Sueurs froides et symbolisme.

Madeleine, beauté idéale.  Sueurs froides Boileau Narcejac,

Scène de la rencontre : Flavières et Madeleine au théâtre.

« Honteusement, du coin de l’œil, il chercha Madeleine. Dans la pénombre dorée, elle se détachait à la manière d’un portrait. Des bijoux scintillaient sur elle, à son cou, à ses oreilles. Ses yeux aussi paraissaient lumineux. Elle écoutait, le visage incliné, immobile comme ces inconnues admirées au passage, dans les musées, la Joconde, la Belle Ferronnière.... Elle portait sur la nuque une savante torsade de cheveux où couraient des reflets acajou. Mme Grévigne… »

Prolongements : Voir une hypothèse de la construction géométrique de La Joconde.    Voir Le nombre d’or dans les proportions du corps humain.

Le portrait mélioratif est lui-même un tableau où dominent les notations de couleurs, de reflets, de lumière et renvoie à d’autres tableaux mais aussi à d’autres femmes et par extension à la femme idéale.

 » Madeleine s’éventait lentement avec un programme, tandis que son mari lui parlait à l’oreille, et c’était encore une image connue : la femme à l’éventail. »

La « femme à l’éventail » est un motif qui a inspiré de nombreux peintres du début du XXè siècle : Picasso, Modigliani, Klimt…voir des exemples ici. L’éventail est un accessoire de séduction. Au XVIII ème siècle, il était utilisé dans le langage amoureux, voir ici.

Madeleine, mort et réincarnation. 

Après le succès des Diaboliques de HG Clouzot, Hitchcock avait demandé à Boileau Narcejac de lui écrire un scénario dans la même veine. Les auteurs français se sont s’inspiré d’un roman symboliste belge Bruges La Morte. Ce sera « D’entre les morts«  qui deviendra au cinéma  : « Sueurs Froides » version française et « Vertigo » version anglaise. Selon J. Goffin, le titre du roman a une consonance biblique et évoque le Christ « ressuscité d’entre les morts ».

Bruges la morte raconte l’errance mélancolique à travers Bruges, d’un homme inconsolable qui a perdu la femme dont il était éperdument amoureux. Il rencontrera le sosie de sa femme qu’il voudra lui-aussi rapprocher du modèle idéal et qu’il finira par détruire.

Cette vidéo d’Arte nous montre l’influence du roman symboliste  Bruges la morte sur le film d Hitchcock.

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Ophélia

Dans l’édition originale de Bruges-la-Morte, le dessin frontispice de la couverture réalisé par le peintre Khnopff représente au premier plan une femme allongée, endormie ? morte ?  sur un fond aquatique.

Ce dessin s’inspire du tableau du peintre anglais John Everett Millais, Ophélia, 1851.Un personnage de William Shakespeare, chantant juste avant sa noyade et auréolée de fleurs

Image illustrative de l'article Ophélie (Millais)

John Everett Millais, Ophélia, 1851.

Dans le roman Bruges la morte, Rodenbach évoque ainsi  le personnage d’Ophélie : «  Dans cette solitude du soir et de l’automne, où le vent balayait les dernières feuilles, il éprouva plus que jamais le désir d’avoir fini sa vie et l’impatience du tombeau. Il semblait qu’une ombre s’allongeât des tours sur son âme ; qu’un conseil vînt des vieux murs jusqu’à lui; qu’une voix chuchotante montât de l’eau – l’eau s’en venant au-devant de lui comme elle vint au-devant d’Ophélie ainsi que le racontent les fossoyeurs de Shakespeare. »                               ch. 2 Bruges -la-Morte.

D’autres représentations d’Ophélie dans la peinture symboliste : blog L’art magique.

Dans le film Vertigo, Hitchcock réactualise le mythe  dans la scène de noyade sous le Golden Gate Bridge de San Francisco, Madeleine tient un bouquet de fleurs, le même que celui du tableau de son ancêtre.

En 1983, le photographe Victor Burgin rend hommage du à Hitchcock dans cette photo:         The Bridge,

Page d’Arte sur Vertigo. cliquez ici

Marie  Madeleine

Le thème de la résurrection se retrouve dans le choix du prénom de l’héroïne, En effet, dans le Nouveau Testament, Marie Madeleine ou Madeleine fut une des disciples du Christ qui le suivit jusqu’au dernier jour. Elle fut le premier témoin de sa résurrection. Comme elle doutait de sa vision, elle voulut le toucher alors le Christ lui dit «  Noli me tangere » ( Ne me touche pas)

Marie de Bourgogne souvent associée à Marie Madeleine peinte au XVe siècle par Niclas Reiser.

A partir du XV è siècle Marie de Bourgogne souvent peinte en Marie Madeleine.Tableau de  Nicolas Reiser.

Les deux couleurs qui lui sont associées sont le rouge et le vert. Ce sont   également les deux couleurs fondamentales du film.

http://hitchcock.alienor.fr/images/vertigo/carlo1.jpgLe portrait de Carlotta Valdes

http://hitchcock.alienor.fr/images/vertigo/bijou.jpgMadeleine

Dans ces trois portraits, on reconnaît le même bijou , or et rubis, comme s’il s’agissait d’un même personnage mythique qui se réincarne à travers les siècles.  A travers sa fascination pour Madeleine, Scottie cherche à découvrir le secret de la vie et de la mort.

Orphée et Eurydice

Ce thème réapparaît dans le surnom qu’il donne à Madeleine, Eurydice. Scottie s’identifie à Orphée capable de descendre, grâce à son courage et à son amour, au royaume des morts pour délivrer Eurydice. Comme Orphée, il échouera et la perdra à tout jamais.Illustrations chez les peintres symbolistes (ou préraphaélites.)

Madeleine et ses doubles

Hitchcock influencé par les peintres anglais préraphaélites a pu être inspiré par Le tableau de Dante Gabrielle Rossetti , Rosa Triplex.

Le mythe de Tristan et Iseult.

Image IPB

Tristan and Isolde (Edmund Blair Leighton) peintre préraphaélite.

Ce mythe est présent dans le film à travers la musique. L’un des thèmes musicaux du film est Le prélude  de Tristan et Isolde 1857 de Richard Wagner. (1813-1883)

Zubin Mehta dirige ici l’Orchestre de l’Opéra d’État de Bavière

L’autre thème musical du film présent dans le générique et les scènes de vertige du compositeur Bernard Herrmann ici.

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LIENS

Dossier pédagogique Lux Valence

http://www.motionmedia.fr/la-legende-de-saul-bass/

https://lewebpedagogique.com/simplifier/2011/03/10/north-by-northwest/

http://www2.cndp.fr/TICE/teledoc/plans/plan_vertigo.htm

http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/musique/dpedacol.html

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