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Le travail personnel

Mes collègues et moi sommes trop souvent confrontés à une absence totale de travail à la maison, voire même en classe, de nos élèves. Les parents ne suivent pas la scolarité de leur(s) enfant(s) et comptent sur nous pour tout, même pour l’éducation qu’ils ne veulent, ou ne peuvent, gérer. Or, cela dépasse bien souvent le cadre de notre métier, notre mission.

Les 4èmes dont je suis prof principale ont affiché des résultats insuffisants au 1er trimestre. Même les « bons » élèves l’année dernière n’ont fait que le minimum ou se sont laissés déborder par le rythme accéléré et les nouvelles difficultés. Eux comme moi n’ayant pas cours le vendredi après-midi, j’ai mis en place, avec un collègue de SVT et sa classe de 5ème, une heure d’étude surveillée. Leurs parents les ont ou pas inscrits d’office, mais nous nous révervons le droit de les obliger à venir si le travail est insuffisant ou les difficultés croissantes. Ils y font leurs devoirs, dans toutes les matières ; ils s’avancent ; ont à leur disposition un cadre de travail idéal (nous sommes à leur disposition et le CDI est ouvert).

Bien sûr, l’élève doit prendre conscience de l’importance d’un travail régulier, sérieux et approfondi ; être motivé pour le mettre concrètement et durablement en place ; être également soutenu par sa famille ; et, en 4ème notamment, être curieux, aller plus loin dans sa réflexion, commencer à entrer dans l’analyse… C’est extrêmement difficile pour lui d’adopter cette attitude positive face au travail, car il ne projette pas, ne conçoit encore sa vie qu’au jour le jour.

C’est pourquoi il serait illusoire de penser que cette heure hebdomadaire d’étude surveillée est LA solution. Il faut également être extrêmement vigilant à chaque cours :

* Les consignes doivent être claires et le travail demandé à la hauteur des capacités moyennes des élèves. L’inégalité des éventuelles aides à la maison est une réalité sociale et culturelle à ne pas négliger.

* Donner très régulièrement UN PEU de travail à la maison.

* Vérifier systématiquement le travail qui était à faire, en début de cours, ce qui permet de faire un lien avec le précédent, de rappeler ce qui a été étudié (2 oublis = un mot à faire signer, accompagné d’une punition équivalente à l’exercice non fait ; 3ème oubli = retenue où l’élève devra recopier sa leçon et refaire des exercices d’application, notés sur 10).

Si le temps presse, interroger au hasard quelques élèves et / ou les faire venir au tableau, et les noter sur 10.

* Étudier des textes accessibles à la lecture, ou courts et accompagnés d’explications lexicales.

* Donner les devoirs maison, les exposés et les lectures cursives longtemps à l’avance ; et leur rappeler régulièrement les échéances.

* Prévenir d’une grosse évaluation de fin de séquence, par exemple, 1 à 2 semaines à l’avance (il ne faut pas non plus laisser passer trop de temps, ou les souvenirs frais s’estomperont).

* Proposer régulièrement, en classe, à la maison, comme au CDI, des travaux de groupes, plus motivants.

Conseil : laisser les binômes se constituer d’eux-mêmes, mais imposer de façon réfléchie les plus grands groupes (certains élèves seront tirés vers le haut, d’autres ne feront rien… il faut faire attention).

En tant que prof principale, j’ai convoqué les parents des élèves ayant des capacités et ne posant aucun problème de discipline, à leur grand étonnement dans un premier temps d’ailleurs. Il m’a fallu expliquer que leurs notes n’étaient pas à la hauteur de leurs possibilités, qu’ils ne travaillaient donc pas assez et que ce laisser-aller entraînait irrémédiablement du retard, surtout en 4ème où tout va plus vite et plus loin. La réaction a été heureusement immédiate et j’ai retrouvé des élèves plus investis dans leur scolarité, et donc leur avenir.

Je finirai sur une citation d’un mémoire professionnel sur le travail à la maison d’un professeur stagiaire en Lettres Modernes, réflexion qui pourrait nous aider, une fois de plus, à répondre à la question récurrente et légitime des élèves : « A quoi ça sert ? »…

« Le travail personnel en dehors de la classe développe des aptitudes d’études autonomes, l’intiative, l’autodiscipline, la responsabilité et l’indépendance. »

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