actualité: le « super tuesday »

4 02 2008

En cette année d’élections présidentielles, il convient de jeter un oeil sur le système américain. Le système de désignation des candidats par chaque parti apparaît bien souvent obscur. En fait, il faut prendre en compte quelques principes:

  • les deux grands partis élisent leurs candidats à travers un système de primaires ou de caucus: les électeurs de chaque Etat affiliés à un des deux partis votent pour un des candidats de ce parti (dans certains Etats, les électeurs « indépendants », c’est à dire non affiliés à un des deux partis, peuvent choisir dans quel collège électoral -Républicain ou Démocrate- ils voteront).
  • Les candidats arrivés en tête dans l’Etat se voient dotés de tout ou partie des délégués de cet Etat qui auront pour mandat de voter pour lui lors de la convention nationale. Bien entendu, en fonction de la population de l’Etat et du système retenu, le nombre de délégués républicain et démocrate varie.
  • A l’été, les deux grands partis réunissent une convention nationale rassemblant tous les délégués de chaque Etat. Ceux-ci votent alors pour le candidat dont ils ont reçu le mandat.
  • Enfin, le premier mardi de novembre, les électeurs américains votent par Etat. Dans chaque Etat, le candidat arrivé en tête raffle l’ensemble des Grands Electeurs. Là encore, le nombre de Grands Electeurs varie en fonction de la population de l’Etat. Le candidat qui rassemble le plus grand nombre de Grands Electeurs est considéré comme le « Président Elu ». Ce système d’élection est indirect et montre l’équilibre entre le fédéral et les Etats: un candidat peut en effet devenir président des Etats-Unis même si la majorité des Américains n’a pas voté pour lui…. Il lui suffit d’avoir la majorité des Grands Electeurs.
  • le deuxième mardi de janvier, le président élu est investi et prête serment de respecter la constitution

Cette année, le « super tuesday » (le premier mardi de février durant lequel le plus grand nombre d’Etat organisent leur primaire) est exceptionnel: près de 22 Etats (sur 50) vont voter (le « Tsunami Tuesday »)

Calendrier des Primaires selon le New York Times

(cliquer ensuite sur « décompte des délégués  » (Delegate Count) pour avoir une idée du classement des candidats)

ATTENTION: ce post date du 4 février… mise à jour de la page du NYT au 5 février

Annexe: animation Flash (Washington Post)




Actualité: situation au Tchad

4 02 2008

 

Le moins que l’on puisse dire est que la situation est confuse:

  • les rebelles dirigés par le neveu du Président Deby et soutenu par l’aviation du gouvernement islamique du Soudan semblent avoir pris la capitale, N’Djamena, dans laquelle le président serait enfermé avec sa garde et la gendarmerie. Sa sécurité et son maintien semblent assurés tant qu’il pourra compter sur eux. En effet, le raid rebelle se caractérise par une logistique défaillante, reposant essentiellement sur un recomplètement grâce aux ressources locales. Autrement dit, les 2000 rebelles semblent d’ores et déjà condamnés à se retirer, sauf à capturer ou tuer le président Deby.
  • La France, dont plusieurs régiments formeront la composante centrale de la Force Européenne-Tchad (EUFOR-Tchad), a annoncé que les ressortissants de l’UE ainsi que les autres occidentaux, seront évacués à partir de 20h00 ce soir.
  • 1 compagnie de 250 hommes a été envoyé en renfort du dispositif EPERVIER que la France maintient au Tchad depuis les années 1960-1970. Cet après-midi, deux militaires ont été blessés dans les combats entre rebelles et forces gouvernementales. Nonobstant, le gouvernement français a choisi de ne pas intervenir et de proposer au président Deby de se réfugier à Paris, ce qu’il a refusé. Plus avant, les avions français qui soutenaient le gouvernement tchadien ont été « mis à l’abri » dans les pays voisins, ce qui semble annoncer une posture plus neutraliste de la part de la France.
  • Enfin, la force française semble avoir pu mener des actions retardatrices contre les rebelles et d’évacuation pour les ressortissants européens.

Tout ceci augure mal de la réussite de la mission d’EUFOR-Tchad, dont la présence avait pour but de sécuriser les camps de réfugiés du Darfour au Tchad mais aussi d’empêcher les franchissements de frontière par les groupes rebelles abrités au Soudan.