BTS – Français : Les registres

Cette fiche sur les registres vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.

Définition des Instructions Officielles du programme de 2nde et 1ere : « Les registres sont la manifestation par le langage des grandes catégories d’émotions et de mouvements de sensibilité. La joie, l’angoisse, la colère, l’indignation, l’admiration, la plainte, la compassion, la méfiance, le doute trouvent là leur lieu, à travers des formes d’expression multiples. »

Autre manière de définir le registre : c’est l’ensemble des moyens dont dispose l’auteur pour produire un certain effet sur le lecteur. Par exemple, la comédie doit faire rire, la tragédie inspirer terreur et pitié, …

Liste des principaux registres avec leur définition :

– Le tragique : Concerne la catégorie d’émotion de la terreur et de la pitié éprouvée face au destin inéluctable du personnage. Il repose sur le fait que le destin s’acharne sur l’homme. Les textes tragiques entendent prouver à l’humain que des forces supérieures (destin, fatalité, l’Histoire, la passion, …) le manipulent et le dépassent. Si le destin du protagoniste n’est pas forcément mortel, il est au moins malheureux.

– Le comique : Lié au rire et à l’amusement. Faire rire le lecteur est un moyen de le séduire. Le comique est surtout utilisé dans la comédie où l’on en trouve quatre types : comique de mots, de situation (quiproquos), de gestes (coups de bâton, …) et de mœurs (caractères). Toutefois, on peut trouver le comique dans n’importe quel genre. Ses principales manifestations sont l’ironie, l’humour, les jeux de mots, la moquerie, la parodie, …

– L’épidictique : Il repose donc soit sur l’émotion d’admiration (l’éloge), soit sur celle de désapprobation (le blâme)

– L’épique : Raconte des faits héroïques en inspirant le respect et la crainte. Renvoie au genre désuet de l’épopée où l’on raconte les hauts faits de guerre d’un héros presque surnaturel (Ulysse). D’où les hyperboles, les accumulations, les gradations, les pluriels sont des procédés utilisés pour donner de l’ampleur et de la grandeur à ce qui est raconté.

– Le fantastique : Suscite la peur et le doute. Repose sur l’intrusion du surnaturel dans un cadre réel.

– Le lyrique : Est l’expression des sentiments personnels de l’auteur. Formé sur le mot « lyre », il suppose une certaine musicalité (fréquent en poésie). Il peut exprimer divers sentiments personnels : l’amour, l’enthousiasme, le bonheur, la foi, la tristesse, la mélancolie, …

– Le polémique : Possède une fonction critique. Issu de « polemos » qui signifie « la guerre », il vise donc à convaincre, à vaincre en réduisant son adversaire au silence sous l’effet de la colère. On le retrouve dans le pamphlet, le discours politique, la critique d’art, …

– Le satirique : Vise à se moquer d’une attitude (la comédie L’Avare se moque du défaut d’Harpagon qui est l’avarice), d’une catégorie sociale (les bourgeois raillés par les romanciers du XIXe), d’une institution, … Il se rapproche souvent du registre comique.

– Le pathétique : Vient du grec « pathos » qui veut dire « souffrance ».

ATTENTION : Parfois, on trouve des registres inattendus dans certains genres (ex : registre tragique dans un passage de comédie, …). Un registre peut donc légitimement se trouver dans divers genres et ne se limite en aucun cas à son genre d’origine !

  • On rencontre forcément le registre comique dans la comédie mais aussi dans tous les autres genres !
  • Le registre tragique issu de la tragédie est très présent dans les romans naturalistes de Zola où l’hérédité conditionne le destin des personnages. (Nana, fille de Gervaise, alcoolique, ne peut qu’avoir un destin funeste en tant que prostituée)
  • Dans le roman réaliste on trouve parfois le registre fantastique : dans la Bête Humaine, Zola décrit la locomotive comme un « monstre » qui galope. C’est un moyen d’exprimer le sentiment ambigu de peur et d’admiration du peuple face à la révolution industrielle.

