Summary of Hamlet

Play Summary (Hamlet)

 Prince Hamlet is depressed and shocked to find his mother Gertrude already remarried. The Queen has wed Hamlet’s Uncle Claudius, the dead king’s brother. To Hamlet, the marriage is « foul incest. » Worse still, Claudius has had himself crowned King despite the fact that Hamlet was his father’s heir to the throne.

When his father’s ghost visits the castle, Hamlet’s suspicions are confirmed. The Ghost complains that he is unable to rest in peace because he was murdered by Claudius.

Hamlet vows to affect madness

In his continued reluctance to dispatch Claudius, Hamlet actually causes six ancillary deaths. The first death belongs to Polonius, (Ophelia’s father) whom Hamlet stabs through a wallhanging as the old man spies on Hamlet and Gertrude in the Queen’s private chamber.

 Claudius punishes Hamlet for Polonius’ death by exiling him to England. Ophelia, distraught over her father’s death and Hamlet’s behavior, drowns while singing sad love songs bemoaning the fate of a spurned lover. Her brother, Laertes, falls next.

 Laertes plots with Claudius to kill Hamlet. Laertes drops his poisoned sword. Hamlet retrieves the sword and cuts Laertes. The lethal poison kills Laertes. Before he dies, Laertes tells Hamlet that because Hamlet has already been cut with the same sword, he too will shortly die. Horatio diverts Hamlet’s attention from Laertes for a moment by pointing out that « The Queen falls. »

Gertrude, believing that Hamlet’s hitting Laertes means her son is winning the fencing match, has drunk a toast to her son from the poisoned cup Claudius had intended for Hamlet. The Queen dies.

As Laertes lies dying, he confesses to Hamlet his part in the plot and explains that Gertrude’s death lies on Claudius’ head. Finally enraged, Hamlet stabs Claudius with the poisoned sword and then pours the last of the poisoned wine down the King’s throat.

 Before he dies, Hamlet declares that the throne should now pass to Prince Fortinbras of Norway, and he implores his true friend Horatio to accurately explain the events that have led to the bloodbath at Elsinore.

Le bruit et la fureur de William Faulkner

SECTION 1

A travers la barrière, entre les vrilles des fleurs, je pouvais les voir frapper. Ils s’avançaient vers le drapeau, et je les suivais le long de la barrière. Luster cherchait quelque chose dans l’herbe, près de l’arbre à fleurs. Ils ont enlevé le drapeau et ils ont frappé. Et puis ils ont remis le drapeau et ils sont allés vers le terre-plein, et puis il a frappé, et l’autre a frappé aussi. Et puis, ils se sont éloignés et j’ai longé la barrière. Luster a quitté l’arbre à fleurs et nous avons suivi la barrière, et ils se sont arrêtés, et nous nous sommes arrêtés aussi, et j’ai regardé à travers la barrière pendant que Luster cherchait dans l’herbe.

— Ici, caddie ». Il a frappé. Ils ont traversé la prairie. Cramponné à la barrière, je les ai regardés s’éloigner.

— Écoutez-moi ça, dit Luster. A-t-on idée de se conduire comme ça, à trente-trois ans! Quand je me suis donné la peine d’aller jusqu’à la ville pour vous acheter ce gâteau. Quand vous aurez fini de geindre. Vous n’ pourriez pas m’aider à trouver ces vingt-cinq cents pour que je puisse aller voir les forains, ce soir?

Ils frappaient un peu, là-bas, dans la prairie. Je me suis dirigé vers le drapeau, le long de la barrière. Il claquait sur l’herbe brillante et sur les arbres.

— Venez, dit Luster.  Nous avons assez cherché ici. Ils  ne vont pas revenir tout de suite. Descendons au ruisseau pour trouver cette pièce avant que les nègres mettent la main dessus.

Il était rouge, et il claquait sur la prairie, et puis, un  oiseau s’est approché, en diagonale, et est resté perché  dessus. Luster a lancé. Le drapeau a claqué sur l’herbe brillante et sur les arbres. Je me cramponnais à la barrière.

— Quand vous aurez fini de geindre, dit Luster. J’ peux pas les faire revenir de force, hein? Si vous ne vous taisez pas, mammy n’ fêtera pas votre anniversaire. Si vous ne vous taisez pas, savez-vous ce que je ferai? J’ mangerai tout le gâteau. J’ mangerai les bougies aussi. J’ mangerai les trente-trois bougies. Venez, descendons au ruisseau. Faut que je trouve mon argent. Peut-être que nous trouverons une de leurs balles. Tenez, regardez, les voilà! Là-bas, au loin.» Il s’approcha de la barrière et montra avec son bras « Vous voyez. Ils n’ reviennent plus par ici. Venez. »

Nous avons longé la barrière et nous sommes arrivés à la clôture du jardin, là où se trouvaient les ombres. Mon ombre, sur la clôture, était plus grande que celle de Luster. Nous sommes arrivés à l’endroit cassé et nous avons passé à travers.

— Attendez une minute, dit Luster. Vous v’là encore accroché à ce clou. Vous n’ pouvez donc jamais passer par ici sans vous accrocher à ce clou?

