Sans aucun doute le grand sujet d’analyse de conjoncture sur lequel ne pas faire l’impasse cette année ! Une vidéo simple et pédagogique réalisée par les équipes d’EcoTv de BNP Paribas.
Le transcript de l’entretien :
Sibylle Dehesdin : Nous sommes à présent dans l’un des salons de réception de l’Orangerie, en compagnie de Michel Pébereau, président de BNP Paribas.
• Monsieur le président, bonjour.
• Bonjour.
• Nous allons revenir aujourd’hui sur la crise qui secoue le monde depuis août 2007. Tout d’abord, quelles sont les causes fondamentales de cette crise ?
Michel Pébereau : Je crois qu’à l’origine cette crise est vraiment très classique. En effet, son origine, c’est la distribution de crédits à des personnes qui ont des difficultés à les rembourser. C’est la crise bancaire la plus classique du monde. On ne s’est pas suffisamment soucié dans la distribution du crédit hypothécaire aux Etats-Unis, et notamment ce qui concerne les subprimes, de la capacité de remboursement des emprunteurs. Alors, cette crise est plus originale ensuite dans son aggravation, puisque c’est une crise des marchés financiers. Et ces marchés ont aujourd’hui un développement tel qu’ils ne l’avaient jamais connu auparavant. Et progressivement, à partir de produits financiers qui avaient été fabriqués pour financer les crédits hypothécaires aux Etats-Unis, la crise s’est étendue à d’autres produits financiers, d’une façon générale aux produits structurés. Il y a un blocage des marchés financiers, en particulier des marchés financiers à court terme entre 1 mois et un an.
Sibylle Dehesdin : On assiste à des injections répétées de liquidités de la part des banques centrales, l’Administration américaine vient de son côté d’adopter un processus pour alléger le fardeau qui pèse sur les emprunteurs à risque, tout cela ne va-t-il pas finir par calmer les choses ? Faudrait-il procéder à une nouvelle baisse des taux en Europe ?
Michel Pébereau : Je crois que les banques centrales font leur métier. Et leur métier consiste à faire en sorte que les marchés monétaires soient correctement approvisionnés. Elles le font d’une façon coordonnée, ce qui est une bonne nouvelle, puisque cela montre qu’elles ont en effet le souci d’être aussi efficaces que possible. Elles le font, bien que, dans le même temps, elles aient des préoccupations du côté de l’inflation. Cela montre qu’elles savent, si je puis dire, équilibrer leurs différentes préoccupations. Ce qui a été fait aux Etats-Unis pour essayer de solvabiliser les ménages, ce qui n’est pas de la responsabilité des banques centrales, me semble être une bonne chose, dans de telles situations difficiles. Sur le plan des crédits, il est utile d’améliorer la situation, d’étaler dans le temps les problèmes. Ce qui me paraît fondamental, c’est de rétablir, dans toute la mesure du possible, la confiance. Et la confiance dépend essentiellement des banques centrales d’une part, mais aussi de l’effort de transparence qui est fait et qui doit continuer d’être fait par les grands établissements de crédit à l’échelle du monde.