L’année de la France au Brésil : en avant la musique !

10:26 Animations culturelles, Animaux, Gastronomie, Langues, Littérature, musique, Pays, Pédagogie, Personnages, Société

    »  2009 sera l’année de la France au Brésil » : ainsi en ont décidé les présidents français et brésiliens en 2006. Concrétement, cela veut dire que le Brésil doit, en quelque sorte, célèbrer la France. Quels liens existent exactement entre ces deux pays pour que l’un soit amené à parler de l’autre car, il faut le rappeler, 2005 a été l’année du Brésil en France : http://www.bresilbresils.org/home.html  ? En fait, cette « amitié » est née dans la violence !

        Le roman historique Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin rappelle les liens qui unissent ces deux pays. Il évoque la  conquête de ce territoire d’Amérique du  Sud  à la Renaissance, lorsque le chevalier Nicolas Durand de Villegagnon, sous les ordres de Gaspard de Coligny, lui-même au service d’Henri II, débarqua à Rio de Janeiro pour tenter d’implanter une colonie française.  L’épisode est raconté dans http://www.academia.org.br/abl/cgi/cgilua.exe/sys/start.htm?infoid=4531&sid=338

                                               

 

 

     Mais le Brésil n’est pas seulement très lié à la France . En fait, le Brésil, un peu à l’image du « creuset »  américain ( la traduction souvent utilisée pour faire comprendre l’expression « melting-pot »)  est un pays aux multiples brassages de cultures et l’on peut dire que les manifestations musicales et artistiques brésiliennes mettent à l’évidence la diversité des courants migratoires et d’ethnies présents dans le pays  : Allemands, FrançaisItaliens, Autrichiens, Polonais, Tchèques, Portugais, Africains, Ecossais, Indigènes…  Ainsi, l’Etat de Santa Catarina dans lequel habite notre amie Salvelina, est, par exemple,  une référence internationale en matière de ballet : en 2000, la filiale brésilienne de l’École du Théâtre Bolchoï s’est ouverte. Pour la première fois en plus de deux siècles d’ existence, la méthodologie d’enseignement du Bolchoï de Moscou a été adoptée et appliquée dans un autre pays que la Russie : http://www.santacatarinabrasil.com.br/fr/escola-de-teatro-bolshoi-no-brasil/   Le Festival de Danse de Joinville  ( ville de la région  de Santa Catarina, dans le Sud du pays, signalé par le chiffre « 5 » sur la carte et dont voici un lien pour découvrir la ville : http://www.sc.gov.br/portalturismo/Default.asp?CodMunicipio=66&Pag=1  ), le plus grand de l’Amérique Latine, rassemble chaque année plus de 4 000 danseurs amateurs et professionnels, et attire un public de plus de 50 000 spectateurs : http://www.festivaldedanca.com.br/2009/home 

      A vrai dire, chaque région du Brésil possède des cultures musicales qui lui sont propres et on ne saurait jamais limiter la musique brésilienne à la samba ou à la bossa nova comme le pensent souvent certains étrangers. Cependant il est nécessaire de définir ces termes. La samba est un style musical qui provient de la fusion des rythmes africains et portugais. Dans la langue bantoue, « samba » signifie « prière » ou « plainte » et donc par là-même, on voit tout l’aspect religieux de cet acte. L’importante communauté noire de Salvador de Bahia pratiquait cette danse qui a pourtant peu à peu gagnait Rio de Janeiro. En 1917, « Pelo Telefone » est la première samba et elle est interprétée par Donga et Mauro Almeida. Vous pouvez en écouter un extrait à http://sambabresil.free.fr/archives/Chanteursdonga.htm . Vers 1930 par Ismael Silva  créé la première école de Samba dans le quartier Estacio de Sa à Río de Janeiro. Cette école est nommée « Deixa Falar » ( « Laisse Parler »). Vous pouvez écouter plusieurs extraits musicaux de ce chanteur brésilien à http://www.lastfm.fr/music/Ismael+Silva  Cet artiste a contribué à associer la samba au fameux carnaval de Rio et donc à dissocier cette danse de l’exclusive communauté noire brésilienne.   Milton Nascimento, Jorge Ben, Sergio Mendes, Djavan, Gilberto Bebel,  Chico Buarque, Gilberto Gil, Baden Powell, Stan Getz, Caetano Veloso ont fait connaître la samba . La cuica est un instrument de musique à vibration utilisé dans la samba.

