Actualité: situation au Tchad

4 02 2008

 

Le moins que l’on puisse dire est que la situation est confuse:

  • les rebelles dirigés par le neveu du Président Deby et soutenu par l’aviation du gouvernement islamique du Soudan semblent avoir pris la capitale, N’Djamena, dans laquelle le président serait enfermé avec sa garde et la gendarmerie. Sa sécurité et son maintien semblent assurés tant qu’il pourra compter sur eux. En effet, le raid rebelle se caractérise par une logistique défaillante, reposant essentiellement sur un recomplètement grâce aux ressources locales. Autrement dit, les 2000 rebelles semblent d’ores et déjà condamnés à se retirer, sauf à capturer ou tuer le président Deby.
  • La France, dont plusieurs régiments formeront la composante centrale de la Force Européenne-Tchad (EUFOR-Tchad), a annoncé que les ressortissants de l’UE ainsi que les autres occidentaux, seront évacués à partir de 20h00 ce soir.
  • 1 compagnie de 250 hommes a été envoyé en renfort du dispositif EPERVIER que la France maintient au Tchad depuis les années 1960-1970. Cet après-midi, deux militaires ont été blessés dans les combats entre rebelles et forces gouvernementales. Nonobstant, le gouvernement français a choisi de ne pas intervenir et de proposer au président Deby de se réfugier à Paris, ce qu’il a refusé. Plus avant, les avions français qui soutenaient le gouvernement tchadien ont été « mis à l’abri » dans les pays voisins, ce qui semble annoncer une posture plus neutraliste de la part de la France.
  • Enfin, la force française semble avoir pu mener des actions retardatrices contre les rebelles et d’évacuation pour les ressortissants européens.

Tout ceci augure mal de la réussite de la mission d’EUFOR-Tchad, dont la présence avait pour but de sécuriser les camps de réfugiés du Darfour au Tchad mais aussi d’empêcher les franchissements de frontière par les groupes rebelles abrités au Soudan.


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5 réponses à “Actualité: situation au Tchad”

8 02 2008
didav (09:28:33) :

j’ai entendu dire a la radio ce matin que l’armée française a participé a des actions contre les rebelles pour proteger le président Deby, ce que les rebelles « condamnent », je ne suis pas sur je vais me renseigner un peu plus.

8 02 2008
Stéphane (11:03:44) :

Vous avez raison. Les forces françaises ont reçu comme mission de protéger les ressortissants occidentaux (dont beaucoup sont des bi-nationaux d’ailleurs, c’est à dire que ce sont les enfants de fonctionnaires français et de tchadiens d’origine). De fait, protéger signifie aussi mettre en oeuvre des moyens offensifs: il ne faut pas se leurrer par un pacifisme ou un irénisme (de Iréné en Grec=paix) excessif. Les actions de sécurisation exigent parfois de faire payer au prix fort (sur le plan militaire s’entend… c’est à dire neutraliser ou détruire) d’éventuels agresseurs.
Les rebelles condamnent… c’est l’évidence. En effet, EUFOR se veut neutre entre le président Déby et les rebelles. Mais en fait, protéger les ressortissants nécessite bien entendu de protéger la capitale contre les exactions possibles des rebelles. Les Français sont donc, en dépit des déclarations officielles, les alliés objectifs du pouvoir en face. Mais ne nous leurrons pas: les rebelles auraient de toute façon dit que l’EUFOR n’était pas neutre mais en fait « l’agent du néocolonialisme soutenant un tyran et blablabla ».
ST

8 02 2008
didav (12:25:34) :

09h09
Arche de Zoé: demandes de grâce remises vendredi à Deby (Yade)
« DEPECHE DE FRANCE 2 »

a lire cela, en effet les rebelles vont surement sauter sur l’occasion qu’on leur donne pour critiquer la neutralité de l’EUFOR, qui je pense, fait de son mieux pour garder sa neutralité.

8 02 2008
Stéphane (13:54:20) :

De toute manière, il est vain d’essayer de convaincre toutes les factions lorsque l’on mène une opération de stabilisation. L’essentiel est que la population, mais aussi les militaires engagés dans l’action ainsi que l’opinion publique de la métropole, comprennent de quoi il retourne. Pour ce qui est des factions en présence, il faut être capable de les dissuader (donc d’utiliser la force!). Si l’opération dure et qu’elle reçoive pour mission d’abaisser encore le niveau de violence, alors il faut envisager de discriminer entre les factions et au sein de celles-ci pour s’appuyer sur les plus modérés contre les extrémistes. C’est long et cela demande de s’immerger dans la situation locale, mais c’est payant. Dans le cas du Tchad, nous n’en sommes pas là: il faut déjà convaincre les journalistes que ce n’est pas grave si les rebelles nous voient comme les « méchants »… mieux, il faut expliquer aux journalistes que ce n’est pas parce que l’on est forcé de protéger Deby que l’on adhère à sa dictature.. Le jugement moral est primordial en effet, mais il ne doit pas faire oublier quels sont les objectifs politiques de l’intervention: « ne pas se tromper de guerre » comme disait déjà Carl von CLAUSEWITZ (à voir avec votre prof de philo :))
ST

14 02 2008
didav (16:10:47) :

D’accord, merci de l’explication.

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