INTERVIEW : progiciels libres versus progiciels payants : Le débat ! (partie 2/2)

Interview d’Arnaud DOUIN, commercial chez EBP, une société qui édite des Progiciels de Gestion Intégrée (PGI). Il nous éclaire sur les avantages et les inconvénients des PGI dits « libres », c’est-à-dire disponibles gratuitement sur Internet et développés par les internautes volontaires, par rapport aux PGI payants, commercialisés par des éditeurs.

Retrouvez ici la première partie de l’interview.

Le WebPédagogique :  Les PGI libres sont-ils de bonne qualité ?

Arnaud Douin : Oui on peut considérer que les plus connus, ou dans le secteur de l’éducation ceux qui sont dits “Reconnu d’Intérêt Pédagogique”, sont de bonnes qualités. Par contre, il convient d’être attentif à d’autres paramètres qui, dans certains cas, nuisent à la perception que les utilisateurs ont de la qualité du produit.

Par exemple, on m’a souvent signalé que le nombre de mises à jour disponibles posait problème. Il y a aussi des soucis avec les langues. Ça peut être la documentation qui n’est pas en français, ça peut être carrément un module du PGI qui n’a pas été francisé.

Plus ennuyeux encore d’un point de vue pédagogique, on trouve encore des erreurs de traductions comme confondre, dans le logiciel, les termes “remise” et “escompte” pour ne citer qu’un exemple… Très embêtant !

Autre « mythe », l’installation que certains imagine plus simple pour un PGI libre. Les différents témoignages montrent le contraire. L’installation de PGI libres est en général considérée comme délicate à mettre en œuvre pour les non-initiés, et suppose des compétences solides en informatique.

Soyons honnêtes, il en va de même pour la plupart des PGI « payants ». Mais dans certains PGI libre, l’absence d’offre « packagée », contenant à la fois le gestionnaire de base de données et le PGI, oblige à installer préalablement le gestionnaire de base de données avant de mettre en place le PGI, puis créer les liens fonctionnels entre la base et le PGI, ce qui n’est pas toujours évident ! Enfin, dans une utilisation 100% internet, les concepteurs doivent aussi veiller à conserver des temps d’affichage acceptable.

Les limites sont aussi visible à l’écran. L’interface c’est-à-dire ce que l’on voit à l’écran, d’un PGI libre est ainsi moins détaillée que celle du PGI « classique ».

Dans un modèle 100% internet, il convient dans un souci d’efficacité de ne pas surcharger la bande passante afin d’obtenir des temps de réaction acceptable en utilisation professionnelle. C’est une des raisons qui expliquent que l’interface des logiciels soit moins fournie que dans un logiciel traditionnel. Certain sont prêt à l’accepter, pour d’autres cela complique l’utilisation voire il s’agit d’une régression insupportable.

Le WebPédagogique : Quelles sont les caractéristiques de ce débat libre/payant propres aux PGI ?

Arnaud Douin : A l’origine le débat libre-gratuit/payant est une conséquence à l’hégémonie de Microsoft sur les systèmes d’exploitations. L’émergence du système Linux a lancé une nouvelle façon de concevoir des applications non plus seulement par des compagnies privées mais aussi via un système communautaire rendu possible avec l’arrivée d’Internet.

Concernant les PGI, l’intérêt ne provient pas d’une réaction à un « monopole » puisque le marché se repartie principalement autour de 3 ou 4 sociétés. Ce qui a contribué à l’arrivée de « PGI libre » est comme on l’a vu précédemment l’arrivée des technologies « full web ».

Aujourd’hui, le fait que plusieurs produits existent (et fonctionnent) montre que, d’une certaine manière, le pari est gagné. Mais à l’instar de Linux qui finalement, ou pour le moment, n’a trouvé qu’un marché de niche puisque ni sur le marché des entreprises, ni sur celui des particuliers, il n’a réussi à s’imposer, le PGI libre lui aussi tarde à s’imposer.

On l’a vu l’aspect coût (qui reste le facteur de choix principal des logiciel Open source) n’est pas si décisif qu’on l’imagine de prime abord. Ça peut même être un défaut pour certaines entreprises privés. J’ai travaillé de nombreuses années chez Microsoft, et il m’arrivait de discuter avec des Directeur Informatiques qui avaient choisi nos produits mais reconnaissaient préférer ceux de mes concurrents. Alors pourquoi ce choix ? Pour la tranquillité. Tranquillité vis-à-vis des utilisateurs, de la direction… On retrouve cela aujourd’hui sur les produits de gestion avec le logiciel SAP.  Dire que sa gestion est traité sur SAP est souvent un argument que les sociétés ayant fait ce choix mettent en avant. Dans le secteur public, faire le choix de l’Open source c’est aussi s’affranchir de la dépendance vis-à-vis de grandes sociétés étrangères. Mais là encore les PGI libres ne répondent qu’en partie à ce besoin. Parce qu’ils sont autonomes, les données sensibles contenues dans les PGI libres sont elles plus en sécurité ? Rien n’est encore prouvé.

