Poisson d’avril !

9:39 Animations culturelles, Animaux, Collection, Humour, Pédagogie, Société

       J’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, c’est le 1er avril 1565 que le mécontentement de gens qui refusaient le changement de calendrier instituant le 1er janvier comme premier jour de l’année donna naissance à ce qui devint la tradition « des blagues » de ce jour. Pour se moquer des réfractaires, on se mit à leur offrir de faux cadeaux comme si c’était la période des étrennes. Peu à peu est venu l’usage d’accrocher discrètement des petits poissons de papier dans le dos des gens, sans qu’ils s’en doutent. En effet, en avril, il est interdit de pêcher parce que c’est la période de reproduction piscicole et,  en accrochant un poisson, même en papier, dans le dos de quelqu’un, on fait peser des soupçons sur lui dans le sens où l’on suggére que cette personne n’aurait pas respecté la législation et ainsi on participe à le ridiculiser. Le collectionneur de poissons d’avril s’appelle l’avrilopiscicophiliste

                                                          

 On retrouve le mot « poisson »dans les expressions suivantes :

   – avaler la mer et les petits poissons : être crédule ou bien avoir très soif

   – engueuler quelqu’un comme du poisson pourri : injurier très fort quelqu’un

  – finir en queue de poisson : finir de façon pas très nette

 – être un gros poisson : être une personnalité

  – être comme un poisson dans l’eau : être dans son élément, être bien dans sa peau

 –  noyer le poisson : cacher une partie des éléments pour brouiller la compréhension

  D’autres expressions utilisent un poisson en particulier :

 – être muet comme une carpe : ne pas dire un mot

  – bâiller comme une carpe : bâiller très fort

c’est le mariage de la carpe et du lapin : mauvais assortiment

être serrés comme des sardines : être très serrés dans un espace restreint

avoir des yeux de merlans frits : avoir un regard inexpressif

rire comme une baleine :  rire en ouvrant la bouche

être un maquereau : être un proxénète, un souteneur

être un requin de la finance : être un homme d’affaires impitoyable et sans scrupule

      Enfin, il est intéressant de signaler que le mot « friture » désigne à la fois de petits poissons que l’on est en train de frire et un grésillement intermittent lors d’une transmission radio ou téléphonique.

     Au fur à à mesure des années, cette tradition  de faire des plaisanteries s’est généralisée au point de ne pas être seulement d’individu à individu, mais d’être comme une sorte de phénomène social. C’est ainsi qu’au niveau de la presse parlée et  écrite, de la télévision et d’Internet, pour le premier avril, on ne compte plus les canulars. Voici un exemple avec les différentes « pages » de 1er avril d’un site : http://www.linternaute.com/insolite/poisson_d_avril/poisson_d_avril.shtml ou d’autres exemples de désinformations : http://rumeursdunet.com/  . Cependant le 1er avril 1983, on a annoncé que l’âge légal de la retraité était abaissé à 60 ans en France et c’était vrai !

    Si le canular est d’origine informatique, on parle de  » fausse rumeur » ou bien on emploie carrément le mot anglais « hoax« . Le côté « humoristique » est parfois douteux parce qu’il s’agit souvent de « pourriel » comme disent les Canadiens c’est-à-dire de messages indésirables envoyés en masse et faisant croire aux novices que leur ordinateur est menacé de virus ou qu’ils doivent impérativement envoyer en chaîne le message reçu. Lisez à ce sujet, l’article de Christelle Membrey : http://cicla71.typepad.com/cicla71/2009/01/gagnez-45-euros-pour-f%C3%AAter-les-10-ans-de-google-.html . Il y a tellement de gags dans ce genre de « nouvelles », que, franchement, je me demande où les « plaisantins » vont pêcher tout cela !

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9 commentaires

  1. lyceepolonais :

    Certaines expressions avec « poisson » sont aussi utilisées chez nous comme par exemple « être un gros poisson » ou « être serrés comme des sardines ».
    En Pologne, le 1er avril c’est la tradition appelée « prima aprilis » : on raconte aussi des mensonges et on fait des blagues (mais on n’utilise pas de poisson).

  2. Denise :

    Au Canada-français on a gardé cette tradition de jouer des tours à thème de poisson le premier avril.
    Au Canada-anglais on joue aussi des tours et on appelle cette journée APRIL FOOL. Le poisson semble en être absent.

  3. cdilyceemonnet :

    Peut-être le 1er avril et ses plaisanteries prennent-ils de plus en plus d’importance parce que les « vrais » sujets d’actualité sont moroses.

  4. cdilyceemonnet :

    http://www.canalacademie.com/Le-poisson-d-avril-serait-il-un.html réfléchit au sens du mot « maquereau »

  5. kovv :

    En Norvège aussi, le premier avril est le jour des mensonges et des blagues. Pour les journaux, il y a une compétition pour créer la blague la plus crédible. Cette année par exemple, le Ministre de la culture et du sport a annoncé qu’il sera le premier à sauter dans le nouveau tremplin de saut de ski de Holmenkollen.

    Le poisson est aussi absent ici en Norvège. Peut-être parce on en était trop dépendant pour survivre…

  6. cdilyceemonnet :

    Les journaux français font aussi des plaisanteries et quand on a vu écrit que Nicolas Sarkozy allait claquer la porte au sommet du G20, comme c’était pour le 1er avril, on s’est demandé si c’était sérieux ou pas.

  7. cdilyceemonnet :

    Dans un recueil de poèmes et de chansons de Hongrie, j’ai trouvé ce texte de circonstance pour parler de poissons. Je l’ai beaucoup apprécié et c’est pourquoi j’aimerais vous le faire connaître :
    « Le roi des brochets

    Tout au fond du Danube
    Vit un peuple charmant.
    Les nuits de pleine lune,
    Il chante joliment.

    Celui qui le dirige,
    C’est le roi des brochets.
    Dans une vieille botte
    Il a fait son palais.

    Endre Darázs « 

  8. cdilyceemonnet :

    Si vous êtes tentés par la création d’un journal scolaire, ce site vous aide : http://www.epn-ressources.be/fais-ton-journal-logiciel-gratuit-pour-creer-un-journal

  9. cdilyceemonnet :

    Sans doute pourriez-vous trouver de mauvais goût, le choix de « l’emplacement » de ce commentaire, mais, franchement, je trouve ubuesque de lire dans les informations que Lawrence Reynolds, qui devait être exécuté le 9 mars dernier dans l’Etat de l’Ohio où la peine de mort est encore en vigueur, mais qui avait tenté de se suicider en avalant des médicaments juste avant cette date, a d’abord été transporté à l’hôpital pour « le sauver » et a finalement eu l’injection mortelle hier ! Notre monde est-il « fou » ?
    Je profite de cette actualité pour vous dire qu’un professeur, dans le cadre du programme de français sur « le texte argumentatif » fait réflechir les classes de TR et 1 R sur « la peine de mort ». Comme Victor Hugo et Robert Badinter sont loin dans cette application américaine « pure et dure » d’une loi si contestable !

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