Pourquoi les bourses se sont-elles effondrées en août 2007 ?

Le vendredi 10 août, les Bourses mondiales ont fortement baissé , provoquant un affolement planétaire lié à la crainte d’une réduction du crédit et d’un ralentissement économique. Mais, pour beaucoup d’experts, les médias ont fait beaucoup de bruit pour pas grand chose… Car même si cette crise peut paraître effrayante ou mystérieuse, ce n’est que le nouvel avatar d’un mécanisme bien connu. La procédure est simple et se déroule en 4 étapes :

1. Le fils caché de la bulle Internet : cette déroute des marchés boursiers découle à l’origine de sommes gigantesques versées en 2001-2002 par les banques centrales (celles qui surveillent et stimulent l’économie des grandes puissances) pour sortir de la crise Internet (où n’importe qui investissait dans n’importe quoi, pourvu que cela touche à Internet et que cela rapporte beaucoup en peu de temps). Le crédit coûtait alors moins cher, et beaucoup en ont profité pour investir dans l’immobilier. Beaucoup trop… Après la « bulle Internet », c’est la naissance d’une « bulle Immobilière ». On utilise cette expression pour désigner un volume excessif d’investissements d’un un seul et même secteur.

2. La crise des subprimes : les investissements dans l’immobilier ont été si nombreux que le secteur s’est trouvé assez vite saturé. Certaines banques anglo-saxonnes ont alors eu la bonne idée de proposer du crédit aux plus démunis : les « prêts hypothécaires à risque ». Comprenez par là que tous les risques sont pour vous, et c’est pourquoi où vous prêtera tout l’argent que vous voulez, même (et surtout) si vous êtes déjà endettés. En 2006, les crédits hypothécaires à risque représentaient un cinquième de l’ensemble des crédits immobiliers, et les répercussions sociales étaient fantastiques. Le taux de propriété des ménages, bloqué autour des 65 % depuis le milieu des années 1950, atteignait les 69 % au milieu des années 1990. On comptait près de 12 millions de nouveaux propriétaires, dont près de la moitié issue de minorités raciales. Le rêve américain n’avait jamais été aussi vrai.
Le problème c’est que ces derniers mois, les taux d’intérêt (ce que vous coûte le crédit) ont augmenté alors que les prix des terrains et des maisons a baissé. Résultat : beaucoup ne peuvent plus rembourser leurs emprunts. Les biens alors saisis ne valant plus grand chose, non seulement les particuliers sont ruinés mais les banques ont donc également fait faillite…

3. La contagion à la finance : le problème c’est que, bien avant cette crise, ces crédits à risques avaient été cédés sur les marchés à des investisseurs soucieux de gagner facilement de l’argent (la banque cherche alors, à son tour, quelqu’un pour lui prêter de l’argent). Lorsque la crise survient, les faillites s’enchainent implacablement. C’est le début de la panique.

4. Les banques centrales entrent en jeu : tout comme en 2001-2002, les banques centrales doivent alors venir au secours des économies malmenées par ces investisseurs peu prévoyants. La panne de crédit n’est pas loin, plus personne n’ose vraiment investir dans quoi que ce soit, à commencer par les banques. C’est donc plusieurs centaines de milliards de dollars que les banques centrales des États-Unis, d’Europe et d’Asie ont injecté dans le circuit monétaire. Mais la crise n’est toujours pas résorbée à ce jour, et elle ne le sera pas avant que chacun ai repris confiance.
Mais les choses pourraient ne pas être près de s’arranger. En effet, maintenant que les marchés financiers sont pris de panique, certains acteurs, qui n’ont rien à voir avec ces crédits à risque, pourraient devenir des victimes collatérales. Une fois que le calme sera revenu, le marché des crédits hypothécaires à risque repartira de plus belle, dans l’indifférence la plus totale. C’est toujours comme ça avec l’innovation financière…

Voici un petit reportage qui vous résumera un peu « simplement » les choses :

Pour ceux qui veulent en savoir plus, lisez l’article de l’Express qui y a consacré un dossier.

Enfin, pour le plaisir, voyez cette réaction très « colérique » de Jim Cramer, célèbre analyste boursier à la chaîne d’infos économique CNBC :

Traduction en ligne…

  1 comment for “Pourquoi les bourses se sont-elles effondrées en août 2007 ?

Laisser un commentaire