Découvrez les dessous de l’économie du Moyen-Orient en vidéo grâce aux experts économistes de BNP-Paribas, partenaire du WebPédago…
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Le transcript
Pour beaucoup de ces pays du Golfe, il y a une espèce d’échange entre un système politique assez rigide et assez autoritaire en échange d’une redistribution de la rente parmi la population et donc cette redistribution de la rente se fait essentiellement par les revenus et l’essentiel des populations nationales est employé par l’Etat. En gros on retrouve le même schéma dans tous les pays c’est une fonction publique pléthorique et beaucoup trop importante par rapport à la taille du pays et par rapport aux besoins de l’économie et qui est occupé que par les nationaux et un secteur privé qui est à la fois ce qui est fonction peu qualifiée, ce qui est fonction très qualifiée du secteur privé qui est occupé essentiellement par des expatriés.
A la fin des années 90, il y a eu un contre-choc pétrolier très important. Il y a quand même eu une année ou deux avec un pétrole à 12 dollars le baril l’année, ce qui a amené quelques difficultés économiques notamment en Arabie Saoudite. Ils se sont aperçus qu’ils étaient en retard par rapport à la mondialisation. Ils voyaient ce qui se passait à l’extérieur même s’ils ne voulaient pas forcément participer tout de suite. En Arabie Saoudite, on avait une dette publique équivalente au PIB au début des années 2000. Il y a une population qui croît très vite et une population qui était normalement destinée à être fonctionnaire et un budget de l’Etat qui devenait restreint à cause du contre-choc pétrolier. Ils se sont aperçus qu’il fallait absolument créer des emplois dans le secteur privé. Pour créer des emplois dans le secteur privé, il fallait un peu changer de modèles, donc plus uniquement un emploi public destiné aux nationaux, il fallait un développement du secteur privé, des investissements privés. Cela passait par des réformes et l’ouverture aux capitaux étrangers étant donné qu’ils avaient assez peu d’expertises dans un certain nombre de domaines économiques.
Ce qu’ils ont mis en place depuis le début des années 2000 en terme de diversification de l’économie qui, pour l’instant, n’est pas encore très avancé en dehors des économies de Dubaï et un peu Barhein, c’est aussi un élément pour diversifier ces économies en dehors d’une dépendance quasi-exclusive à l’énergie. Une grande partie des fonds souverains sont investis sur les marchés internationaux et procurent de plus en plus une source de revenus non négligeables pour ces pays. Par exemple, pour les pays comme le Qatar ou le Koweït, l’immense majorité des revenus publics dépend du pétrole mais une part de plus en plus croissante des revenus publics provient aussi de ces fronts souverains.
C’est sûr que c’est quelque chose qui s’est fait très vite parce que cela s’est bâti sur deux bulles en fait la diversification nouvelle. Il y a une bulle de crédits qui était facilitée parce qu’il y avait un crédit bon marché à cette époque-là, à partir de 2003-04 et une bulle immobilière. C’est basé sur une bulle immobilière donc on construit des immeubles, on les vend à l’avance et avec ce que l’on récupère comme cash, on peut réemprunter, rebâtir d’autres immeubles et les revendre et ainsi de suite. Ce qui fait que maintenant on arrive à une crise de ce modèle-là, c’est la crise financière internationale qui a provoqué un éclatement de la bulle de crédits. Ces grands conglomérats dubayotes qui étaient endettés plutôt à court terme n’ont pas pu faire face à leurs échéances financières, par eux-mêmes en tout cas, et en même temps, il y a eu un éclatement de la bulle immobilière à Dubaï avec une baisse des prix de l’immobilier entre 40 et 50 % sur Dubaï.
Je ne crois pas que l’économie pétrolière touche à sa fin puisque l’on n’est pas à la veille de la disparition du pétrole. On a des réserves qui sont estimées à un niveau de 35-40 ans en terme de ratios de réserves-surproductions et on est donc capable de produire encore du pétrole pour beaucoup plus longtemps que 40 ans mais à un niveau de plus en plus bas. La production ne va pas s’arrêter demain. Elle mettra du temps à s’arrêter. Le problème en termes économiques, c’est à partir de quel moment on n’a plus suffisamment de pétrole disponible pour suivre le rythme de la croissance de l’économie mondiale.