Déc 7 2016

SHERLOCK HOLMES, par Tristan Dépée (ManCAV)

Publié par cavpoinca dans Critiques      

Le plus grand des détectives est de retour au cinéma !

 

Guy Ritchie signe ici le retour de Sherlock Holmes au cinéma, le précédent film Elementaire mon cher…Lock Holmes étant sortie en 1988 et étant une parodie, le grand détective n’était pas apparu sur grand écran depuis des années. Avec ce nouveau film Guy Ritchie nous offre un nouveau Holmes, interprété avec brio par Robert Downey Jr., et accompagné par un Jude Law superbe dans le rôle du docteur Watson.

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La grande force de ce film réside tout d’abord dans le traitement des personnages, et notamment celui de Holmes. On retrouve un Holmes avec certains de ses attributs caractéristiques traditionnels, tels que certains de ses centres d’intérêts : violon, chimie…On retrouve aussi ses incroyables capacités de réflexion, de déduction, son attention au moindre petit détail. Cependant, on ne retrouve pas le Sherlock Holmes avec son long manteau, son chapeau et sa loupe, on a un personnage beaucoup  moins soucieux de son apparence, et qui n’hésite pas à poursuivre ses ennemis à travers tout Londres et à user de ses poings pour les retrouver. On a donc un Sherlock Holmes modernisé, avec des capacité de réflexion hors du commun et un homme d’action, ce qui en fait un personnage original et très intéressant. Mais que serait Sherlock Holmes sans son acolyte le docteur Watson. Les deux personnages sont ici complémentaires, Watson essaie de tempérer le caractère de Holmes, mais il permet également mettre en valeur les talents de persuasion, de manipulation, et surtout la répartie cinglante de Holmes. Cependant Watson n’est pas que le faire-valoir de Holmes, il a autant d’importance que ce dernier et permet de faire avancer l’intrigue et dynamise le récit en ne le faisant pas toujours tourner autour du même personnage. De plus les deux personnages sont superbement interprétés par Robert Downey Jr. et Jude Law, qui semblent s’entendre aussi bien que Holmes et Watson s’entendraient. Ainsi les deux amis vont courir à travers Londres à la poursuite d’un criminel revenu d’entre les morts, alternant entre scènes d’actions, scènes d’enquête, ou encore humour, le tout accompagné d’une sublime BO signé Hans Zimmer (dans laquelle on retrouve beaucoup de violon, un nouveau clin d’œil à notre détective).

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L’autre point fort de ce film est sa mise en scène qui dynamise le récit, le rend encore plus intrigant et fait monter le suspense. L’un des principaux éléments de mise en scène, que l’on retrouve dès le début du film, sont les « visions » de Holmes. Dans ces scènes Holmes imagine comment il va attaquer un ennemi, les dommages qu’il va lui causer, comment ce dernier va réagir… Les visions de Holmes représentent l’action au ralenti avec la voix-off de Holmes commentant ce qu’il fait, puis le temps reprend son cours et l’action a lieu à vitesse réelle tel que Holmes se l’était imaginée. Les scènes d’actions nous sont donc livrées à l’avance et sont par la suite plus rapides, plus fluides et compréhensibles. Une mise en scène particulière est également employée pour illustrer l’intelligence de Holmes. Tout d’abord, lors d’une scène au restaurant où l’on voit Holmes les yeux fermés, le son est amplifié et on voit différents plans représentant ce que Holmes entend et ce qu’il en déduit. Par ces scènes, la rapidité d’esprit et l’intelligence de Holmes nous sont montrées, mais nous voyons les choses depuis la tête de Holmes, comme lui les voit, ainsi on est au même niveau que lui, on le comprend mieux. Le génie de Holmes et ses capacités de déduction sont également illustrés par des flash-backs lorsque Holmes trouve un indice, flash-backs que l’on ne comprend qu’à la fin du film, lors des révélations de Holmes. Cette mise en scène permet de rythmer l’intrigue et de faire monter  le suspense jusqu’à la scène finale. Ainsi, la mise en scène rend le récit plus rythmé, plus dynamique, fait monter le suspense et illustre de différentes manières les talents de Holmes.

