Cette fiche sur les registres vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.
Définition des Instructions Officielles du programme de 2nde et 1ere : « Les registres sont la manifestation par le langage des grandes catégories d’émotions et de mouvements de sensibilité. La joie, l’angoisse, la colère, l’indignation, l’admiration, la plainte, la compassion, la méfiance, le doute trouvent là leur lieu, à travers des formes d’expression multiples. »
Autre manière de définir le registre : c’est l’ensemble des moyens dont dispose l’auteur pour produire un certain effet sur le lecteur. Par exemple, la comédie doit faire rire, la tragédie inspirer terreur et pitié, …
Liste des principaux registres avec leur définition :
– Le tragique : Concerne la catégorie d’émotion de la terreur et de la pitié éprouvée face au destin inéluctable du personnage. Il repose sur le fait que le destin s’acharne sur l’homme. Les textes tragiques entendent prouver à l’humain que des forces supérieures (destin, fatalité, l’Histoire, la passion, …) le manipulent et le dépassent. Si le destin du protagoniste n’est pas forcément mortel, il est au moins malheureux.
– Le comique : Lié au rire et à l’amusement. Faire rire le lecteur est un moyen de le séduire. Le comique est surtout utilisé dans la comédie où l’on en trouve quatre types : comique de mots, de situation (quiproquos), de gestes (coups de bâton, …) et de mœurs (caractères). Toutefois, on peut trouver le comique dans n’importe quel genre. Ses principales manifestations sont l’ironie, l’humour, les jeux de mots, la moquerie, la parodie, …
– L’épidictique : Il repose donc soit sur l’émotion d’admiration (l’éloge), soit sur celle de désapprobation (le blâme)
– L’épique : Raconte des faits héroïques en inspirant le respect et la crainte. Renvoie au genre désuet de l’épopée où l’on raconte les hauts faits de guerre d’un héros presque surnaturel (Ulysse). D’où les hyperboles, les accumulations, les gradations, les pluriels sont des procédés utilisés pour donner de l’ampleur et de la grandeur à ce qui est raconté.
– Le fantastique : Suscite la peur et le doute. Repose sur l’intrusion du surnaturel dans un cadre réel.
– Le lyrique : Est l’expression des sentiments personnels de l’auteur. Formé sur le mot « lyre », il suppose une certaine musicalité (fréquent en poésie). Il peut exprimer divers sentiments personnels : l’amour, l’enthousiasme, le bonheur, la foi, la tristesse, la mélancolie, …
– Le polémique : Possède une fonction critique. Issu de « polemos » qui signifie « la guerre », il vise donc à convaincre, à vaincre en réduisant son adversaire au silence sous l’effet de la colère. On le retrouve dans le pamphlet, le discours politique, la critique d’art, …
– Le satirique : Vise à se moquer d’une attitude (la comédie L’Avare se moque du défaut d’Harpagon qui est l’avarice), d’une catégorie sociale (les bourgeois raillés par les romanciers du XIXe), d’une institution, … Il se rapproche souvent du registre comique.
– Le pathétique : Vient du grec « pathos » qui veut dire « souffrance ».
ATTENTION : Parfois, on trouve des registres inattendus dans certains genres (ex : registre tragique dans un passage de comédie, …). Un registre peut donc légitimement se trouver dans divers genres et ne se limite en aucun cas à son genre d’origine !
- On rencontre forcément le registre comique dans la comédie mais aussi dans tous les autres genres !
- Le registre tragique issu de la tragédie est très présent dans les romans naturalistes de Zola où l’hérédité conditionne le destin des personnages. (Nana, fille de Gervaise, alcoolique, ne peut qu’avoir un destin funeste en tant que prostituée)
- Dans le roman réaliste on trouve parfois le registre fantastique : dans la Bête Humaine, Zola décrit la locomotive comme un « monstre » qui galope. C’est un moyen d’exprimer le sentiment ambigu de peur et d’admiration du peuple face à la révolution industrielle.
Retenir que les catégories littéraires ne sont jamais rigides ! Ce sont des outils qui aident à analyser et à saisir les subtilités du style de chaque auteur. Lorsque les registres utilisés semblent détonner avec le genre du texte, il faut absolument commenter ce fait stylistique qui relève d’une stratégie.
TOUJOURS SE POSER LA QUESTION DES REGISTRES PRESENTS DANS LE TEXTE POUR LE COMMENTAIRE !
Bonnes révisions à tous !