Berlin, 50 ans après la construction du Mur

Si on a pris l’habitude de célébrer la chute du mur de Berlin,  on en a oublié sa construction… Cela fait pourtant déjà cinquante ans, le 12 août 1961, que le conseil des ministres de la République Démocratique Allemande  a annoncé «un dispositif de contrôle aux frontières de la RDA avec l’Allemagne de l’Ouest et les secteurs d’occupation occidentaux à Berlin». Dans les jours qui ont suivi, le Mur a été construit de manière implacable. De facto la ville allait alors se retrouver coupée en deux, entre l’est et l’ouest. Pendant ce temps, le monde regardait soit vers Moscou, soit vers Washington : c’était l’époque d’un monde bipolaire.

Nul ne pouvait alors imaginer que cette séparation allait durer près de trente ans, jusqu’au 9 novembre 1989. Que fallait-il faire de ce mur alors ? Spontanément, les Berlinois cherchèrent tout d’abord à le détruire, comme pour effacer les traces d’un passé douloureux. Et aujourd’hui, qu’en reste t’il ?

Pour Alain LE TREUT, journaliste et chercheur résidant à Berlin, les préjugés perdurent, sans être extrêmement violents: «Les Ossis voient par exemple les Wessis comme des personnes plutôt arrogantes et portées sur la consommation, les Wessis voient dans le comportement des Ossis des survivances du système communiste.» Quand on parle avec les étudiants, le commentaire est le même… Anna, 23 ans, s’esclaffe: «Ils ont un style particulier, tout droit sorti des années 80 !». «Ils», ce sont ces personnes au look un peu grunge, jeans troués et chevelure verte, très souvent issues des banlieues Est et qui vivent dans une certaine nostalgie du régime communiste, «l’Ostalgie».

Pour ce qui est de la division spatiale, La majeure partie du dispositif frontalier de la RDA avait disparu en 1991. «Il ne reste que très peu de vestiges du Mur, même si certains ont été reconstitués. En se promenant les touristes me demandent souvent de quel côté on se trouve», raconte Marc Fray, rédacteur en chef du site berlinenligne.com et fin connaisseur de la ville. Pour lui, il n’y a plus de plus de ségrégation spatiale entre Est et Ouest: «Berlin, beaucoup plus que Paris, est une ville de quartiers (les Kieze). L’identité des Berlinois se forge beaucoup plus par rapport à leur Kiez d’origine que par rapport au fait d’habiter Berlin Est ou Berlin Ouest.»

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