Noël au balcon : en Afrique du Sud avec Daleen

Gastronomie, Langues, Pays, Pédagogie, Santé, Société 11 commentaires

Les décorations de Noël :

    On voit déjà les décorations de Noël dans les magasins dès la deuxième moitié de novembre. Surtout dans les centres commerciaux il y a des guirlandes de papier et des guirlandes électriques, mais on orne la maison qu’au début de décembre, ou un peu plus tard. Dans certaines des rues, il y a également des guirlandes électriques, illuminées tous les soirs de décembre. Et dans les centres commerciaux on n’entend que de la musique de Noël, bien sûr pour améliorer les ventes !

     Dans les maisons, traditionnellement on a un sapin orné des guirlandes électriques et des boules luisantes, ou parfois orné de petits cadeaux, ou de petits gâteaux. Cela te semble très pas très original , n’est-ce pas ? Oui, c’est parce que l’on partage une histoire européenne. Mais il y a aussi (souvent !) une tournure (« twist ») africaine. On sélectionne un arbre indigène et on l’orne d’ articles africains, même dans le jardin, car il fera chaud ce temps-là. Maintenant c’est à la mode de prendre comme sapin une structure fabriquée en fil de fer et de l’orner de guirlandes électriques.

                                                     

     Il y a souvent une crèche dans un coin des centres commerciaux, ou un « Père Noël » (en costume traditionnel) qui se promène partout dans les allées du magasin pour « écouter les vœux des petits ». Nous n’avons pas de St. Nicolas ou de calendrier de l’avent. Pourtant, la communauté allemande et les gens de l’église luthérienne conservent le calendrier de l’avent. Pour avoir une idée de nos décorations, je joins la photo d’une guirlande accrochée à la porte d’entrée. Elle est fabriquée  avec du foin, des rubans en coton et de petites fleurs sauvages.

 L’organisation sociale

         Chez nous le Noël se passe en été et oui, les écoles, les universités et beaucoup d’ entreprises ont leurs vacances annuelles à cette époque de l’année.  Ainsi la reprise scolaire se fera-t-elle fin janvier, début février. Ce sont « nos grandes vacances d’été » et une nouvelle année scolaire débutera au retour, avec de nouveaux élèves. Souvent les entreprises  ferment le 24 décembre et n’ouvrent que le 3 ou 4 janvier ou plus tard. Les centres commerciaux ne sont pas fréquentés. Donc, beaucoup de personnes partent pour le bord de la mer. Les uns qui ont de la chance d’être propriétaire d’une maison secondaire passent souvent leur fête la bas. Mais en tout cas, c’est une fête familiale. On voyage pour assister à ces grandes fêtes. Moi, je vais aller  rendre visite à ma mère qui vit dans une maison de retraite et nous allons y déjeuner ensemble.

 

 L’importance de la religion

      Pour l’église catholique la messe est importante. Je suis protestante, donc nous n’avons pas de messe de Noël. A l’église protestante il y a bien un office tôt le matin. Mais je ne sais pas pour les juifs, les autres communautés et les religions africaines. Chez nous « Douce nuit » est nommée « Silent night » ou en afrikaans : « Stille nag ». Il y a beaucoup de chants bien connus, mais presque tous sont hérités de la tradition européenne. Je me souviens, quand je travaillais à FARMOVS,  une entreprise pharmaceutique, nous avons eu une soirée de chants aux alentours de Noël et tout le monde a chanté « Silent night » dans son propre langue. On ne pouvait pas arriver à comprendre les mots, mais la mélodie était la même. Nous avons surtout les mélodies des chants qui viennent de l’Europe, mais les paroles  diffèrent d’une langue à une autre. Il y a aussi des chants de Noël qui sont nés ici, par exemple, « Somer Kersfees » (« Noël d’été », librement traduit). La tradition anglaise de la musique de Noël est encore forte dans ce pays, parce que nous étions une colonie anglaise auparavant. Pour dire « Joyeux Noël » en afrikaans, on dit : « Geseënde Kersfees ». Cette expression contient aussi un peu la tradition chrétienne parce que « Geseënde » veut dire : « béni » Nous n’avons pas de chants d’enfants qui parlent de Noël.

