Que d’événements aujourd’hui !

Animations culturelles, Ecologie, Economie, Gastronomie, Grands événements au lycée, musique, Pays, Pédagogie, Société 6 commentaires

      Regardez d’abord votre calendrier et constatez que nous sommes le 21 juin. Eh oui, nous changeons de saison ! Nous rentrons dans l’été et en général chacun s’en réjouït puisque cela veut dire que les « grandes vacances approchent » ! A nous le soleil, la plage, les loisirs ! Enfin, façon de parler, parce que la crise économique et sociale limite bien la réalisation de nos désirs !

    Est-ce bien tout au niveau du calendrier ? Eh bien non parce que nous sommes le troisième dimanche de juin et donc c’est aussi la fête des pères ! Si vous consultez http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_des_P%C3%A8res , vous constatez d’une part que cette date n’a pas de caractère universel mais que, d’autre part, c’est tout de même le troisième dimanche de juin qui rassemble le plus de pays! Nos amis argentins, canadiens et japonais vont honorer les Papa en même temps que nous.

     Je ne sais si vous avez des idées de cadeaux pour votre Papa mais un enfant japonais ne devrait pas avoir de difficulté puisque dans son pays l’emballage des paquets est une tradition ! Au Japon, cette activité est considérée comme un art et en tout cas tout vendeur débutant doit commencer par apprendre à emballer les paquets. C’est une question d’esthétique avec la régularité des angles du paquet et la netteté du ruban disposé bien à plat . Tout peut s’emballer et, lorsqu’il s’agit de nourriture, la subtilité est que « l’enveloppe » est elle-même mangeable ! Ainsi les bonbons sont souvent enveloppés dans une feuille translucide « d’agar » qui est elle-même comestible . Il s’agit d’un produit gélatineux obtenu à partir de poudre.

                                        

   Les Japonais utilisent des téguments de jeunes bambous pour envelopper les « sushi » de maquereau salé. Tout produit doit être ainsi « couvert » de telle sorte que l’emballage le rende plus joli et un peu mystérieux bien que la forme du « cadeau » permette tout de suite de savoir de quoi il s’agisse.  Il est en effet très facile de déterminer le contenu d’un paquet-cadeau car à chaque objet correspond un type d’emballage spécifique. Les cadeaux ne sont jamais véritablement des surprises mais le contenant a auant sinon plus d’importance que le contenu. On peut définir cela par du raffinement . Les différentes techniques de pliages sont expliquées à http://raffa.grandmenage.info/post/2006/11/17/Eco-emballer_les_cadeaux#tissu.  L’art d’emballer s’appelle le « furoshiki » . On estime que la tradition vient du fait que pour aller au bain public les Japonais utilisaient une sorte de baluchon fait à partir d’une serviette éponge dans laquelle ils rassemblaient tout ce qui serait nécessaire à leur toilette. A partir de là, tout emballage a porté ce nom. Mais le « furoshiki » n’a pas seulement d’importance dans les relations amicales, je veux dire dans le cadre de cadeaux offerts à l’occasion, par exemple, d’un anniversaire, il a des implications dans le domaine de la vente puisque chaque magasin peut ainsi utiliser cette technique pour se définir. Cela relève donc du domaine publicitaire.

    Mais, si vous êtes un enfant japonais, vous pourrez aussi combler votre père en lui offrant une composition florale . L‘ilebana est l’art de la composition florale et c’est dans cette technique que le raffinement japonais se note le plus. Très prisés à la cour durant l’époque Heian (VIIIe – XIIe siècle) les concours de composition florale se sont ensuite considérablement développés. C’est au cours d’un voyage en Chine que le moine japonais Ono No Imoko a été très impressionné par les arrangements floraux « rikka » (vertical) des temples bouddhistes. De retour dans son pays, il a introduit les bouquets dans les cérémonies religieuses. Toute réalisation florale doit respecter un principe de base fondamental que l’on nomme « ten-chi-jin » et que l’on peut résumer par la trinité « ciel-terre-homme ». Dans toute composition florale, le ciel est représenté par la branche supérieure, l’homme par les branches du côté droit et la terre par les branches les plus basses et celles du côté gauche.

