Mettez un peu de piment dans votre vie pour qu’elle soit moins fade !

8:16 Animations culturelles, Gastronomie, Grands événements au lycée, Pays, Pédagogie, Société

              Il y a quelques semaines, dans le cadre des « Itinéraires gourmands » mis en place dans notre lycée, il a été possible de s’initier à la cuisine hongroise. Le récent voyage à Budapest de nos partenaires italiens a remis à l’honneur ce pays . Tout ceci me conduit à rédiger, en partenariat avec Irén Gunyecz, étudiante hongroise à l’université de Limoges mais aussi employée dans notre établissement, un premier billet sur ce sujet en mettant l’accent sur deux spécialités du pays :  un condiment et le vin.

             Même si mes propos seront  surtout d’ordre gastronomique, il me semble important de vous aider à bien situer géographiquement la Hongrie.  Sa superficie est de 93  030 km². Elle a des frontières avec l’Autriche avec laquelle elle a longtemps été rattachée, avec la Serbie, la Croatie, la Slovénie, la Roumanie, l’Ukraine et la Slovaquie. La particularité de la Hongrie est d’être au centre même de l’Europe géographique. Cette spécificité lui confére un rôle très important d’autant que ce pays a rejoint l’Union Européenne depuis le 1er mai 2004.  Ses liens avec la France se sont beaucoup développés sous Napoléon III et personne n’ignore que le père de Nicolas Sarkozy, président de la République Française, est né près de Budapest, la famille Sarkozy s’étant installée en France vers 1948.   Par ailleurs, le passé de la Hongrie la rattache à la Turquie car, au XVIIème siècle, les Turcs occupèrent ce pays. Cela offre une ouverture de ce pays vers l’Asie. Cette diversité de culture influence sa gastronomie.

                                                       

                                                           

  Budapest est la capitale de la Hongrie. Elle est surnommée « La perle du Danube« . Cette ville est inscrite au patrimoine mondial en raison de sa beauté.  Deux grands fleuves traversent le pays, ce sont le Danube et la TiszaLe lac Balaton, en plus de son attrait touristique, est particulièrement poissonneux. C’est de là que vient le sandre qui entre dans la composition d’une des spécialité gastronomiques de Hongrie : le « halászlé » qui est une sorte de bouillabaise hongroise.

                                                      

          En voici donc la recette, mais sachez que sa cuisson se fait traditionnellement dans un grand chaudron que l’on fait chauffer au-dessus d’un feu comme le montre cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=M2iaEqBbz8M

                                                     

 

Ingrédients : 500 gr de carpe, 500 gr de brochet et 500 gr de sandre

                     2 gros oignons pelés et coupés en rondelles

                      1 grande tomate

                      1 pomme de terre de taille moyenne

                     1 cuillère à soupe de paprika en poudre

                    1 paprika vert

                     du poivre

Réalisation : Nettoyer les poissons, les laver et les couper en morceaux d’une épaisseur de 3 cm environ. Disposez les différentes sortes de poissons dans une grande casserole . Mettre de l’huile dans une poele et y faire revenir les oignons puis ajouter les légumes. Ajouter le paprika en poudre et le poivre. Faire cuire très lentement. Ajouter  cette préparation par-dessus les poissons qui sont dans la grande casserole, secouer de temps en temps mais ne  remuer pas car les morceaux de poissons tomberaient en miettes. Servir le  » halászlé » avec du pain blanc.

   Dans cette recette figure le paprika car la cuisine hongroise est impensable sans lui. Il faut savoir que le mot désigne aussi bien le légume (cousin du poivron) que l’épice. Il y a le « paprika cerise » qui est petit, rond, rouge et piquant.

                                                          

  Le « paprika vert » est doux et de forme allongée et parfois il est en fait de couleur jaune très pâle plutôt que vert.

                                                     

Le « bácskai paprika » appelé aussi « paprika TV » a la même forme allongée mais il est vert très clair et peu piquant.