Caddy m’a décroché et nous nous sommes faufilés par le trou. L’oncle Maury a dit qu’il ne fallait pas qu’on nous voie, aussi, nous ferons bien de nous baisser, dit Caddy. Baisse-toi, Benjy. Comme ça, tu vois? Nous nous sommes baissés et nous avons traversé le jardin où les fleurs grattaient et bruissaient contre nous. Le sol était dur. Nous avons grimpé par-dessus la barrière, là où les cochons grognaient et reniflaient. Je pense que c’est qu’ils ont de la peine, parce qu’on en a tué un aujourd’hui, dit Caddy. Le sol était dur, avec des mottes, des nœuds.

Garde tes mains dans tes poches, dit Caddy. Sans ça elles gèleraient. Tu ne voudrais pas avoir les mains gelées pour Noël, je suppose.

— Il fait trop froid dehors, dit Versh. Vous ne voulez pas sortir, voyons.

— Qu’est-ce qu’il a encore? dit maman.

— Il veut sortir, dit Versh.

— Laisse-le faire, dit l’oncle Maury.

— Il fait trop froid, dit maman. Il vaut mieux qu’il reste ici. Allons, Benjamin, tais-toi.

— Ça ne lui fera pas de mal, dit l’oncle Maury.

— Benjamin, voyons, dit maman, si tu ne te tiens pas comme il faut, je t’envoie à la cuisine.

— Mammy dit qu’elle ne le veut pas dans la cuisine aujourd’hui, dit Versh. Elle dit qu’elle a trop de choses à faire cuire.

— Laisse-le sortir, Caroline, dit l’oncle Maury. Tu te rendras malade à te tourmenter comme ça.

— Je le sais, dit maman. C’est le châtiment du bon Dieu. Parfois, je me demande.

— Je sais, je sais, dit l’oncle Maury. Il ne faut pas te laisser abattre. Je vais te préparer un toddy.

— Ça ne fera que m’agiter davantage, dit maman. Tu le sais bien.

— Tu te sentiras mieux après, dit l’oncle Maury. Couvre-le bien, petit, et mène-le dehors un moment.

L’oncle Maury est parti. Versh est parti.

— Tais-toi, je t’en prie, dit maman. On va te faire sortir le plus vite possible. Je ne veux pas que tu tombes malade.

Versh m’a mis mes caoutchoucs et mon pardessus, et nous avons pris ma casquette et nous sommes sortis. L’oncle Maury rangeait la bouteille dans le buffet de la salle à manger.

— Promène-le environ une demi-heure, dit l’oncle Maury, mais ne le laisse pas sortir de la cour.

— Bien m’sieur, dit Versh. Nous ne le laissons jamais sortir.

Nous sommes allés dehors. Le soleil était froid et brillant.

— Où donc que vous allez? dit Versh. Vous ne pensez pas que nous allons en ville? » Nous marchions dans les feuilles bruissantes. La grille était froide. « Vous feriez mieux de garder vos mains dans vos poches, dit Versh. Vous allez les geler sur cette grille. Et alors, qu’est-ce que vous ferez? Pourquoi que vous ne les attendez pas dans la maison? » Il a mis mes mains dans mes poches. Je pouvais l’entendre remuer dans les feuilles. Je pouvais sentir l’odeur du froid. La grille était froide.

— Tiens, v’là des noix. Chic! Grimpez à L’arbre. Regardez cet écureuil, Benjy.

Je ne pouvais pas sentir la grille du tout, mais je sentais l’odeur du froid brillant.

— Vous feriez mieux de garder vos mains dans vos poches.

Caddy marchait. Et puis elle s’est mise à courir. Son cartable sautait et dansait derrière elle.

— Bonjour, Benjy », dit Caddy. Elle a ouvert grille et elle est entrée, et elle s’est baissée. Caddy sentait comme les feuilles. « Tu es venu à ma rencontre, dit-elle. Tu es venu attendre Caddy? Pourquoi l’as-tu laissé se geler les mains comme ça, Versh ? »

— J’ lui ai dit de les mettre dans ses poches, dit Versh. Mais, à se cramponner comme ça à cette grille !

— Tu es venu attendre Caddy? dit-elle en me frottant les mains. Qu’est-ce qu’il y a? Qu’est-ce que tu essaies de lui dire, à Caddy? » Caddy sentait comme les arbres, et comme lorsqu’elle dit que nous dormions.

Pourquoi que vous geignez comme ça, dit Luster. Vous les reverrez quand nous arriverons au ruisseau. Tenez, voilà un datura. Il m’a donné la fleur. Nous avons passé à travers la clôture, dans le champ.

— Qu’est-ce qu’il y a? dit Caddy. Qu’est-ce que tu essaies de lui dire à Caddy? C’est eux qui l’ont fait sortir, Versh?

— On n’ pouvait pas le tenir à la maison, dit Versh. Il n’a pas eu de cesse qu’on n’ l’ait mis dehors. Et il est venu tout droit ici, regarder par la grille.

— Qu’est-ce qu’il y a? dit Caddy. Tu croyais peut-être que ça serait Noël quand je rentrerais de l’école. C’est ça que tu croyais? Noël, c’est après-demain. Le Père Noël, Benjy, le Père Noël! Viens, courons jusqu’à la maison pour nous réchauffer. » Elle m’a pris par la main et nous avons couru dans le bruissement des feuilles brillantes. Nous avons monté les marches en courant; et nous sommes entrés du froid brillant dans le froid noir.