Pour conclure, ce nouveau film de Sherlock Holmes modernise et dynamise le personnage de Sherlock Holmes, tout en s’inspirant du personnage original et en réécrivant d’autres aspects, le tout dans un scénario original et une mise en scène originale et variée.

Il est donc élémentaire que je vous recommande ce film.


Déc 3 2016

NARCOS (saison 2), par Justin Cappuccio (ManCAV)

Publié par cavpoinca dans Critiques      

Série réalisée par Chris Brancato, Carlo Bernard et Doug Miro

« Le réalisme magique se caractérise par un univers détaillé, réaliste, où s’introduit un élément trop étrange pour être vrai. Ce n’est pas un hasard s’il est né en Colombie ». C’est par ces mots que débute la série, et qui laissent deviner  un avant goût de la dimension extraordinaire et mystique que Pablo Escobar a bien pu incarner en son temps. En effet la série retrace en grande partie, la vie et la carrière de cet homme, ô combien vénéré et craint en même temps !

On ne pourra pas démentir que Netflix a mis ici tout en œuvre pour créer une série de très grande qualité. De l’image à l’intrigue, en passant par la musique (il suffit d’écouter le générique et de prêter attention aux paroles), tout est soigné pour donner le meilleur aux yeux du spectateur. Il est difficile de ranger cette série dans une case, ce n’est pas un simple « Biopic sur Pablo Escobar ». Dire cela serait bien trop restrictif. En effet, on s’attarde  autant ici à présenter le parcours ambitieux et  la démesure d’un homme «extraordinaire», que de révéler la lutte déterminée des États-Unis et de la Colombie pour venir à bout du cartel de drogue de Medellín. La série multiplie ainsi les points de vue. On oscille entre l’aspect policier, politique et une dimension plus personnelle de l’histoire de tous ces hommes et femmes impliqués dans ce combat.

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Pari risqué que de faire une série sur un sujet dont on connaît la fin et pour beaucoup, de nombreux événements. Mais disons le haut et fort : PARI RÉUSSI . Tout s’enchaîne. A aucun moment on ne s’ennuie, certains en redemandent et reprochent même, que 10 épisodes par saison n’est pas suffisant.  Grâce à un habile dosage de fiction et d’introduction de nombreuses images d’archives, les créateurs de la série nous ont ainsi livré un chef d’œuvre qui se déguste du premier au dernier épisode sans jamais éprouver aucune insatisfaction. Cet équilibre construit une sorte d’authenticité qui rapproche parfois l’œuvre d’un documentaire.

On notera qu’il est impossible de faire une critique de Narcos sans souligner sa distribution. Car en effet c’est bien là, la plus grande des qualités de cette série. Elle est portée par une ribambelle d’acteurs talentueux. Si le personnage de Pablo est autant fascinant, c’est bien grâce à Wagner Moura (Favelas), acteur Brésilien qui a su donner une dimension dramatique complexe à son personnage . Colère, Fureur, Joie, Tristesse sont autant d’émotions (et pas les seules) que Wagner a su composer dans les divers moments de la vie d’Escobar, et qui nous permettent de détester et en même temps de nous attacher à cet homme. Il convient aussi de présenter Pedro Pascal, visage familier des séries américaines, et Boyd Holbrook qui campent  les agents de la DEA – J.Pena et S. Murphy – qui traqueront jusqu’au bout l’homme considéré comme le plus grand criminel du monde. Ces deux acteurs apportent aussi une grande profondeur à leur personnage, dont on découvre la déchéance au fil de l’investigation contre Escobar. Holbrook s’impose d’ailleurs en narrateur de l’histoire avec l’ajout de sa voix off de manière régulière dans les divers épisodes, ce qui renforce l’aspect dramatique et l’attrait à cette série.

