Plongée dans l’univers de Eglal Errera avec les 6èmes

19 11 2014

Lundi 17 novembre, les 6èmes de Madame Agnieray ont rencontré Eglal Errera, écrivain sensible et généreuse, née à Alexandrie et arrivée avec ses parents en France à douze ans.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALa rencontre avec Eglal Errera se pose d’emblée comme originale. Après s’être penchée sur les travaux des élèves, mais aussi sur les dattes, gaufres, fleurs et parfum préparés pour son accueil, Eglal Errera raconte L’odeur du poulet farci*, l’un de ses contes, puis elle tend son attention vers les questions des élèves. Et, les leur retourne : « avec quoi, d’après vous, demande-t-elle aux élèves, travaille un écrivain ? ». Elle est très satisfaite des réponses : la mémoire, l’imagination, la réalité, les sens et les sentiments, qui prouvent que les jeunes lecteurs ont bien compris son univers. Elle complète alors sa vision  et son vécu du métier d’écrivain : « ce que j’aime dans l’écriture, c’est chercher au fond de moi, trouver la juste expression de ce que je veux dire, fabriquer des personnages à partir de gens que j’ai connus ».

OLYMPUS DIGITAL CAMERACar elle en a vécu des expériences. Elle fait alors de ses réponses autant d’histoires qui captent l’intérêt de chacun. « Lorsque j’étais petite fille, à Alexandrie [Eglal Errera a quitté Alexandrie avec ses parents à l’âge de  12 ans], j’adorais déjà écrire. En arrivant en France, je rêvais d’être première en français ! Cela peut vous paraître étonnant, à vous qui baignez dans la littérature, mais pour nous, vous êtes comme des gens qui peuvent ramasser des pépites d’or sur le chemin juste en vous baissant ». Elle parle aussi des raisons qui ont poussé ses parents à fuir l’Égypte et fait un parallèle avec les conflits d’aujourd’hui : « vous savez, dit-elle, tous les peuples ont été des victimes un jour, et des bourreaux un autre jour, tous. » Et puis, avec le temps, les réfugiés se sentent de moins en moins étrangers : « ce qui reste d’étranger en eux, en général, c’est un petit plus ! ». De même, illustrant son propos du livre C’est la vie, mes chéris*, texte que les lecteurs, surtout adulte, trouvent fort et dur car il raconte le deuil de sa mère par une petite fille, elle explique que la peine peut s’en aller avec le temps, et que d’ailleurs, quand on souffre, il faut écrire, car « voyez-vous, écrire, ça enlève la peine ». Voilà donc pour les élèves de belles perspectives de lecture, pour grandir.

* L’odeur du poulet farci et autres contes arabes, Eglal Errera, Ecole des loisirs, coll. Mouche, 1998

*C’est la vie, mes chéris, Eglal Errera, Actes Sud junior – 2005


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