Cette fiche vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.
LES FIGURES DE STYLE (aussi appelées « tropes » ou « figures de rhétorique »)
Mais à quoi servent les « figures de style » ?
- A attirer l’attention du lecteur en ménageant un écart stylistique avec le langage courant : au lieu de dire quelque chose de manière plate et attendue, l’auteur donne du relief à son propos, le met en valeur. D’où le synonyme « trope » qui signifie « détour »
- A véhiculer des images poétiques ou concrètes et « colorer » la pensée de l’auteur. (dimension poétique)
- A convaincre et persuader le lecteur (dimension argumentative), d’où l’expression synonymique « figures de rhétorique » pour les désigner puisque la rhétorique est l’art de bien parler (science cultivée par les orateurs depuis l’antiquité).
Pourquoi doit-on apprendre à les reconnaître ?
Dans un commentaire ou dans une étude de texte orale, leur étude permet de cerner le style personnel de l’auteur.
LES FIGURES D’ANALOGIE : elles servent à comparer deux choses en soulignant une ressemblance
1. La comparaison : Jacques est agile comme un singe
La comparaison fournit un comparé (Jacques), un comparant (un singe), un point commun (agile) et surtout un outil comparatif (comme).
Les outils comparatifs : comme (conjonction) / ainsi que, aussi que, de même que, plus que, moins que, mieux que (locutions) / semblable à, pareil à (adjectifs) / on dirait, ressembler à, sembler à faire penser à (verbes).
2. La métaphore : Jacques est un vrai singe ! ou : Jacques, ce singe !
Il s’agit d’une comparaison SANS outil comparatif, voire sans point commun explicite (il est sous-entendu).
On parle de « métaphore filée » lorsque la métaphore est développée de manière significative dans un texte.
LES FIGURES D’INSISTANCE
3. L’hyperbole est une exagération du type :
- Il va mettre un siècle à venir
- Je l’ai au moins appelé une centaine de fois (même si, en vérité, on a passé quelques coups de fils…)
- Cet homme est un nain (pour dire qu’il est petit)
4. La gradation fait se succéder des mots d’intensité croissante ou décroissante
Ex : « Je me meurs, je suis mort je suis enterré ! » (Molière, L’Avare)
5. L’accumulation : juxtapose des termes de nature semblable
« Cela tintait, grinçait, cognait, cela grondait, haletait, soufflait et stridait et hoquetait, et trépidait, à croire que les murs de la grange allaient se fendre et s’écrouler » (Maurice Genevoix)
Analyse : la répétition des verbes juxtaposés par des virgules ou par la conjonction de coordination « et » répétée trois fois produit un effet d’accumulation.
6. L’anaphore répète un même mot ou groupe de mots en tête de phrase ou de vers.
« Rome, l’unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !
Rome qui t’a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore ! » (Corneille, Horace)
LES FIGURES D’OPPOSITION
7. L’oxymore relie deux termes à la signification contraire : «Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid)
8. Le parallélisme souligne une similitude ou une opposition par la reprise identique d’une même construction :
« Rodrigue, qui l’eût cru ?
Chimène, qui l’eût dit ? » (Corneille, Le Cid)
Analyse : les deux vers sont construits de la même façon : nom propre + virgule + pronom « qui » + l’ + eût + participe passé (cru / dit)
9. Le chiasme est un parallélisme inversé. Un couple de termes correspondant à un autre couple de termes apparaît en sens inverse. Il permet, comme le parallélisme, de souligner une opposition ou un parallélisme.
Ma commère la Carpe y faisait mille tours
Avec le Brochet son compère.
(La Fontaine, Le Héron)
Moyen mnémotechnique : retenir que le nom de la figure de style (chiasme) commence par la lettre C, tout comme « croix » ou « croisement ».
LES FIGURES DE SUBSTITUTION
10. La métonymie remplace un mot par un autre qui entretient avec ce dernier un lien logique :
a. Le contenu pour le contenant : on dit « boire un verre » alors que l’on ne boit pas le verre mais … son contenu !
b. L’instrument pour le musicien : « le premier violon »
c. Un symbole : « une victoire des verts » (= les joueurs de Saint-Etienne)
d. La partie pour le tout : « les voiles » (pour le bateau)
11. L’antiphrase est une figure ironique qui permet de dire le contraire de ce que l’on pense.
« C’est malin ça ! » (bête)
« Dis-donc, t’es une lumière, toi… » (idiot)
« anti » signifie le « contraire de » d’où l’antiphrase est en fait le contraire de la phrase prononcée.
12. L’euphémisme consiste à atténuer une réalité brutale
« Marcel Proust nous a quitté/ s’en est allé/ s’est endormi pour toujours en 1922 » pour « il est mort ».
13. La périphrase évoque un mot par un groupe de mots ou une phrase
« Le roi de la pop » = Mickael Jackson
« L’astre du jour » = le soleil
« La Ville lumière » = Paris
« Le Toit du monde » = l’Evrest
« Celui qui est le maître des Enfers » = Satan
« péri » signifie « autour de » (comme dans périphérie) d’où c’est une figure de style qui fait le tour d’un mot par une phrase plus longue !
C’est un bon moyen d’éviter les répétitions !
Bonnes révisions à tous !