Retenir que les catégories littéraires ne sont jamais rigides ! Ce sont des outils qui aident à analyser et à saisir les subtilités du style de chaque auteur. Lorsque les registres utilisés semblent détonner avec le genre du texte, il faut absolument commenter ce fait stylistique qui relève d’une stratégie.

TOUJOURS SE POSER LA QUESTION DES REGISTRES PRESENTS DANS LE TEXTE POUR LE COMMENTAIRE !

Bonnes révisions à tous !

BTS – Français – Méthodologie : comment analyser efficacement un texte ?

Cette fiche de méthodologie vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.

Pour le commentaire ou l’explication de texte à l’oral, il s’agit de savoir interpréter un texte et le commenter de manière construite (2 ou 3 axes) à partir des analyses de détails. Pour ne jamais être démuni face à un texte, voici des outils qui vous aideront à l’analyser :

1) ETABLIR LA FICHE D’IDENTITE DU TEXTE

  • Auteur, œuvre, date : quel mouvement littéraire est concerné ? (cette déduction peut t’apporter des renseignements sur les règles d’écriture en vogue à ce moment, …)
  • Utiliser le paratexte : tout ce qui entoure le texte mais n’est pas écrit par l’auteur (chapeau introductif qui situe le texte, nom d’auteur et titre, date, …)
  • A quel genre et sous-genre appartient-il ?
  • Quel type de texte : narratif, descriptif, explicatif ou argumentatif
  • Repérer le ou les registre(s) utilisés
  • Analyser la situation d’énonciation : qui parle, à qui, pourquoi et en quelles circonstances ?
    • A qui s’adresse le locuteur ? Une personne en particulier, un groupe, à tous les hommes, …
    • Le destinataire est-il impliqué : interrogations, questions rhétoriques, « nous » (je + tu), apostrophes et interpellations (« toi lecteur », « tu », « vous »), etc.

2) REPERER LA STRUCTURE DU TEXTE

  • Sommes-nous à un moment stratégique :
    • Roman : incipit (début), excipit (fin)
    • Théâtre : scène d’exposition, moment de la crise, dénouement
  • Entourer les connecteurs qui marquent des seuils importants dans le texte à commenter.
  • Comprendre la logique des paragraphes : résumer chaque paragraphe par un mot clé afin de comprendre la logique du texte et de voir sa progression.
  • Tenir compte des variations typographiques : guillemets (= dialogue ou citation ?), italiques (citation, mise en relief ou titre d’un livre ?), mots en gras, …
    • Si les paragraphes sont de tailles différentes, s’interroger sur les disproportions.
    • Pour la poésie, repérer les mots placés à la rime et demandez-vous pourquoi ils sont associés (n’y a-t-il pas un sens à cette association, autre que la sonorité commune)
    • La valeur des majuscules.
  • Structure cyclique ? La fin renvoie-t-elle au début ou, au contraire, ouvre-t-elle vers un autre sujet ?
  • Repérer les ruptures : passage abrupt à un autre sujet, rupture temporelle (ellipse), opposition de deux personnages ou deux idées, …

3) L’ANALYSE DES DETAILS

Cette phase va nécessiter une relecture, crayon en main pour souligner tout ce qui participe du style du texte :

  • Les champs lexicaux
  • Les symboles
  • Les figures de style
  • Les répétions ou oppositions
  • Les sonorités ou rythmes (allitérations, assonances, enjambements, césure, groupe ternaires ou binaires, effets d’attente, …)

Rappel : « une chanson douce et mélodique » est un groupe binaire et « une chanson douce, mélodique, harmonieuse » est ternaire.

