oui, c’est une illustration fidèle (mais une fiction, attention !) du rôle des princes de la Renaissance.

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