Sound and Fury by William Faulkner

The Sound and Fury (Click for French version)

April 7,1928

Through the fence, between the curling flower spaces, I could see them hitting. They were coming toward where the flag was and I went along the fence. Luster was hunting in the grass by the flower tree. They took the flag out, and they were hitting. Then they put the flag back and they went to the table, and he hit and the other hit. Then they went on, and I went along the fence. Luster came away from the flower tree and we went along the fence and they stopped and we stopped and I looked through the fence while Luster was hunting in the grass.

« Here, caddie. » He hit. They went away across the pasture. I held to the fence and watched them going away.

« Listen at you, now. » Luster said. « Aint you something, thirty three years old, going on that way.

After I done went all the way to town to buy you that cake. Hush up that moaning. Aint you going to help me find that quarter so I can go to the show tonight. »

They were hitting little, across the pasture. I went back along the fence to where the flag was. It flapped on the bright grass and the trees.

« Come on. » Luster said. « We done looked there. They aint no more coming right now. Les go down to the branch and find that quarter before them niggers finds it. »

It was red, flapping on the pasture. Then there was a bird slanting and tilting on it. Luster threw.

The flag flapped on the bright grass and the trees. I held to the fence.

« Shut up that moaning. » Luster said. « I cant make them come if they aint coming, can I. If you dont hush up, mammy aint going to have no birthday for you. If you dont hush, you know what I going to do.

I going to eat that cake all up. Eat them candles, too. Eat all them thirty three candles. Come on, les go down to the branch. I got to find my quarter. Maybe we can find one of they balls. Here. Here they is.

Way over yonder. See. » He came to the fence and pointed his arm. « See them. They aint coming back here no more. Come on.

We went along the fence and came to the garden fence, where our shadows were. My shadow was higher than Luster’s on the fence. We came to the hroken place and went through it.

« Wait a minute. » Luster said. « You snagged on that nail again. Cant you never crawl through here without snagging on that nail. »

4.1

Caddy uncaught me and we crawled through. Uncle Maury said to not let anybody see us, so we better stoop over, Caddy said. Stoop over, Benjy. Like this, see. We stooped over and crossed the garden, where the flowers rasped and rattled against us. The ground was hard. We climbed the fence… The ground was hard, churned and knotted. Keep your hands in your pockets, Caddy said. Or they’ll get froze. You dont want your hands froze on Christmas, do you.

« It’s too cold out there. » Versh said. « You dont want to go outdoors. »

« What is it now. » Mother said.

« He want to go out doors. » Versh said.

« Let him go. » Uncle Maury said.

« It’s too cold. » Mother said. « He’d better stay in. Benjamin. Stop that, now. »

« It wont hurt him. » Uncle Maury said.

« You, Benjamin. » Mother said. « If vou dont be good, you’ll have to go to the kitchen. »

« Mammy say keep him out the kitchen today. » Versh said. « She say she got all that cooking to get done. »

« Let him go, Caroline. » Uncle Maury said. « You’ll worry yourself sick over him. »

« I know it. » Mother said. « It’s a judgment on me. I sometimes wonder. »

« I know, I know. » Uncle Maury said. « You must keep your strength up. I’ll make you a toddy. »

« It just upsets me that much more. » Mother said. « Dont you know it does. »

« You’ll feel better.  » Uncle Maury said. « Wrap him up good, boy, and take him out for a while. »

Uncle Maury went away. Versh went away.

« Please hush. » Mother said. « We’re trying to get you out as fast as we can. I dont want you to get sick. »……..

We went out doors. The sun was cold and bright.

« Where you heading for. » Versh said. « You dont think you going to town, does you. » We went through the rattling leaves. The gate was cold. « You better keep them hands in your pockets. » Versh said. « You get them froze onto that gate, then what you do. Whyn’t you wait for them in the house. » He put my hands into my pockets. I could hear him rattling in the leaves. I could smell the cold. The gate was cold.

Caddy was walking. Then she was running, her booksatchel swinging and jouncing behind her.

« Hello, Benjy. » Caddy said. She opened the gate and came in and stooped down. Caddy smelled like leaves. « Did you come to meet me. » she said. « Did you come to meet Caddy. What did you let him get his hands so cold for, Versh. » « I told him to keep them in his pockets. » Versh said. « Holding on to that ahun gate. »….

« Did you come to meet Caddy. » she said, rubbing my hands. « What is it. What are you trying to tell Caddy. » Caddy smelled like trees and like when she says we were asleep.

A biography of Shakespeare

 

shakespeare-21William Shakespeare (1564-1616). English poet and playwright –  Shakespeare is widely considered to be  the greatest writer in the English language. He wrote 38 plays and 154 sonnets. William Shakespeare was born in Stratford-upon-Avon on 23rd April 1564.

His father William was a successful local businessman and his mother Mary was the daughter of a landowner. Relatively prosperous, it is likely the family paid for Williams education, although there is no evidence he attended university.

In 1582 William, aged only 18, married an older woman named Anne Hathaway. They had three children, Susanna, Hamnet and Juliet. Their only son Hamnet died aged just 11.