  • La typographie : majuscules, italiques, caractère gras ou souligné, disposition des paragraphes ou strophes, …
  • Les types de phrases : affirmatives, interrogatives, injonctives, exclamatives.
  • La syntaxe : phrases longues ou courtes, emphase (mise en relief) ou neutralité du propos
  • La valeur des temps et des modes
  • L’emploi des pronoms : je/tu/nous ou neutralité de la 3e personne (il/ils), tutoiement ou vouvoiement, …

4) ADAPTER L’ANALYSE AU GENRE ET AU TYPE DU TEXTE

Commenter un texte narratif :

  • Qui raconte ?
  • Quel est le point de vue utilisé : omniscient (le narrateur voit tout et entend tout), interne (narrateur = l’un des personnages qui participe à l’histoire), externe (narrateur = témoin ou personne qui raconte une histoire qu’il a entendue de quelqu’un d’autre).
  • Le point de vue reste-t-il le même ou évolue-t-il ?
  • Objectif ou subjectif ? Relever les marques de subjectivité : pronoms de 1ere personne, modalisateurs (« A mon avis », …), verbes de pensée ou de sensation, …
  • La chronologie : s’agit-il d’un retour en arrière ou d’une anticipation (projection dans le futur) qui modifie la chronologie de l’histoire ? Pourquoi intervient-elle ?
  • Les vitesses du récit : ellipses et sommaires accélèrent l’histoire, la pause ralentit le rythme du récit.
    • Ellipse : on saute un intervalle temporel (« Deux semaines plus tard »)
    • Sommaire : on résume rapidement ce qui s’est passé.
    • Scène : le narrateur fait coïncider temps vécu et temps du récit. Il décrit une scène comme s’il la voyait.
    • Pause : le temps du récit est supérieur au temps vécu car le narrateur fait une pause descriptive avec des détails précis et des explications.

Commenter un texte descriptif :

  • Quelle est la nature de la description : un portrait, la description d’un lieu ou d’un objet.
  • Trouver l’organisation de la description : quel ordre suit-elle ?
    • Le regard d’un personnage
    • Un mouvement (train, voiture, …)
  • S’il s’agit d’un portrait : comment le portrait physique et le portrait moral sont-ils articulés ?
    • L’un après l’autre
    • Les deux sont mêlés : le physique nous renseigne sur le portrait moral et vice-versa (la beauté peut être une marque extérieure de la vertu d’un personnage féminin et de sa pureté)
    • Les deux s’opposent (une femme laide mais vertueuse)
  • Est-ce une description objective ou subjective ? Y a-t-il des jugements de valeur ?
  • Quelle est la fonction de la description ?
    • Informer, situer
    • Créer une certaine atmosphère (peur, joie, …)
    • Créer un effet de réel pour rendre l’histoire vraisemblable grâce aux détails.
    • Révéler le caractère d’un personnage
    • Dimension symbolique, esthétique ou poétique

Commenter un texte théâtral :

  • A quel acte/scène sommes-nous ?
    • Scène d’exposition (1ere et 2e scène, éventuellement tout le 1er acte) : quelles informations sur les personnages et l’intrigues sont livrées au spectateur ? Comment ? (phénomène de double énonciation).
    • Dénouement : quel est l’élément de résolution ? quelles sont les conséquences ?
  • Sommes-nous à un moment particulier qui repose sur un effet dramaturgique : coup de théâtre, retournement de situation, quiproquo, monologue, aparté …
  • Ne surtout pas oublier les didascalies. Cachent-elles des symboles à commenter ? Quelles indications sur le jeu ou le décor donnent-elles ?
  • Analyser la situation d’énonciation : l’enchaînement des répliques (fluide ou les personnages se coupent-ils la parole ?), les répliques contiennent-elles des informations adressées au spectateur (double énonciation), stichomythie ou tirades (longueur) ?
  • Comédie : quelles sont les types de comiques présents dans l’extrait ? (comique de mot, de geste, de situation ou de mœurs).

Commenter un texte poétique :

  • Vers ou prose ?
  • Identifier le registre
  • La forme : fixe avec des contraintes (sonnet, …) ou libre
  • Quels mots les rimes rapprochent-elles ? Y a-t-il des associations intéressantes à commenter ?
  • Le mètre utilisé : décasyllabe et alexandrins = les vers nobles, majestueux.
  • Les effets sonores
  • Les effets rythmiques (césure, enjambement, rejet, contre-rejet, …)

Commenter un texte argumentatif :

