Archive

Archives pour la catégorie ‘Anecdote du dimanche’

Anecdote du dimanche (28) – Les feux de l'amour

En 1967 en Californie, c’est le « Summer of Love » (L’été de l’amour). Des jeunes du monde entier sont rassemblés pour dénoncer la guerre du Vietnam, la société de consommation et au-delà toute forme d’autorité et de conformisme. Ils se nomment eux-mêmes « hippies » et partagent notamment un même goût pour les cheveux longs et la musique rock.

C’est dans ce cadre qu’est organisé un festival de musique gratuit dans la ville californienne de Monterey. De nombreux artistes alors très connus s’y produisent : les Mama’s and Papa’s, Janis Joplin, Otis Redding, Ravi Shankar… et un guitariste de génie, Jimi Hendrix.

Bien qu’Américain, Jimi est encore mal connu dans son pays et il veut donc marquer le public durablement. Mais la concurrence est rude : les Who vont également jouer. Or, ces derniers savent diablement bien s’y prendre  pour électriser les foules et concluent toujours leurs concerts en fracassant leurs guitares contre les enceintes et la batterie… Jimi est catégorique : il doit jouer après les Who, afin de faire plus fort et plus fou qu’eux. Mais les organisateurs refusent obstinément.

Furieux, Hendrix veut tout faire pour que les Who ne puissent pas le dépasser. Il propose alors un spectacle ahurissant : arborant une chemise orange et un pantalon rouge, il époustoufle le public par sa maitrise technique, allant jusqu’à jouer quelques mesures avec sa langue. Pour conclure son concert enfin, il décide tout simplement de brûler sa guitare sur scène en l’aspergeant d’essence ! Et en effet, après lui, même les Who parurent bien sages.

(Ne faites pas la même chose chez vous ! Ni ailleurs…)

Anecdote du dimanche (27) – A mon dernier repas

« Ceci est mon corps (…) ceci est mon sang ». Vous avez déjà entendu ces paroles des Évangiles (récits de la vie de Jésus contenus dans le Nouveau Testament). L’épisode est extrêmement important pour les chrétiens, car il s’agit du dernier repas de Jésus, appelé la Cène. Entouré des apôtres (ses compagnons), le Christ offre son corps (le pain) et son sang (le vin), pour annoncer symboliquement son sacrifice : il va mourir pour les hommes sur la croix.

La Cène est très fréquemment représentée dans la peinture chrétienne. Deux chercheurs américains (Brian et Craig Wansink) ont eu récemment l’idée d’étudier l’évolution des plats disposés devant Jésus et les apôtres à travers les siècles. En analysant 52 toiles de l’an mil au XXe siècle, ils ont réussi à déterminer que la taille du pain avait augmenté de 23,1 % (environ) et celle des assiettes de 65,6 %.

Comment expliquer cette apparente évolution ? Je vous laisse émettre vos hypothèses (vous pouvez maintenant voir l’hypothèse de Wansink dans les commentaires).

Voici quelques représentations la Cène (qui, soit dit en passant, ne semblent pas donner raison aux deux chercheurs) :

Cène - Fra Angelico

Fra Angelico, vers 1455

Cène - Léonard

Léonard de Vinci, sans doute la plus célèbre, peinte vers 1495

Cène - Ushakov

Simon Ushakov, de 1685

Cène - Dali

Salvador Dali, peinte en 1955

Enfin, puisque tout ceci n’est pas franchement sérieux, vous pouvez également vous amuser avec cette série de détournements du tableau de la Cène par la culture cinématographique et télévisuelle.

Anecdote du dimanche (26) – red is beautiful

Un débat fait rage dans le monde scientifique : l’homme de Cro-Magnon (un des représentants de l’homo sapiens, l’espèce humaine) et l’homme de Néandertal se sont-ils mélangés, ont-ils eu des bébés ensemble ?