After his marriage, information about the life of Shakespeare is sketchy but it seems he spent most of his time in London – writing and acting in his plays.

Due to some well timed investments Shakespeare was able to secure a firm financial background, leaving time for writing and acting. The best of these investments was buying some real estate near Stratford in 1605, which soon doubled in value.

It seemed Shakespeare didn’t mind being absent from his family – he only returned home during Lent when all the theatres were closed. It is generally thought that during the 1590s he wrote the majority of his sonnets. This was a time of prolific writing and his plays developed a good deal of interest and controversy. His early plays were mainly comedies (e.g.Much Ado about Nothing, A Midsummer’s Night Dream) and histories (e.g. Henry V)

By the early Seventeenth Century, Shakespeare had begun to write plays in the genre of tragedy. These plays, such as HamletOthello and King Lear, often hinge on some fatal error or flaw in the lead character, and provide fascinating insights into the darker aspects of human nature. These later plays are considered Shakespeare’s finest achievements.

Some academics known as the “Oxfords” claim that Shakespeare never actually wrote any plays. They contend Shakespeare was actually just a successful businessman, and for authorship suggest names such as Edward de Vere. Nevertheless there is evidence of Shakespeare in theatres as he received a variety of criticism from people such as Ben Johnson and Robert Greene. When writing an introduction to Shakespeare’s First Folio of published plays in 1623, Johnson wrote of Shakespeare: “not of an age, but for all time”

During his lifetime, Shakespeare was not without controversy, but he also received lavish praise for his plays which were very popular and commercially successful.

His plays have retained an enduring appeal throughout history and throughout the world. Some of his most popular plays include:

  • Twelfth Night
  • Henry V
  • Romeo and Juliet
  • Macbeth
  • Hamlet
  • King Lear
  • Othello

Death of Shakespeare

Shakespeare died in 1616; it is not clear how he died and numerous suggestions have been put forward. John Ward, the local vicar of Holy Trinity Church in Stratford (where Shakespeare is buried), writes in a diary account that:

“Shakespeare, Drayton, and Ben Jonson had a merry meeting and it seems drank too hard, for Shakespeare died of a fever there contracted.”

In 1616, there was an outbreak of typhus (“The new fever”) which may have been the cause. The average life expectancy of someone born in London, England in the Sixteenth Century was about 35 years old, Shakespeare died age 52.

http://www.biographyonline.net/poets/william_shakespeare.html

Hamlet by Shakespeare (French text)

SCÈNE II

Salle d’État dans le château.

Entrent le Roi, la Reine, Hamlet, Polonius, Laertes, voltimand, Cornélius, des seigneurs et leur suite.

LE ROI

Bien que la mort de notre cher frère Hamlet soit un souvenir toujours récent ; bien qu’il soit convenable pour nous de maintenir nos cœurs dans le chagrin, et, pour tous nos sujets, d’avoir sur le front la même contraction de douleur, cependant la raison, en lutte avec la nature, veut que nous pensions à lui avec une sage tristesse, et sans nous oublier nous-mêmes. Voilà pourquoi celle qui fut jadis notre sœur, qui est maintenant notre reine, et notre associée à l’empire de ce belliqueux État, a été prise par nous pour femme. C’est avec une joie douloureuse, en souriant d’un œil et en pleurant de l’autre, en mêlant le chant des funérailles au chant des noces, et en tenant la balance égale entre la joie et la douleur, que nous nous sommes mariés ; nous n’avons pas résisté à vos sages conseils qui ont été librement donnés dans toute cette affaire. Nos remerciements à tous ! Maintenant passons outre, et sachez que le jeune Fortinbras se faisant une faible idée de nos forces ou pensant que, par suite de la mort de feu notre cher frère, notre empire se lézarde et tombe en ruine, est poursuivi par la chimère de sa supériorité, et n’a cessé de nous importuner de messages, par lesquels il nous réclame les terres très légalement cédées par son père à notre frère très vaillant. Voilà pour lui.

Quant à nous et à l’objet de cette assemblée, voici quelle est l’affaire. Nous avons écrit sous ce pli au roi de Norvège, oncle du jeune Fortinbras qui, impotent et retenu au lit, connaît à peine les intentions de son neveu afin qu’il ait à arrêter ses menées ; car les levées et les enrôlements nécessaires à la formation des corps se font tous parmi ses sujets. Sur ce, nous vous dépêchons, vous, brave Cornélius, et vous, Voltimand, pour porter ces compliments écrits au vieux Norvégien ; et nous limitons vos pouvoirs personnels, dans vos négociations avec le roi, à la teneur des instructions détaillées que voici. Adieu ! et que votre diligence prouve votre dévouement !

CORNÉLIUS et VOLTIMAND

En cela, comme en tout, nous vous montrerons notre dévouement.

LE ROI.

Nous n’en doutons pas. Adieu de tout cœur !

Voltimand et Cornélius sortent.