  • Quelle est la thèse défendue par l’auteur ? Est-ce son opinion réelle ou bien le texte repose t-il sur l’ironie ? (dans ce cas l’auteur feint de défendre une thèse adverse pour la tourner en ridicule).
  • Quelle est/sont la/les thèses adverses ? (sont-elles explicitées par le texte ou alors implicites et à déduire par le lecteur ?)
  • Quelles sont les stratégies choisies pour défendre ou critiquer : l’énonciation, la modélisation vous renseigneront.
  • Savoir distinguer les types d’arguments utilisés :
    • L’argument a contrario prouve que si la thèse n’était pas vraie cela provoquerait des conséquences absurdes. Il montre que la thèse adverse est inadmissible car elle repose sur l’illogisme ou l’absurdité.
    • L’argument d’autorité consiste à montrer qu’une personne digne de confiance pense la même chose. Ainsi, citer des statistiques, des travaux scientifiques ou un personnage célèbre constitue un argument d’autorité.
    • L’argument ad hominem consiste à ridiculiser l’adversaire non pas en s’attaquant à sa thèse mais à la personne qui la soutient.
  • Savoir identifier la nature d’un argument : scientifique, littéraire, historique, …
  • Repérer l’organisation des paragraphes et les connecteurs qui marquent la progression de la pensée.
  • Repérer les indices de subjectivité : lexique mélioratif ou péjoratif, pronoms utilisés, ponctuation, verbes d’énonciation (« je suis convaincu que » n’a pas la même portée que « je crois »), etc.

Bonnes révisions à tous !

BTS – Français : Méthodologie : comment prendre des notes efficaces pendant les cours ?

Cette fiche de méthodologie vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.

CONSEILS

Ne pas essayer de tout prendre en notes : cela n’est ni efficace, ni possible !

– Il faut d’abord écouter PUIS reprendre en note car il faut comprendre le propos pour être capable d’éliminer ce qui est superflu.

– Ecouter le ton de la personne qui parle : il vous donne des indications. Le professeur ralentit et répète lorsqu’il énonce une information primordiale (type définition à reprendre intégralement) alors qu’il énumère assez rapidement les détails de moindre importance (en noter 1 ou 2 au vol suffit).

Hiérarchiser sa feuille : la penser comme un espace à aérer, à organiser ! Ne pas utiliser toutes les lignes et ne surtout pas écrire de manière cursive de gauche à droite en utilisant la totalité de la ligne car cela noie les informations importantes au milieu des exemples et des anecdotes qui ne sont pas à retenir par cœur. Pour les notions clés, ne mettre qu’un mot par ligne afin de fixer le regard dessus lors des révisions. Utiliser un code couleur (en rouge les définitions, en vert les exemples que je veux retenir, en noir …)

– Ne pas hésiter à transposer une phrase en schéma, plus aisé à apprendre !

QUELQUES TECHNIQUES DE PRISE DE NOTES

1) Utiliser des symboles mathématiques :

– Utiliser toujours les mêmes symboles

– Ne pas tout symboliser sous peine de devoir déchiffrer un hiéroglyphe à la maison

– Ne pas utiliser de symboles dans les interrogations et surtout pas aux examens !

2) Utiliser des abréviations personnelles des termes les plus courants pour chaque matière :

Il s’agit de réduire les mots en retenant quelques lettres évocatrices pour vous (à bien choisir !)

Ne surtout pas changer de système d’abréviations en cours d’année, ni avoir plusieurs abréviations pour un même mot.

Exemples : département = dpt, théâtre = th (avec un accent circonflexe sur le « t » par exemple pour éviter toute confusion), langage = lgg, 1ere guerre mondiale (GM1 ou WW1), …

3) Elaguer, couper !

A force d’entraînement, tu pourras faire le tri et éliminer automatiquement certains mots qui ne sont pas porteurs de sens et donc inutiles sur ton cours comme par exemple les déterminants, certaines prépositions, …

Ex : Molière était un illustre dramaturge qui a vécu en France au XVIIe siècle. Il a écrit des comédies célèbres ainsi que des tragédies qui, elles, par contre, sont tombées dans l’oubli le plus profond.
= Molière, gd dramaturge frçs, XVIIe (comédies + ? tragédies – )

BILAN : au cours de l’année recense les mots très utilisés dans chaque matière sur des fiches cartonnées (une fiche par discipline) et cherche des abréviations personnelles pour chacun de ces mots. La prise de note est une technique : c’est comme le sport, c’est en pratiquant jour après jour et en t’entraînant que cela deviendra facile et automatique !