Attention, je ne veux pas accabler les PGI libres mais remettre les choses en perspective…

Le troc inter-entreprises se développe !

Moins de sortie de liquidités et un système alternatif d’écoulement des stocks, le troc entre les entreprises dit aussi troc “business to business” (ou encore “b2b” pour les intimes) tend à se développer en France, notamment du fait du contexte de crise économique.

Plusieurs sites proposent aux entreprises d’échanger des biens manufacturés mais aussi des services !

Un bon article récapitulatif sur ce phénomène à lire ici. Une bonne accroche pour les points « Comptabilisation et gestion des relations avec les fournisseurs » ou encore « Gestion des opérations liées à la trésorerie » du programme de Bac pro comptabilité notamment mais aussi et tout simplement de la culture générale économique, jamais superflue !


Naissance d’un nouveau consommateur ?

Au cœur de l’analyse économique, le comportement de l’agent économique, et surtout du consommateur.

Entre les mutations technologiques qui permettent, par exemple, de commander presque tout sur Internet et même depuis son téléphone portable, et les évolutions du contexte, crise économique ou encore la meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, un nouveau consommateur se dessine. Et le consommateur c’est aussi le client, dont le comportement nous intéresse dans le cadre de la partie Gestion des relations avec les clients du programme.

Retrouvez les principales caractéristiques de ce nouveau consommateur, ses habitudes et son environnement, dans cet article sur le site de l’Académie de Versailles.

Tous les documents comptables à disposition !

Bilan, compte de résultat, tableau de financement, sur le blog MémoCompta, toutes les opérations comptables de la période de bilan ( cf programme du Bac pro Comptabilité : Facturation, comptabilisation et gestion des relations avec les clients, Comptabilisation et gestion des relations avec les fournisseurs, Participation aux travaux de fin d’exercice, Participation à la détermination des coûts et à la gestion prévisionnelle) sont résumées et réexpliquées ..

Clair et synthétique :

Nouveautés comptables et fiscales 2011 : diaporama récapitulatif

Sur le site de l’Académie de Nice, Laurence Cassio, enseignante dans la filière des Sciences et Technologies de la Gestion, et Jean-Luc Siegwart, enseignant en classes préparatoires au DCG et DSCG proposent des  diaporamas, applications et corrections, sur les nouveautés comptables et fiscales 2011. Important pour l’enseignement des points du programme comme le Traitement des opérations en relation avec l’administration fiscale ou encore la Participation aux travaux de fin d’exercice.

Des nouvelles règles de TVA à la contribution économique territoriale, tout est là !


INTERVIEW : les PGI, des changements pédagogiques à envisager dès septembre 2012

Interview de Robert WIPF

Il enseigne depuis de longues années l’utilisation des logiciels comptables en lycée professionnel et dans des missions de formation en alternance. Il est aussi le concepteur d’exercices adaptés aux progiciels de gestion intégrés (PGI), notamment pour EBP.

LeWebPédagogique : Quand les PGI seront-ils obligatoires dans l’enseignement de la comptabilité et de la gestion ?

Robert Wipf : Aujourd’hui, les PGI sont expressément inscrits dans la plupart des référentiels et programmes. Ils permettent de concrétiser la notion de système d’information, et de dépasser la simple et parcellaire utilisation des logiciels spécialisés.

D’ailleurs, l’informatique de gestion comme objet d’enseignement est abordé dans l’ensemble des référentiels des filières  ICG, STG, des baccalauréats professionnels tertiaires, mais aussi des sections de techniciens supérieurs. Mais l’utilisation des PGI en bac pro deviendra obligatoire à partir de septembre 2012.

LeWebPédagogique : Pourquoi ?

Robert WIPF : Dans les programmes, les référentiels de l’éducation nationale reposent sur l’analyse et la compréhension des systèmes d’information. Le fil conducteur est l’utilisation efficace des systèmes informatiques et les textes distinguent plusieurs niveaux d’étude :

  • comprendre  l’organisation matérielle
  • comprendre et organiser le réseau local,
  • comprendre l’organisation des réseaux étendus

L’objectif est de permettre aux élèves de mettre en œuvre plus efficacement les compétences attendues en matière de collecte, de production et de diffusion de l’information. Les outils informatiques ne sont pas appréhendés comme une fin en soi mais comme un moyen de mettre en œuvre une ou plusieurs compétences. Il s’agit  donc d’une approche pédagogique en entrée par les compétences.

