A la découverte de la culture japonaise

Grands événements au lycée, Littérature, Pays, Personnages 25 commentaires

     Limoges est jumelé à Seito au Japon. Notre lycée vient de débuter une correspondance, dans le cadre d’un blog scolaire animé par des élèves de CAP et leur professeur de français, avec une Japonaise habitant Tokyo. Nous le savions déjà, mais notre nouvelle amie Mariko nous a parlé du grand succès remporté dans son pays par les mangas. Au niveau du CDI, ces bandes dessinées nipponnes sont très empruntées. La bibliothèque francophone multimédia de Limoges organisera le lundi 21 avril une journée d’étude sur le manga

   Sans doute était-ce une aberration, mais je n’en avais encore jamais lu une en entier! La lecture n’est pas si aisée que cela pour un Français. On s’imagine à tort que le dessin va aider à la compréhension. Or, il faut savoir que le manga est numéroté « à l’envers » par rapport à nos normes. Ce qui serait pour nous la première page est, dans un manga, la dernière page. De même, à l’intérieur de chaque page, la lecture de chaque vignette se fait de droite à gauche en haut, puis à nouveau de droite à gauche un peu plus bas et ainsi de suite. Cela demande une certaine gymnastique de l’esprit! Il n’est pas non plus rare qu’il y ait, dans une bulle, une transcription phonétique de mots japonais avec, heureusement, la traduction française pour accompagner.

    Au-delà de la lecture, il y a le dessin. Le style est « spécial » puisque les personnages ressemblent plus à des caricatures qu’à des reproductions fidèles : yeux bien trop grands, tête occupant trop de place par rapport aux proportions du tronc et des membres, expressions de sentiments trop exagérées. Oui, c’est du dessin, mais cela fait aussi penser aux masques du théâtre japonais (kabuki, bunraku, nô ou kyôgen suivant le genre).

    De nombreux mangas sont sans couleur : un simple croquis au crayon noir dans une vignette blanche. Cette sobriété surprend et peut aussi représenter une certaine difficulté de lecture pour un Français, nos planches de bandes dessinées regorgant de bleu, de rouge, de jaune, etc.

    Je me suis imposée ces différences sortes de  » contraintes » (car, pour moi, lire « à l’envers » et suivre les aventures de personnages « caricaturés » en représentent!) et je viens de terminer Le pays des cerisiers de Fumiyo Kouno. L’action se passe, dans un premier temps, en 1955 c’est-à-dire dix ans après le largage de la bombe atomique sur le Japon, puis, dans un second temps, en 2004. Le lecteur suit l’évolution de la famille Hirano/Ishikawa dans son interrogation sur le pourquoi du choix d’une bombe pour anéantir quelques irréductibles, pourquoi tant d’innocents sacrifiés dans l’instant mais aussi dans le futur avec les conséquences de « cet éclair incandescent qui a fendu le ciel », etc. En résumé, à partir de 98 pages de simples dessins en noir et blanc,  une réflexion sur la guerre et ses désastres est proposée aux lecteurs et, finalement, les arguments sont plus incisifs que ceux qui auraient été donnés dans un texte.

        Avez-vous déjà lu des mangas ? Pourquoi ? Connaissez-vous celle dont je viens de parler ?

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