Carnaval à Montevideo (Uruguay) : un mois de festivités

20:59 Animations culturelles, Langues, Littérature, Métier, musique, Pays, Pédagogie, Santé, Société, Théâtre

      Je m’appelle Nelly Cecilio. Je suis professeur FLE dans le cadre de la Formation Sommelier de l’université de Montevideo en Uruguay, en Hôtellerie et Gastronomie et j’assure aussi des cours de conversation et sur objectifs  spécifiques dans le milieu artistique (comédiens et écrivains). J’ai remarqué ce blog scolaire qui faisait une présentation des différents carnavals dans le monde. Je ne voulais absolument pas manquer cette occasion pour faire connaître une manifestation culturelle qui est très intéressante comme le sont  celles de l’Equateur, du Brésil ou du Canada où j’ai eu le plaisir de séjourner il y a quelques années.

 

L’Uruguay est un pays sud-américain situé entre l’Argentine et le Brésil, bordé à l’est par l’Océan Atlantique et au sud par le Rio de la Plata.  Montevideo est la capitale de cet Etat .J’estime que 1% de sa population d’environ 3 000 000 d’habitants participe en tant que protagoniste direct d’une manière ou d’une autre aux diverses manifestations liées aux festivités du carnaval lequel a une durée d’un mois. Il va sans dire que des milliers de personnes assistent aux nombreuses manifestations carnavalesques qui  attirent de plus en plus d’étrangers qui trouvent chez nous une manifestation authentique, moins commercialisée et plus spontanée qu’ailleurs. Voici un avant-goût avec : http://www.carnaval.com/uruguay/  et http://www.youtube.com/watch?v=q9e4J_jU2c4&feature=related ou encore http://www.enlacesuruguayos.com/Carnaval.htm

Montevideo vient d’être nommée « la capitale du Carnaval latino-américain 2009 et 2010 ».

Comment commencent les festivités ?

 Le défilé est ouvert par les reines élues dans les différentes catégories : la reine du Carnaval, celle de las « llamadas » et cette année celle de la samba. Des confetti et des serpentins sont lancés. Puis il y a un grand défilé dans la plus importante avenue de Montevideo, en plein centre où alternent les différents groupes qui animent ces fêtes : comparsas lubolas, murgas, parodistas, humoristas, revistas et des « cabezudos » (masques démesurés que les enfants bravent et qu’en français on appelle « grosses têtes » ou « géants » ) et des chars allégoriques. 

Chaque groupe appelé « comparsa lubola » est composé d’au minimum 70 tambours parmi lesquels on doit distinguer selon leur leur taille et la manière de les accorder : le « chico« , le « repique » et le « piano » qui vont du son le plus aigu au plus grave marquant le rythme qui varie suivant les quartiers.  Pour entendre le son de ces instruments, vous pouvez aller à cette page :   http://www.candombe.com/french.html  L’ensemble de ces trois tambours créé le « candombe« . La page d’accueil du site, http://www.candombe.com/index.html  vous permet d’avoir accès à une multitude de renseignements sur ces groupes et leurs racines africaines. Ces groupes ont parfois pour noms des pays africains comme « Sénégal » évoquant ainsi les origines des esclaves africains débarqués ici. Il y a aussi trois personnages typiques de ces communautés noires qui précèdent les tambours appelés « cuerda de tambores ». Ce sont :

  – le « escobero » qui tenait le rôle de juge accompagnant le roi, dirigeant et animant le groupe (le nom vient de « escoba » qui signifie « balai » car il montre son adresse en manipulant une sorte de bâton, genre la baguette du chef d’orchestre

– le « gramillero » qui était un guérisseur car « gramilla » signifie « herbe »

– la « mama vieja » qui représentait la nourrice ou la gouvernante du maître . C’est textuellement « la grand-mère ».

 En plus, dans les années 1930 probablement, est apparue la figure de ce qu’on appelle « la vedette« , certainement sous l’influence européenne du cabaret, qui est flanquée de danseurs et de danseuses de manière que le nombre total des membres d’une « comparsa lubola » est d’environ 200 personnes. Le défilé s’étend sur 2 jours  (jeudi et vendredi) regroupant plus de 40 groupes. Quelques-un se produiront par la suite aussi sur scène où ils devont non seulement jouer de la musique et danser mais en plus représenter soit une situation liée à l’esclavage jadis, soit la vie d’un personnage célèbre noir de notre pays.