                                                   

                                                  

 La bossa-nova est en fait une reprise de la samba mais avec un ajout de jazz . Elle a été créée par  des musiciens blancs et est devenue très populaire dans les années 1950 avec João Gilberto et Tom Jobim  dont vous pourrez voir des vidéos sur : http://www.musiquebresilienne.ca/video.html  On peut aussi citer Cartola, Nelson Cavaquinho, la Velha Guarda da Portela, Zé Kéti et Clementina de Jesús

                        

      On peut affirmer qu’à l’arrivée des jésuites, en 1549, la musique baroque et le chant grégorien furent introduits.  Cela participe à l’influence occidentale dans la musique brésilienne. De même, les folias de reis (la période de douze jours qui sépare Noël de l’Epiphanie)  sont à l’orgine une fête portugaise que l’ on retrouve à Salvador de Bahia. Ce sont des chants et des processions à l’occasion des fêtes de la Nativité et en l’honneur des Rois Mages. La danse la plus  populaire de cette région  est le forró, Les instruments caractéristiques sont entre autres le triangle et l’accordéon. Les danseurs sont par couple et évoluent sur une musique très joyeuse, mais, le paradoxe est que la chanson  évoque souvent  les chagrins du peuple du Sertão (région du Nordeste très touchée par la sécheresse) qui quitte sa région à la recherche d’une nouvelle vie au sud-est du Brésil, notamment à Rio de Janeiro et à São Paulo). Regardez plutôt les danseurs de forró: http://www.youtube.com/watch?v=iPOoPKUQ48c&hl=fr . l

               Le siriri et le cururu  sont des danses folkloriques du Mato Grosso . Regardez une démonstration de ces deux danses sur http://it.truveo.com/Tradi%C3%A7%C3%A3o-popular-do-cururu-e-siriri-vai-%C3%A0s-ruas/id/3301358720 . Ces musiques et ces danses sont d’inspiration religieuse . La mort « inspire  » aussi, comme en témoignent le velório, l’ afoxé,  le candomblé,  le macumba, l’umbanda

      La musique folklorique populaire brésilienne est représentée par le bumba-meu-boi et le boi-bumbá. Ce sont des danses avec  des personnages humains et des animaux fantastiques. Il s’agit de l’histoire légendaire de la mort et la résurrection d’un boeuf. Cette manifestation festive est très populaire dans les régions Nord et Nord-Est du Brésil. Ecoutez et regardez : http://www.youtube.com/watch?v=t_cziTYeoLY&feature=related  et http://www.youtube.com/watch?v=_FFSF_C0Bio&feature=related

      La cantoria  ou repente est l’expression même de ceux qui vivent dans le sertão.  Elle raconte l’attente de la pluie après des jours de sécheresse . Ecoutez : http://video.google.fr/videoplay?docid=-1374949939781655927&ei=OKvGSfe2DILU-AaJ6NjbAQ&q=cantoria&hl=fr

 Le carimbó est une danse ancienne d’origine indienne dont le rythme est joué sur un tambour nomé carimbó accompagnant cavaquinho et banjo (intruments de musique) . Regardez ces danseurs de carimbó : http://www.youtube.com/watch?v=10cxbdnqk8I 

                                                

                                                  

 

La lambada, danse très agitée, sensuelle et licencieuse est née du carimbó  :  http://www.youtube.com/watch?v=5AfTl5Vg73A