Les outils utilisés sont :

  • les applications bureautiques  et de communication (texteur, tableur, base de données, logiciels de présentation et de diaporama, messagerie ….)
  • les applications de gestion (gestion commerciale, comptabilité, logiciel de paye, gestion des investissements …)
  • les outils collaboratifs (messagerie agenda partagé, forum, FAQ …)

Or les applications de gestion constituent le cœur des métiers du secteur tertiaire. Les systèmes d’information sont au cœur des référentiels tertiaires. Les progiciels de gestion intégré, en tant qu’outils de représentation et d’exploitation du Système d’Information Global de l’entreprise, sont donc au cœur des métiers de la gestion des organisations.

Leur étude et leurs usages représentent en conséquence l’évolution principale des enseignements.

Le WebPédagogique : Qu’est ce que cela va changer concrètement ?

Robert WIPF : En ce qui concerne les professeurs, de façon très pragmatique, ils vont devoir se former aux PGI. Chaque académie est libre du choix des progiciels de gestion intégré. Certains éditeurs de logiciels prévoient une formation sur site, payante ou gratuite, pour les établissements ayant retenu leur logiciel. (EBP propose par exemple une journée de formation gratuite et une année d’assistance téléphonique gratuite pour tout établissement ayant acquis le PGI OPEN LINE).

Des journées de formation peuvent également être organisées dans les académies dans le cadre du plan académique de formation.

Du côté des aspects pédagogiques, l’utilisation des fonctionnalités et des outils d’analyse offertes par les différents PGI nécessitent de nouvelles pratiques et approches. D’abord, l’utilisation d’une base unique par des acteurs différents pour des modules différents (gestion commerciale, comptabilité, paie, gestion de la relation client …)  suppose la création d’études de cas faisant appel au travail collaboratif.

Ensuite, le PGI contient des outils de simulation et d’aide à la décision qui devraient permettre de réaliser des scénarios. Des simulations à des fins pédagogiques peuvent être ainsi effectuées par la mise en place de groupes de travail et de rôle.

Plusieurs objectifs peuvent être ciblés par l’organisation de ces groupes de travail :

  • le respect des programmes et référentiels par la proposition de séquences pédagogiques ciblées ;
  • le mise en évidences des apports du PGI dans l’étude des processus de gestion, dans l’analyse, l’interprétation et la compréhension du système d’information, notamment au niveau des relations et interactions entre les différents acteurs ;
  • l’établissement de transversalités entre les différents domaines d’enseignement.

L’enseignement des PGI peut, par exemple, être appréhendé à partir d’une entreprise fictive dont on a préalablement défini les caractéristiques en fonction du niveau de formation.  La pédagogie se base alors sur un jeu d’entreprise (type jeu sérieux).

Les groupes de travail peuvent partir d’une situation donnée et de contraintes internes et externes. Les objectifs des séances pédagogiques sont multiples :

  • mettre en œuvre le PGI par la saisie d’opérations diverses
  • prendre des décisions, élaborer des stratégies
  • éditer des résultats, vérifier leur cohérence, mesurer le degré d’atteinte des objectifs fixés
  • confronter les choix et les résultats, communiquer.

Eco gestion et PGI, jouer en travaillant !

Si si, repéré par un blog pédago-ludique, Réseau Ludus, une classe du lycée Edmond Rostand de St Ouen l’Aumône dans le Val d’Oise, mène une expérience intéressante. Accompagnés de leurs professeurs en Comptabilité-Bureautique, les 22 élèves de seconde ont créé une entreprise fictive, SARL Figue de Barbarie , qui produit et commercialise des produits cosmétiques bio.

Et c’est en gérant leur entreprise au quotidien que les élèves assimilent les bases de chaque matière ! A suivre ici.

Droit sur le programme et programme de droit !

Dans le viseur, les concours 2012 pour entrer en école de commerce notamment. Les thèmes du programme de droit des classes préparatoires économiques et commerciales, option technologique, sont parus au Bulletin Officiel n°10 le 10/03/2011. Tous les détails ici.

Quant au Bac L, le Ministère de l’Education Nationale lance une réflexion sur le projet de programme de droit et grands enjeux du monde contemporain. Une consultation est même organisée ici.