Bonnes révisions !

BTS – Français : Tableau des mouvements et courants

Ce tableau récapitulatif des mouvements et courant littéraires et culturels vous est offert par Mme Parmoli, professeur de français au lycée. Il vous aidera énormément pour les examens !

Pour télécharger ce tableau (au format .pdf), cliquez ici : TABLEAU DES MOUVEMENTS ET COURANTS

« Attention : ne pas chercher à situer exactement le début et la fin d’un mouvement car les découpages sont subjectifs (tout dépend du critère que l’on retient en guise de baptême et de mort du mouvement !). L’essentiel est de pouvoir le replacer chronologiquement.

De nombreux mouvements ou courants ont été baptisés a posteriori : c’est au XIXe siècle que le mot « humaniste » apparaît ! Ce sont des étiquettes utiles pour donner de la cohérence à l’histoire des idées et de la littérature. »

Bonnes révisions à vous !

BTS – Français : Valeur des temps et des modes

Cette fiche vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.

  • Le temps : permet de situer un fait, une action sur l’échelle du temps (passé, présent, futur). En conjugaison, plusieurs temps verbaux peuvent renvoyer à ces trois repères.
  • Le mode : permet de regrouper plusieurs temps sous une étiquette en fonction de la manière dont on présente l’action : indicatif, impératif, subjonctif, conditionnel.

LES VALEURS DES MODES

L’indicatif : mode de la réalité et du constat.

Le subjonctif : mode de l’irréel et de l’éventualité.

  • Il présente les faits comme des hypothèses réalisables : Il est possible qu’il vienne.
  • Il peut aussi avoir une valeur d’ordre : Qu’il vienne !

L’impératif :

  • exprime un ordre : Viens ici !
  • un conseil : Révise pour avoir ton BTS.
  • une prière : Aide-moi s’il te plaît !

Le conditionnel : marque l’obligation de soumission à une condition introduite par « si » : Si tu venais demain, je serais ravi.

Retiens cette règle « les si n’aiment pas les –rais » pour ne pas te tromper. Tu remarques que le conditionnel n’est pas dans le début de la phrase avec le si, mais dans le membre suivant !

1er membre = Si + indicatif (venais)
2e membre = conditionnel (serais) en 2e position !

  • comme marque de politesse : Voudriez-vous bien me laisser entrer ?
  • une hypothèse : Le tueur se serait caché au milieu des riverains.
  • dire le futur dans le passé (dans ce cas c’est un « temps », pas un « mode ») : Jean annonça que dès qu’il aurait terminé son jeu, il ferait la vaisselle.

VALEURS DES TEMPS

Le présent : il peut exprimer différentes valeurs :

  • Le présent d’énonciation : renvoie au moment immédiat où l’on parle.
    • J’ai faim (au moment où « je » le dit)
  • Le présent de vérité générale : il est toujours vrai, durable.
    • L’eau bout à cent degrés.
    • L’anglais est ma langue maternelle.

  • Le présent de narration : il permet au narrateur qui relate des faits à un autre temps (ex : passé simple + imparfait) de passer tout à coup au présent pour mettre en relief certaines actions, les actualiser même si elles ont été faites dans le passé. Cela rend le passage en question plus vivant.
    • Hier, je sors faire mes courses et qu’est-ce que je vois ?

Analyse : l’action se passe au passé (hier) mais le temps utilisé est pourtant le présent, cela permet de rendre les faits présents, actuels.

  • Le futur proche ou passé récent : parfois on utilise le temps du présent pour des actions proches dans le futur ou le passé.
    • Il sort du magasin à l’instant, vous auriez pu le croiser. (présent à valeur de passé récent)
    • J’arrive dans cinq minutes ! (présent à valeur de futur proche)

L’imparfait et le passé simple :

L’imparfait : temps non borné dans le temps.