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La série nous montre la responsabilité d’ Escobar dans l’essor du trafic de cocaïne dans le monde, sa confrontation aux autres narcotrafiquants, aux États-Unis et à son propre pays. Il est d’abord présenté au sommet de sa gloire, à la tête de ses sicarios, considéré comme un Dieu pour beaucoup en raison de son combat social, et aussi craint par de nombreux autres, à cause de ses pratiques sans scrupules d’élimination de tout ceux qui s’opposent à ses volontés. Une autre partie plus humaine de sa personne est montrée avec l’importance qu’il accorde à sa famille, très fidèlement soulignée dans la série. La saison 2 s’attardera plus à mettre en valeur la lente et périlleuse déchéance de cet homme, qui refuse d’accepter son triste sort et qui sera peu à peu privé de tout ce qui constitue sa personne ; son pouvoir, sa renommée, ses hommes, sa famille puis finalement sa vie. L’avant dernier épisode est vraiment sublime. Il réduit Escobar au commun des mortels, le présentant dans la nature, où il se livre à une courte introspection avant de repartir dans ces pensées démesurées qui l’amèneront à sa perte finale.  Le démon tyrannique finit par laisser place à un homme qui n’a plus qu’un souhait, être avec sa famille. Impossibilité des plus tragiques.

En bref, pour tout ceux qui veulent voir une série de qualité et prenante, n’hésitez pas, foncez, vous ne serez pas déçu !

Cette série est d’ailleurs renouvelée pour une 3ème saison qui présentera cette fois-ci le cartel de Cali successeur de celui d’Escobar dans le trafic de drogue en Amérique.


Déc 1 2016

COMANCHERIA, par Alexandre Marquand (ManCAV)

Publié par cavpoinca dans Critiques      

Comancheria ou le seul film dont le titre original a moins de sens que sa traduction française… Hell or high water de son titre original est un western (qui n’a de western que son univers), thriller et drame réalisé par David Mackenzie et écrit par l’excellent Taylor Sheridan. Le film raconte l’histoire de deux frères commettant une série de braquages, après la mort de leur mère, sur les agences d’une même banque. Ceci dans le but d’éviter la saisie de la propriété familiale, dernier rempart à la misère des enfants de l’un des deux frères. Ils sont poursuivis par à un ranger bientôt à la retraite et son adjoint.
Le moins que l’on puisse dire c’est que le film dégaîne son pistolet avant même que vous ayez le temps cligner des yeux. Avec une réalisation maitrisée de bout en bout et fidèle à son propos, le film nous offre une photographie somptueuse qui vous fera ressentir la chaleur du Far-West, la solitude de ses plaines infinies et la mouche se collant à votre peau, sauf si la mouche était littéralement dans la salle… Une alternance brillante entre le contemplatif et la proximité avec les personnages nous fait ainsi découvrir un Texas désert de toute disgrâce tout en préservant un fort ressenti des personnages habités par le conflit interne et externe. Une autre alternance, toute aussi intelligente entre plans-séquences en mouvement et fixes font de Mackenzie et son chef opérateur (Giles Nuttgens) des peintres du mouvement et de l’action. Ces plans sont tellement riches qu’on se demande qui des deux frères ou des spectateurs finissent avec les rétines les plus imprégnés de blé (les champs texans).

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En ce qui concerne le casting, à première vue, rien qui peut freiner Di Caprio pour un second oscar. Jeff Bridges et Ben Foster  ne sont pas n’importe qui, cependant niveau « the movie to be », ils n’ont pas toujours le flair… Mais pour le coup ils l’ont eu, et le résultat est plus que convaincant. Quant à Chris Pine il faut dire que quitter son ami Spock et redescendre sur Terre le temps d’un film lui réussit plutôt très bien. Il va pouvoir retourner dans les étoiles.

