Lettre à Abdoulaye

Vendredi dernier, tu nous as quitté. Ton départ a été violent. Très violent. J’espère que tu n’as pas souffert et que tu n’as pas eu le temps de t’inquiéter.

Aujourd’hui, notre Collège est en deuil et tous ceux qui t’ont connu ont bien du mal à accepter la réalité. Tu n’es plus là. Tu n’es plus là pour nous demander comment nous allions – même deux à trois fois par jour. Tu n’es plus là pour éclater de ce rire si communicatif. Tu n’es plus là pour nous faire partager les images et les parfums du pays qui t’a vu naître, le Sénégal. Tu n’es plus là pour apaiser nos élèves les plus inquiets. Tu n’es plus là et nous ne comprenons pas pourquoi.

Pourquoi ce départ si brutal ? Pourquoi t’avoir volé à tes proches à qui tu avais encore temps à apporter ? Pourquoi t’avoir enlevé à des élèves que tu savais si bien passionner pour ta matière d’abord, mais aussi à qui tu apprenais combien la vie était belle et fragile ? Serait-ce donc une ultime leçon que tu nous a fait là ? Nous avons soudain tous pris conscience, une fois de plus, de la fragilité de notre existence, du prix inestimable de notre vie.

Lever les yeux vers le ciel, entendre le chant des oiseaux, croire en un lendemain meilleur sont des cadeaux qui nous sont offerts tous les jours. Tu nous l’as cruellement rappelé. J’espère simplement que nous saurons être dignes de ce lourd héritage que tu viens de nous offrir. Merci, Laye.

Groupe Facebbok pour lui rendre hommage.

  2 comments for “Lettre à Abdoulaye

  1. BAUDUIN Véronique
    18 mars 2010 at 00:35

    Pourquoi l’incompréhension et l’injustice animent des rancœurs ? Pourquoi faut-il accepter un drame parce que « c’est la vie » ? Perdre quelqu’un de façon aussi inattendue et brutale restera à jamais une plaie vive de l’âme pour chacun d’entre nous.
    Alors comment ne pas se révolter contre ce ressentiment ?
    Pourquoi lui ?
    Tant de questions qui resteront hélas sans réponses …

  2. Mathilde Chevalier
    18 mars 2010 at 18:49

    Je crois que tout est dit dans cet article… Reposez en paix M. Gning.

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