  • De description, d’arrière plan : Sa maison était grise.
  • D’habitude, de répétition : Il prenait le bus. (sous-entendu : chaque matin ou à intervalles régulières). C’est ce qu’on appelle aussi la valeur « itérative » de l’imparfait.
  • De durée : Il s’engageait dans une affaire douteuse.

Le passé simple : temps borné dans le temps.

  • Actions de 1er plan : Il se reposait tranquillement lorsque le téléphone sonna.
  • Actions brèves et juxtaposées : Il ouvrit la porte, retint son souffle, prit son élan et s’engagea dans la pièce avec assurance.
  • Action longue mais bornée dans le temps : Il voyagea. (que ce soit 1 jour ou 10 ans, on sait à quel moment précisément d’après le contexte.)

Le passé composé :

  • Effet d’oralité : la passé composé appartient au registre oral courant alors que le passé simple est plus littéraire.
  • Valeur d’inachèvement : indique qu’une action commencée dans le passé a encore des répercutions sur le présent.
    • J’ai liquidé tout mon argent aux jeux. (conséquence sous-entendue : et maintenant je suis pauvre !)

Pour comprendre la différence entre le passé composé (inachevé) et le passé simple (achevé) :

  • J’ai compris leur stratagème : passé composé sous-entendu : et maintenant je comprends ce qu’ils ont l’intention de faire et j’en tire encore les conséquences.
  • Je compris leur stratagème : passé simple (révolu) sous-entendu : j’ai tout compris à l’époque et aujourd’hui tout cela est fini.

Bonnes révisions à tous !

BTS – Français : Petit traité de versification : les règles en poésie

Cette fiche sur les règles en poésie vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.

Qu’est-ce que la « versification » ? Il s’agit de l’ensemble des règles qui président à la création d’un poème régulier et traditionnel.

1) LA STROPHE

C’est l’unité poétique // au paragraphe en prose.
La strophe, par son agencement, permet de mettre en relief les rimes. Il s’agit d’un groupement de vers séparé de la strophe suivante par un blanc typographique.
On nomme les strophes les plus utilisées en fonction du nombre de vers qu’elles contiennent :

  • 2 = un distique
  • 3 = un tercet
  • 4 = un quatrain
  • 5 = un quintil
  • 6 = un sizain
  • 8 = un huitain
  • 9 = un neuvain

2) LE METRE

Le mètre ou le vers est nommé en fonction du nombre de syllabes qu’il contient.

ATTENTION : ne surtout pas parler de « pied » qui est la mesure poétique latine !

  • 5 = un pentasyllabe
  • 6 = un hexasyllabe
  • 7 = un heptasyllabe
  • 8 = un octosyllabe
  • 9 = un ennéasyllabe
  • 10 = un décasyllabe
  • 11 = hendécasyllabe
  • 12 = un alexandrin

3) LA RIME

La rime est le phénomène de répétition du même son en fin de vers.

Il existe 3 dispositions de rimes :

Plates : AABB
« Ephémère immortel, si clair devant mes yeux
Pâles membres de perle, et ces cheveux soyeux,
Faut-il qu’à peine aimés l’ombre les obscurcisse,
Et que la nuit déjà nous divise, ô Narcisse » (VALERY, « Charmes »)

– Croisées : ABAB
« Je suis le ténébreux – le veuf – l’inconso,
Le Prince d’Aquitaine à la tour abolie ;
Ma seule étoile est morte, et mon luth constel
Porte le Soleil noir de la Mélancolie » (NERVAL, « El Desdichado »)

Embrassées : ABBA
« Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui ! »

Une rime est :

  • « Féminine » si elle finit par un e (forcément muet en fin de vers)
  • « Masculine » dans tous les autres cas

La tradition poétique veut que l’on fasse alterner rimes féminines et masculines, ce qui n’est pas toujours respecté.

4) LE RYTHME

Le dernier mot du vers comporte un accent tonique : il faut mettre l’accent sur ce mot à la lecture (bien faire résonner la rime !)