 

 Le menu typique

      Bien qu’il fasse très chaud, il y a encore des gens qui mangent un traditionnel repas chaud : du jambon, de la dinde. Ces dernier temps, il est de plus en plus courant  de préfèrer un repas froid : des viandes froides et des salades et pour le dessert de la glace. Et si on fête le Noël au bord de la mer, le repas est souvent moins cérémonieux. Mais en tout cas, les repas (et les réunions) sont organisés méticuleusement ! Souvent toute la famille se réunit autour de la table pour un grand repas traditionnel, ou parfois autour le feu d’un barbecue. La fête au dehors, en plein air est souvent privilégiée. Il y a aussi très peu de restaurants ouverts le Noël pour servir un repas assez traditionnel.

Nous n’avons pas 13 desserts et quel dommage ! Normalement nous avons du « trifle » comme dessert (Vous pouvez vous documenter sur ce gâteau venu d’Angleterre à  http://fr.wikipedia.org/wiki/Trifle ) .Cela contient du gâteau, de la gelée, de la chantilly etc. – encore  un témoignage de notre héritage anglais. Quand j’étais encore mariée, j’ai travaillé tout le 24 décembre pour préparer une vraie fête de Noël, c’est-à-dire un repas chaud. Mais maintenant je suis seule et je vais déjeuner chez ma mère. Nous ne sommes que les deux. Pourtant je vous souhaite à tous un « joyeux Noël » et après le repas de Noël une bonne sieste !

Merci beaucoup à Daleen pour l’envoi de cet article accompagné des photos. Il y a maintenant quasiment un an que notre amie d’Afrique du Sud collabore à la rédaction des blogs scolaires du lycée. Mon voeu pour 2009 sera donc la poursuite de cette étroite alliance dans la découverte de nos pays recpectifs.

Tags : , , , , , , , , ,

L’île aux mille reflets

Animaux, Ecologie, Langues, Pédagogie, Société 20 commentaires

      Je m’appelle Florence. Je suis une enseignante FLE de Madagascar. J’ai lu l’article sur  » le Safari du Kenya « , d’où mon envie de vous parler de mon île .
     Dénommée aussi La Grande Ile ou encore l’Ile Rouge à cause de sa terre de latérite rouge,  elle se situe dans l’Océan Indien, à l’Est de l’Afrique, dont elle est séparée par le Canal de Mozambique. Sa capitale est Antananarivo ou La Ville des Mille. Certains la qualifient de Sanctuaire de la Nature ! Juste vision si l’on s’en réfère à l’ originalité et à la diversité de ses sites, de sa faune et de sa flore, de son climat, mais aussi de sa population .

        L’île ne conserve plus qu’une partie de sa forêt primaire , mais elle est classée parmi les plus riches sur le plan biodiversité avec ses nombreuses espèces d’animaux et de plantes, uniques au monde, car à 80% endémiques. Cette biodiversité, dûe à son isolement,  fait que la Grande Ile abrite 100% des lémuriens de la planète et la moitié des caméléons. La  flore malgache est d’une richesse extraordinaire avec 12 000 espèces  de plantes dont 70 à 80% endémiques.

 

                  

 

                  

 

                             

                    

                 

        Mais pourquoi à Madagascar, les habitants incendient-ils les forêts ?  Ce fait est dramatique comme la réponse. Parce que cette pratique est typique aux pays les plus pauvres de la Terre! Les paysans, ne disposant que d’un petit lopin de terre pour nourrir leur famille, brûlent la forêt et cultivent  le riz sur l’espace ainsi  obtenue car le riz est l’aliment de base du Malgache

  Il y a aussi la coupe des arbres, dont le bois sert à la construction des meubles mais aussi comme matériaux de construction. Les Malgaches coupent également le bois pour la production du charbon de bois, obtenu en brûlant le bois selon un procédé spécial . Pour ce combustible dont l’usage est courant dans 85% des ménages malgaches, les charbonniers s’attaquent surtout aux forêts d’eucalyptus et de mimosas! C’est une conception erronée car la déforestation est source de disette, de misère et provoque le déséquilibre climatique .