Tout s’est déroulé il y a environ 40 000 ans en Europe. Alors que Néandertal était tranquillement installé en Europe, Cro-Magnon est arrivé sur le même continent. S’en est suivie une période de 10 000 ans de cohabitation, pendant laquelle les contacts durent être nombreux :  un même site, celui de « la Grotte aux fées » (au sud de la France actuelle), a été partagé par les deuxhominidés* ! Que s’est-il donc passé dans cette grotte (et ailleurs en Europe), avant que Néandertal ne disparaisse il y a 30 000 ans ?

disparition-neandertal(1)

La question et les réponses qui lui sont apportées sont loin d’être anecdotiques et vos professeurs de SVT seraient bien plus aptes à en parler que moi. Le point qui a particulièrement attiré mon attention – allez savoir pourquoi – est celui de la couleur supposée des cheveux des Néandertaliens : certains étaient roux. Et selon une équipe de chercheurs anglais, la rousseur de certains humains actuels serait un héritage direct des hommes de Néandertal et prouverait ainsi qu’il y eut bien des mélanges entre ce dernier et Cro-Magnon !

Pour être un peu sérieux, n’oubliez pas qu’il ne s’agit que d’une hypothèse contestée. Mais en ces temps médiatiquement douloureux pour les roux – je me réfère à ce sinistre individu qui hurle dans le noir au cours d’une émission particulièrement stupide – il me semblait assez amusant de penser qu’il auraient en eux quelque chose de Néandertal…


*les hominidés sont une famille de primates regroupant des espèces vivantes ou éteintes, parmi lesquelles on trouve l’homme, ses ancêtres, mais aussi le chimpanzé, le gorille…

sources : http://www.hominides.com/html/dossiers/disparition_neanderthal.php ; http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=3348 ; http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/05/07/il-y-a-du-neandertal-en-nous_1347879_3244.html

source de l’image : www.hominides.com

Anecdote du dimanche (25) – le bec dans l’eau

Il y a tout juste 83 ans, le 9 mai 1927, plusieurs journaux célébraient en fanfare la réussite incroyable de deux Français, Charles Nungesser et François Coli, qui venaient pour la première fois de relier Paris à New York en avion et sans escale, grâce à leur puissant aéroplane baptisé « L’Oiseau blanc« .

C’est un des plus grands quotidiens de l’époque, La Presse, qui relate leur arrivée héroïque à Manhattan : « une foule immense (…) et un nombre considérable de journalistes et de cinématographistes » sont venus applaudir les deux Français. Le journaliste continue, sur un ton de patriotisme lyrique : « Nungesser et Coli restèrent un moment immobiles, comme insensibles aux acclamations qui montaient (…). Puis ils se levèrent et s’embrassèrent (…). Nungesser n’a fait aucune déclaration sur son voyage, il a simplement dit qu’il était heureux d’avoir réussi et qu’il avait hâte de se reposer ». Le décor est donc posé : des Américains médusés face à des Français majestueux et modestes… Ah quelle belle leçon donnée à nos frères d’outre-atlantique !

Oiseau_blanc-1927Il nous faut revenir sur terre pourtant, car il s’agit d’un mensonge des journalistes.  Un terrible mensonge. Les deux hommes ne sont en fait jamais arrivés à New York et pour cause : leur avion a disparu quelque part près des côtes canadiennes.

Comment expliquer une telle bévue ? La joie chauvine de célébrer une réussite française n’est pas à négliger. Mais il s’agit avant tout de l’illustration d’une des dérives du journalisme : l’obsession du « scoop », de l’information inédite, qui ne laisse pas le temps de vérifier les informations, mais qui permet de vendre à de très nombreux exemplaires…

Ironie de l’histoire : quelques jours plus tard, le 21 mai de la même année, un aviateur américain nommé Charles Lindbergh réussit là où les deux Français venaient de sombrer : il traversa l’Atlantique sans escale, de New York à Paris !


source : Jean-Noël Jeanneney, « Grande joie, fausse nouvelle », dans la revue L’Histoire, avril 2010, p. 102.

Categories: Anecdote du dimanche Tags:

Anecdote du dimanche (24) – who’s that dog ?

Une anecdote du dimanche en forme de courte devinette (j’ai les copies du brevet blanc à corriger). Qui saura identifier le chien qui apparaît sur la photo ci-dessous  ?

who'sthatdog

Indices :

– il n’est plus de ce monde
– non, ce n’est pas mon chien
– plusieurs statues ont été érigées en son honneur

La réponse a été très vite trouvée : cliquez ici pour la lire.


source de l’image : http://www.futura-sciences.com