La césure est une coupure qui reste fixe dans les vers de 8 syllabes et plus. Cette coupure intervient après un groupe syntaxique (ne pas séparer le déterminant de son nom par exemple !), parfois une virgule ou un point virgule vient la marquer typographiquement dans le vers. Le dernier mot avant la césure est accentué (à l’oral il doit être mis en relief). Les mots à la césure sont soigneusement choisis par les poètes : ce sont donc des mots importants à commenter et à analyser en commentaire de texte. Les 2 parties du vers séparés par la césure sont appelés « hémistiches ».

Ex 1 : « Un Homme vit // une Couleuvre. » (Victor Hugo)

Les mots « vit » et « couleuvre » sont accentués.

Ex 2 : « D’où vient que personne // en la vie »
N’est satisfait // de son état ? (La Fontaine, Fables)

1er vers : la césure intervient après personne parce qu’elle ne peut pas tomber après « que » qui est un mot vide de sens (aucun intérêt de le mettre en relief, de même que les déterminants, prépositions, …). 1er hémistiche : 5 syllabes, 2e hémistiches : 3 syllabes.

2e vers : la césure tombe au milieu, il y a 3 syllabes dans chaque hémistiche.

A RETENIR : dans un alexandrin la césure se trouve TOUJOURS au milieu du vers, après la 6e syllabe. Dans les autres types de vers, elle varie. Il faut donc penser à commenter la césure dans l’alexandrin !

Ex : « Mon verre s’est brisé // comme un éclat de rire » (Apollinaire, « Nuits Rhénane »)

Décompte des syllabes : Mon/ver/re/s’est/bri/sé // com/m’un/é/clat/de/rir’ (12)

Remarques : le « e » final de « verre » se prononce et compte pour 1 syllabe car il est suivi d’une consonne. Par contre, le « e » de « comme » ne se prononce pas et ne compte pas pour une syllabe en raison de la voyelle du mot qui suit (« un »). Le « e » final est toujours muet et ne se prononce pas.

Interprétation : Ce vers met l’accent sur le mot « brisé » puisque la césure tombe juste après. Serait-ce un clin d’œil du poète de mettre le mot « brisé » à la césure, précisément à l’endroit où l’on coupe, brise le vers… Ingénieux ! (Et voilà comment la versification sert à commenter un poème !)

5) LES SONS

La rime : reprise d’un même son à l’extrémité des vers.

La rime intérieure : deux mots se finissent par un même son et l’un des deux, au moins, se trouve à l’intérieur du vers.
« Il pleure dans mon cœur » (Verlaine)
Interprétation : ici, la rime intérieure a pour effet de mimer la plainte qui se prolonge ainsi dans tout le vers.

L’allitération : répétition d’une même consonne
« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » (Racine)
Interprétation : le poète utilise une allitération en « s » car elle permet de mimer le son produit par le serpent ! Il rend ainsi l’évocation plus vivante !

L’assonance : répétition d’une même voyelle
« Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire »
Interprétation : l’assonance en « i » fait résonner le cri plaintif du locuteur.

METHODE : il faut toujours interpréter les procédés que l’on relève.

MAIS ATTENTION à ne pas donner des interprétations trop fantasques ou tirées par les cheveux pour les allitérations et assonances !

La paronomase consiste à utiliser des mots ou groupes de mots de sonorité très proche (des paronymes) ce qui donne un effet de propagation du même son à travers le vers, la strophe ou le poème.
« Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente » (Apollinaire)
Paronymes : vie est lente / violente
Interprétation : ici, la paronomase est intéressante car elle rapproche, grâce à leurs sonorités proches, des mots de sens opposé (lente / violente). Elle permet donc de souligner un effet de contraste. La propagation des mêmes sons et la répétition de « comme » suggèrent qu’il s’agit d’une lamentation sur le temps qui passe.

« Alors on vit en refusant l’aumône, en refaisant le monde » (le rappeur Sinik)
Paronymes : refusant/refaisant, (aumône/le monde)
Interprétation : ici, la paronomase souligne un paradoxe, on ne change rien avec les beaux discours (« refaisant le monde »), mais ce sont les actes que l’on ne fait pas qui pourraient le changer (« refusant l’aumône »). Cela montre que ceux qui parlent n’agissent pas…

L’anaphore : répétition d’un même mot ou groupe de mots en tête de vers.