Et maintenant, Laertes, qu’avez-vous de nouveau à me dire ? Vous nous avez parlé d’une requête. Qu’est-ce, Laertes ? Vous ne sauriez parler raison au roi de Danemark et perdre vos paroles. Que peux-tu désirer, Laertes, que je ne sois prêt à t’accorder avant que tu le demandes ? La tête n’est pas plus naturellement dévouée au cœur, la main plus serviable à la bouche, que la couronne de Danemark ne l’est à ton père. Que veux-tu, Laertes ?

LAERTES

Mon redouté seigneur, je demande votre congé et votre agrément pour retourner en France.

Je suis venu avec empressement en Danemark pour vous rendre hommage à votre couronnement ; mais maintenant, je dois l’avouer, ce devoir une fois rempli, mes pensées et mes vœux se tournent de nouveau vers la France, et s’inclinent humblement devant votre gracieux congé.

LE ROI

Avez-vous la permission de votre père ? Que dit Polonius ?

POLONIUS

Il a fini, monseigneur, par me l’arracher à force d’importunités ; mais, enfin, j’ai à regret mis à son désir le sceau de mon consentement. Je vous supplie de le laisser partir.

 

LE ROI

Pars quand tu voudras, Laertes : le temps t’appartient, emploie-le au gré de tes plus chers caprices.

Eh bien ! Hamlet mon cousin et mon fils…

HAMLET à part

Un peu plus que cousin, et un peu moins que fils.

LE ROI

Pourquoi ces nuages qui planent encore sur votre front ?

HAMLET

Il n’en est rien, seigneur ; je suis trop près du soleil.

LA REINE

Bon Hamlet, dépouille ces couleurs nocturnes, et jette au roi de Danemark un regard ami.

Ne t’acharne pas, les paupières ainsi baissées, à chercher ton noble père dans la poussière. Tu le sais, c’est la règle commune : tout ce qui vit doit mourir, emporté par la nature dans l’éternité.

HAMLET

Oui, madame, c’est la règle commune.

LA REINE

S’il en est ainsi, pourquoi, dans le cas présent, te semble-t-elle si étrange ?

HAMLET

Elle me semble, madame ! Non : elle est. Je ne connais pas les semblants. Ce n’est pas seulement ce manteau noir comme l’encre, bonne mère, ni ce costume obligé d’un deuil solennel, ni le souffle violent d’un soupir forcé, ni le ruisseau intarissable qui inonde les yeux, ni la mine abattue du visage, ni toutes ces formes, tous ces modes, toutes ces apparences de la douleur, qui peuvent révéler ce que j’éprouve. Ce sont là des semblants, car ce sont des actions qu’un homme peut jouer ; mais j’ai en moi ce qui ne peut se feindre. Tout le reste n’est que le harnais et le vêtement de la douleur.

LE ROI

C’est chose touchante et honorable pour votre caractère, Hamlet de rendre à votre père ces funèbres devoirs. Mais, rappelez-vous-le, votre père avait perdu son père, celui-ci avait perdu le sien. C’est pour le survivant une obligation filiale de garder pendant quelque temps la tristesse du deuil ; mais persévérer dans une affliction obstinée, c’est le fait d’un entêtement impie ; c’est une douleur indigne d’un homme ; c’est la preuve d’une volonté en révolte contre le ciel, d’un cœur sans humilité, d’une âme sans résignation, d’une intelligence simple et illettrée. Car, pour un fait qui, nous le savons, doit nécessairement arriver, et est aussi commun que la chose la plus vulgaire, à quoi bon, dans une opposition maussade, nous émouvoir à ce point ? Fi ! c’est une offense au ciel, une offense aux morts, une offense à la nature, une offense absurde à la raison, pour qui la mort des pères est un lieu commun et qui n’a cessé de crier, depuis le premier cadavre jusqu’à l’homme qui meurt aujourd’hui : Cela doit être ainsi ! Nous vous en prions, jetez à terre cette impuissante douleur, et regardez-nous comme un père. Car, que le monde le sache bien ! vous êtes de tous le plus proche de notre trône ; et la noble affection que le plus tendre père a pour son fils, je l’éprouve pour vous. Quant à votre projet de retourner aux écoles de Wittemberg, il est en tout contraire à notre désir ; nous vous en supplions, consentez à rester ici, pour la joie et la consolation de nos yeux, vous, le premier de notre cour, notre cousin et notre fils.

LA REINE

Que les prières de ta mère ne soient pas perdues, Hamlet ! je t’en prie, reste avec nous ; ne va pas à Wittemberg.

HAMLET

Je ferai de mon mieux pour vous obéir en tout, madame.

LE ROI

Allons, voilà une réponse affectueuse et convenable.

Soyez en Danemark comme nous-même… Venez, madame. Cette déférence gracieuse et naturelle d’Hamlet sourit à mon cœur : en actions de grâces, je veux que le roi de Danemark ne boive pas aujourd’hui une joyeuse santé, sans que les gros canons le disent aux nuages, et que chaque toast du roi soit répété par le ciel, écho du tonnerre terrestre. Sortons.

(Le Roi, la Reine, les seigneurs, Polonius et Laertes sortent.)

