Se sucrer le bec au Québec

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   Au Canada, et plus précisément dans notre province de Québec, pendant le mois de mars, la belle neige blanche commence à fondre sous les rayons du soleil qui reprend des forces, et réchauffe notre terre nordique.

    C’est signe que le printemps s’en vient, les corneilles arrivent et le sève monte aux arbres qui bourgeonnent bientôt. Cette nouvelle saison qui s’annonce nous donne le goût de sortir, respirer ces odeurs de la nature, fermer les yeux et rêver aux plaisirs de l’été.

   Ce climat qui passe du chaud au froid et du froid au chaud au gré des saisons, nous fait bénéficier d’une richesse naturelle : une eau sucrée provenant de nos érables qui subissent ces changements climatiques. Au Québec, comme en Amérique du Nord, il y a beaucoup d’érables, et certains produisent une eau sucrée qui, grâce à l’imagination de l’homme est transformée en sirop et autres produits dérivés. Quarante litres d’eau font un litre de sirop d’érable, donc, pour produire ce sirop, on doit posséder une érablière et une cabane à sucre qu’on appelle aussi au Québec « la sucrerie« 

                                                         

                                                        

                                                          

 

                                                          

           L’érable a une grande place au Canada car sa feuille est au centre du drapeau canadien. C’est un bel hommage qu’on lui rend, elle est la reine de notre drapeau.

                                              

        Mais, avant tout, comme le dit cette citation « il faut rendre à César ce qui appartient à César » car ce sont les Amérindiens qui sont les découvreurs de l’eau coulant des érables, ce sont eux qui ont été les premiers à l’extraire de ces arbres, à la goûter, à l’utiliser pour cuire leur viande et leurs fruits.

     Leur méthode était rudimentaire : avec leur tomahawk, les Amérindiens faisaient une entaille en V dans le tronc de l’érable, et avec l’écorce et une petite branche de roseau piquée dans cette entaille, la sève de l’érable s’égouttait dans un récipient en écorce de bouleau. L’eau sucrée était source d’énergie pour les Amérindiens, le sirop qu’ils en tiraient complétait leur besoin en sucre. Ils transportaient l’eau en raquettes d’arbre en arbre, plusieurs fois par jour, s’ enfonçant parfois dans la neige mouillante qui cédait sous leurs pas. Ce site permet de découvrir de nombreuses légendes indiennes et de connaître la façon dont ils vivaient et se servaient du sirop d’érable : http://www.erabliere-lac-beauport.qc.ca/indiens.htm

                                            

    De nos jours, l’entaille faite par le tomahawk a été remplacée par le chalumeau installé par un vilebrequin, et le récipient d’écorce de bouleau est devenu une chaudière (seau). L’acériculture est un métier car l’acériculteur ou l’acéricultrice gère une érablière et fabrique différents produits à partir de la sève. L’acériculteur entretient et entaille les arbres, aménage des sentiers, s’occupe de la cueillette de l’eau, sa transformation, la mise en marché et la vente. C’est assurément un beau métier qui se transmet souvent de père en fils, comme une tradition familiale. Ils ont grandi dans le milieu de la production d’eau d’érable et ont suivi l’évolution de la transformation de ces produits. Ils savent reconnaître le bon sirop de poteau (sirop synthétique). Ils ont le goût développé pour évaluer la pureté du sirop et reconnaissent le sirop d’érable sur les tablettes de nos marchés tout au long de l’année.

                                         

                                          

    Les acériculteurs qui produisent pour leur famille et pour leur plaisir recueillent l’eau des chaudières en raquettes ou en traîneau tiré par des chevaux. D’autres acériculteurs qui en ont fait un commerce utilisent un système de tubulure pour recueillir l’eau d’arbre en arbre.

                                        

       La première étape de transformation est de faire bouillir l’eau d’érable dans de gros chaudrons ou contenants dans une cabane aménagée à cet effet, dans les bois. C’est la cabane à sucre.

                                     

                                      

                                     

                                      

                                  

                                   

     Par la suite, l’eau devient sirop, le sirop devient de la tire, du sucre d’érable, des bonbons à l’érable, du beurre d’érable, etc. Sur cette vidéo, prise au Carnaval de Québec, vous pouvez voir comment se passe la tire : http://www.youtube.com/watch?v=s64opH4amDY Sur cette autre, vous avez plus de détails sur la façon dont le sirop est entouré sur le bâton : http://www.youtube.com/watch?v=GnZu1p2tokk . Les Européens apprécient beaucoup notre « tire » : http://www.youtube.com/watch?v=xrxBuwf_BxI . Cette dernière vidéo a été prise Place Dufferin à Québec durant le Carnaval.

