BTS – Français – Méthodologie : comment analyser efficacement un texte ?

Cette fiche de méthodologie vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.

Pour le commentaire ou l’explication de texte à l’oral, il s’agit de savoir interpréter un texte et le commenter de manière construite (2 ou 3 axes) à partir des analyses de détails. Pour ne jamais être démuni face à un texte, voici des outils qui vous aideront à l’analyser :

1) ETABLIR LA FICHE D’IDENTITE DU TEXTE

  • Auteur, œuvre, date : quel mouvement littéraire est concerné ? (cette déduction peut t’apporter des renseignements sur les règles d’écriture en vogue à ce moment, …)
  • Utiliser le paratexte : tout ce qui entoure le texte mais n’est pas écrit par l’auteur (chapeau introductif qui situe le texte, nom d’auteur et titre, date, …)
  • A quel genre et sous-genre appartient-il ?
  • Quel type de texte : narratif, descriptif, explicatif ou argumentatif
  • Repérer le ou les registre(s) utilisés
  • Analyser la situation d’énonciation : qui parle, à qui, pourquoi et en quelles circonstances ?
    • A qui s’adresse le locuteur ? Une personne en particulier, un groupe, à tous les hommes, …
    • Le destinataire est-il impliqué : interrogations, questions rhétoriques, « nous » (je + tu), apostrophes et interpellations (« toi lecteur », « tu », « vous »), etc.

2) REPERER LA STRUCTURE DU TEXTE

  • Sommes-nous à un moment stratégique :
    • Roman : incipit (début), excipit (fin)
    • Théâtre : scène d’exposition, moment de la crise, dénouement
  • Entourer les connecteurs qui marquent des seuils importants dans le texte à commenter.
  • Comprendre la logique des paragraphes : résumer chaque paragraphe par un mot clé afin de comprendre la logique du texte et de voir sa progression.
  • Tenir compte des variations typographiques : guillemets (= dialogue ou citation ?), italiques (citation, mise en relief ou titre d’un livre ?), mots en gras, …
    • Si les paragraphes sont de tailles différentes, s’interroger sur les disproportions.
    • Pour la poésie, repérer les mots placés à la rime et demandez-vous pourquoi ils sont associés (n’y a-t-il pas un sens à cette association, autre que la sonorité commune)
    • La valeur des majuscules.
  • Structure cyclique ? La fin renvoie-t-elle au début ou, au contraire, ouvre-t-elle vers un autre sujet ?
  • Repérer les ruptures : passage abrupt à un autre sujet, rupture temporelle (ellipse), opposition de deux personnages ou deux idées, …

3) L’ANALYSE DES DETAILS

Cette phase va nécessiter une relecture, crayon en main pour souligner tout ce qui participe du style du texte :

  • Les champs lexicaux
  • Les symboles
  • Les figures de style
  • Les répétions ou oppositions
  • Les sonorités ou rythmes (allitérations, assonances, enjambements, césure, groupe ternaires ou binaires, effets d’attente, …)

Rappel : « une chanson douce et mélodique » est un groupe binaire et « une chanson douce, mélodique, harmonieuse » est ternaire.

  • La typographie : majuscules, italiques, caractère gras ou souligné, disposition des paragraphes ou strophes, …
  • Les types de phrases : affirmatives, interrogatives, injonctives, exclamatives.
  • La syntaxe : phrases longues ou courtes, emphase (mise en relief) ou neutralité du propos
  • La valeur des temps et des modes
  • L’emploi des pronoms : je/tu/nous ou neutralité de la 3e personne (il/ils), tutoiement ou vouvoiement, …

4) ADAPTER L’ANALYSE AU GENRE ET AU TYPE DU TEXTE

Commenter un texte narratif :

  • Qui raconte ?
  • Quel est le point de vue utilisé : omniscient (le narrateur voit tout et entend tout), interne (narrateur = l’un des personnages qui participe à l’histoire), externe (narrateur = témoin ou personne qui raconte une histoire qu’il a entendue de quelqu’un d’autre).
  • Le point de vue reste-t-il le même ou évolue-t-il ?
  • Objectif ou subjectif ? Relever les marques de subjectivité : pronoms de 1ere personne, modalisateurs (« A mon avis », …), verbes de pensée ou de sensation, …
  • La chronologie : s’agit-il d’un retour en arrière ou d’une anticipation (projection dans le futur) qui modifie la chronologie de l’histoire ? Pourquoi intervient-elle ?
  • Les vitesses du récit : ellipses et sommaires accélèrent l’histoire, la pause ralentit le rythme du récit.
    • Ellipse : on saute un intervalle temporel (« Deux semaines plus tard »)
    • Sommaire : on résume rapidement ce qui s’est passé.
    • Scène : le narrateur fait coïncider temps vécu et temps du récit. Il décrit une scène comme s’il la voyait.
    • Pause : le temps du récit est supérieur au temps vécu car le narrateur fait une pause descriptive avec des détails précis et des explications.

