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Le commerce d’organes

On voit, dans certains pays, prospérer des bureaux de placement d’organes. Des intermédiaires touchant d’énormes commissions se chargent du recrutement des donneurs dans les villages. Il s’agit pour la plupart de pauvres paysans -quand ce ne sont pas des enfants- acculés à vendre un rein, un œil…, pour permettre à leur famille de survivre. Mutilés, ils ne reçoivent qu’une faible somme tandis que les intermédiaires vendent à prix d’or les organes  » volés  » à des receveurs prêts à mettre le paquet pour continuer à vivre.

Ainsi en Inde les propositions de vente de reins sont publiées dans les journaux. La solution pourrait être de refuser la prise d’organe sur les personnes vivantes. Cependant l’Inde n’accepte pas les prélèvements sur cadavres qui heurtent certaines croyances religieuses. De plus l’Inde ne dispose pas encore de la technologie médicale sophistiquée permettant des transplantations réussies au moyen de reins prélevés sur des cadavres. En outre, la dialyse, évidemment très coûteuse, n’est pas accessible à tous. Ils n’ont donc pas d’autre choix que d’acheter un rein d’un donneur volontaire ou de mourir .

En Chine, il n’est plus contesté que les organes des personnes condamnées à la peine capitale sont utilisés à des fins de transplantation, généralement sans consentement des intéressés. Les prisonniers sont même la principale source d’organes de transplantation. Il semblerait aussi que les hauts fonctionnaires chinois auraient la priorité dans l’attribution de ces organes. Il y a donc là de fortes motivations incitant les autorités à laisser se poursuivre cette pratique.

En Amérique Latine , des propositions de vente de reins sont aussi publiées dans les journaux. Elles proviennent des couches les plus déshéritées de la population.

En Europe, des articles de presse font état de tentatives, de la part de personnes suspectes, de mettre sur pied un commerce d’organes. En 1993, des agences sont apparues en Pologne et en Hongrie, qui proposaient des organes humains à des hôpitaux d’Allemagne et de suisse. En 1989, en Allemagne, des histoires fantastiques circulèrent à propos d’un commerce de reins organisé. En 1989 également, un scandale éclata en Angleterre, s’agissant de la transplantation de quatre reins prélevés chez des paysans turcs introduits dans le pays par des intermédiaires pour y céder un rein contre paiement. Il s’est avéré que les reins avaient été prélevés à l’insu des personnes.

Dans le secteur des tissus humains se développe un autre type d’activités commerciales qui, pour être tolérées par certains états, n’en paraissent pas moins contestables. En effet, contrairement aux organes qui doivent être impérativement greffés dans les 48 heures, les tissus humains peuvent être conservés beaucoup plus longtemps dans des banques. Celles-ci sont spécialisées dans la collecte, la conservation et le traitement des tissus. Evidemment, un tel travail implique des frais. Aussi, existe-t-il deux types de banques : les banques de tissus sans but lucratif et les firmes commerciales. Les premières se contentent de facturer le travail de préparation et de conservation des tissus au prix coûtant. Pour elles, le  » non-profit  » est la règle. En général c’est le cas en Belgique où elles sont soumises au contrôle des pouvoirs publics. Quant aux secondes, elles sont régies selon les principes du commerce. Ces sociétés privées, pour la plupart d’origine nord-américaine, partent du principe que tout service mérite salaire et tirent d’importants bénéfices du traitement des tissus. Une fois de plus, la loi du profit se heurte à l’éthique d’une médecine égalitaire et basée sur la solidarité et la générosité.

Fanny


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