            Il y a toute une production autour. Je vais vous donner quelques exemples. Le sirop d’érable est un jus coloré et très odorant. Il est utilisé pour les cuissons, l’aromatisation des préparations culinaires et pour accompagner les « pancakes« , c’est-à-dire des sortes de crêpes épaisses. La gelée d’érable est un sirop épaissi avec des gélifiants ou des pectines naturelles que l’on utilise à la place de la confiture ou du miel. La crème ou le beurre d’érable est un produit qui provient de l’évaporation naturelle de l’eau d’érable. C’est un pâte épaisse et d’un jaune soutenu. Malgré le nom de « beurre », il n’y a aucune matière grasse. Elle se consomme sur des toasts au petit déjeuner ou au souper. Le sucre d’érable n’est jamais raffiné et sa teinte varie du blond ambré au brun. Il se présente sous la forme de semoule, de cristaux ou encore en barre. Les produits de l’érable sont une des fiertés des Canadiens et leur cuisine sait la mettre en valeur. Regardez cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=hmY2vgzXx_U

   Au Québec, on a presque tous un parent ou un ami, ou l’ami d’un parent, ou l’ami d’un ami qui posséde une cabane à sucre. C’est l’endroit pour fraterniser, c’est un lieu de réjouissance. On y mange et, pour les plus grandes, on y danse et on fait la fête. A la cabane à sucre, on mange, on prend des kilos, on oublie tout l’exercice qu’il faudra pour éliminer ces calories si délicieuses . C’est si bon ! Ecoutez nos chansons très gaies à propos des cabanes : http://www.youtube.com/watch?v=Oa04leoKajM , http://www.youtube.com/watch?v=5d4RRfMtsvg

                                                         

                                                           

  Voici le menu offert à la cabane à sucre :   soupe aux pois, pain de ménage, fèves au lard,  crêtons, betteraves et concombres marinés, omelette, oeufs pochés cuits dans le sirop bouillant, jambon, grillades de lard (connues sous le nom de « oreilles de crisse »), pouding au chômeur, tarte au sucre d’érable, crêpes, café, thé, lait, bière, caribou (alcool populaire d’hiver)

 

 

   C’est bizarre comme nom « oreille de crisse », mais j’ai cherché la source de ce nom bizarre des grillardes au lard. Serait-ce un juron québécois ? J’ai trouvé deux réponses et voici ma préférée : ce sont des croustilles qui ont quelque peu la forme recourbée de l’oreille et qui craquent sous la dent, ou plutôt qui crissent sous la dent. Elles faisaient parties du guide alimentaire de nos pionniers ou coureurs des bois québécois. L’autre réponse, je vous la laisse chercher … Mais je vous donne la recette de ces « oreilles » :

Ingrédients : Il faut du lard salé avec la couenne et de l’eau.

    On coupe le lard salé en tranche d’environ 1,5 cm par 8 cm. On le fait blanchir dans l’eau pendant 5 minutes. On l’égoutte. On met les tranches dans une poële et on fait cuire au four à 180 ° C jusqu’à ce que les tranches soient croustillantes. Pendant la cuisson, on les retourne régulièrement pour qu’elles cuisent uniformément. Quand elles sont dorées, on les égoutte sur un papier absorbant . Et on les grignote.

     A la sucrerie, on peut se promener, faire un tour de traîneau tiré par des chevaux. Les enfants courent et jouent. A la fin du repas, c’est la dégustation de la tire sur la neige. Cela fait partie des traditions !  Quand le cuisinier arrive avec son sirop d’érable bouillant, on se regroupe autour d’une table en bois sur laquelle est étendue une neige propre. Le cuisinier y verse une traînée de sirop chaud, qui, au contact de cette neige, durcit et devient de la tire d’érable. Avec un bâtonnet, on pique ce délicieux bonbon qui se forme, et on l’enroule autour du bâtonnet. C’est un gros suçon couleur ambrée de tire glacée. Délicieux pour la langue, le goût, mais dangereux pour les dents, car c’est très sucré.

                                                           

                                                           

       Pour terminer j’aimerais vous montrer un sketche des « Têtes à claques » à propos des cabanes à sucre : http://www.youtube.com/watch?v=X557hikUcpk . Vous verrez, c’est très amusant ! Ces marionnettes ont été créees par Michel Beaudet. Vous avez une explication de ce phénomène comique canadien à http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%AAtes_%C3%A0_claques   et leur créateur présente ces marionnettes à http://www.dailymotion.com/video/x2bgem_tetes-a-claques-interview-du-create 

          Ce texte a été écrit à partir d’un texte, de photos, de références de vidéo envoyés par notre amie Jocelyne du Québec. Je la remercie pour son dévouement. Merci beaucoup à sa fille Ariane car la plupart des photos de ce billet ont été faites par « cette gentille photographe ».