                                          

Le « paprika tomate » est rond,  assez grand, rouge et doux

                                      

   « Piros arany signifie textuellement « de l’or rouge ». Il s’agit d’une crème de paprika, elle est vendue en tube et faite à partir de poivrons hongrois cueillis en pleine maturité, mixés et salés.

                                             

  Pour fabriquer du paprika, les fruits rouges secs sont lavés et séchés au four puis moulus. Les deux grands centres de production de paprika sont Kakocsa et Szeged.  La poudre de paprika en sacs est une spécialité hongroise et sur les tables des restaurants, comme dans chaque foyer, on trouve un saupoudreur rempli de paprika à côté de la salière et de la poivrière.

                                          

                                       

 

 Le paprika a d’abord été utilisé par les paysans qui n’avaient pas les moyens d’acheter du poivre trop coûteux mais cette épice a ensuite conquis toutes les couches sociales hongroises à tel point qu’il en est resté  une sorte de proverbe, « Si on a du sel et du paprika, on a tout »

     Si le lac Balaton est connu pour ses poissons, il est aussi réputé pour son vin. Le vin du massif montagneux de Somló est réputé et il plaisait beaucoup aux Hasbourg. Vous pouvez lire tout un article sur le vignoble de cette région à http://www.jfb.hu/node/179

                                                                     

        Malgré tout le vin le plus apprécié est le Tokaji Aszú qui vient du Nord-Est de la Hongrie, dans la région de Tokaj

                                                                       

 Grâce à ces sites, http://www.vinsdegarde.com/Vins-Hongrie-Tokay.php , http://www.sommelier-vins.com/article-923633.html et http://www.chateauloisel.com/degustation/tokaji.htm vous en saurez beaucoup sur les vins hongrois. Cependant il faut vous parler du Szekszárdi  qui est un vin rosé demi-sec et qui provient du sud de la Hongrie, du Egri Bikavér qui murit au pied des montagnes Bükk.

                                                                                              

                                                                                             

                                                                      

     Les vins mousseux comme le Hungarian Extra Dry ou le Törley sont de très bonne qualité et leurs renoms dépassent la Hongrie. 

                                                                    

 

L’ Unicum est un apéritif très amer fait à base de racines. L’eau-de vie Barack Palinka est faite à partir d’abricots de Kecskemet, ville au centre de la Hongrie.

                                                                                                           

                                                                            

                                                                         

  En attendant d’autres articles sur la Hongrie, visitez http://www.hongrieforum.com/viewtopic.php?t=3890 pour avoir d’autres recettes.

  Je remercie Irén pour son aide précieuse dans la rédaction de cet article.

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15 commentaires

  1. cdilyceemonnet :

    A noter qu’il existe un musée du vin à Paris : http://www.museeduvinparis.com/francais/

  2. lyceepolonais :

    De la cuisine hongroise je connais « lecso » et « goulasch » que je prépare aussi moi-même.
    Et j’adore le tokay.

  3. cdilyceemonnet :

    Il y a aussi des spécialités de crêpes salées délicieuses et bien sûr les fameuses soupes (en fait « ragoûts ») mais nous ferons d’autres articles pour plus de détails.

  4. cdilyceemonnet :

    J’ai parlé des liens qui unissaient la France et la Hongrie. Il est évident que cette relation étroite a eu une influence sur la langue. Ainsi, le mot « hussard » vient du hongrois. Il désignait, à l’origine, des cavaliers hongrois très admirés pour leur rapidité et leur adresse au dos d’un cheval, mais aussi pour leur magnifique uniforme qui a été copié dans toute l’Europe. Il existe un dessert hongrois appelé « Baiser de hussard » (Huszárcsók ). La recette se trouve à http://www.750g.com/fiche_de_cuisine.2.123.1732.htm Il y a aussi une photo de ce petit gâteau en forme de boule avec au centre une « langue » traditionnellement de confiture d’abricot, mais on peut changer.