HAMLET

Ah ! si cette chair trop solide pouvait se fondre, se dissoudre et se perdre en rosée ! Si l’Éternel n’avait pas dirigé ses canons contre le suicide !… ô Dieu ! ô Dieu ! combien pesantes, usées, plates et stériles, me semblent toutes les jouissances de ce monde ! Fi de la vie ! ah ! fi ! C’est un jardin de mauvaises herbes qui montent en graine ; une végétation fétide et grossière est tout ce qui l’occupe. Que les choses en soient venues là ! Depuis deux mois seulement qu’il est mort ! Non, non, pas même deux mois ! Un roi si excellent ; qui était à celui-ci ce qu’Hypénon est à un satyre ; si tendre pour ma mère qu’il ne voulait pas permettre aux vents du ciel d’atteindre trop rudement son visage ! Ciel et terre ! faut-il que je me souvienne ? Quoi ! elle se pendait à lui, comme si ses désirs grandissaient en se rassasiant. Et pourtant ! En un mois… Ne pensons pas à cela… Fragilité, ton nom est femme ! En un petit mois, avant d’avoir usé les souliers avec lesquels elle suivait le corps de mon pauvre père, comme Niobé, tout en pleurs. Eh quoi ! elle, elle-même ! Ô ciel ! Une bête, qui n’a pas de réflexion, aurait gardé le deuil plus longtemps… Mariée avec mon oncle, le frère de mon père, mais pas plus semblable à mon père que moi à Hercule !

En un mois ! Avant même que le sel de ses larmes menteuses eût cessé d’irriter ses yeux rougis, elle s’est mariée ! Ô ardeur criminelle ! courir avec une telle vivacité à des draps incestueux ! C’est une mauvaise action qui ne peut mener à rien de bon. Mais tais-toi, mon cœur ! car il faut que je retienne ma langue.

(Entrent Horatio, Bernardo et Marcellus.)

HORATIO

Salut à Votre Seigneurie !

HAMLET

Je suis charmé de vous voir bien portant. Horatio, si j’ai bonne mémoire ?

HORATIO

Lui-même, monseigneur, et votre humble serviteur toujours.

HAMLET

Dites mon bon ami ; j’échangerai ce titre avec vous. Et que faites-vous loin de Wittemberg, Horatio ?… Marcellus !

MARCELLUS

Mon bon seigneur ?

HAMLET

Je suis charmé de vous voir ; bonsoir, monsieur ! Mais vraiment pourquoi avez-vous quitté Wittemberg ?

HORATIO

Un caprice de vagabond, mon bon seigneur !

HAMLET

Je ne laisserais pas votre ennemi parler de la sorte ; vous ne voudrez pas faire violence à mon oreille pour la forcer à croire votre propre déposition contre vous-même.

Je sais que vous n’êtes point un vagabond. Mais quelle affaire avez-vous à Elseneur ? Nous vous apprendrons à boire sec avant votre départ.

HORATIO

Monseigneur, j’étais venu pour assister aux funérailles de votre père.

HAMLET

Ne te moque pas de moi, je t’en prie, camarade étudiant ! je crois que c’est pour assister aux noces de ma mère.

HORATIO

Il est vrai, monseigneur, qu’elles ont suivi de bien près.

HAMLET

Économie ! économie, Horatio ! Les viandes cuites pour les funérailles ont été servies froides sur les tables du mariage. Que n’ai-je été rejoindre mon plus intime ennemi dans le ciel plutôt que d’avoir jamais vu ce jour, Horatio ! Mon père ! Il me semble que je vois mon père !.

HORATIO

Où donc, monseigneur ?

HAMLET

Avec les yeux de la pensée, Horatio

HORATIO

Je l’ai vu jadis : c’était un magnifique roi.

HAMLET

C’était un homme auquel, tout bien considéré, je ne retrouverai pas de pareil.

HORATIO

Monseigneur, je crois l’avoir vu la nuit dernière.

HAMLET

Vu ! Qui ?

HORATIO

Monseigneur, le roi votre père.

HAMLET

Le roi mon père !

HORATIO

Calmez pour un moment votre surprise par l’attention, afin que je puisse, avec le témoignage de ces messieurs, vous raconter ce prodige.

HAMLET

Pour l’amour de Dieu, parle !

HORATIO

Pendant deux nuits de suite, tandis que ces messieurs, Marcellus et Bernardo, étaient de garde, au milieu du désert funèbre de la nuit, voici ce qui leur est arrivé. Une figure semblable à votre père, armée de toutes pièces, de pied en cap, leur est apparue, et, avec une démarche solennelle, a passé lentement et majestueusement près d’eux ; trois fois elle s’est promenée devant leurs yeux interdits et fixes d’épouvante, à la distance du bâton qu’elle tenait. Et eux, dissous par la terreur en une sueur glacée, sont restés muets et n’ont osé lui parler. Ils m’ont fait part de ce secret effrayant ; et la nuit suivante j’ai monté la garde avec eux. Alors, juste sous la forme et à l’heure que tous deux m’avaient indiquées, sans qu’il y manquât un détail, l’apparition est revenue.

J’ai reconnu votre père ; ces deux mains ne sont pas plus semblables.

HAMLET

Mais où cela s’est-il passé ?

MARCELLUS

Monseigneur, sur la plate-forme où nous étions de garde.

HAMLET

Et vous ne lui avez pas parlé ?