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A Camerino, sur les bancs de l’école avec Maria-Letizia

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J’enseigne le Français Langue Etrangère à ITCG Antinori à Camerino (région des Marches). J’ai 18 heures de cours par semaine à assurer. Les professeurs de collège et de lycée doivent passer un concours après l’université ou fréquenter une grande école. Les professeurs qui veulent faire des remplacements temporaires doivent s’inscrire sur une liste auprès des rectorats. Cette demande doit être renouvelée tous les trois ans. Entre-temps, les jeunes remplaçants qui travaillent ont droit à avancer dans le classement établi par discipline. Ceux-ci sont des enseignants « précaires ». En Italie, il n’existe pas de professeur-documentaliste. Il y a une bibliothèque dans laquelle vont des professeurs, entre deux cours, et ils sont à la disposition d’élèves qui voudraient emprunter un livre.

Pour la maternelle et l’école élémentaire, le recrutement est le même mais le diplôme universitaire n’est pas encore obligatoire. Les maîtresses d’école ont 24 heures de cours par semaine.

L’école publique en Italie est obligatoire et gratuite de 6 à 16 ans. Les collèges et les lycées font payer des sommes d’argent pour des frais de papeterie et l’assurance pour les cours de sport. A partir de la deuxième année de lycée on paie à l’État les frais de scolarité et on paye un impôt pour passer le baccalauréat et pour recevoir ce diplôme. Naturellement l’enseignement privé et payé. Même dans un établissement public, l’enseignement de la religion catholique est présent à tous les niveaux, sur demande, grâce aux accords signés par l’État italien et le Saint Siège le 11 février 1929 et renouvelés en 1989.

Les élèves débutent l’école à 3 ans avec la « scuola dell’infanzia« . Ils y restent jusqu’à 6 ans. Puis, de 6 à 11 ans, ils sont à la « scuola elementare » et les niveaux scolaires portent les noms suivants : « classe prima » (6 ans), « classe seconda », « terza », « quarta », « quinta ». Après la « quinta », l’élève est admis à la « scuola media » ‘collège). De 11 à 14 ans, ils fréquentent successivement : « classe prima », « seconda », « terza ». A la fin de la « terza media », les élèves ont un examen pour être admis à la « scuola superiore« . A ce niveau, il y a des spécialisations :

– scientifique (plus de maths, sciences, chimie, physique)

– classique (latin et grec)

– linguistique (langues vivantes)

– pédagogie (psychologie et pédagogie)

– « Istituti tecnici » (lycées qui fournissent des disciplines plus proches du monde du travail : agriculture, hôtellerie, commerce, expert chimique, géomètre). Tous ont une durée de 5 ans.

Après le liceo (lycée), on va généralement à l’université. Après le « diploma » (Baccalauréat Institut Technique), on peut chercher un emploi mais aussi fréquenter l’université. A tous les niveaux scolaires, les élèves sont notés de 0 à 10 et la moyenne est 6. Les élèves de maternelle passent 40 heures par semaine à l’école, ceux de l’école primaire 28 et ceux du collège et du lycée environ 36 heures.

Des travaux pluridisciplinaires ne sont pas prévus dans les référentiels scolaires. Pourtant, cela est possible et de le proposer dans le planning du conseil de classe. On commence peu à peu de donner des cours de sciences en anglais, ou des cours de droit et d’économie en français ou en allemand. Ce n’est pas très courant au niveau de l’école mais, mon mari, qui enseigne à l’université, assure très souvent ses cours en anglais. Il y a environ 202 jours de classe par an.

Nos congés se décomposent comme ceci :

-1er et 2 novembre

– 8 décembre (Vierge immaculée)

– Noël (15 jours)

-Pâques (15 jours)

– 25 avril ( fête de la Libération)

– 1er mai

– 2 juin (fête de la république)

Il n’y a généralement pas de jours de congé pour Carnaval ou pour Pentecôte

Pour plus de renseignements sur le système scolaire italien, vous pouvez consulter :

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_%C3%A9ducatif_italien

http://www.onisep.fr/onisep-portail/portal/media-type/html/group/gp/page/interieur.espace.listeDocs/js_peid/InitInterieurEspaceListeDocs/js_peid/ListeDocs

http://www.lp.bourdelle.free.fr/corresp/fuscaldo/syst.htm


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