Commenter un texte descriptif :

  • Quelle est la nature de la description : un portrait, la description d’un lieu ou d’un objet.
  • Trouver l’organisation de la description : quel ordre suit-elle ?
    • Le regard d’un personnage
    • Un mouvement (train, voiture, …)
  • S’il s’agit d’un portrait : comment le portrait physique et le portrait moral sont-ils articulés ?
    • L’un après l’autre
    • Les deux sont mêlés : le physique nous renseigne sur le portrait moral et vice-versa (la beauté peut être une marque extérieure de la vertu d’un personnage féminin et de sa pureté)
    • Les deux s’opposent (une femme laide mais vertueuse)
  • Est-ce une description objective ou subjective ? Y a-t-il des jugements de valeur ?
  • Quelle est la fonction de la description ?
    • Informer, situer
    • Créer une certaine atmosphère (peur, joie, …)
    • Créer un effet de réel pour rendre l’histoire vraisemblable grâce aux détails.
    • Révéler le caractère d’un personnage
    • Dimension symbolique, esthétique ou poétique

Commenter un texte théâtral :

  • A quel acte/scène sommes-nous ?
    • Scène d’exposition (1ere et 2e scène, éventuellement tout le 1er acte) : quelles informations sur les personnages et l’intrigues sont livrées au spectateur ? Comment ? (phénomène de double énonciation).
    • Dénouement : quel est l’élément de résolution ? quelles sont les conséquences ?
  • Sommes-nous à un moment particulier qui repose sur un effet dramaturgique : coup de théâtre, retournement de situation, quiproquo, monologue, aparté …
  • Ne surtout pas oublier les didascalies. Cachent-elles des symboles à commenter ? Quelles indications sur le jeu ou le décor donnent-elles ?
  • Analyser la situation d’énonciation : l’enchaînement des répliques (fluide ou les personnages se coupent-ils la parole ?), les répliques contiennent-elles des informations adressées au spectateur (double énonciation), stichomythie ou tirades (longueur) ?
  • Comédie : quelles sont les types de comiques présents dans l’extrait ? (comique de mot, de geste, de situation ou de mœurs).

Commenter un texte poétique :

  • Vers ou prose ?
  • Identifier le registre
  • La forme : fixe avec des contraintes (sonnet, …) ou libre
  • Quels mots les rimes rapprochent-elles ? Y a-t-il des associations intéressantes à commenter ?
  • Le mètre utilisé : décasyllabe et alexandrins = les vers nobles, majestueux.
  • Les effets sonores
  • Les effets rythmiques (césure, enjambement, rejet, contre-rejet, …)

Commenter un texte argumentatif :

  • Quelle est la thèse défendue par l’auteur ? Est-ce son opinion réelle ou bien le texte repose t-il sur l’ironie ? (dans ce cas l’auteur feint de défendre une thèse adverse pour la tourner en ridicule).
  • Quelle est/sont la/les thèses adverses ? (sont-elles explicitées par le texte ou alors implicites et à déduire par le lecteur ?)
  • Quelles sont les stratégies choisies pour défendre ou critiquer : l’énonciation, la modélisation vous renseigneront.
  • Savoir distinguer les types d’arguments utilisés :
    • L’argument a contrario prouve que si la thèse n’était pas vraie cela provoquerait des conséquences absurdes. Il montre que la thèse adverse est inadmissible car elle repose sur l’illogisme ou l’absurdité.
    • L’argument d’autorité consiste à montrer qu’une personne digne de confiance pense la même chose. Ainsi, citer des statistiques, des travaux scientifiques ou un personnage célèbre constitue un argument d’autorité.
    • L’argument ad hominem consiste à ridiculiser l’adversaire non pas en s’attaquant à sa thèse mais à la personne qui la soutient.
  • Savoir identifier la nature d’un argument : scientifique, littéraire, historique, …
  • Repérer l’organisation des paragraphes et les connecteurs qui marquent la progression de la pensée.
  • Repérer les indices de subjectivité : lexique mélioratif ou péjoratif, pronoms utilisés, ponctuation, verbes d’énonciation (« je suis convaincu que » n’a pas la même portée que « je crois »), etc.

Bonnes révisions à tous !

Laisser un commentaire