Archive

Articles taggués ‘XXe siècle’

Anecdote du dimanche (25) – le bec dans l’eau

Il y a tout juste 83 ans, le 9 mai 1927, plusieurs journaux célébraient en fanfare la réussite incroyable de deux Français, Charles Nungesser et François Coli, qui venaient pour la première fois de relier Paris à New York en avion et sans escale, grâce à leur puissant aéroplane baptisé « L’Oiseau blanc« .

C’est un des plus grands quotidiens de l’époque, La Presse, qui relate leur arrivée héroïque à Manhattan : « une foule immense (…) et un nombre considérable de journalistes et de cinématographistes » sont venus applaudir les deux Français. Le journaliste continue, sur un ton de patriotisme lyrique : « Nungesser et Coli restèrent un moment immobiles, comme insensibles aux acclamations qui montaient (…). Puis ils se levèrent et s’embrassèrent (…). Nungesser n’a fait aucune déclaration sur son voyage, il a simplement dit qu’il était heureux d’avoir réussi et qu’il avait hâte de se reposer ». Le décor est donc posé : des Américains médusés face à des Français majestueux et modestes… Ah quelle belle leçon donnée à nos frères d’outre-atlantique !

Oiseau_blanc-1927Il nous faut revenir sur terre pourtant, car il s’agit d’un mensonge des journalistes.  Un terrible mensonge. Les deux hommes ne sont en fait jamais arrivés à New York et pour cause : leur avion a disparu quelque part près des côtes canadiennes.

Comment expliquer une telle bévue ? La joie chauvine de célébrer une réussite française n’est pas à négliger. Mais il s’agit avant tout de l’illustration d’une des dérives du journalisme : l’obsession du « scoop », de l’information inédite, qui ne laisse pas le temps de vérifier les informations, mais qui permet de vendre à de très nombreux exemplaires…

Ironie de l’histoire : quelques jours plus tard, le 21 mai de la même année, un aviateur américain nommé Charles Lindbergh réussit là où les deux Français venaient de sombrer : il traversa l’Atlantique sans escale, de New York à Paris !


source : Jean-Noël Jeanneney, « Grande joie, fausse nouvelle », dans la revue L’Histoire, avril 2010, p. 102.

Categories: Anecdote du dimanche Tags:

Anecdote du dimanche (24) – who’s that dog ?

Une anecdote du dimanche en forme de courte devinette (j’ai les copies du brevet blanc à corriger). Qui saura identifier le chien qui apparaît sur la photo ci-dessous  ?

who'sthatdog

Indices :

– il n’est plus de ce monde
– non, ce n’est pas mon chien
– plusieurs statues ont été érigées en son honneur

La réponse a été très vite trouvée : cliquez ici pour la lire.


source de l’image : http://www.futura-sciences.com

Anecdote du dimanche (23) – une évasion gonflée

berlin au temps de la guerre froideConstruit en 1961, le mur de Berlin avait pour but essentiel d’empêcher les Berlinois de  l’Est de passer vers l’Ouest. Plus de deux millions de personnes avaient en effet fui le bloc soviétique entre 1949 et 1961 pour regagner le bloc occidental et ses libertés individuelles. Affolés par cette hémorragie, les dirigeants de l’Allemagne de l’Est (appelée RDA – République Démocratique Allemande) ne virent rien de plus efficace que de construire une barrière de barbelés, de grilles et de béton. Malgré cela, pas moins de 235 000 personnes parvinrent à passer de l’Est à l’Ouest entre 1961 et la chute du mur en 1989. Ils le firent au péril de leur vie, puisque plus de mille personnes trouvèrent la mort en voulant franchir la frontière, dont 136 qui furent tuées au pied du mur.

Ceux qui réussirent à passer le firent avec beaucoup de courage et d’ingéniosité : voitures, cerfs-volants à moteur, tunnels ou encore sous-marins miniatures ! Une des fuites les plus spectaculaires eut lieu en 1979 à l’aide d’une montgolfière. Peter Strelzyk, mécanicien en RDA eut cette idée avec sa femme et un couple d’amis. Le plus dur ne fut ni le vol en lui-même, ni de maîtriser la technique pour fabriquer la montgolfière, mais de rassembler tous les éléments nécessaires sans attirer l’attention (il leur fallait coudre 1 200 m² de toile, en se la procurant morceau par morceau à travers le pays afin de ne pas susciter le moindre soupçon !). Malgré un premier échec, malgré la peur, malgré un départ compliqué (Peter brûle la moitié de sa barbe), leur évasion réussit après un vol d’une heure seulement…

Voici une petite vidéo venant du site de l’INA (encore !) où les chanceux évadés expliquent leur plan :

Le mur de Berlin est tombé en novembre 1989 et la guerre froide est terminée. D’autres murs hélas ont depuis été érigés et continuent d’être renforcés…

source : Magazine l’Histoire, numéro spécial, Octobre 2009.

source de l’image : linternaute.com

Le jeu du dimanche

Pour changer des anecdotes, je vous propose un jeu tiré du site de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel). Ce dernier rassemble des très nombreuses archives radiophoniques et audiovisuelles (plus de trois millions d’heures !), c’est une véritable mine que je vous conseille vivement !

Vous y trouverez notamment des jeux d’observation, comme le suivant : il s’agit de regarder avec attention deux vidéos sur l’incendie du dirigeable allemand, le Zeppelin Hindenburg, le 6 mai 1937, puis de répondre à quelques questions :

Mystères d’archives – Le jeu ().

Categories: Jeux et devinettes Tags:

Anecdote du dimanche (17) – on ne badine pas avec le mariage

doisneauComme tout professeur sérieux, je tombe malade le week-end. Pour éviter d’être absent demain, je m’économise. L’anecdote sera donc très rapide aujourd’hui, sous forme de devinette – même si la dernière a eu très peu de succès !

Le 16 septembre 1960, Bernadette Unvois et Philippe Meckert se sont mariés civilement et religieusement dans la commune de la Celle-Saint-Cloud, sous les applaudissements de leurs amis. Quelques mois plus tard pourtant, leur union fut annulée et les époux furent condamnés à un an de prison ferme et à une grosse amende. Le substitut du Procureur avait justifié leur condamnation avec sévérité : « Vous avez triché avec la vie, avec vous-mêmes. Cela vous regarde. Mais vous avez aussi triché avec nous, avec la société, avec des institutions dont nous avons tous besoin ».

Qui osera tenter une réponse sans aide d’internet à la question suivante : quelle fut le délit commis par les mariés ? Faites preuve d’imagination et analysez bien la phrase du substitut.

La réponse a été trouvée par Matthieu (voir dans les commentaires) ! Bravo à lui et merci à tous ceux qui ont participé.

photographie : Robert Doisneau.