Si vous pensiez que ma mention spéciale était pour l’image, eh bien non. Je la dédie à une bande-originale parfaite. Nick Cave et Warren Ellis nous donnent des frissons dès les premières minutes: du drame, de la tension, de la sublimation pour l’émotion et de la country pour l’univers.
Pour ce qui est du scénario on peut dire que Hollywood devrait une fois de plus se remettre en question. Blacklisté depuis un certain temps, et preuve que Hollywood est capable de sortir de son moule une fois par an, le scénario a tous les ingrédients pour réussir : une histoire qui nous tient en haleine tout le long, des couples de personnages incarnant un propos haut en couleur et loin des grands méchants contre les bons gentils. Un réel questionnement sur l’asservissement par la domination au travers du racisme et d’une nouvelle forme de domination : la finance. Deux aspects qui se mêlent et offrent un propos qui ne laisse pas indifférent. On regrettera cependant un manque de nuance sur la mentalité texane qui ne laisse voir que des stéréotypes de cowboys; manque renforcé par une présence féminine réduite à son pouvoir de séduction ou de grand-mère odieuse.
Comancheria est  par son image, son histoire et sa bande-originale un chef-d’oeuvre à ne manquer sous aucun prétexte au cinéma,un des grands films de l’année 2016.


Nov 23 2016

DIVINES, par Perrine Boetsch (ManCAV)

Publié par cavpoinca dans Non classé      

A remuer ciel et terre

 

Récompensé par la caméra d’or au festival de Cannes 2016, Divines est le film dont vous avez forcément entendu parlé. Pour son premier long métrage, Houda Benyamina traite d’un sujet difficile, celui du microcosme de la cité, et se concentre sur Dounia, jeune fille de 15 ans, vivant dans la précarité d’un camp de roms. Adulte avant l’heure, elle rêve de sortir de la misère en s’élevant vers la grandeur et la richesse, avec sa meilleure et seule amie Maimouna. Sa seule échappatoire : s’allier à la dealeuse du quartier Rebecca, pour espérer s’en sortir. Mais la jeune fille sera très vite troublée par un jeune danseur et devra décider quel camp choisir.

Souvent comparé à Bandes de filles de Céline Sciamma, Divines s’affirme encore plus dans le choix ambitieux de son scénario en traitant autant les thèmes de l’amour, qu’une profonde histoire d’amitié, mais également de la religion ou de la folie des grandeurs.

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Les intentions de l’auteur sont claires et bien éxécutées, pourtant l’histoire d’amour qui semble avoir un rôle central à jouer dans le choix final du personnage principal semble plus un prétexte et une épreuve à surmonter pour respecter un schéma scénaristique classique que quelque chose de probable dans la vraie vie. N’oublions pas que cela reste malgré tout un film scénarisé avec quelques défauts mineurs. La relation la plus forte est la profonde amitié, ainsi que les dialogues sur le sens de leurs vies des deux jeunes amies tandis que le monde semble s’écrouler autour d’elle.

Si l’on devait retenir une scène particulièrement réussie, ce serait la première surveillance des deux amies, où tous leurs fantasmes vont se matérialiser, ou presque. Dounia use ici de toute son énergie pour convaincre Maimouna de toutes les richesses qui les attendent. A son récit se mêlent des sons formidables de Ferrari, des bruits de villes de Paris et de ses fêtes mondaines. Les deux amies semblent flotter dans une voiture imaginaire et presque toucher du bout du doigt leurs rêves les plus fous. On visualise la ville et ses citadins comme elle, on vit et ressent le même émerveillement, elles sont résignés à se figurer des rêves plutôt que des réalités dans un cadre pittoresque, réalité dont elles ne sortiront jamais vraiment.

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Dounia est par certains côté une enfant arrogante qui veut rentrer dans le monde des adultes sans en comprendre sa complexité, son assurance ne fait qu’accélérer sa chute certaine. De nombreux signes annonciateurs sont présents tout du long, que ce soit une altercation entre sa professeure et elle en plein cours ou encore dans la réalisation. On voit la recherche d’un vrai rapport au titre qui fait référence également à la religion, dans le choix des musiques célestes lors de scènes en contre-plongée vers le ciel et les immeubles en opposition à des univers très noirs ou brûlants comme la soirée en boîte de nuit, alors que l’adolescente a pour mission de séduire un dealer puissant, devant de l’argent à Rebecca. Tout assure une cohérence parfaite entre le rapport entre ciel et terre, paradis et enfer. C’est un crescendo d’émotion quand l’on voit le piège se refermer sur les protagonistes. Par tout ses aspects, Divines est bel et bien un des grands films du festival de Cannes 2016.

