Depuis quand la Corse est-elle française ?

Oui, je sais, cette photo fait rêver. C’est Camille qui me l’a montrée dernièrement en cours. Elle connait apparemment bien la Corse et y retourne assez souvent. Elle ne manquera pas de vous en dire plus sur cette photo et l’endroit où elle a été prise dans un commentaire à cet article… Du moins, je le souhaite !

Pour le moment, intéressons nous à la question du proche passé assez tourmenté de cette île de rêve…Tout commença en 1755, le 29 avril, date à laquelle y débarqua un grand homme, Pascal PAOLI. Il y est élu Général de la Nation en juillet. Il devra affronter les Matra, héritiers de Gaffori, et leur partisans avant de s’imposer sur toute l’île hormis les villes côtières génoises. En novembre 1755, Paoli fait voter une Constitution nationale corse très moderne : elle instaure une justice et un gouvernement représentatif et établit la séparation des pouvoirs. Elle fait d’ailleurs à l’époque l’admiration de l’Europe des lumières dont, surtout, Jean-Jacques Rousseau puisque la Corse fut ainsi la première région du monde à se doter d’un état démocratique moderne, et ce dés 1755 ! Pour lutter contre le blocus maritime génois, Paoli met sur pied une petite marine de guerre d’une quinzaine de navires qui arborent le pavillon à tête de Maure (le drapeau national corse avec la tête de Maure est adopté en 1760). Il décide également de frapper une monnaie à l’effigie de la tête de Maure en 1762 à Murato.
Face à une telle rébellion, par le traité de Versailles du 15 mai 1768, Gênes cède la souveraineté de la Corse à la France pour dix ans en gage d’une dette annuelle. La conquête de la Corse se fit alors en deux campagnes ; la première voit, en juillet 1768, les troupes françaises occuper le Cap Corse mais subir une grave défaite à Borgo le 9 octobre 1768. La seconde ne dure que quatre jours : l’armée de Paoli est écrasée à Ponte Nuovo le 8 mai 1769 . Pascal Paoli quitte la Corse le 13 juin 1769. Napoléon Bonaparte naît un mois plus tard, le 15 août 1769 à Ajaccio.

La Corse est gouvernée par Marbeuf et devient pays d’États. Les États de Corse, assemblés et composés de 23 députés de chacun des trois ordres, choisis par élection indirecte, se réunissent huit fois entre 1770 et 1785. L’assemblée n’a qu’un rôle consultatif : toute décision dépend des commissaires du roi, l’intendant et le commandant en chef. L’administration confie peu de postes aux Corses sauf dans les échelons subalternes de la magistrature. L’administration des communes reste toutefois aux mains des autochtones. Les premières routes sont construites (de Bastia à Saint-Florent, et de Bastia à Corte). Les recensements démontrent un accroissement continu de la population. En 1789, alors que la Révolution éclate en France, l’Assemblée nationale, incitée par une lettre d’un comité patriotique de Bastia, décrète que la Corse est désormais partie intégrante de la monarchie française. Les Corses exilés sont alors autorisés à rentrer en France.

Le 15 janvier 1790, la Corse devient un département avec Bastia comme chef-lieu et siège de l’unique évêché.

Tanti paesi, tante usanze.
Autant de pays, autant d’us et de coutumes.

Pour en savoir plus :

– l’article Wikipedia Histoire de la Corse

– le site Curagiu superbement documenté

– la France pittoresque, histoire du département

  5 comments for “Depuis quand la Corse est-elle française ?

  1. Camille GENETELLI (3eme E)
    5 février 2009 at 21:10

    Ah, merci pour ce billet ! Normalement j’y retourne en Juillet (juste après mon anniversaire), et ça durant quinze jours ! Il parait qu’il fait très chaud là bas à cette époque… Ah, au fait, j’allais oublier ! Cette photo a était prise a Ostrigoni, tout prêt de l’île rousse. Voili voilà les infos demandées… Juste un petit conseil avant de partir : allez en Corse, vous ne serez jamais déçu !

  2. Alexandra MOREL (3eme E)
    7 février 2009 at 14:50

    Cool la Corse… Perso, j’ai toujours rêvé d’y aller ! Je trouve cette île magnifique.

  3. Mathilde CHEVALIER (3eme C)
    7 février 2009 at 17:56

    La Corse c’est génial, magnifique, super… Le soleil, la plage, une petite rivière dans l’arrière pays, le ciel bleu azur : que demander de plus ?

  4. Camille GENETELLI (3eme E)
    7 février 2009 at 19:36

    Il me tarde vraiment d’y être. En plus, on me paie le voyage ! Je m’imagine déjà au grand galop sur la plage de sable fin. A moins que mon cheval ne me fasse tomber avant d’arriver au bord de mer ! Ceci dit, il fait vraiment trop chaud là bas : il va falloir s’y préparer ! Je penserais bien à vous Monsieur…

  5. 8 février 2009 at 13:21

    Oui, oui, bon… Ça va ! C’est pas beau de donner envie comme ça ! D’autant que nous ne sommes qu’en Février et qu’avant cela, il y a l’hiver, un trimestre de travail et un Brevet à passer. Na ! Moi aussi je penserai bien à vous quand je corrigerai les copies…

Laisser un commentaire