Interview d’Arnaud DOUIN, commercial chez EBP, une société qui édite des Progiciels de Gestion Intégrée (PGI). Il nous éclaire sur les avantages et les inconvénients des PGI dits « libres », c’est-à-dire disponibles gratuitement sur Internet et développés par les internautes volontaires, par rapport aux PGI payants, commercialisés par des éditeurs.
Le WebPédagogique : Comment se répartissent PGI libres et payants sur le marché ?
Il faut faire une distinction entre le secteur de l’Education et le monde de l’Entreprise. Dans le monde de l’entreprise, les grands sociétés utilisent des PGI depuis 20 ans et ont appris à les maitriser aussi bien en mode classique (type client/serveur) qu’en accès full internet. En général, on a affaire a des organisations mixtes qui mélangent les deux pour répondre aux différents besoins de l’Entreprise.
Pour les PME/ TPE (Petites et moyennes Entreprises, ndlr), le constat est bien différent. Bien que depuis bientôt 10 ans, les acteurs technologiques investissent énormément sur les technologies Internet, les résultats sont encore embryonnaires. Si on prend les 2 millions de PME/TPE françaises, on peut estimer que plus de 90% utilisent des logiciels de gestion en mode « classique » c’est à dire avec installation sur un ordinateur ou un serveur.
Est-ce qu’il faut en tirer la conclusion que cela sera toujours comme ca ? Difficile de répondre. Ce qui est certain, c’est que depuis 10 ans, les medias et acteurs technologiques nous vendent les bienfaits des logiciels 100% internet, (c’est-à-dire que l’on peut utiliser avec n’importe quel ordinateur relié à internet). Qu’on les appelle ASP (Application Software Provider), SaaS (Software as a Service ou qu’il soit inclus dans un environnement dénommé Cloud c’est toujours le même eldorado tant espéré par les éditeurs /hébergeurs/intégrateurs que l’on décline années après année. Or, on l’a vu les résultats ne sont pas encore au rendez-vous, mais l’histoire de l’informatique a maintes fois montré qu’un concept avait parfois besoin d’etre décliné plusieurs fois avant de finir par trouver son public.
Une chose est sûre en tous cas, tous les grands éditeurs ont maintenant une offre 100% internet à leur catalogue même si elle ne représente (pour le moment ?) que quelques pourcents de son chiffre d’affaires .
Dans l’Education, le constat est très proche de celui de l’entreprise mais avec quelques particularités toutefois.
On peut dire qu’aujourd’hui la grande majorité de l’enseignement de la gestion avec un PGI se fait avec des PGI traditionnel (type le PGI Open d’EBP en installation classique client /serveur). Mais le PGI « 100% internet » prend malgré tout une part plus grande que dans le secteur de l’Entreprise. Cela est lié à différents facteurs :
– Le prix : qui dit logiciel web dit parfois logiciel libre donc « gratuit ». C’est évidemment un facteur non négligeable dans le budget d’un établissement.
– L’installation : le logiciel web ne comprend pas d’installation à faire donc une gestion des salles informatiques simplifiés.
– L’aspect communautaire : qui dit logiciel libre dit logiciel que l’on peut faire évoluer ou en tant cas que « la communauté » va faire évoluer.
Autant de spécificités qui incitent certains établissements à se lancer dans cette aventure. On le verra cette technologie a de vrais avantages mais comme toutes médailles il y a aussi son revers ! (Voir Interview deuxième partie, publiée la semaine prochaine ! )
Le WebPédagogique : Les PGI libres sont-ils gratuits ?
Oui qui dit libre dit gratuit. Mais dans les faits on se rend compte que ce n’est pas tout à fait exact. Évidemment, c’est gratuit puisque si le produit est dit libre, ca veut dire que l’on peut récupérer le code sur internet puis l’installer sur son ordinateur.
Maintenant quand on parle de cout d’achat d’un logiciel, on inclut au minimum l’achat de la licence + l’installation + la formation + la maintenance (support technique) + dans certains cas des logiciels tierces indispensable pour l’utilisation du PGI.
J’ai pu voir de nombreux devis qui montraient clairement qu’à partir du moment où l’établissement faisait appel à une société extérieure pour l’aider à mettre en place le PGI libre, le prix final n’était pas toujours moins couteux que celui d’un PGI traditionnel.
Je pense que l’argument prix n’est valable que si l’établissement est autonome pour la mise en place du PGI.
Retrouvez plus de détails sur les avantages et inconvénients des deux versions du PGI en terme de fonctionnement, confidentialité… dans la deuxième partie de l’interview d’Arnaud Douin, la semaine prochaine !