 

 


Nov 20 2016

JULIETA, Par Titouan Wiener-Durupt (ManCAV)

Publié par cavpoinca dans Critiques      

Tout sur ma mère, la mauvaise éducation, Les amants Passagers, des noms qui résonnent et peuvent remuer nos souvenirs. Ce sont des films qui ont marqué autant nos esprits que nos yeux. Cette année 2016, le réalisateur Pedro Almodovar s’attache encore à l’histoire d’un formidable personnage féminin. Nombreux sont ceux qui se rappelleront de Volver ou Talons aiguilles qui mettent en scène des femmes stupéfiantes, pleine de vie, de douleurs ou encore de secrets. En effet, le travail principal de Pedro Almodovar porte sur ses personnages et de sa manière de les filmer.

Il a passé son enfance dans les quartiers espagnols avec sa mère, entouré de femmes. C’est de là qu’il trouve sa fantastique manière de filmer les personnages féminins, d’une manière poétique et bien spécifique. Ce fantastique long métrage qu’est Julieta nous embarque dans un univers d’histoire familiale, après la folie des Amants Passagers, en ouvrant son film par un plan de plusieurs dizaines de secondes sur un tissu couleur rouge vif. Almodovar capte le mouvement de ce tissu au ralenti; presque immobile. Un plan qui peut paraître banal mais qui annonce bien la couleur du film, son esthétique et le savoir faire du réalisateur.

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Le film est une adaptation de trois différentes nouvelles. Il nous raconte l’histoire d’une femme qui a perdu sa fille et qui ne l’a plus vue depuis douze ans. Tout au long du récit nous allons découvrir son passé ainsi que son caractère. Julieta est perdue et semble mystérieuse en ce début de film. Almodovar adopte un point de vue interne au personnage. La plus grosse partie du film sera focalisée sur l’écriture de la lettre adressée à sa fille. Elle parlera des différents moments de sa vie : la rencontre avec son  compagnon Xoan, la mort de ce dernier. Cela détruira la vie de Julieta et lui fera perdre sa fille.

Le réalisateur réussit à jongler entre les différentes étapes de la vie de Julieta. On sent bien le passage entre les différentes étapes de sa vie, par son comportement et par le changement d’actrices qui interprètent ces différent moments (Emma Suarez et Adriana Ugarte).  En début de film, le personnage est caractérisé. Toute sa maison est propre et ce qu’elle fait aussi. On pourrait penser après coup : ne cherche-t-elle à récupérer les années qu’elles a perdu dans ses pensées suite à la mort de son compagnon?

Almodovar aime ses personnages. Il en fait d’ailleurs des protagonistes entiers. Ils sont tous complexes. Il profite réellement du temps que lui offre le format long pour développer le caractère de ses personnages. On a notamment des personnages secondaires très importants et qui ajoute un vrai plus au film. Lorenzo qui joue le nouveaux compagnon de Julieta dans le temps présent est un protagoniste essentiel au développement du personnage.

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Lors de la première rencontre entre Julieta et Xoan (le père de sa futur fille), le travail sur le son ainsi que la lumière, nous installe dans un cadre un peu spécial, où nous sommes plongés dans une grande intimité entre les deux personnages. Nous ne sommes pas en position de voyeur pour autant durant la scène. Jean-Claude Larrieu («Paris, je t’aime»), le directeur de la photographie choisit de nous implanter dans une ambiance entre ombre de la nuit à l’extérieur du train et lumières du Wagon. Il utilise des couleurs et lumières bleus et rouges (récurrents dans le film). La bande son se compose également d’un thème musicale qui semble plus fantastique. Ces deux éléments liés qui appuient sur l’importance du moment et renforcent ce sentiment d’intimité profonde.

En conclusion, le fantastique film de Pedro Almodovar nous parle d’une histoire qui concerne une relation Mère-fille dans laquelle le rôle de la mère se renverse complètement. C’est le récit complexe et complet d’une vie difficile. Néanmoins cette femme qui ne porte définitivement pas la chance avec elle va se faire accompagner par le personnage extrêmement humain de Lorenzo interprété par Dario Grandinetti.