Il y a 90 ans …

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     Au niveau de l’espérance de la vie d’un homme, quatre-vingt dix ans représentent beaucoup. Et pourtant c’est un peu moins qu’un siècle et donc finalement on peut dire que « c’était hier » par rapport à l’histoire de l’humanité.  Le nom commun « humanité » a plusieurs sens et l’un d’entre eux est : « sentiment de bienveillance : compassion, bonté ». Comment ne pas y voir un paradoxe quand on songe aux horreurs associées à la première guerre mondiale dont le 11 novembre prochain on va célèbrer la fin il y a 90 ans ?

     Je viens de terminer de lire Cheval de guerre de Michael Morpugo . Il s’agit de la vision la « Grande Guerre » par un cheval prénommé Joey qui participe de force aux combats, qui, comme les combattants, affronte les obus, les barbelés et tous les dangers de la guerre. C’est le second livre que Michael Morpugo consacre à cette période de l’histoire. Le premier est Soldat Peaceful dans lequel l’auteur fait référence à la hiérarchie militaire anglaise qui abuse  de son autorité auprès des jeunes recrues. Ce sont des ouvrages de « littérature de jeunesse » qui, à travers des fictions, offrent un témoignage historique.  D’autres romans plus « classiques »  comme Le feu de Henri Barbusse, Les croix de bois de Roland Dorgelès, l’équipage de Joseph Kessel. Orages d’acier de Ernst Jünger, Education héroïque devant Verdun d’Arnold Zweig, La randonnée de Samba Diouf de Jérôme et Jean Tharaud proposent aussi une vision apocalyptique de ce l’on a appelé « la der des ders » et qui malheureusement ne l’a pas été puisqu’il y a eu un second conflit mondial. Ce sont « les gueules cassées » que le livre puis le film La chambre des officiers mettent en scène.  Ce sont de pauvres hommes aux visages déformés, mutilés après avoir reçu des gaz axphyxiants ou des lance-flammes. Cette vidéo, http://video.google.fr/videosearch?hl=fr&q=%2014%2018&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#, montre le quotidien des soldats  et l’émission C’est pas sorcier  qui est reprise sur   http://video.google.fr/videosearch?hl=fr&q=c’est%20pas%20sorcier%201914&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#  insiste sur les enjeux de conquête de territoires au grand mépris des hommes envoyés se battre et pris pour de la simple « chair à canon ». Mais Jean Jaurés avait mis le monde en garde en s’élevant contre le début des hostilités, appelant à la grève et au refus des combats. Ce militant pacifiste a alors été assassiné le 31 juillet 1914.

       Ni les soldats français ni les soldats allemands ne voient dans « l’autre » un ennemi. Ils se sentent proches, solidaires, tous victimes de la folie de dirigeants politiques avides de pouvoir. On se souvient du film Joyeux Noël dont une analyse figure sur ce site : http://www.zerodeconduite.net/blog/index.php?itemid=1118 Et les combats deviennent si violents, si meurtriers et en même temps si inutiles que certains désertent ou se mutinent. En France, l’honneur de ces hommes n’a été sauvé qu’en 1998 quand, dans un discours, Lionel Jospin les a  réhabilités sinon, jusqu’à cette date, officiellement, ils étaient « des traitres ».

        Les « poilus » souffraient chaque jour un peu plus pour une cause belliqueuse voulue par des dirigeants. Et ce conflit devenait mondial par le jeu des alliances, réquisitionnant des soldats d’ Afrique noire (Sénégal, Burkina Faso, Bénin, Mali, Niger) et d’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc, Mauritanie),  de Madagascar de Chine, d’Indochine,  des Antilles et de Guyane. Il y avait environ sont 600 000 soldats en provenance des « colonies » qui, en période de paix, n’avaient droit qu’à du mépris. Beaucoup y ont laissé la vie sans pratiquement de reconnaissance.

    Depuis la disparition de Lazare Ponticelli le 12 mars 2008, il n’y a plus de « poilu », en France, pouvant porter témoignage de cette époque. Comment faire pour que la mémoire se perpétue ?

Lazare Ponticelli à 110 ans, dernier poilu en France

 Cette année les manifestations se succèdent parce que ce sont les 90 ans. Il y a les « Paroles de poilus  » qui se multiplent comme celle visible sur  http://www.lemonde.fr/1914-1918-90-ans-apres-l-armistice/portfolio/2008/10/31/la-guerre-de-14-18-racontee-en-photos_1112556_736535.html . Il y a les diverses expositions dont celle qu’organise la BFM de Limoges ( http://www.bm-limoges.fr/agenda.html?eve=463#eve463 ) , les reportages télévisés ( France 5 le 10 novembre à 20h40, France 2 le 11 vovembre à 20h50, Arte le 12 vovembre à 21 h). Mais que faire les années suivantes pour que le devoir de mémoire se poursuive ? Comment atteindre les consciences, comment faire pour que ce ne soit pas qu’une simple date qui donne droit à un jour férié et que ce soit vraiment l’occasion de se pencher sur le passé de la France et du monde pour qu’une telle folie de conquêtes n’existe plus et ne débouche sur une pugnacité exterminant des innocents ?