6) QUELQUES REGLES IMPORTANTES

Le vers correspond à une unité sémantique. On ne peut pas le terminer de façon abrupte ni le couper à n’importe quel moment !
Le « e » est muet dans 2 cas
?à la fin du vers
?quand le mot suivant commence par une voyelle

7) ET SI LES REGLES NE SONT PAS RESPECTEES ?

Il ne faut surtout pas parler de « faute » ou d’ « erreur » quand le poète entrave une règle ou la détourne, mais de « licence poétique ». Eh oui ! Le poète a tous les droits ! C’est justement parce qu’il y a des règles que certains s’amusent à les braver afin de produire des effets.

Les licences les plus pratiquées :

L’enjambement : L’unité sémantique du vers est bouleversée car un ou plusieurs mots nécessaires au sens du vers sont reportés au vers suivant.
« Un vieux faune de terre cuite
Rit au centre des boulingrins » (Verlaine, « Le faune »)

Lorsque l’enjambement ne concerne qu’un mot on parle de « rejet » ou « contre-rejet » :

Le rejet : un mot qui du point de vue du sens devrait appartenir au vers est rejeté au suivant. Cela créée un effet d’attente, de suspension :
« La foudre au Capitolin
Tombe. » (Hérédia)

Le contre-rejet : donne l’impression qu’à la fin d’un vers débute déjà le vers suivant :
« Souvenir, souvenir que me veux-tu ? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone » (« Nevermore » de Verlaine)

Autre licence :

Le vers libre : n’a ni mètre, ni rime, ni strophe ! On peut donc avoir un poème dont le premier vers sera un alexandrin, le 2e un octosyllabe, le 3e un distique, … C’est un poème irrégulier.

BTS – Français : Qu’est-ce qu’un mouvement littéraire ?

Cette fiche vous est offerte par Mme Parmoli, professeur de français au lycée.

Définition dans les programmes officiels : « Le terme mouvement littéraire désigne un ensemble d’auteurs et d’œuvres présentant des traits communs affichés, inscrits dans des textes ayant valeur de programme, voire de manifeste. »

On parle de « mouvement littéraire et culturel » :

  • Quand des auteurs-artistes se réunissent derrière un chef de file (un représentant qui n’est pas forcément le précurseur du mouvement).
  • Ex : Les Romantiques forment un groupe appelé « Cénacle » et sont dirigés par un chef de file qui est Victor Hugo.
  • Lorsque l’on trouve un (ou des) « manifeste(s) », c’est-à-dire un programme qui réunit des règles d’écriture, les buts visés par le mouvement.
  • Il s’agit souvent de préfaces à des œuvres majeures du mouvement.

Le mouvement littéraire est donc fortement lié aux contextes historiques, sociaux, philosophiques, artistiques et culturels d’une période donnée.

Chaque mouvement défend et illustre une nouvelle conception de la littérature mais aussi, parfois, une vision novatrice de l’homme, fondés sur un partage de valeurs communes importantes : les Lumières au XVIIIe sont un groupe d’écrivains philosophes qui combattent le fanatisme religieux au nom de la raison et de la tolérance.

NE PAS CONFONDRE avec le « courant » qui désigne une esthétique que l’on retrouve à différentes périodes historiques, sans qu’il n’y ait de revendication de former un « groupe ».

ATTENTION : un même écrivain peut, au cours de sa vie, avoir été influencé par plusieurs mouvements littéraires. Il ne faut donc pas toujours étiqueter les auteurs de façon rigide et unique !

Baudelaire a été « romantique » par fréquentation puisqu’il admirait Hugo mais il était conscient des limites de ce mouvement et souhaitait le dépasser. Il s’est donc dirigé vers le « Parnasse » puis vers le « Symbolisme ». Finalement, Baudelaire a été un poète à la charnière de plusieurs mouvements très différents !