La vie quotidienne dans la première moitié du 20 ème siècle

Nous avons souvent des questionnaires à faire remplir à nos aïeux pour faire comprendre comment était la vie dans la première moitié du 20è siècle. Nos enfants et nos élèves ont beaucoup de mal à se représenter la vie avant l’électricité, les voitures et le confort moderne… Alors voici le témoignage de ma propre grand-mère, retranscrit par mon père, que je ne voudrais pas perdre ! Alors, je le partage ici, pour poser un peu de son histoire !

Maminou est née le 27 Juillet 1921 à ORGUEIL, un petit village du Tarn et Garonne, près de Montauban. C’était la troisième enfant d’une famille qui en comptait 7. Sa maman a accouché à la maison; à cette époque les femmes n’allaient pas à la maternité pour mettre au monde les bébés. Une de ses sœurs est morte de la diphtérie quand elle était petite, car le vaccin n’existait pas.

Elle n’allait pas à l’école de son village, mais dans une école privée de filles, située à Monclar de Quercy où elle était pensionnaire avec sa sœur aînée. Son oncle y était curé. Elle ne revenait chez elle que pour les vacances. Ses parents n’avaient pas d’automobile, ils venaient la chercher et la ramenaient avec une « jardinière », sorte de calèche attelée à un cheval.

Quand elle avait 8-9 ans, pendant les récréations elle jouait à la marelle, à chat perché ou encore aux osselets, mais avec de vrais petits os que l’on pouvait obtenir auprès du boucher.

A cette époque, il n’y avait pas de télévision, pas de four à micro ondes, ni de four électrique.

Sa maman cuisait les aliments dans le four ou sur les feux de la cuisinière à bois ou avec la braise de la cheminée.

Les tâches ménagères prenaient beaucoup de temps, il fallait aller chercher l’eau dans des seaux ou des brocs à la pompe située sur la place du village. Il n’y avait pas de machine à laver le linge, on faisait la lessive au lavoir communal. Il n’y avait pas non plus de lave vaisselle. Le chauffage central n’existait pas chez Maminou, on chauffait la grande cuisine avec la cuisinière ou la cheminée, donc les chambres étaient froides. Mais on chauffait les lits en hiver avec des « moines », sorte d’armature qui permettait de soulever les draps et dans laquelle sa maman accrochait une cassolette de braises pour les chauffer. Il fallait être très prudent pour ne pas roussir les draps ou mettre le feu au lit ! Mais qu’est que c’était agréable de se glisser dans un lit bien chaud après s’être déshabillé dans une pièce très froide…

L’évènement important dont elle se souvient, c’est l’inondation de mars 1930. Le village est au bord du Tarn, mais en hauteur par rapport à la rivière. Seuls les riverains du Tarn ont étés sinistrés et ont du être accueillis par les habitants du haut bourg. A Reyniés, village voisin à 3 km, la quasi totalité des maisons ont été détruites par l’inondation. Parfois les gens avaient tout perdu et il y a eu aussi des victimes, des noyés… Orgueil, c’est un village de campagne, les parents de Maminou étaient agriculteurs, ils avaient des vignes, des vaches dont ils vendaient le lait, ils cultivaient des céréales, c’est ce qu’on appelle la polyculture-élevage. Et pour leur alimentation personnelle, ils avaient un potager et un verger pour les légumes et les fruits, des lapins et des volailles de basse cour ainsi qu’un ou deux cochons.

Chez Maminou, on n’a jamais souffert de la faim, même pendant la guerre de 1939-45. Seule la viande de bœuf était achetée au boucher, mais on n’en mangeait que rarement. Elle se souvient que sa maman était une excellente cuisinière.

En complément, il est possible d’aller écouter les playlists sur l’école vers 1920 (menus à gauche)

Au village dans les années 1940