                                        

                                         

                          La réalisation d’un bouquet réside dans l’observation attentive de la qualité de la fleur, sa forme générale, sa tige et son feuillage. Il faut absolument éviter d’associer dans un bouquet le même genre de fleurs et il faut, au contraire, rechercher les contrastes. Ainsi, voici quelques conseils de base :

-Association de fleurs légères avec des fleurs lourdes (gypsophile et dahlia, alstroémère et rose de Noël)

                                                         

                                                      

                                                        

                                                      

-Association de fleurs en épi avec des fleurs en boule (delphinium et pivoine, ixia et coréopsis, muscari et primevères)

                                                    

                                               

                                               

                                                

                                                

                                                  

-Association de fleurs mousseuses, en ombrelles, vaporeuses, avec des fleurs aux contours précis (lilas et lis, nérine et oeillet, iris et tulipe)

                                                    

                                                    

                                                

                                                     

                                            

                                                          

-Association de fleurs composées  avec de fleurs à corolle lisse (gerbera et rose)

                                         

                                        

-Association de fleurs « nettes » avec des branches mouvementées (camélia et corylus « contorta », arum et saule)

                                          

                                        

                                        

                                          

-Association de fleurs fragiles avec du feuillage à texture souple fine (pois de senteur et capillaire, orchidée et fougère)

                                              

                                              

                                                

                                                

-Association d’un feuillage brillant avec du feuillage mat (magnolia grandiflora et acer palmatum)

                                              

                                              

-Association de feuillage vert bleuté avec du feullage rouge (hosta et prunus)

                                         

                                           

-Association d’un feuillage vert clair avec un feuillage vert foncé (Cornus alba et laurier-cerise)

                                        

-Association d’un feuillage vert-jaune avec du feuillage vert bleuté (bambou et cèdre)

                                   

                                     

              Il s’agit d’une première initiation à l’art floral japonais. Ceci m’a paru d’autant plus important d’aborder ce sujet que les élèves de notre lycée sont sensibilisés à la présentation d’une table de restauration sur laquelle des fleurs sont souvent posées.

           Enfin, si vous regardez à nouveau la date du calendrier, vous verrez que ce premier jour d’été correspond à la fête de la musique dont voici le programme en France et à l’étranger : http://fetedelamusique.culture.fr/ Il faut tout de même rappeler que cette idée est née en France et qu’il s’agit de la vingt-huitième édition. L’inspirateur en est l’ancien ministre de la Culture Jack Lang , sous la présidence de François Mitterrand.

       

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A vous dirais-je Maman ce qui cause mon tourment …

Animaux, Gastronomie, Littérature, Société 7 commentaires

          Ce dimanche, en France, est bien entendu marqué sur le plan politique par les élections au Parlement Européen et probablement que chacun se demande comment concilier, dans l’expression de son vote, son amour pour la mère patrie (son pays natal) et son désir de s’ouvrir sur une structure plus large. Mais aujourd’hui est aussi un jour particulier au sein de chaque famille puisqu’il s’agit de la Fête des Mères. Normalement, c’est le dernier dimanche de mai mais quand cette journée correspond à Pentecôte, la fête est décallée d’une semaine et donc le premier dimanche de juin. Cette année c’était le cas.

          Pour vous mettre dans l’ambiance des moments de tendresse entre mères et enfants, je vous propose deux textes que je trouve particulièrement émouvants. Le premier est un extrait du Livre de ma mère d’Albert Cohen (1895-1981) :

    « Je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques ».

        Le second est un poème de Pierre Coran (né en 1934) :

   Une maman

Une maman est un sourire,

Une main-fleur sur un berceau,

Une eau claire où l’enfant se mire,

Une étoile au bec d’un moineau.

 

Une maman est une larme,

Un point fermé sur un caillou

Quand son coeur trahit le vacarme

D’une meute humaine de loups.

 

Que sa peau soit nuit ou lumière,

Qu’elle croie ou non aux oracles,

Qu’elle soit soleil ou poussière,

Une maman est un miracle

     Le titre de mon billet fait lui-même référence à une célèbre comptine française  : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ah!_vous_dirai-je,_Maman