La « murga » est un genre théâtral-musical satirique dont l’origine remonterait aux groupes qui sont venus au début du XXème siècle de Cadiz (Espagne) mais qui a trouvé chez nous son propre chemin. C’est un groupe composé d’environ 15 ou 20 personnes et dont le plus important est l’aspect choral et ce que l’on appelle le « cuplé« , sorte de sketch satirique dans lequel on critique surtout les hommes politiques ou la situation politique que ce soit nationale ou internationale et la « retirada » où ils prennent congé du public, ce qui symbolise l' »enterrement » du carnaval. Il faut préciser que la « murga » d’Uruguay ne ressemble pas du tout à la « murga » de l’Argentine même si elles utilisent quelques-uns des instruments de ce genre de musique, mais le concept est tout à fait différent.

 Vous pouvez visionner des « murgas » en actions avec : http://www.youtube.com/watch?v=UGpGe6Pzn44&feature=related et http://www.youtube.com/watch?v=1gh4Ewes2GA

 Il  faut noter que deux « murgas » se sont produites en France  et vous pouvez visiter leurs sites à : http://www.faltayresto.net/  et http://www.agarratecatalina.com.uy/ . Il y a aussi des renseignements sur les « murgas » à http://www.lasmurgas.com/ . Sur le site http://www.totomendez.com.uy/ , vous pouvez visonner un clip en utilisant la rubrique en français « galerie », « multimedia », 5ème vidéo appelée « Murga madre ».

 Les « parodistas », comme le nom l’indique est un groupe d’environ 20 personnes qui doivent jouer 2 parodies. C’est un genre plutôt théâtral même s’ils doivent avoir une bonne choréagraphie et bien chanter aussi. Les parodies sont empruntées plusieurs fois aux grands classiques et aux événements historiques remarquables tant au plan national qu’international.

Les « humoristas » est un groupe genre théâtral ausi mais qui fait essentiellement de l’humour à partir de n’importe quelle situation choisie.

 Une semaine plus tard a un lieu le défilé nommé « llamadas » (appels) dans les rues étroites et pavées des deux quartiers emblématiques des Noirs uruguayens : Sur et Palermo, situés près du Rio de la Plata. C’est très pittoresque car il y a e plus en plus de gens qui louent leurs balcons ou leurs terrasses avec un service traiteur, même pour les spectateurs qui y assistent pendant les 5/6 heures que dure le défilé. Voici un aperçu : http://www.youtube.com/watch?v=dHTqQhKC6PE&hl=fr

 A l’issue de chacun de ces deux défilés, il y a un classement où on déclare les champions et championnes dans les différentes rubriques, par exemple : meilleur groupe de tambours, meilleure vedette, meilleure communication avec le public, meilleur directeur de « murga », etc. Une fois commencée l’ouverture officielle du carnaval, les différentes catégories se produisent sur la scène d’un théâtre ouvert où il y a aussi un concours pour nommer les champions. Ces groupes jouent aussi dans des des locaux appelés « tablados » (en plein air ou couverts) dans les différents quartiers de la ville de manière que tout le monde puisse y accéder. En province, il y a aussi des défilés et on doit souligner une manifestation carnavalesque dans un département à la frontière du Brésil où l’influence des « escolas do samba » l’emporte sur notre identité culturelle proprement dite.

Au départ, le carnaval uruguayen était plutôt l’affaire des amateurs qui cessaient leurs activités rémunérées le temps des festivités, il est devenu aujourd’hui un espace où les professionnels en tous genres s’épanouissent  et trouvent d’autres débouchés soit chez nous, soit à l’étranger car surtout les « comparsas lubolas » et les « murgas » font des tournées partout dans le monde. Une petite anecdote qui illustre la portée de notre carnaval qui touche toutes les couches sociales : l’actuel Ministre de l’Economie a été le parolier de plusieurs murgas.

Il existe un musée du Carnaval qui est situé dans le Vieux-Montevideo et on vient de lui décerner le prix Reina Sofia d’Espagne.