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Jeunes et talentueuses

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        On parle souvent de « littérature de jeunesse » et, avec cette expression, on entend « littérature s’adressant à la jeunesse » mais cependant écrite par des adultes et même des auteurs de plus de soixante ans. L’idéal serait qu’il y ait adéquation d’âge entre le public visé et celui ou celle qui rédige, mais ce n’est pas si simple, très jeune, d’avoir la maîtrise de la plume, de se sentir la vocation, d’être reconnue, etc. Dans ce billet, je vais vous parler de deux jeunes filles qui ont su s’imposer et ont déjà publié des romans.

         Emilie Perroud, de son vrai nom Emilie Jacot-Guillarmod vit à Lausanne, en Suisse. Elle est née en mars 1992. Elle est lycéenne. En 2005, à 13 ans donc, elle a publié, à compte d’auteur,  L’île oubliée. L’héroïne en est Mathéa, une jeune fille qui vit sur l’île d’Oïro où tous les habitants sont dotés de pouvoirs magiques, sauf elle. En 2007, un second roman est paru : L’ombre de la magicienne, histoire d’une amitié entre Karen et Anaëll tandis que les Quatre Terres sont déchirées par la guerre. Sur son site, http://www.emilieperroud.com/, elle confie qu’elle a déjà écrit un troisième roman, Le gardien des rêves et qu’un quatrième est en cours de préparation. Tous appartiennent au genre « Fantasy ». Emilie  se consacre aussi à d’autres arts puisqu’elle prend des cours de théâtre et des leçons de piano.

        Lucie Leprêtre  a 12 ans et vit en Creuse . Elle est la petite-fille de l’animateur de télévision Philippe Gildas mais , malgré cette notoriété, elle reste simple et se comporte comme toutes les adolescentes sauf qu’elle aime par dessus tout la campagne et les animaux. Si vous voulez en savoir plus, reportez-vous à  http://www.petit-aigle.com/

       Est-ce que les jeunes garçons sont moins portés à écrire, mais je n’ai pas trouvé d’auteur précoce à vous présenter. Quelqu’un en connaît-il un ? Sachez aussi qu’il existe un CD-ROM intitulé J’écris un roman qui est un logiciel d’aide à la création. Il est sorti aux éditions Vidatech.

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La vie d’antan

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         Les techniques évoluent si vite que l’on a tendance à oublier comment se passait le quotidien il y a seulement quelques années. Le musée Albert et Félicie Demard situé à Champlitte (Franche-Comté) propose un voyage dans le temps de façon à partir à la découverte des vieux métiers comme le forgeron, l’horloger, le potier, etc. Ces types de travail sont replacés dans le contexte de la société dans laquelle ils se concevaient.

        Ainsi il devient presque émouvant de voir une laiterie ou une épicerie tellement il est fréquent maintenant de voir tous les produits alimentaires, les vêtements, les livres, etc, tous ensemble dans une grande surface. Le petit commerce n’a plus tellement cours.

      Il y a aussi toute une réflexion possible sur l’évolution d’un lieu de vie. Ainsi autrefois « la pièce à vivre » réunissait-elle toute la famille, alors que maintenant, dans la mesure des moyens financiers, chaque membre de la famille a sa chambre avec, à l’intérieur, sa télévision, son ordinateur et sa chaîne hi-fi ! La société est-elle devenue plus individualiste ?

       Que dire de l’évolution de la médecine ? Iriez-vous encore voir un « barreur » (sorte de guérisseur qui « barre » le passage aux maladies) bien que je ne sache pas si sa consultation rentrerait bien dans le parcours médical autorisé pour vous faire rembourser par la sécurité sociale ? Et iriez-vous finir vos (vieux ?) jours dans un hospice où vos draps de lits  seraient d’une couleur correspondant à vos croyances religieuses ? Il n’empêche qu’à l’époque personne ne songeait à imposer un « jour de solidarité » envers les personnes âgées, alors, ça devait sans doute être mieux!

      Allez, avant de faire vos valises pour partir à Champlitte, jetez au moins un oeil sur le site correspondant car il faut vous préparer à ce grand « déconditionnement » par rapport à votre quotidien actuel : http://www.cg70.fr/decouvertes/musee/artstraditions/indexartstradmuseefr.htm

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