  5. cdilyceemonnet :

    Le mot « hongre » qui désigne un cheval châtré vient de Hongrie car, dans ce pays, il était de tradition de castrer les chevaux pour les rendre plus dociles.
    Le mot « coche » qui désigne une voiture tirée par des chevaux vient de « Kocs », ville hongroise à environ 65 km de Budapest.

  6. Mme Parneix :

    J’ai lu avec grand intérêt cet article sur la Hongrie, je ne connaissais pas ces recettes mais j’aime beaucoup le Tokay, une belle occasion de faire connaissance avec ce pays par le biais de sa gastronomie. Merci.

  7. cdilyceemonnet :

    Dans le cadre des ostentions à Chaptelat où est né Saint Eloi en 588, il y avait plusieurs délégations étrangères dont une de Csongrád qui est le département hongrois autour de Szeged dont j’ai parlé pour la production du paprika

  8. Maria Letizia :

    Eh bien, pendant notre voyage nous on a vu un vrai hussard. C’était dans le petit village de Szent Ander au nord de Budapest, un village typique pour ses souvenirs et, bien sûr, le merveilleux Musée de Marzipan, où un gigantesque Mickey vous accueille au laboratoire de marzipan. Un Hussard en costume traditionnel attendait des touristes sur son carosse pour faire un tour dans les méandres du Danube. Mais ce jour là il neigeait !

  9. cdilyceemonnet :

    C’est sûr que le climat est assez rigoureux. On peut y voir une relation avec le grand intérêt pour les soupes de légumes faites dans du bouillon de viande, la charcuterie (saucisse de Gyula et de Békéscsaba et salami), le foie gras de Orosháza, le grand usage de crème aigre et de saindoux.

  10. cdilyceemonnet :

    Une présentation de la Turquie dans « L’écho touristique » n° 2728 du 10 juin 2005

  11. cdilyceemonnet :

    Un voyage le long du Danube qui traverse 10 pays. Il prend sa source dans la Forêt Noire et va jusqu’à la Mer Noire. Son intérêt touristique est évident. « L’écho touristique » n° 2716 du 18 mars 2005 en parle

  12. cdilyceemonnet :

    Un quiz pour apprendre à connaître les épices : http://www.linternaute.com/femmes/cuisine/questionnaire/fiche/1482/d/f/1/

  13. nouvamfrph :

    J’ai lu l’article sur la Hongrie et tout est nouveauté pour nous, surtout en ce qui concerne la cuisine. Le seul rapport que l’on a eu avec ce pays lointain a été très important: le premier directeur de l’école dans laquelle je travaille était hongrois, c’est grâce à son initiative que l’on a l’école secondaire. C’était un dentiste qui exerçait sa profession ici, il était marié et avait une fille. A cette époque-là il n’y avait pas d’école secondaire dans notre village donc il a formé un groupe de travail et on a construit l’école. C’est justement cette année-ci que l’ on va célébrer les cinquante ans de sa fondation. Il était le directeur et en même temps travaillait comme professeur et bien qu’il ait parlé assez bien l’espagnol, il avait l’accent étranger. Malgré son sérieux, la langue a été une difficulté pour lui, il ne réussissait pas à bien prononcer quelques mots et cela faisait sourire les jeunes. Aujourd’hui on parle de lui avec une grande admiration et il faudrait suivre son exemple.

  14. cdilyceemonnet :

    C’est intéressant de savoir que votre petit village « doit » son école à un Hongrois ! Le monde est petit !

  15. cdilyceemonnet :

    Pas encore d’échanges turcs dans notre établissement, mais cela n’empêche pas de s’intéresser à la littérature de ce pays : http://www.rue89.com/paristanbul/2009/09/21/rentree-litteraire-franco-turque-a-decouvrir-sans-moderation

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