J’espère vous accueillir nombreux à notre prochain carnaval

 

 

 

  Je remercie beaucoup Nelly Cecilio pour tous les renseignements apportés sur la façon dont se déroule le  carnaval de Montevideo. Mon rôle s’est quasi limité à la mise en page de son article et à l’ajout de photos.
 

 

 

 

 

 

 

 Les « parodistas », comme le nom l’indique est un groupe d’environ 20 personnes qui doivent jouer 2 parodies. C’est un genre plutôt théâtral même s’ils doivent avoir une bonne choréagraphie et bien chanter aussi. Les parodies sont empruntées plusieurs fois aux grands classiques et aux événements historiques remarquables tant au plan national qu’international.

Les « humoristas » est un groupe genre théâtral ausi mais qui fait essentiellement de l’humour à partir de n’importe quelle situation choisie.

 Une semaine plus tard a un lieu le défilé nommé « llamadas » (appels) dans les rues étroites et pavées des deux quartiers emblématiques des Noirs uruguayens : Sur et Palermo, situés près du Rio de la Plata. C’est très pittoresque car il y a e plus en plus de gens qui louent leurs balcons ou leurs terrasses avec un service traiteur, même pour les spectateurs qui y assistent pendant les 5/6 heures que dure le défilé. Voici un aperçu : http://www.youtube.com/watch?v=dHTqQhKC6PE&hl=fr

 A l’issue de chacun de ces deux défilés, il y a un classement où on déclare les champions et championnes dans les différentes rubriques, par exemple : meilleur groupe de tambours, meilleure vedette, meilleure communication avec le public, meilleur directeur de « murga », etc. Une fois commencée l’ouverture officielle du carnaval, les différentes catégories se produisent sur la scène d’un théâtre ouvert où il y a aussi un concours pour nommer les champions. Ces groupes jouent aussi dans des des locaux appelés « tablados » (en plein air ou couverts) dans les différents quartiers de la ville de manière que tout le monde puisse y accéder. En province, il y a aussi des défilés et on doit souligner une manifestation carnavalesque dans un département à la frontière du Brésil où l’influence des « escolas do samba » l’emporte sur notre identité culturelle proprement dite.

Au départ, le carnaval uruguayen était plutôt l’affaire des amateurs qui cessaient leurs activités rémunérées le temps des festivités, il est devenu aujourd’hui un espace où les professionnels en tous genres s’épanouissent  et trouvent d’autres débouchés soit chez nous, soit à l’étranger car surtout les « comparsas lubolas » et les « murgas » font des tournées partout dans le monde. Une petite anecdote qui illustre la portée de notre carnaval qui touche toutes les couches sociales : l’actuel Ministre de l’Economie a été le parolier de plusieurs murgas.

Il existe un musée du Carnaval qui est situé dans le Vieux-Montevideo et on vient de lui décerner le prix Reina Sofia d’Espagne.

J’espère vous accueillir nombreux à notre prochain carnaval

 

 

 

  Je remercie beaucoup Nelly Cecilio pour tous les renseignements apportés sur la façon dont se déroule le  carnaval de Montevideo. Mon rôle s’est quasi limité à la mise en page de son article et à l’ajout de photos.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tags : , , , , , , , , ,

4 commentaires

  1. cdilyceemonnet :

    Le n° 554 de Vocable espagnol du 19 mars 2009 se termine par une publicité concernant « Les toilettes du Pape » dont l’action se passe en Uruguay

  2. cdilyceemonnet :

    Dans le même état d’esprit, n’oubliez pas qu’à Toulouse il y a les rencontres rétrospectives sur les 10 ans de la nouvelle vague argentine, 50 ans de cinéma cubain et un état des lieux du documentaire chilien post dictature. Voici le site pour plus de détails : http://www.cinelatino.com.fr/arcalt/index.php

  3. cdilyceemonnet :

    Ce site propose des liens utiles dans le domaine du Français, du Français Langue Etrangère, des Langues, des Mathématiques, de la Santé, etc

  4. cdilyceemonnet :

    « Vocable espagnol » n° 560 du 11 juin 2009 consacre un article au poète uruguayen Mario Benedetti mort le 17 mai 2009. Il était né en 1920.

Laisser un commentaire

Votre commentaire