         Le mot  » Maman » est le terme dont les enfants se servent pour s’adresser à leur mère ou bien pour la désigner.  « Mère poule »  désigne la Maman qui « couve » littéralement ses petits tellement elle prend soin d’eux. A noter que la seconde femme du père ou bien une mère indigne sont appelés marâtre. Il en est d’ailleurs beaucoup question dans les contes. Souvenez-vous que Blanche-Neige est détestée de sa « belle-mère » (car ce mot, en français, ne désigne pas seulement la relation de la bru ou du gendre à la mère de son partenaire)et qu’il en est de même pour Cendrillon. « Mère » a donné « materner » c’est-à-dire « coucouner »  (à mettre en relation avec l’oiseau appelé « coucou ») ou « bichonner » (à mettre en relation avec la race de chien appelée « bichon »), autrement dit c’est choyer son « petit ».  L’adjectif « maternel(le) » en découle. Pour l’anecdote sachez que « l’école maternelle » s’est initialement appelée « l’hospice« ! Eh oui, maintenant ce mot a un sens assez péjoratif car on imagine une sorte de mouroir pour personnes âgées mais il ne faut pas oublier que c’est un dérivé de « hospitalité » !  

         « Matrice » est un mot vieilli pour désigner l’utérus. « Matriarcat » est un système social, politique et juridique dans lequel les femmes sont au pouvoir. « Matrilocal » renvoie au mode de résidence d’un couple dans lequel l’époux doit venir habiter dans la famille de sa femme. On appelle « matronymat » le fait que ce soit la mère qui transmette son nom de famille dans le cadre d’une descendance. Enfin, il y a « matrone » qui, dans l’antiquité romaine, s’appliquait à une femme mariée  mais qui maintenant désigne de façon péjorative soit une femme d’âge mûr et d’allure imposante soit une femme corpulente aux allures vulgaires.

      Le mot « mère » peut aussi s’entendre dans d’autres sens que celui de la relation familiale. On l’emploie pour désigner la supérieure d’un couvent ou bien dans l’expression « notre première mère » pour parler d’Eve, la femme d’Adam. On parle aussi de « Reine mère »  pour parler de la reine douairière c’est-à-dire la plus âgée. A l’époque actuelle, cela fait surtout référence à Elisabeth II, mais, avant sa mort en 2002, il s’agissait plutôt de sa propre mère : Elizabeth Angela Marguerite Bowes-Lyon. Paradoxalement le mot « mère » peut aussi être utilisé pour nommer une femme du peuple. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’expression « La mère Michel » dans la comptine enfantine que vous pouvez entendre à cette adresse : http://people.southwestern.edu/~prevots/songs/?p=28

      En ces jours anniversaires du débarquement des Américains en Normandie en juin 1944, il est nécessaire de parler de la « Mère Poulard » de son vrai nom Anne Boutiaut, la fameuse cuisinière qui a inventé la recette de « l’omelette de la mère Poulard ». Regardez le site : http://www.mere-poulard.fr/   et vous aurez la recette ici : http://www.marmiton.org/recettes/recette.cfm?num_recette=16074

    Comment oublier la Mère Denis, cette femme d’un certain âge qui faisait la publicité des machines à laver de la marque « Vedette » dans les années 1980, en France : http://www.youtube.com/watch?v=DbntcjUpQ-o&hl=fr . Vous pouvez lire la biographie de cette femme à http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A8re_Denis

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Je m’empresse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer

Humour, Littérature 8 commentaires

    Vous connaissez sans doute tous cette citation de Figaro dans Le barbier de Séville de Beaumarchais. C’est cette même boutade qui est reprise dans Le pied de mon père de Zoé Valdés que je viens de finir de lire. Alma Desamparada (dont le nom pourrait se traduire par « Ame désemparée!) participe au concours sur le plus grand mensonge du monde. Voici l’extrait (édition Gallimard, page 26) :

   « Quand le jury demanda au Français de dire le plus grand mensonge du monde, celui-ci toisa l’assistance d’un air supérieur en se pourléchant les babines, il se frotta les mains comme s’il pensait « c’est dans la poche! » et postillonna au micro:

– Dans mon pays, il n’y a ni chômage ni racisme. En outre, nous sommes très hospitaliers envers les étrangers.

    Une vague d’applaudissements inonda la salle. Les membres du jury dodelinaient de la tête avec satisfaction. Pas mal du tout, drôlement bien même. »

   L’Américain poursuivit en parlant de « Watergate » comme d’un déodorant et il vanta son amour pour les Viêtnamiens. Le Russe surenchérit en insistant sur la grande sobriété des dirigeants de l’Union Soviétique. Alma Desemparada, la Cubaine, gagna malgré tout le concours en se contentant de dire, dans un murmure, les lèvres collées au micro :

   – » Je pense que … »

    Heureusement qu’il y a l’humour pour dédramatiser les situations politiques !

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