  Dans la musique populaire, le choró,, qui signifie « pleur », plus connu sous le nom de chorinho (« petit pleur »), est un style de musique populaire et instrumentale brésilienne. Malgré son nom, le style est en général d’un rythme agité et joyeux. Le choro est considéré comme la première musique populaire urbaine typique du Brésil qui soit difficile à exécuter. Les influences européennes à l’origine de cette musique sont diverses :  la valse (Autriche), la polka (Pologne), la scottish  (Ecosse) mais principalement le lundu (Afrique) . Ecoutez ce fabuleux mélange : http://www.youtube.com/watch?v=rEI2UfMuyx4&feature=related

 Il y a aussi la modinha, qui est un genre populaire né au XVIIème siècle, d’inspiration portugaise : http://www.youtube.com/watch?v=h12Kh9Ea0Ag&feature=related Dans la région Nord et Nord-Est se rencontrent beaucoup de styles comme le baião, bambelô, boleros, chamego, coco, emboladas, forró, frevo, guarânia, maracatu, maxixe, xaxado et encore d’autres. Toutes ont en commun un appel très fort à la sensualité. La musique sertaneja ou caipira est un genre proche de la musique country : http://www.youtube.com/watch?v=Q_jypceZnjM&hl=fr

La marchinha est un style de musique de carnaval introduite au XXème siècle par les Portugais.  Les blocos afro, crées en 1974, sont une musique de carnaval propre à Bahia à l’origine. Dans Bahia on a encore d’autres manifestations comme l’axé. Ce mot vient du candomblé (secte religieuse) et signifie « matière spirituelle » ou « ondes positives ». Ce rythme très agité,  est né d’un mariage de manifestations lors du carnaval de Bahia et de la musique à succès de l’époque : http://www.youtube.com/watch?v=zG__7q7XQPs&hl=fr

 La musique dite brega est un genre populaire né dans les années 1940 et s’applique à parler surtout des chagrins d’amour : http://video.google.fr/videoplay?docid=5184263386025007610&ei=X7fGSZCdGYLU-AaJ6NjbAQ&q=brega&hl=fr

La jovem guarda (jeune garde) est un mouvement proche du rock créé dans les années 1960. Genre romantique, léger et très dansant :  http://www.youtube.com/watch?v=TdHSTiHjsqM&hl=fr

La música popular brasileira – MPB, née en 1965 avec le mouvement Tropicalisme. C’est un style de protest song d’avant gard mêlé au rock’n’roll : http://www.youtube.com/watch?v=RTUQrdqcUH0&hl=fr

Le funk carioca, créé dans les années 1980, est un type de musique électronique qui a pour origine les favelas (bidonville) de Rio de Janeiro et dérivée du Miami Bass. Dans la ville de Rio, le funk carioca est appelé simplement « funk » (carioca signifie « de Rio ») bien qu’étant un style différent du véritable funk américain : http://www.youtube.com/watch?v=UZtcEF_8dtI&hl=fr

    Après ce panorama, on peut nettement sentir combien la musique du Brésil est une illustration de ce quel’on pourrait appeler une « culture mondialisée » c’est-à-dire qui est née de la fusion de divers apports nationaux. Ces diverses influences constituent une très grande richesse.

   Cet article a été rédigé à partir de notes fournies par notre amie brésilienne Salvelina. Je la remercie beaucoup pour sa contribution à cette présentation de la musique brésilienne. C’est « l’année de la France » au Brésil mais nous sommes heureux qu’elle veuille bien aussi nous parler, en France, de son pays.

   Ce billet prend également place dans le cadre de petits travaux de recherches sur la danse que font actuellement les élèves de 1ère année de CAP APR.

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12 commentaires

  1. cdilyceemonnet :

    A propos de musique, le blog suivant est intéressant à consulter : http://lewebpedagogique.com/stephanieforet/

  2. Cristolinette :

    Et bien tout ça donne une très bonne idée du Brésil et de sa musique ….. quel dommage que mon dos, capricieux, ne me permette pas de mettre ces musiques en pratique !!!!

  3. cdilyceemonnet :

    C’est vrai que « ça déménage » pas mal !

  4. Denise :

    Rouge Brésil : un excellent roman.

