Quelles sont les racines de la musique actuelle ?

La semaine dernière, Jean-Charles, jeune adolescent à la curiosité sans cesse inassouvie, se demandait comment notre civilisation avait-elle pu passer de la musique grégorienne à la musique actuelle. Si la question est bonne, il faut bien avouer qu’elle est mal posée. Telle qu’elle, il faudrait toute une encyclopédie pour décortiquer les première mélodies retranscrites de l’antiquité, découvrir les harmonies du moyen Age, retrouver les airs des bals royaux de la Renaissance, valser à Vienne avec Johann Strauss ou bien vibrer sous la baguette de Karajan quand il dirige l’orchestre philharmonique de Berlin dans le Boléro de Ravel. Vous l’avez compris, il ne serait pas sérieux de répondre à une question aussi vaste dans un simple billet. Jean-Charles en était lui même convaincu puisque, impatient, il est allé déniché dans la bibliothèque de ses parents un formidable ouvrage intitulé « Histoire de la musique » qu’il m’a gentiment rapporté en cours jeudi ; histoire de me faire comprendre qu’il y avait urgence à assouvir sa soif de connaissances.

Pour une histoire complète de la musique, je vous propose de vous référer directement au site 100% musique assez complet sur la question. Ici, je vais simplement essayer de vous expliquer le lien qu’il y a entre le Blues et la Tecktonik… C’est déjà un défi conséquent, vous en conviendrez…

Il faut tout d’abord savoir que beaucoup des musiques que nous écoutons actuellement sont nées aux Etats-Unis entre le XIXe et le XXe siècle. Ce sont tout d’abord les anciens esclaves noirs américains qui sont à l’origine du Blues (des chansons seules ou avec guitare), du Gospel (chansons chrétiennes) et du Jazz (musique d’orchestre avec piano et trompettes).

Les Blancs américains se sont eux aussi interessés à ces nouvelles musiques. Les uns intrigués, enjoués, les autres dépités, dégoutés, aucun n’y était vraiment insensible… Certains furent ainsi à l’origine d’un type de musique très populaire encore aujourd’hui aux États-Unis : le Country et le Folk (chansons des paysans, cow-boys, ouvriers avec guitare, banjo ou violon). Certains identifient d’ailleurs le Country comme le Blues « des blancs »… La musique country a aujourd’hui des millions d’admirateurs dans le monde anglophone. Elle reste assez peu connue en France mais se démocratise de plus en plus. Mirande (Gers) accueille ainsi chaque année le plus grand festival de Country en Europe (160 000 visiteurs en 2006).

Avec les années 1950, 60 et 70, la batterie et les guitares électriques sont venues enrichir le Blues de base. Les premières tentatives, dans les années 1940, firent naître un nouveau genre de musique : le Rythm’n blues (B.B. King, Fats Domino, Ray Charles … ). Certains musiciens, plus gourmands,s e sont amusés à tout mélanger : Rythm’n blues, musiques Folk et Country… C’est ainsi qu’est né le… Rock’n roll, servi par des prestataires de talent – pour ne pas dire de génie : Elvis Presley, Gene Vincent, Little Richard, Chuck BerryMais lorsque ce sont les Noirs qui mêlent eux-mêmes Rythm’n blues et Gospel pour chanter, cela devient de la Soul (Aretha Franklin, Diana Ross, Tina Turner, Stevie Wonder…).

Et que devient le Rock’n roll lorsqu’il se mêle aux autres traditions musicales européennes ou américaines ? Et bien cela devient tout simplement du Rock (Rolling Stones, The Who, Jimi Hendrix), de la Pop (Beatles, The Beach Boys) puis du Hard-rock ou Métal (Led Zeppelin, Pink Floyd…).

Et lorsque la Soul adopte des rythmes plus forts pour être avant tout une musique de danse, cela devient du Funk et de la Disco (Kool & The Gang, Michael Jackson, Prince, Bee Gees, Donna Summer …). Dans les années 80, lorsque les Noirs mêlent la culture Hip-hop à la Soul et au Funk, cela devient du R’n’B (Beyoncé, Mariah Carey, Amel Bent…). Quand ce sont les Noirs des grandes villes américaines qui utilisent les rythmes funk sur des textes parlés et scandés, c’est du rap, la musique de la culture hip-hop (Run DMC, Beastie Boys, Public Enemy, MC Solaar, NTM, IAM, Sinik, Diam’s … ).

Aujourd’hui, le Rock revient parfois aux rythmes basiques et à la révolte pure, cela devient alors du Punk, qui évolue ensuite en New-wave – plus mélodique – et Néo-punk – influencé par le métal – et le Rap (Sex Pistols, Clash, Cure, Good Charlotte, Blink 182, Sum 41…). Lorsqu’on utilise les nouveaux instruments électroniques pour mêler musiques et rythmes soutenus, cela donne la Techno, appelée aujourd’hui électro (Laurent Garnier, Moby, David Guetta, Daft Punk, Justice … ) ou bien, plus récemment encore, la Tecktonik.

  2 comments for “Quelles sont les racines de la musique actuelle ?

  1. Antoine Delplanque 3eB
    5 juin 2008 at 19:42

    Merci d’avoir cité SUM 41, Blink 182 et Good Charlotte qui sont vraiment des groupes supers ! Pour ceux qui en veulent plus, je conseille Green Day, My Chemical Romance, Simple Plan, System Of A Down, The Offspring, Metallica, Nirvana et, plus ancien, The Ramones. Voila ! Blog de M.Sentier = blog de liberté !

  2. 5 juin 2008 at 21:19

    Trop heureux de t’avoir fait plaisir Antoine ! Bonne écoute… As-tu cliqué sur tous les liens disponibles dans l’article ?

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