HORATIO

Si, monseigneur ; mais il n’a fait aucune réponse. Une fois pourtant, il m’a semblé qu’il levait la tête et se mettait en mouvement comme s’il voulait parler ; mais alors, justement, le coq matinal a jeté un cri aigu ; et, à ce bruit, le spectre s’est enfui à la hâte et s’est évanoui de notre vue.

HAMLET

C’est très étrange.

HORATIO

C’est aussi vrai que j’existe, mon honoré seigneur ; et nous avons pensé qu’il était écrit dans notre devoir de vous en instruire.

HAMLET

Mais vraiment, vraiment, messieurs, ceci me trouble. Êtes-vous de garde cette nuit ?

MARCELLUS et BERNARDO

Oui, monseigneur.

HAMLET

Armé, dites-vous ?

MARCELLUS et BERNARDO

Armé, monseigneur.

HAMLET

De pied en cap ?

MARCELLUS et BERNARDO

De la tête aux pieds, monseigneur.

HAMLET

Vous n’avez donc pas vu sa figure ?

HORATIO

Oh ! si, monseigneur : il portait sa visière levée.

HAMLET

Eh bien ! avait-il l’air farouche ?

HORATIO

Plutôt l’aspect de la tristesse que de la colère.

HAMLET

Pâle, ou rouge ?

HORATIO

Ah ! très pâle.

HAMLET

Et il fixait les yeux sur vous ?

HORATIO

Constamment.

HAMLET

Je voudrais avoir été là.

HORATIO

Vous auriez été bien stupéfait.

HAMLET

C’est très probable. Est-il resté longtemps ?

HORATIO

Le temps qu’il faudrait pour compter jusqu’à cent sans se presser.

BERNARDO et MARCELLUS

Plus longtemps, plus longtemps.

HORATIO

Pas la fois où je l’ai vu.

HAMLET

La barbe était grisonnante, n’est-ce pas ?

HORATIO

Elle était comme je la lui ai vue de son vivant, d’un noir argenté.

HAMLET

Je veillerai cette nuit : peut-être reviendra-t-il encore !

HORATIO

Oui, je le garantis.

HAMLET

S’il se présente sous la figure de mon noble père, je lui parlerai, dût l’enfer, bouche béante, m’ordonner de me taire. Je vous en prie tous, si vous avez jusqu’ici tenu cette vision secrète, gardez toujours le silence ; et quoi qu’il arrive cette nuit, confiez-le à votre réflexion, mais pas à votre langue. Je récompenserai vos dévouements. Ainsi, adieu ! Sur la plate-forme, entre onze heures et minuit, j’irai vous voir.

HORATIO, BERNARDO et MARCELLUS

Nos hommages à Votre Seigneurie !

HAMLET

Non ; à moi votre amitié, comme la mienne à vous ! Adieu ! (Horatio, Marcellus et Bernardo sortent.) L’esprit de mon père en armes ! Tout cela va mal ! Je soupçonne quelque hideuse tragédie ! Que la nuit n’est-elle déjà venue ! Jusque-là, reste calme mon âme ! Les noires actions, quand toute la terre les couvrirait, se dresseront aux yeux des hommes.

Il sort.

Hamlet by Shakespeare

ACT I

Scene 2 (Click for french text)

CLAUDIUS, king of Denmark.

HAMLET, son to the late, and nephew to the present king.

POLONIUS, lord chamberlain.

HORATIO, friend to Hamlet.

LAERTES, son to Polonius.

VOLTIMAND

CORNELIUS

FORTINBRAS, prince of Norway.

A room of state in the castle.

Enter KING CLAUDIUS, QUEEN GERTRUDE, HAMLET, POLONIUS, LAERTES, VOLTIMAND, CORNELIUS, Lords, and Attendants

 KING CLAUDIUS

Though yet of Hamlet our dear brother’s death

The memory be green, and that it us befitted

To bear our hearts in grief and our whole kingdom

To be contracted in one brow of woe,

Yet so far hath discretion fought with nature

That we with wisest sorrow think on him,

Together with remembrance of ourselves.

Therefore our sometime sister, now our queen,

The imperial jointress to this warlike state,

Have we, as ’twere with a defeated joy,–

With an auspicious and a dropping eye,

With mirth in funeral and with dirge in marriage,

In equal scale weighing delight and dole,–

Taken to wife: nor have we herein barr’d

Your better wisdoms, which have freely gone

With this affair along. For all, our thanks.

Now follows, that you know, young Fortinbras,

Holding a weak supposal of our worth,

Or thinking by our late dear brother’s death

Our state to be disjoint and out of frame,

Colleagued with the dream of his advantage,

He hath not fail’d to pester us with message,

Importing the surrender of those lands

Lost by his father, with all bonds of law….

Out of his subject: and we here dispatch

You, good Cornelius, and you, Voltimand,

For bearers of this greeting to old Norway….

Farewell, and let your haste commend your duty.

CORNELIUS and VOLTIMAND

In that and all things will we show our duty.

KING CLAUDIUS

We doubt it nothing: heartily farewell.

 (Exeunt VOLTIMAND and CORNELIUS)

 And now, Laertes, what’s the news with you?

You told us of some suit; what is’t, Laertes?

You cannot speak of reason to the Dane,

And loose your voice: what wouldst thou beg, Laertes,

That shall not be my offer, not thy asking?