    J’avais oublié à quel point j’en avais joui. J’ai le goût de le relire.

    Bonjour Dario, mon ami du Brésil.

  5. Marieta :

    Une vidéo pour fêter les 237 ans de Porto Alegre : http://www.youtube.com/watch?v=TZR3mU0Qk3A

  6. Daleen :

    Cet article me plaît beaucoup, car la danse me plaît! Étonnant comme la danse des divers pays se ressemble, d’une manière ou d’autre. Pour moi, c’est la danse classique (le ballet) et la danse espagnole que j’aime surtout!

  7. saveursetcouleurs :

    Et oui, après l’année du Brésil en France, c’est le tour de la France au Brésil !!!
    Personnellement j’adore la musique brésilienne et plus particulièrement le Axé qui est né à Salvador de Bahia et dont les rythmes enjoués me plaisent beaucoup. Parmi les chanteurs que je préfère je citerai Ivete Sangalo et Daniela Mercury…
    J’aime aussi les musiques indigènes en provenance des territoires amazoniens et également la musique folkorique (comme celle du carnaval de Rio).
    A noter au Brésil énormément de chanteuses depuis deux ans… La musique a évolué depuis une quinzaine d’années et certains groupes ou chanteurs chantent également du rock, reggae, funk, rap etc…
    Article très intéressant. Merci pour ce partage.

  8. cdilyceemonnet :

    Merci à Marieta et à Salvelina

  9. cdilyceemonnet :

    João de Cruz e Sousa (1861-1898) est né dans l’île de Santa Catarina, dans la province qui porte le même nom. C’est un homme noir, fils d’esclaves affranchis qui est devenu poète. Il est considéré comme l’un des plus grands auteurs brésiliens. Je viens de lire ce texte que je trouve très beau et très émouvant. Aussi j’aimerais vous faire partager mon émotion :
    « Absence mystérieuse
    Il suffit d’une heure, d’une minute,
    D’un instant à peine, dès que ton profil s’éloigne
    De cette maison que j’aime-un vague deuil
    Entoure aussi cette chaste demeure.

    Ta délicate présence suffit
    A rendre tout clair et pur…
    Si tu es absente, j’écoute les pleurs
    De la nostalgie qui me saisit et m’entraîne…

    De secrètes et subtiles mélancolies,
    Cachées loin dans la Nuit de mes jours
    S’approchent lentement de moi.

    Et partout, au coeur de la maison, erre
    Un sentiment qui n’appartient pas à la Terre
    Et que moi, seul, en silence, je sais rêver…

  10. cdilyceemonnet :

    Je pense que ce texte de Cassiano Ricardo Leite (1895-1974) est absolument remarquable
    « Métamorphose
    Mon grand-père alla cherche de l’argent
    Mais l’argent se transforma en indien.

    Mon grand-père alla chercher de l’indien
    Mais l’indien se transforma en or.

    Mon grand-père alla chercher de l’or
    Mais l’or se transforma en terre.

    Mon grand-père alla chercher de la terre
    Mais la terre se transforma en frontière.

    Mon grand-père, assez intrigué,
    Alla modeler la frontière :

    Et le Brésil prit la forme d’une harpe. »

  11. cdilyceemonnet :

    un article sur le région du Minas Gerais dans « Tour hebdo » n° 1357 du 17 avril 2009. Des informations sur les lieux à visiter ainsi que sur quelques plats typiques tels la feijoada (haricots noirs, viande séchée, riz, cvhou, farine de manioc, abats de porc, saucisses), le tutu a minera (haricots noirs, lard, poulet), le feijao-tropeiro (lentilles, farine de manioc, chou, ail, oignon, lard, oeuf), le couve a mineira (chou vert cuit dans de l’huile). Il ne faut pas non plus oublier la caxchaça (alcool de farine à sucre) et la caipririnha (cocktail)

  12. cdilyceemonnet :

    Découvrez Salvador de Bahia grâce à « L’écho touristique » n° 2715 du 11 mars 2005

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