 

            

      

          

      On invoque la grande augmentation de la population comme  une des causes principales de ce déboisement. En effet, la population de Madagascar se monte actuellement à 20 042 551 habitants, alors qu’elle était à 16 000 000 habitants en 2004. Le  taux de natalité étant de 38,35% mais l’espérance de vie est de 62 ans.Voila quelques chiffres qui  permettent d’expliquer la pauvreté du pays.

 

          Mais ces statistiques varient aussi selon les ethnies. Madagasar est un mosaïque composée de 18 ethnies ayant chacune son dialecte, ses us et coutumes, ses folklores, ses origines, ses moeurs, sa religion. Voici leurs noms

 -les Antaifasy dans la province de Fianarantsoa

 -les Antehimoro plus au sud

-les Antesaka,  ceux qui viennent des Sakalava

-les Antekarana, région d’ Antisaranan, au nord de l’île

-les Antambahoahka,  du côté de Mananjary

-les Antandroy, la région sud , la plus sèche et la plus pauvre  Antakarana  à l’extrême nord,  d’Ambilobe au cap d’Ambre

-les Antanosy, dans la région de la ville de Tolagnaro ( Fort-Dauphin )

-les Bara, au-delà de la porte du sud, dans les régions désertiques

 – les Betsileo,  allant d’Ambositra au delà de Fianarantsoa (avec une sous-ethnie appelée « zafimaniry » (enfants de ceux qui désirent)

-les Betsimisaraka, de Moramanga à Tamatave et ses environs

-les Bezanozano ( aux petites tresses )

-les Mahafaly vers le sud épineux et désertique

-les Merina, sur le Haut-Plateau central

-les Sakalava dans la règion de l’Ouest

-les Sihanaka,  de la région du lac Alaotra

-les Tanala, ceux de la forêt

-les Tsimihety, les non coupés

-les Vezo, les professionnels de la pêche

         Toutefois, la langue malgache reste la langue officielle et  les traditions des différentes ethnies sont toutes basées sur le culte des ancêtres et des morts. Les historiens affirment  que le peuplement de l’Ile est une véritable énigme, car le mystère persiste quant à l’origine de ce peuplement.

     La  population devrait pouvoir assurer  elle-même la protection de la nature de son pays mais elle est accaparée par la précarité de ses conditions de vie et par les difficultés de sa survie, aussi doit -elle recourir à des organismes locaux et étrangers  pour assurer cette protection . Ainsi travaillent en collaboration  la CBSG (Conservation Beeding Specialist Group ) et l’ANGAP , l’autorité malgache pour les parcs. Le but de ces organismes est de proposer et de faire appliquer des mesures de protection .

      Pour que Madagascar puisse s’orienter vers un développement raide et concret, la population jeune  malgache s’implique en offrant une main d’oeuvre à bas prix mais reconnue pour sa forte capacité d’apprentissage et d’assimilation. Les jeunes Malgaches sont aussi avides de se former sur place ou à l’étranger et s’escriment à obtenir  les diplômes pour former la majorité du personnel de cadre des entreprises .

                                               

      Malgré tous les obstacles et difficultés rencontrés, Madagascar continue toujours son avancée  sous son soleil radieux, dans la joie et l’espoir et avec une belle promesse d’accueil chaleureux à ses éventuels visiteurs .

 

      Je remercie Florence de l’envoi de ce témoignage fort intéressant. Tous les crédits photographiques lui sont dus sauf en ce qui concerne les deux derniers dont je suis l’auteur. Je voudrais aussi remercier Esther, une autre amie malgache et qui est aussi enseignante FLE à Madagascar, pour m’avoir offert, parmi sa multitude de cadeaux donnés en gage d’amitié, ce très beau lamba qui décore ma salle à manger et me fait chaque jour penser à elle et à son pays.

    Je voudrais dire aussi que ce billet a été rédigé parce que le lycée Jean Monnet accueille souvent des élèves malgaches qui viennent suivre une formation dans le domaine de la restauration et repartent diplômés.

Tags : , , , , , , , , , ,