The head is not more native to the heart,

The hand more instrumental to the mouth,

Than is the throne of Denmark to thy father.

What wouldst thou have, Laertes?

 LAERTES

My dread lord,

Your leave and favour to return to France;

From whence though willingly I came to Denmark,

To show my duty in your coronation,

Yet now, I must confess, that duty done,

My thoughts and wishes bend again toward France

And bow them to your gracious leave and pardon.

KING CLAUDIUS

Have you your father’s leave? What says Polonius?

LORD POLONIUS

He hath, my lord, wrung from me my slow leave

By laboursome petition, and at last

Upon his will I seal’d my hard consent:

I do beseech you, give him leave to go.

KING CLAUDIUS

Take thy fair hour, Laertes; time be thine,

And thy best graces spend it at thy will!

But now, my cousin Hamlet, and my son,–

HAMLET

Aside

A little more than kin, and less than kind.

KING CLAUDIUS

How is it that the clouds still hang on you?

HAMLET

Not so, my lord; I am too much i’ the sun.

QUEEN GERTRUDE

Good Hamlet, cast thy nighted colour off,

And let thine eye look like a friend on Denmark.

Do not for ever with thy vailed lids

Seek for thy noble father in the dust:

Thou know’st ’tis common; all that lives must die,

Passing through nature to eternity.

HAMLET

Ay, madam, it is common.

QUEEN GERTRUDE

If it be, Why seems it so particular with thee?

 HAMLET

Seems, madam! nay it is; I know not ‘seems.’

‘Tis not alone my inky cloak, good mother,

Nor customary suits of solemn black,

Nor windy suspiration of forced breath,

No, nor the fruitful river in the eye,

Nor the dejected ‘havior of the visage,

Together with all forms, moods, shapes of grief,

That can denote me truly: these indeed seem,

For they are actions that a man might play:

But I have that within which passeth show;

These but the trappings and the suits of woe.

KING CLAUDIUS

‘Tis sweet and commendable in your nature, Hamlet,

To give these mourning duties to your father:

But, you must know, your father lost a father;

That father lost, lost his, and the survivor bound

In filial obligation for some term

To do obsequious sorrow: but to persever

In obstinate condolement is a course

Of impious stubbornness; ’tis unmanly grief;

It shows a will most incorrect to heaven,

A heart unfortified, a mind impatient,

An understanding simple and unschool’d:

For what we know must be and is as common

As any the most vulgar thing to sense,

Why should we in our peevish opposition

Take it to heart? Fie! ’tis a fault to heaven,

A fault against the dead, a fault to nature,

To reason most absurd: whose common theme

Is death of fathers, and who still hath cried,

From the first corse till he that died to-day,

‘This must be so.’ We pray you, throw to earth

This unprevailing woe, and think of us

As of a father: for let the world take note,

You are the most immediate to our throne;

And with no less nobility of love

Than that which dearest father bears his son,

Do I impart toward you. For your intent

In going back to school in Wittenberg,

It is most retrograde to our desire:

And we beseech you, bend you to remain

Here, in the cheer and comfort of our eye,

Our chiefest courtier, cousin, and our son.

QUEEN GERTRUDE

Let not thy mother lose her prayers, Hamlet:

I pray thee, stay with us; go not to Wittenberg.

HAMLET

I shall in all my best obey you, madam.

 KING CLAUDIUS

Why, ’tis a loving and a fair reply:

Be as ourself in Denmark. Madam, come;

This gentle and unforced accord of Hamlet

Sits smiling to my heart: in grace whereof,

No jocund health that Denmark drinks to-day,

But the great cannon to the clouds shall tell,

And the king’s rouse the heavens all bruit again,

Re-speaking earthly thunder. Come away.

(Exeunt all but HAMLET)

HAMLET

O, that this too too solid flesh would melt

Thaw and resolve itself into a dew!

Or that the Everlasting had not fix’d

His canon ‘gainst self-slaughter! O God! God!

How weary, stale, flat and unprofitable,

Seem to me all the uses of this world!

Fie on’t! ah fie! ’tis an unweeded garden,

That grows to seed; things rank and gross in nature

Possess it merely. That it should come to this!

But two months dead: nay, not so much, not two:

So excellent a king; that was, to this,

Hyperion to a satyr; so loving to my mother

That he might not beteem the winds of heaven

Visit her face too roughly. Heaven and earth!

Must I remember? why, she would hang on him,

As if increase of appetite had grown

By what it fed on: and yet, within a month–

Let me not think on’t–Frailty, thy name is woman!–

A little month, or ere those shoes were old

With which she follow’d my poor father’s body,

Like Niobe, all tears:–why she, even she–

O, God! a beast, that wants discourse of reason,

Would have mourn’d longer–married with my uncle,

My father’s brother, but no more like my father

Than I to Hercules: within a month:

Ere yet the salt of most unrighteous tears

Had left the flushing in her galled eyes,

She married. O, most wicked speed, to post

With such dexterity to incestuous sheets!

It is not nor it cannot come to good:

But break, my heart; for I must hold my tongue.

Enter HORATIO, MARCELLUS, and BERNARDO)

 HORATIO

Hail to your lordship!

HAMLET

I am glad to see you well: