Ce n’est pas le moment de se défiler !

Animations culturelles, Economie, Littérature, musique, Pays, Pédagogie, Peinture, Personnages, Société 9 commentaires

                              Premier Mai

 

Tu viens, camarade

Au grand défilé ?

Aujourd’hui, c’est fête

Pour les travailleurs.

 

J’aurai mon béret

Et toi ta casquette

Les filles seront

En corsage clair

 

Avec des drapeaux

Et des banderoles

Nous remonterons

Les grands boulevards.

 

Les vieux chanteront

Le temps des cerises

Et nous aurons tous

A la boutonnière

Un brin de muguet.

                                          Raoul Bécousse (1920-2001)

      Ce texte poétique m’amène à vous rappeler l’historique de la « Fête des travailleurs« . C’est le 1er mai 1886 qu’il a  eu d’importantes manifestations aux Etats-Unis, à Chicago en particulier, pour demander la réduction journalière du temps de travail à 8 heures. Le puissant American Federation of Labour (AFL)est le puissant syndicat qui mène la lutte. La revendication doit se faire ce jour là parce qu’aux Etats-Unis le 1er mai est le début de l’année comptable pour les entreprises et il faut donc indiquer « les nouvelles règles » pour la suite économique. Des grèves considérables eurent lieu partout et cinq dirigeants ouvriers furent arrêtés puis pendus  : August Spies, Albert R. Parson, Adolf Fisher, George EngelLouis Lingg. Ils ont été surnommés « Les martyrs de Chicago ». Vous retrouverez ce rappel historique à http://www.linternaute.com/histoire/magazine/dossier/06/jours-feries/1er-mai/1-mai.shtml

   En 1889, la IIeme Internationaliste Socialiste se réunit à Paris pour le centenaire de la Révolution Française. Il est décidé de faire de chaque premier mai une journée de mobilisation internationale en souvenir « des martyrs de Chicago ». La revendication des 8 heures de travail pour jour est maintenue et il est décidé que lors de cette manifestation les participants porteront un triangle rouge symbolisant : 8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de repos.

   L’idée fait son chemin. Ainsi, en France, Paul Lafargue encourage les ouvriers à des manifestations et à des grèves. Il fonde le Parti Ouvrier Français et épouse Laura Marx, l’une des filles du célèbre philosophe Karl Marx

                                                         

                                                                         

                                                                            

Le 1er mai 1891, en France, à Fourmies, ville textile du Nord, au cours d’une manifestation pour réclamer à nouveau la journée de travail de 8 heures, la police, équipée des flambants neufs fusils Lebel, tire dans la foule et deux jeunes filles qui distribuaient desfleurs des champs et portaient à la boutonnière une églantine meurent. Ces jeunes filles deviennent des symboles et à partir de 1900 on commence à surnommer les socialistes « les églantinards« .

                                                  

         Les années suivantes les manifestations se poursuivent chaque premier mai et les participants portent une églantine à la boutonnière. Mais, en 1906, à Paris, le 1er mai tourne à la tragédie avec 800 arrestations et de nombreux blessés. C’est en 1907 que, lors d’un défilé à Chaville, en région parisienne, le brin de muguet remplace l’églantine.   

  http://www.youtube.com/watch?v=tsOHY2ViCw4&hl=fr  permet d’entendre Le temps des cerises avec une interprétation très réaliste faite par Georgette Lemaire. Il y avait d’autres vidéos possibles mais j’ai choisi celle-ci pour cette raison et aussi pour les images qui y sont présentées.

       http://www.youtube.com/watch?v=EpgrO-tieGM&hl=fr permet d’écouter L’Internationale et c’est particulièrement intéressant parce que cette vidéo associe ce chant à des tableaux de Pissaro, Caillebotte, Daumier, etc. On se rend alors très compte des dures conditions de travail de l’époque et donc du grand espoir que font naître les paroles de cet hymne révolutionnaire.

    

 

                                                                              

    Il faut attendre le 25 avril 1925 pour qu’une loi permette la réduction du temps de travail à 8 heures par jour. En 1936, l’année d’arrivée au pouvoir du Front Populaire, pendant les manifestations, on vend des bouquets de muguet cravatés de rouge.  Le 12 avril 1941, le 1er mai est défini comme « la fête du travail et de la concorde sociale » : il s’agit d’un jour chômé n’entraînant pas de perte de salaire mais 50 % de la somme est versée au secours national. Enfin, le 29 avril 1947, le 1er mai est déclaré jour chômé et payé et est assimilé à un jour férié. Ce site remarquable, http://www2.ac-lille.fr/patrimoine-caac/Fourmies/1ermai/page2.htm , retrace avec encore plus de détails l’historique de cette date.

   Le côté paradoxal est qu’alors que l’origine des manifestations du 1er mai soit américaine, aux Etats-Unis, le « 1er mai » n’est pas fêté le 1er mai ! Ce jour férié est en fait accordé le premier lundi de septembre de chaque année, ce qui en fait une date mobile ! L’argument avancé est que ce « week-end » là sera plus long en temps de repos ! Effectivement, en France, le 1er mai étant fêté le 1er mai, suivant le calendrier, cette date peut être un dimanche, c’est-à-dire déjà un jour théoriquement de repos ! Mais le raisonnement américain est tout de même original parce que c’est comme si on fêtait le 14 juillet à une autre date !

  Des manifestations se perpétuent réellement le 1er mai à travers le monde mais je vais juste vous parler un peu de celle de Rome sur la Piazza del Popolo où l’on peut trouver un million de personnes rassemblées. On y chante généralement « Bella Ciao » qui est le chant des partisans italiens. Je vous invite à l’écouter : http://www.dailymotion.com/video/x1cikr_bella-ciao-version-des-partisans_events Puisqu’il va y avoir de nombreux défilés à travers le monde, ce n’est donc pas le moment de « se défiler », cette expression signifiant « fuir devant d’éventuelles responsabilités »

    Pour conclure, je vous invite à lire ce beau poème de Maurice Carême (1899-1978)

n

Cloches naïves du muguet, 

 

 

Carillonnez ! car voici Mai !

 

Sous une averse de lumière,

Les arbres chantent au verger,

Et les graines du potager

Sortent en riant de la terre.

 

Carillonnez ! car voici Mai !

Cloches naïves du muguet !

 

Les yeux brillants, l’âme légère,

Les fillettes s’en vont au bois

Rejoindre les fées qui, déjà,

Dansent en rond sur la bruyère.

 

Carillonnez ! car voici Mai !

Cloches naïves du muguet.

 

 

 

 

Tags : , , , , , , , , , , , , , , , ,

N’en ayez-pas le sifflet coupé et ne gobez pas tout !

Animations culturelles, Collection, Gastronomie, Métier, musique, Pays, Pédagogie, Société 5 commentaires

     Le matin du lundi de Pâques, même s’il fait froid, en marchant dans les rues du vieux Luxembourg, près du Palais Grand Ducal, vous pourrez entendre des chants de rossignols et de coucous. La Pétrusse passe à Luxembourg et porte loin ces sons. Vous serez également très intrigués car les rues sont interdites à la circulation.

                                

                                                   

                                                     

          Ce jour là, c’est Émaishen, diminutif d’Emmaüs. En effet, « Emmaüs »est le nom du bourg de Palestine, près de Jérusalem où, d’après l’Evangile de Jean, Jésus apparut à deux disciples après sa résurrection le lundi de Pâques.  » Émaishen’, au Luxembourg, a un sens supplémentaire puisqu’il est synonyme de « marché des Peckvillercher ». Autrement dit , c’est la fête des sifflets de terre cuite !

                                          

                                         

  Dès potron-minet, des fabricants et vendeurs de sifflets de céramique viennent de toute l’Europe,  installent leurs étalages pour vendre les « Peckvillercher » aux enfants. Parfois on peut même y voir la famille ducale en fin de matinée ! Pour en savoir un peu plus sur l’organisation politique du Luxembourg, vous pouvez consulter : http://www.monarchie.lu/fr/index.html

       On pense que cette tradition vient de  rites anciens où le son des sifflets célébrait le retour du printemps. Le chant du coucou rappelle ce symbole. Autrefois, Le lundi de Pâques correspondait à la célébration d’une la fête  organisée par des potiers à l’église Saint Michel  mais, peu à peu, cela devient un marché de bric à brac où les ventes se font dans le bruit et les rires d’enfants.

 

                           

 

                                                                        

     Ce marché d’Emmaüs existe au moins depuis 1827 puisque l »inspecteur de police Jhemp Müllendorf en parle  dans une lettre  adressée au conseil municipal. En fait, ces sifflets font l’objet de collections et vous pouvez voir quelques modèles de France à : http://www.sifflets-en-terre-cuite.org/Html/France/SartheMalicGres.html

 

                                         

                                         

                                         

  

     La forme d’un de ces oiseaux est devenue le symbole du peckvillchen . Ils sont  fabriqués avec de la terre à pipe à Andenne en Belgique et portent souvent le tampon « Made in Luxembourg « Depuis 1957, cette fête est aussi célébrée à Nospelt. Tous les sifflets qui y sont vendus portent le tampon Nospelt et l’année de fabrication.

 

                                    

 

                                 

 

 

 

                                

                                 

                                

                 Cet article a été rédigé à partir d’un texte et de photos envoyés par Marie-Annick, l’enseignante qui vit au Luxembourg. Je la remercie vivement pour sa contribution à l’enrichissement de ce blog de CDI. A noter que le titre de cet article repose sur un jeu de mots puisque « Couper le sifflet à quelqu’un » signifie le mettre hors d’état de répondre.

 

                 Par ailleurs, je remercie Urzula de Pologne et Maria-Letizia d’Italie pour l’envoi de très jolies cartes postales de Pâques, assez caractéristiques de leur pays. Je vous les montre.

 

                                

  La forme particulière de la carte postale envoyée par Urzula m’amène à vous rappeler certaines expressions comprenant le mot « oeufs » :
     –oeuf au plat (appelé « oeuf miroir » au Québec) : oeuf cuit sans le brouiller dans une poële . Vous pouvez regarder cette vidéo pour avoir une idée de préparation : http://loftv.com/index.php3?affich=detail&idemission=1018080
     – oeufs au lait : dessert dont on peut voir la recette en vidéo sur http://www.dailymotion.com/video/x6ikuw_recette-1-les-oeufs-au-lait-les-pti_lifestyle
    – oeuf poché : voir la vidéo suivante pour comprendre l’expression http://www.dailymotion.com/video/x4el6f_oeuf-poche_family  
 
 –Va te faire cuire un oeuf : débrouille-toi tout seul, va au diable  
Mettre tous les oeufs dans le même panier : placer tous ses espoirs dans une même affaire  
 – Quel oeuf ! : quel imbécile
 – Ne pas faire d’omelette sans casser des oeufs : accepter de prendre des risques pour parvenir à ses fins.
 – l’oeuf de Christophe Colomb : un oeuf qui arrive à tenir en équilibre parce qu’une partie a été écrasée.
 – Marcher sur des oeufs : parler ou agir de façon difficile, avec grande prudence
   –Avoir un oeuf à peler avec quelqu’un (utilisé en Belgique) : avoir un compte à régler avec quelqu’un

   – Gober un oeuf : avaler en aspirant et sans mâcher  (à noter que « gober » signifie aussi rêvasser dans l’expression « gober les mouches » ou bien être crédule dans l’expression « tout gober« )

 

 

 

 

 

 

 

 

Tags : , , , , , , , , , , , ,

Rameaux de laurier, d’olivier et autres

Animations culturelles, Gastronomie, Grands événements au lycée, Littérature, Pédagogie, Peinture, Personnages, Société 7 commentaires

  Les classes de CAP  de notre lycée  ont écrit quelques textes à partir des aquarelles du peintre Jean-Claude Papeix dont voici le site : http://papeix.free.fr .  Madame Martine Voisin, leur professeur de mathématiques, est à l’initiative du projet. Leur professeur de français, Madame Doris Parneix, a fait le récit du vernissage des toiles de l’artiste limousin dans  http://www.weblettres.net/blogs/?w=capdebonneesper .  Ces élèves ont été récompensés par les représentants du Rotary-Club de la Haute-Vienne au cours d’une cérémonie  de remise des Prix des Métiers. Ils ont reçu des mains de chaque président de club un diplôme et un chèque . Sur la photo ci-dessous, vous pouvez  voir Madame Vergnaud, notre proviseur, ainsi que la délégation d’élèves de CAP.

                                                    

      Les élèves des classes de CAP ont donc été les lauréats d’une sorte de défi qui consistait à être capables d’être inspirés par des aquarelles et, à partir de là, improviser une brillante rédaction. Que signifie le mot « lauréat » ? Textuellement, c’est celui qui est couronné d’un laurier et, de façon plus générale, celui qui a réussi un examen, a remporté un prix dans un concours .

      Mais quel lien avec la plante aromatique me direz-vous ? Le laurier est un arbuste de la région méditerranéenne à fleurs blanchâtres dont les feuilles persistantes et coriaces sont utilisées comme condiment.

                                                                

       Il faut faire quelques rappels mythologiques pour bien comprendre la relation avec l’idée de triomphe. Dans Les métamorphoses, Ovide conte comment, alors qu’elle était poursuivie par Apollon et qu’elle souhaitait lui échapper, la déesse Daphné se changea en laurier. Cet arbre est donc lié à l’idée de triomphe, de victoire. Cette référence mythologique explique que parfois, au lieu de dire simplement « laurier », on préfère utiliser l’expression « laurier d’Apollon ». Un peintre, Giambattista Tiepolo, a choisi ce thème pour l’un de ses tableaux.

                                                               

     En grec, « Daphné » s’écrit ????? et ce mot veut dire « laurier ». D’ailleurs « daphné » est devenu un nom commun masculin pour désigner des arbrisseaux du genre thyméléacées, dont les feuilles sont caduques ou persistantes, et dont plusieurs espèces sont cultivées pour l’ornement. On appelle parfois ces arbres : « bois joli », « bois gentil », ou même « daphné garou« . « Daphné » est aussi devenu un prénom féminin.

                                                                       

    Avoir « une tête laurée » signifie avoir sur la tête une couronne de lauriers. C’est ainsi que sont, par exemple, représentés Jules César, Pierre de Ronsard, Napoléon Bonaparte. Plusieurs expressions confirment l’idée de succès associée au mot « laurier » :

      –Cueillir ou moissonner des lauriers : remporter des victoires

       – Etre chargé de lauriers : avoir acquis beaucoup de gloire

       – Flétrir ses lauriers : déshonorer sa victoire

       – S’endormir sur ses lauriers : ne pas poursuivre une carrière glorieusement commençée

      – Se reposer sur ses lauriers : jouïr d’un repos mérité par des succès antérieurs (mais souvent l’expression est ironique et veut dire en fait que la personne se laisse vivre)

         Plus étonnant encore, le mot « baccalauréat » est un dérivé du mot « laurier » puisque ce terme vient d’un mot latin signifiant « baie de laurier » : une couronne ou un rameau de lauriers ceignait, à l’origine, les génies et les sages. Un « rameau » est une petite branche d’arbre ou la ramification de la tige d’un végétal.

          Le mot « rameau » est très souvent associé au mot « olivier« . Il s’agit d’un arbre méditerranéen qui donne des olives que l’on consomme natures ou bien dont on tire de l’huile. Comme le laurier, l’olivier est donc associé à la gastronomie. De la même façon qu’il existe le prénom « Laurent » qui dérive de « laurier », il y a le prénom « Olivier » qui vient justement de « olivier ».

                                                     

                                

        Autre point commun avec le laurier : en Grèce, lors des Panathénées, une couronne d’olivier et des jarres d’huile d’olive étaient offertes aux vainqueurs pour symboliser leur victoire et leur force ! Enfin, il faut aussi faire référence à la mythologie  pour comprendre cette symbolique. Athéna, déesse de la Sagesse, et Poséidon, dieu de la Mer souhaitaient tous les deux diriger l’Attique, région où se trouve actuellement Athènes. Pour les départager, Zeus proposa que ce lieu reviendrait à celui qui offrirait aux hommes le cadeau le plus utile. Poséidon fit apparaître un magnifique cheval fougueux capable de faire gagner des batailles. Mais Athéna fit jaïllir de terre un arbre immortel capable de nourrir et de soigner les hommes. Zeus estima qu’Athéna avait triomphé de l’épreuve : elle obtint l’Attique et Athènes s’appelle ainsi en souvenir d’Athéna.

      Le rameau d’olivier se trouve sur le drapeau de l’ONU en signe de force pour imposer la paix. On appelle souvent les Académiciens les « Immortels » parce qu’ils portent un habit vert brodé de rameaux d’olivier et cela fait référence à leur désir de perpétuer la langue française.

                                                     

      « Rameau » a donné naissance à « Rameaux » qui est une fête religieuse renvoyant au dimanche qui précède Pâques. Cette célèbration est parfois appelée  » Pâques fleuries« . Il s’agit de commémorer l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. La foule l’a accueilli en agitant des branchages et c’est donc pour cela que l’on parle de « rameaux ».

    C’est bien sûr une fête religieuse, mais, en Limousin, cela se traduit, au niveau gastronomique, par le fait de manger une « cornue« . Il s’agit d’une brioche qui possède une forme très particulière puisqu’il s’agit de celle d’un phallus ! Des documents du Moyen-Age attestent de cette longue tradition. En 1780, l’évêque de Limoges, Monseigneur du Coetlosquet, fut très choqué  et demanda de « rectifier » un peu la forme pour qu’elle rappelle plus un « Y » qu’un sexe masculin car cet érotisme ne lui plaisait pas du tout ! Il n’empêche qu’il s’agit d’une tradition du terroir limousin et que c’est une excellente brioche !

                                             

       Pour parler à nouveau de « rameau », car tel était mon propos, j’aimerais encore donner deux autres significations de ce mot.  Le neveu de Rameau est le titre d’un livre écrit par Denis Diderot, célèbre philosophe français du Siècle des Lumières. Il faut comprendre que « l’oncle » est Jean-Philippe Rameau (1683- 1764), musicien français. Si vous allez sur http://www.linternaute.com/musique/albums/artiste/jean-philippe-rameau/15252/discographie/ , vous pourrez écouter des extraits musicaux.

                                        

                                       

        Enfin, et cela me ramène au domaine de la documentation, « rameau » signifie  » Répertoire d’Autorité-Matière Encyclopédique et Alphabétique Unifié », c’est-à-dire qu’il y a une constitution d’une « liste-vedette » qui permet de s’entendre sur les mots qui seront retenus pour pouvoir  cataloguer des documents. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter : http://rameau.bnf.fr/informations/convention.htm

Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Poisson d’avril !

Animations culturelles, Animaux, Collection, Humour, Pédagogie, Société 9 commentaires

       J’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, c’est le 1er avril 1565 que le mécontentement de gens qui refusaient le changement de calendrier instituant le 1er janvier comme premier jour de l’année donna naissance à ce qui devint la tradition « des blagues » de ce jour. Pour se moquer des réfractaires, on se mit à leur offrir de faux cadeaux comme si c’était la période des étrennes. Peu à peu est venu l’usage d’accrocher discrètement des petits poissons de papier dans le dos des gens, sans qu’ils s’en doutent. En effet, en avril, il est interdit de pêcher parce que c’est la période de reproduction piscicole et,  en accrochant un poisson, même en papier, dans le dos de quelqu’un, on fait peser des soupçons sur lui dans le sens où l’on suggére que cette personne n’aurait pas respecté la législation et ainsi on participe à le ridiculiser. Le collectionneur de poissons d’avril s’appelle l’avrilopiscicophiliste

                                                          

 On retrouve le mot « poisson »dans les expressions suivantes :

   – avaler la mer et les petits poissons : être crédule ou bien avoir très soif

   – engueuler quelqu’un comme du poisson pourri : injurier très fort quelqu’un

  – finir en queue de poisson : finir de façon pas très nette

 – être un gros poisson : être une personnalité

  – être comme un poisson dans l’eau : être dans son élément, être bien dans sa peau

 –  noyer le poisson : cacher une partie des éléments pour brouiller la compréhension

  D’autres expressions utilisent un poisson en particulier :

 – être muet comme une carpe : ne pas dire un mot

  – bâiller comme une carpe : bâiller très fort

c’est le mariage de la carpe et du lapin : mauvais assortiment

être serrés comme des sardines : être très serrés dans un espace restreint

avoir des yeux de merlans frits : avoir un regard inexpressif

rire comme une baleine :  rire en ouvrant la bouche

être un maquereau : être un proxénète, un souteneur

être un requin de la finance : être un homme d’affaires impitoyable et sans scrupule

      Enfin, il est intéressant de signaler que le mot « friture » désigne à la fois de petits poissons que l’on est en train de frire et un grésillement intermittent lors d’une transmission radio ou téléphonique.

     Au fur à à mesure des années, cette tradition  de faire des plaisanteries s’est généralisée au point de ne pas être seulement d’individu à individu, mais d’être comme une sorte de phénomène social. C’est ainsi qu’au niveau de la presse parlée et  écrite, de la télévision et d’Internet, pour le premier avril, on ne compte plus les canulars. Voici un exemple avec les différentes « pages » de 1er avril d’un site : http://www.linternaute.com/insolite/poisson_d_avril/poisson_d_avril.shtml ou d’autres exemples de désinformations : http://rumeursdunet.com/  . Cependant le 1er avril 1983, on a annoncé que l’âge légal de la retraité était abaissé à 60 ans en France et c’était vrai !

    Si le canular est d’origine informatique, on parle de  » fausse rumeur » ou bien on emploie carrément le mot anglais « hoax« . Le côté « humoristique » est parfois douteux parce qu’il s’agit souvent de « pourriel » comme disent les Canadiens c’est-à-dire de messages indésirables envoyés en masse et faisant croire aux novices que leur ordinateur est menacé de virus ou qu’ils doivent impérativement envoyer en chaîne le message reçu. Lisez à ce sujet, l’article de Christelle Membrey : http://cicla71.typepad.com/cicla71/2009/01/gagnez-45-euros-pour-f%C3%AAter-les-10-ans-de-google-.html . Il y a tellement de gags dans ce genre de « nouvelles », que, franchement, je me demande où les « plaisantins » vont pêcher tout cela !

Tags : , , , , , ,

Enlève tes charentaises, et va voir les thèses en chars !

Animations culturelles, Animaux, Collection, Ecologie, Langues, Littérature, musique, Pays, Pédagogie, Société, Sport 12 commentaires

       Est-ce que vous êtes pantouflard ? Vous ne pouvez pas répondre parce que vous ne savez pas ce que ça veut dire, c’est cela ? Eh bien, être « pantouflard », c’est se sentir tellement confortable dans ses pantoufles que l’on se plaît à ne pas quitter son chez-soi, bref, c’est être casanier.

      Je vis à Limoges et cette ville était autrefois très connue, non seulement pour sa porcelaine (c’est encore le cas, heureusement !) mais aussi pour la fabrication de chaussures. Il y avait, dans mon enfance, à l’emplacement actuel du centre commercial appelé « Centre Saint Martial« , une grande usine de chaussures : l’entreprise Heyraud. Vous lirez l’histoire de cette entreprise dans cet article : http://www.heyraud.fr/historique . Il eut parfois des conflits  sociaux au sein de cette fabrique comme le montre la photo ci-dessous

                                                               

       Beaucoup de Limougeauds étaient cordonniers c’est-à-dire réparateurs de chaussures. Il y avait peu de temps que les gens de la campagnes ne portaient plus en permanence leurs sabots et alternaient souliers et charentaises. Ces pantoufles, créées à partir de rebuts de feutres, doivent leur nom au fait d’être sorties d’une usine installée en Charente.

                                                                   

        L’expression « Etre dans ses petits souliers » signifie être embarrassé. Vous le n’êtes pas ! Vous voulez même, peut-être, « trouver chaussure à votre pied » , c’est-à-dire avoir sous la main la personne ou la chose qui vous convient exactement. Eh bien, je vous propose de ne pas du tout être pantouflard et de partir avec moi au Luxembourg pour assister à un défilé de chars pas ordinaire.

                                                           

                                                           

               Il y a trois langues officielles dans ce duché : le luxembourgeois, le français et l’allemand.  La capitale est Luxembourg. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à Esch-sur-Alzette qui est la seconde ville du pays avec 27 244 habitants.

                                                             

                Hier, dimanche, donc le 15 mars, il y avait la cavalcade à Esch mais n’imaginez surtout pas que je vais encore vous parler de « grosses têtes », de sa majesté Carnaval, des reines, etc. Il y avait bien la fête mais elle avait un esprit particulier : elle était porteuse de messages, je dirais presque de thèses ! Bien sûr, les confetti, les traditionnelles majorettes et  la bière très appréciée dans les pays du Nord étaient de la partie.

                                                             

                                                                            

                                                            

                                                           

        Mais, ce qui se dégageait de tout cela, c’était plutôt une certaine philosophie, celle qui consiste à faire cohabiter l’esprit festif et une prise de conscience citoyenne.  Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, par exemple,  même dans le cadre d’un divertissement, on peut aborder le thème de l‘écologie, du développement durable, du tri sélectif. Jugez -vous-même ! Pas de mise en scène à la manière du « showbiz », pas de surenchère pour épater la galerie. Les chars sont « faits maison » avec des moyens très réduits. Il suffit d’un peu d’ingéniosité et non seulement  celui qui défile  est original mais il attire aussi l’attention du public sur des problèmes sociaux d’actualité.

                                                        

                                                       

            

                                                      

                                                      

   La calvalcade est aussi un prêtexte pour rappeler les grandes causes nationales : ligue contre le cancer, société protectrice des animaux, etc. Dans l’assistance, on notait la présence de nombreux handicapés moteurs ou cérébraux.  Il y avait beaucoup de personnes en fauteuil roulant et ils étaient le centre de toutes les attentions pour leur offrir des bonbons, des stylos, des paquets de popcorn, des casquettes, etc.

                                              

     Chacun fraternise. Le « cow-boy » n’est plus l’ennemi de l’Indien. Dans la rue défile un monde idéal où chacun se sent bien et communique avec les autres. Les paysans luxembourgeois ont accepté bien volontiers de prêter leurs tracteurs dont ils se servaient pour leurs cultures pour que, bien nettoyés et « bichonnés », ces engins tirent les chars. C’est cela la solidarité !

                                         

                                        

                                       

          Puisqu’il faut être modeste et en même temps valoriser ce que l’on posséde, inutile d’inviter des personnalités sportives pour animer le spectacle.  Le club local de gymnastique et de trampoline s’est chargé des animations. Regardez-plutôt ces acrobaties !

                                        

                                       

                                        

        Puisque j’ai commencé cet article avec des jeux de mots basés sur des sonorités proches, je le terminerai de la même manière en disant qu’au Luxembourg, la bourrade ( petit coup brusque donné comme marque d’amitié) n’est pas un luxe mais une tradition et que les Luxembourgeois ne sont ni des bourgeois ni des amateurs de luxe !

      J’ai rédigé ce billet sur la base d’un reportage-photo de la cavalcade d’Esch que m’a adressé Marie-Annick, l’enseignante qui était déjà à l’orgine du texte sur les lampions. Je la remercie beaucoup.

 

Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,

Cette leçon vaut bien un fromage

Animations culturelles, Collection, Gastronomie, Littérature, Pays, Pédagogie, Personnages, Société 3 commentaires

     C’est ainsi que se termine la fable de Jean de La Fontaine Le corbeau et le renard. Comment pouvait-il en être autrement dans un pays qui fait sa réputation de la production fromagère ? A partir de là il m’a semblé intéressant de vous présenter des musées liés à cette activité.

    La Normandie se caractérise par la « route du camembert« qui traverse des villages pittoresques dont Camembert et Vimoutiers (Orme). Cette cité millénaire est très reconnaissante à « l’inventeur du camembert », Marie Harel, et  abrite un musée qui se veut une reconstitution d’une fromagerie fermière avec expositions de toutes sortes d’instruments et de récipients nécessaires à sa fabrication : http://www.aventurier.fr/fr/france/basse_normandie/61_dec_musee_camembert/index.shtml . Je vous donne également un lien pour augmenter vos informations au sujet de ce fromage : http://cartedesressources.cndp.fr/rclvisu/fic_edit.asp?Ecr=CNDPconsult.asp&fETABL=9598 . La grande diversité de boîtes à fromage et surtout les illustrations posées sur les couvercles enchantent les « tyrosémiophiles« , c’est-à-dire les collectionneurs : http://www.letyrosemiophile.com/

                                                                   

                                                                

                                                        

                                                                         

    Le musée des techniques fromagères de Saint-Pierre-sur-Dives dans le Calvados permet une approche de la fabrication du camembert, mais aussi du Pont-l’Evêque et du livarot.  Ce musée offre une réflexion sur l’importance du fromage dans la littérature et la publicité.  Le visiteur a la possibilité de pouvoir déguster des fromages augerons (c’est-à-dire de l’Auge, région normande). Une présentatation du site est faite à l’adresse http://cartedesressources.cndp.fr/rclvisu/fic_edit.asp?Ecr=CNDPconsult.asp&fETABL=9728. L’histoire du livarot est également contée à : http://www.livarot-aoc.org/html/histoire.html

                                                                   

                                                                 

                                                                                    

  Outre la Normandie, la Franche-Comté est réputée pour son fromage. C’est dans cette région que se formaient il y a plus de huit siècles les premières fruitières car le fromage est considéré comme le fruit de la terre par l’intermédiaire de l’animal. La ville de Trépot dans le Doubs est particulièrement à visiter car on y voit tout le processus de fabrication à l’ancienne du comté. Mais en fait toute la région tire une excellente réputation fromagère dont le site suivant dresse un inventaire : http://www.france.qrd.org/regions/franche_comte/fromage.html

                                                                                

                                                             

  Au coeur de l’Aveyron, à Roquefort-sur-Soulzon, se trouvent les caves de « Roquefort Société« . Vous pourrez les visiter de façon virtuelle à http://www.roquefort-societe.com/ Vous partirez à la découverte de ce fromage de brebis apprécié dans près de 80 pays. Je vous invite aussi à emprunter le livre qui se trouve au CDI et qui porte sur le roquefort. Il a été offert le 10 novembre 2008 par la région Midi-Pyrénées dans le cadre d’un projet Comenius  dont le thème est « Influences, tendances et création dans la gastronomie européenne » et dont le lycée Jean Monnet est coordinateur.

 

                                                       

 

    Surprenante évolution de fabrication que celle du Saint Marcellin. En effet, il était à l’origine produit exclusivement au lait de chèvre et maintenant il n’est composé que de lait de vache. Vous en saurez plus sur lui en consultant http://www.tourinfos.com/fr/r0022/d0038/m0001/j0007/p001827.htm. Le musée qui lui est consacré se trouve à Saint-Marcellin en Isère dans le Dauphiné

                                           

                                                  

       Tous les fromages présentés ont une Appellation d’Origine Contrôlée sauf le Saint-Marcellin dont la demande est en cours. C’est une garantie de qualité et de caractéristiques. Un fromage d‘Auvergne, la fourme d’Ambert, qui posséde aussi une A.O.C. renseigne un peu sur l’étymologie du mot « fromage ». A l’origine, le mot était « formage » car il s’agissait de donner une forme à une pâte et ceci par le biais d’un moule. « Fourme  » veut en effet dire « forme à fromage »

                                                       

                                                  

    Il y a quelques expressions contenant le mot « fromage » que j’aimerais vous rappeler ou vous faire connaître :

 – « Entre la poire et le fromage » : quand le repas arrive à sa fin et que la gaieté s’installe à table

– « En faire tout un fromage » : accorder trop d’importance à quelque chose

– « Se retirer dans un fromage » : avoir trouvé un poste

Tags : , , ,

8 mars : une fame des femmes

Langues, Pays, Personnages, Société 17 commentaires

    Clara Zetlin est à l’origine de la création d’une journée internationale de la femme. Le 8 mars 1910, lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes elle a proposé qu’un jour dans l’année soit réservé à la célébration des femmes. Elle est  une grande « figure » du féminisme avec son amie Rosa Luxemburg.

  D’autres noms sont indissociables de ce grand mouvement d’émancipation. Etre une « femme » c’est être « d’un autre sexe » et l’on peut déjà faire référence aux féministes qui ont défendu le droit d’assumer sa sexualité. Parmi elles,  Gisèle Halimi, cette avocate française née en Tunisie, s’est faite connaître pour avoir soutenu ouvertement des femmes ayant avorté et aussi pour avoir demandé l’accès libre aux moyens de contraceptions. Le film du Roumain Cristian Mungiu, « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » qui a obtenu la palme d’or au 6o ème festival de Cannes, en 2007 a relancé le débat sur le choix, pour une femme, de disposer de son corps.

       En France, les femmes peuvent participer aux votes depuis le 21 avril 1944 mais, à l’intérieur de chaque parti politique et même au niveau de leur représentation à l’Assemblée Nationale et au Sénat, la parité est loin d’être atteinte! On peut tout de même noter trois femmes politiques françaises à la tête de trois partis politique distincts.  Ce sont Marie-George Buffet pour le Parti Communiste Français, Martine Aubry pour le Parti Socialiste Français et Arlette Laguiller pour Lutte Ouvrière. On notera au passage que les trois femmes appartiennent à des partis politiques « de gauche », est-ce un « signe » ?  Enfin, lors des dernières élections présidentielles, Ségolène Royal s’est présentée, ainsi qu’Arlette Laguiller d’ailleurs. Ségolène Royal est aussi membre du Parti Socialiste.  Il est également intéressant de noter que c’est une femme qui se trouve à la tête  du syndicat du patronat français appelé Mouvement des Entreprises De France : Laurence Parisot

 

 

       Je pourrais aussi vous parler, dans ce billet, d’autres femmes qui ont assuré la renommée (et donc « la fame ») de la gente féminine dans le domaine du sport, de la science, de la littérature, des découvertes, de la mode, etc.  Je le ferai dans de prochains articles car, selon moi, juste une journée pour « les femmes », c’est insuffisant, il faut parler d’elles souvent et généralement en termes élogieux ! En attendant, je vous propose de regarder le classement des femmes jugées les plus puissantes au monde : http://www.linternaute.com/savoir/magazine/dossier/les-femmes-les-plus-puissantes-du-monde/les-femmes-les-plus-puissantes-du-monde.shtml?f_id_newsletter=616

  Au niveau du CDI, ma collègue fait partie d’un groupe de réflexion sur l’égalité des chances hommes/femmes. Je vous invite donc à regarder ces sites pour voir ce qui a déjà été fait au niveau de l’Académie de Limoges : http://www.ac-limoges.fr/rubrique.php3?id_rubrique=842 ,http://www.ac-limoges.fr/doc/spip.php?article510&var_recherche=MLF , http://www.ac-limoges.fr/doc/spip.php?article484

        La fleur de mimosa symbolise la magnificence, l’élégance, la simplicité, la tendresse et l’amitié. Dans les songes, le mimosa est signe de sécurité. Il représente aussi l’énergie féminine, cachée sous une apparente fragilité. Pour cette raison, depuis 1946, le mimosa est l’emblème de la journée de la femme.

                                                                

Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Carnaval en France : la majesté des chars

Animations culturelles, Gastronomie, musique, Pays, Pédagogie, Peinture, Personnages, Société, Théâtre 9 commentaires

    Etymologiquement « Carnaval » signifie « viande interdite » puisque ce mot est un dérivé de « carne » (la chair, la viande). Eh oui, le carnaval s’inscrit dans le cadre d’une privation, celle qu’il faudra suivre à la lettre durant la période de Carême. Alors, paradoxalement, pour être sûr de pouvoir respecter cette diète à venir et cette vie bien trop réglée, chacun commence par manger plus que normalement et à se livrer à la débauche et à la contestation. Le peintre flamand Pieter Bruegel l’Ancien a très bien su marquer l’opposition de ces deux périodes de l’année dans son tableau « Le combat de Carnaval et Carême » peint en 1559

    Donc, de l’idée d’austérité initiale, le Carnaval est maintenant associé à la chienlit ou au charivari. Ces mots vous semblent complexes, aussi vais-je un peu les expliquer. « Chienlit » veut précisement dire « masque de carnaval » au sens étymologique, puis « mascarade, déguisement » et enfin, de façon très littéraire, « désordre, confusion, pagaille ». Quant à charivari, il vient d’un mot grec signifiant « mal de tête ». Mais pourquoi auriez-vous des céphalées ?  Eh bien, à cause du vacarme provoqué à l’aide d’instruments à percussion et divers ustensiles pendant le carnaval à l’occasion du remariage des veufs. Pour en avoir une illustration, peut-être est-il abusif de dire que les tambours motevidéens font du « bruit » car il s’agit de musique, mais leur passage dans les rues représente beaucoup de décibels. Les débordements sont aussi alimentaires avec une sorte d’orgie au niveau des viandes, vins, sel et épices avant de s’astreindre au régime quadragésimal (c’est-à-dire « qui appartient au carême »). Ils sont aussi sexuels car il faut savoir qu’avec les saturnales et les lupercales, au temps des Romains, on assistait à l’inversion des sexes c’est-à-dire que les hommes se déguisaient en femmes et inversement. Avez-vous d’ailleurs remarqué le double sens du mot « travesti » ?  D’un côté il signifie « vêtement qui permet de se déguiser », mais de l’autre « homosexuel voulant se faire passer pour une femme ». Il faut aussi savoir que le carnaval est souvent accompagnés de chants incitant à la débauche ou à la misogynie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Si_tu_ne_veux_pas_qu%27ta_femme . Il y a aussi des propos scatolologiques, des allusions à des pots de chambre, etc.La remise en cause du fondement social se notait aussi dans l’inversion des rôles puisque l’esclave devenait le maître pour une journée et vice-versa. Souvenez-vous alors de l’expression du Général de Gaulle « C’est la chienlit » pour désigner l’agitation  populaire française en 1968. Faites-aussi un rapprochement avec la satire sociale des « murgas » d’Uruguay. Il est possible de faire un rapprochement avec le « fou du Roi » ou bien le « bouffon » parce que ces personnes, sous couvert que leur état mental est un peu aliéné, sont autorisées à tenir des propos subversifs. Peut-être est-il intéressant aussi de mettre en relation avec cet esprit frondeur la marionnette Guignol car initialement ce personnage, sous des couverts de plaisanteries, exposait les injustices sociales. Son créateur,  Laurent Mourguet, était un ancien canut lyonnais et savait parfaitement combien les conditions de travail étaient dures. Bien entendu, par la suite, Guignol a surtout était associé à un divertissement exclusivement pour les enfants avec une multitude de gags engendrant un effet comique. Mais, il y a tout de même encore en germe l’esprit de contestation puisque « Les guignols de l’info » est une émission satirique de la chaîne de télévision appelée Canal plus : http://www.canalplus.fr/c-humour/pid1784-c-les-guignols.html . Les « personnages » sont des marionnettes ayant le « physique » caricatural des hommes politiques ou personnalités.

   Le défilé carnavalesque est très souvent associé au lancer de confetti. Oui, ce mot est italien, mais, au départ il ne renvoyait pas à la petite rondelle colorée  de la fête ! Des « confetti » étaient des petites dragées rondes qui étaient lancées au cours des carnavals, au début du XIXème siècle, à Rome et à Nice. Au cours d’un corso de 1830, des notables niçois jetèrent à la foule : des fleurs, des cigares et des « confetti » en sucre candi. Mais, comme cela revenait trop cher de jeter des bonbons, ces personnes prirent ensuite l’habitude de jeter des formes de dragées, mais en plâtre ! Finalement, en 1892, un « confetti » de papier fut imaginé.

Outre ce lancer de dragées , pour le carnaval, on utilisait parfois des seringues remplies d’eau parfumée appelées « tubes borsani« .  Dans le Nord de la France, il y a une fête qui rappelle un peu cette tradition : à Solesmes il y a « la fête des Seringueux » Lors du défilé carnavalesque il s’agit d’arroser les passants. Au départ, les seringues étaient remplies de …purin mais maintenant il n’y a que de l’eau.  Le « seringues » utilisées sont d’authentiques clystères à usage vétérinaire et contiennent deux litres d’eau ! Mais j’ai lu qu’en Pologne, du côté de Cracovie, pour les fêtes de printemps, on s’arrose aussi d’eau à l’aide de seaux ou de seringues.

   Il était donc indispensable de bien s’équiper pour participer au corso pour éviter les projections de dragées, d’eau parfumée, de farine, de plâtre, etc. Le mot « corso » est d’ailleurs d’origine italienne et signifiait au départ une « promenade publique »  puis « un défilé de chars fleuris ». La « protection » consistait en une sorte de masque d’escrimeur sur le visage et un « cache-poussière » (peignoir en satin mis par dessus ses vêtements habituels) appelé parfois « domino« . Toujours pour se protéger des projectiles, les participants s’équipaient d’une ombrelle.

   Dans la seconde moitié du XIXème siècle, Nice devint le lieu de résidence  hivernal de riches étrangers. Ils aimaient bien fréquenter les casinos et assister au carnaval car, dès 1830, un premier cortège d’une trentaine de voitures est organisé en l’honneur du roi Charles-Félix et de la reine Marie-Christine, souverains du Pièmont et de Sardaigne. Le défilé passe par la place Massena. Les troubles français liés à la « Commune de Paris » de 1870  firent prendre peur « des rouges »  (sous entendu « de révolutionnaires ») aux riches touristes et cette cossue clientèle préféra rester sur la riviera italienne causant ainsi une certaine perte au niveau du tourisme. Alors le Niçois Andriot Saëtone créa un comité de fête pour redonner de l’intérêt au Carnaval. Les pêcheurs participent aux festivités en faisant sauter une grosse poupée en étoffe bourrée de son : lou paillassou. En 1875, il y eu un incident au sujet du char de la « ratapignata » (la chauve-souris) parce que la fête s’était cindée en deux parties : d’un côté il y avait eu une fête populaire avec des batailles de confetti et de l’amusement et de l’autre des défilés de voitures fleuries auquels ont pris part les élites riches.

     L’anecdote est racontée dans http://www.nicerendezvous.com/car/une-histoire-longue-et-complexe.html et on met l’accent sur l’aquarelliste Alexis Mossa qui a peint la scène. Après cet événement, le carnaval de Nice devint plus festif. A  partir de 1882, il y eu un char spécial pour « Sa Majesté Carnaval« . Puis il y eu un char pour « Madame Carnaval » et Alexis Mossa en créa un autre pour leur fils « Carnavalon » dans les années 1930. Gustave-Adolphe Mossa, fils d’Alexis Mossa, est le plus grand imagier du Carnaval de Nice, c’est-à-dire qu’il dessina les maquettes des chars officiels. Le carnaval s’achève après environ dix-huit jours de fête et  environ  3 000 acteurs participants, avec la lente combustion, sur la grève, du mannequin représentant « Sa Majesté Carnaval ». Il faut imaginer quelque chose de grandiose car un char peut peser jusqu’à 7 tonnes  et il y a, en tout, plus de 10 tonnes de fleurs de serres! Il est vrai que c’est pour faire l’éloge de la qualité et de la variété de l’horticulture azuréenne. On compte aussi environ 600 grosses têtes et une vingtaine de charsQuinze tonnes de confetti jonchent le sol. Mettez vous dans l’ambiance de 2009 avec : http://www.nicecarnaval.com/carnaval4.html et les quatre vidéos du carnaval dont la première est à http://www.dailymotion.com/video/x8dxke_carnaval-de-nice-2009-1ere-partie-s_travel?from=rss

         

 

          Mais si le carnaval de Nice est peut-être le plus connu, il ne faut pas oublier ceux de Douai ( http://www.ville-douai.fr/ ) et de Dunkerque ( http://www.ville-dunkerque.fr/)  ainsi que de Bailleul   http://www.ville-bailleul.fr/ ). Le carnaval dunkerquois dure plus de dix semaines mais les trois jours gras  (lundi, mardi et mercredi des cendres) appelés ici « les trois joyeuses » sont les événements dominants. Il s’agit d’un carnaval très populaire, il n’y a pas de séparations acteurs et spectateurs.  Son origine vient dans le fait que les marins-pêcheurs allaient partir 6 mois en Islande pour la pêche au hareng et que leur absence, longue, serait peut-être sans retour à cause des dangers encourus  : alors, autant faire la fête avant cette séparation provisoire ou définitive.  L’hymne de Jean Bart, ancien corsaire dunkerquois, est entonné : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cantate_%C3%A0_Jean_Bart . Il se mêle à des chansons paillardes. Le parapluie est devenu l’emblême de ce carnaval, non seulement à cause du temps assez instable dans le Nord de la France mais aussi parce que, du balcon de l’Hôtel de Ville, le Maire et ses adjoints lancent dans la foule des harengs (emballés tout de même sous cellophane). Mais ce parapluie est aussi un signe de ralliement pour se faire remarquer par un ami  dans la foule. Il y a en effet une tradition à respecter : celle de « tenir chapelle« .  Les « chapelles » sont en réalités les nombreux cafés dans lesques les « carnavaleux » vont boire de la bière et manger une soupe à l’oignon. Cela veut dire qu’il faut payer à boire et à manger aux amis et aux connaissances. 

 Un tambour-major, en uniforme de grenadier de l’Empire, mène la band qui suit. Il y a « Marie-Papate » qui est en fait un homme qui s’est travesti en femme au niveau des habits, s’est coiffé d’une perruque et à recouvert son visage d’un maquillage outré. Ce personnage est parfois appelé « Marie-Patate« . Il y a aussi les célèbres géants de Dunkerque que sont Reuze-Papa et sa femme Reuzine. Il s’agit d’un personnage en carton géant qui mesure 6,25 mètres, d’ailleurs, en flamand « reuze » signifie « géant ».  Cette sorte de mannequin gigantesque a été créé en 1827 par Ambroise Bafcop. Reuze-Maman  (ou Reuzine) est plus petite (5,85m). Elle est apparue en 1860.  On rattache ces géants à la ville de Cassel (autre ville du Nord de la France) mais ils défilent aussi à Dunquerke. Reuze-Papa est vêtu en légionnaire romain et Reuze-Maman, très élégante, a un diadème sur la tête et une cape de grande dame sur les épaules. Ils sont entourés par  les musiciens de l’harmonie municipale. Les masques et les travestis ferment le cortège.

 

  En fait, le département du Nord compte à lui seul environ 130 géants et tous les ans il s’en ajoute d’autres. On peut avoir une idée de tous ces « personnages » sur ces excellents sites spécialisés  : http://terre-de-geants.fr/Trombinoscope/Trombinoscope.html  ou http://mincoin.free.fr/region/geant/geant.html ou encore http://www.geants-carnaval.org/francais/d1/base1.htm . Les Douaisiens aiment tant les leurs qu’à l’entrée de la ville on peut lire « Douai, cité des géants » et tous les habitants se surnomment « enfants d’Gayants » . Le Père Gayant (8,50 m et 370 kg) porte un casque et une cuirasse, est armé d’une lance, d’un bouclier et d’une épée de chevalier de la Renaissance. Son épouse, Marie Cagenon (6,25m et 250 kg) est en costume de châtelaine de l’époque des Valois. Le couple a trois enfants. Jacquot est habillé comme un jeune chevalier tandis que sa soeur Fillion porte une robe bleue et une toque en plume. Le bébé Bimbin (on trouve parfois écrit « Binbin ») , qui souffre de strabisme, les accompagne. Ce sont des géants qui mesurent environ 3 m et pèse de 45 à 80 kg. La famille Gayant est suivie de  nombreux chars dont « La Roue de la Fortune » (qui évoque la déesse Fortune ) et « Le sot des canonniers » (qui est à mettre en relation avec la folie).

 On trouve aussi des « géants » dans le défilé carnavalesque de Bailleul. Ce sont en particulier Gargantua, ce bâfreur légendaire. Il trône sur un char avec un tonneau entre les jambes , un gigot dans une main et un gobelet dans l’autre.  Il y aussi l’ineffable Docteur Piccolissimo. La proximité de la Belgique fait que parfois le cortège comprend aussi des « Gilles » avec leurs chapeaux à plumes, leurs dentelles et leur costume décoré de lions héraldiques.

   Cette présentation de carnavals en France ne se veut qu’un aperçu des différentes manifestations existantes. Vous pourrez éventuellement compléter par le petit documentaire que vous trouverez à  http://www.linternaute.com/sortir/evenement/carnaval-france/

 

 

Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Carnaval en Louisiane : fais dodo avec les Cajuns

Animations culturelles, Langues, musique, Pays, Pédagogie, Personnages, Société 7 commentaires

    

     La Louisiane est située au sud-est des Etats-Unis. Ces principales villes sont La Nouvelle-Orléans, Lafayette, Lake Charles, Baton Rouge. C’est un lieu de brassage de culture française, hispanique, afro-américaine, créole et indienne. D’abord peuplé par les seuls Amérindiens, ce territoire a été exploité en 1682 par Cavalier de la Salle qui l’a appelé « Louisiane » en l’honneur du roi de France Louis XIV. La ville « Nouvelle-Orléans » est fondée en 1718, le nom a été choisi pour honorer le régent Philippe d’Orléans. C’est dire combien cet Etat a d’attaches avec la France.

 

 

Au milieu du XVIIIème siècle, les Acadiens ont été chassés d‘Acadie, territoire canadien, par les Anglais. On a appelé cet épisode historique « Le grand dérangement« . Les Acadiens sont alors venus s’installer en Louisiane et ont peuplé les bayous. Au XIXème siècle, par le biais d’une déformation linguistique, les « Acadiens » sont devenus les « Cadiens » puis les « Cajuns« . Aujourd’hui, les Cajuns constituent la minorité francophone de la Louisiane. En 1803, Bonaparte a vendu aux Etats-Unis la Louisiane. Le 30 avril 1812, la Louisiane est devenue le 18ème Etat américain. Cet historique permet de faire comprendre la situation particulière de cet Etat et peut-être la raison pour laquelle son carnaval est si célèbre.

    Le Mardi Gras à New Orleans est devenu une période de célébrations très importante pour la Louisiane aux États-Unis.  Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans a incorporé des traditions de la culture africaine ainsi que celle des Îles Caraïbes et de la France.
   La saison du Mardi Gras, en Louisiane, commence le 6 janvier, jour de l’Épiphanie, fêtée avec une galette des rois comme en France,  et finit toujours à minuit le mercredi du Carême.

 

 

Tout est organisé par des confréries (en anglais, les « Krewes »). Rien qu’à la Nouvelle-Orléans, il y a plus de 50 confréries qui construisent les chars et organisent les défilés et les bals parfois très élaborés. Chaque confrérie a son propre défilé, qui consistent des chars et de la musique, et aussi bien que son propre bal.

 

            
  

 

 

Pendant le XVIIIème siècle, le festival était marqué par des processions et des bals. Des calèches et des gens déguisés en masques apparaissaient dans les années 1830. Le symbole du boeuf gras, qui représentait la saison de l’abondance au carnaval de Nice, devient un symbole important du défilé de la confrérie Rex en 1870 . Cette tradition existe encore. Les Louisianais organisent aussi des bals, on danse des « fais dodos » c’est-à-dire des danses cajuns. Les « fais-dodos » sont des bals qui durent toute la nuit car les enfants peuvent « faire dodo » (dormir) tandis que les adultes s’amusent et dansent.

 

  Les premiers « throws » ou « lancers », des babioles qu’on jette des chars, apparaissent en 1871. En 1872, le roi du festival, qui s’appelle Rex, est créé et les couleurs du festival sont fixées : le violet (pour la justice), le vert (pour la foi), et l’or (pour le pouvoir). En 1873, tous les chars étaient construits à la Nouvelle-Orléans au lieu d’en France. La tradition des Indiens du Mardi Gras est fascinante. Les Indiens sont des hommes afro-américains qui font partie des confréries ou des bandes établies aussi tôt que les années 1870, au début des esclaves ou des hommes de couleur libres. Leurs activités, y compris l’heure et le lieu de leurs défilés, sont secrètes. Le grand chef porte un costume énorme et très élaboré, qui peut peser entre 45 et 70 kilos, fait à la main avec des perles et des plumes. Le grand chef et ses proches fabriquent son costume pendant toute l’année. On croit que les Indiens du Mardi Gras étaient inspirés par les Amérindiens à la fin du 19ième siècle, en raison de leur lutte commun pour les droits civils.
Les Indiens défilent à pied, en dansant et en chantant. Quand les bandes se rencontrent en chemin, ils se saluent et les grands chefs admirent les costumes et le travail des autres. Toutes les bandes se réunissent pour un grand défilé la fête du Saint Josèphe le 19 mars, et puis aussi le dimanche suivant, appelé « Super    Sunday ».
    Le festival de Mardi Gras à la Nouvelle Orléans et une célébration pour toute la famille.  On peut se déguiser et apporter un grand sac pour ramasser tout le « throws » qui est lancé des chars : les colliers de « perles », des animaux en peluche, et des « doublons » qui sont gravés avec les emblèmes des confréries. Comme on dit à la Nouvelle-Orléans, « Laissez les bons temps rouler ! » Visionnez la vidéo du carnaval louisianais de 1941 http://video.google.fr/videosearch?hl=fr&rlz=1W1SUNA_fr&q=%20danse%20cajun&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#q=New+Orleans+carnival&hl=fr&emb=0  et  celle du même carnaval mais en 2008: http://video.google.fr/videosearch?hl=fr&rlz=1W1SUNA_fr&q=%20danse%20cajun&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#q=New+Orleans+carnival&hl=fr&emb=0

 

Nous vous conseillons aussi de regarder ces sites pour compléter vos informations sur notre carnaval de Louisiane et plus particulièrement de Nouvelle-Orléans : 

http://www.mardigrasneworleans.com/ programme du carnaval 2009

http://appl003.lsu.edu/artsci/frenchweb.nsf/$Content/Cajun+French+by+Themes?OpenDocument Le parler cajun

http://www.louisianatravel.com/ (liens avec la France)

http://www.kreweofcork.com/ et http://www.neworleanscvb.com/static/index.cfm?contentID=706 (détails du programme de la parade)

http://www.cochonrestaurant.com/ et http://www.michauls.com/ (deux restaurants)

http://radiolouisiane.com/cadien/schedule.html (musique cajun)

       Cet article a été rédigé à partir d’un texte et de photos envoyés par Kelly Duval et ses élèves du Massachusetts. Je les remercie beaucoup pour leur contribution.

Tags : , , , , , , , , , , ,

Carnaval de Québec : » attache ta tuque avec de la broche »

Animations culturelles, Gastronomie, Langues, musique, Pédagogie, Société 2 commentaires

  

 Comme le chantait si bien notre poète québécois Gilles Vigneault : « Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver ! Ecoutez et regardez le chanter : http://www.youtube.com/watch?v=CH_R6D7mU7M Et pour lui donner raison, le Carnaval des Québécois se passe en hiver dans la ville de Québec dans la province de Québec au Canada : c’est le Carnaval de Québec.

 

      Pour employer les bons termes du carnaval, et enrichir notre vocabulaire, voici ce que j’ai trouvé à l’Office de la Langue française du Québec :« Carnavaleux / Carnavaleuse :  Personne qui participe à un carnaval. »

 

    Même si les mots « carnavaleux » et « carnavaleuse » sont absents des dictionnaires courants, ils sont implantés dans l’usage du français, non seulement au Québec, mais aussi en Europe où le terme « carnavaliste » est aussi parfois utilisé dans le même sens. 

 L’an passé, près d’un million de « carnavaleux » ont visité Québec en participant au Carnaval de Québec.  Ce carnaval est le plus grand carnaval d’hiver au monde, et tous les québécois de souche ou d’adoption en sont très fiers.  Pour faire cette grande fête amicale et familiale, qui dure environ 17 jours, imaginez une cinquantaine de personnes dans des postes de menuisiers, soudeurs, électriciens, mécaniciens, couturiers et artistes, et plus de 1000 bénévoles qui donnent leur temps chaque jour, pour le plaisir de vivre cet événement et rencontrer des visiteurs venus de partout dans le monde. Le Carnaval a des retombées économiques de près de 50 millions de dollars canadiens, c’est le fruit de cette grande équipe.

 Le Carnaval de Québec c’est un monde de neige, de glace, c’est féerique, et tous les visiteurs veulent en profiter, car on sait bien que cette belle neige disparaîtra, et que la glace fondra sous un chaud soleil de printemps.  C’est un plaisir trop éphémère le temps d’un hiver.

 

Selon mes recherches, la naissance d’une première fête d’hiver organisée à Québec fut en 1894, et prit le nom de Carnaval, et c’était l’occasion de fêter juste avant le carême.   Malheureusement, la Première Guerre mondiale a éteint ces festivités hivernales qui reprirent vie après la Seconde Guerre mondiale.En 1954, la tradition renaît et notre Bonhomme Carnaval vit le jour le 1er janvier 1955. Il est le porte-parole du Carnaval et à l’ouverture des festivités le maire d Québec lui remet symboliqueuement les clés  de la ville.

 

 

 

 

 

 

    Ce beau bonhomme de neige tout blanc, tout souriant, avec sa tuque rouge et sa ceinture fléchée est l’ambassadeur du Carnaval de Québec, et il renaît chaque année le temps d’un carnaval.  Une « tuque » est mot québécois qui désigne le bonnet de laine que l’on porte en hiver. Il y a même l’expression  » Attache ta tuque » qui signifie « tiens-toi bien ça va secouer ». Et si l’on dit « Attache ta tuque avec de la broche », ça veut dire que ça va vraiment secouer et vous verrez que ça va vraiment « déménager » durant ce carnaval.

La ceinture fléchée que porte Bonhomme Carnaval fait partie de notre patrimoine. Elle était autrefois portée par nos habitants aux siècles derniers qui poursuivaient une tradition hivernale d’origine amérindienne.  Elle redevient populaire le temps d’un carnaval.   Même si Bonhomme Carnaval représente la froide neige, on veut tous le serrer dans nos bras !  Tout le monde le connaît. Bien entendu, Bonhomme Carnaval ne peut se loger, dans nos maisons québécoises, près d’un bon feu de foyer, il fondrait !  Il habite donc, pendant la fête, dans un Palais de glace construit expressément pour lui.   L’an dernier, 270 tonnes de glace ont été utilisées pour construire ce château de dimensions impressionnantes.   Les carnavaleux peuvent visiter ce palais et il est le centre de ralliement pour de nombreuses activités carnavalesques.

 

 

 

 

Pour vous donner le goût du Québec, voici quelques activités de notre carnaval hivernal :

 

Les défilés de nuit : Ils sont très populaires et courus, et le thème de cette année est la Mascarade.  Voir toutes ces lumières et couleurs, ces masques démesurés, ces clowns et personnages costumés qui entraînent la foule, c’est féerique !    Bien vêtus de leur  plus chaud manteau, leur tuque et leurs mitaines, sans oublier une bonne paire de bottes d’hiver, les carnavaleux et carnavaleuses se collent les uns aux autres pour regarder le défilé de chars allégoriques.  C’est la fête, on se colle les uns aux autres, c’est plus chaud !  Les enfants ont les yeux grands ouverts, bien emmitouflés, grimpés sur les épaules des plus grands pour tout voir.  On rit, on applaudit, on souffle dans la flûte du carnaval, c’est la cacophonie, mais ce sera un beau souvenir jusqu’au prochain défilé…

 

Les sculptures sur neige : des sculpteurs venus de partout dans le monde se réunissent et sculptent d’énormes blocs de neige, des objets de tous les jours, des animaux, des scènes de la vie quotidienne prennent forme sous leurs mains, je devrais plutôt écrire sous leurs mitaines, car ils doivent s’habiller chaudement. Nous y découvrons de merveilleux talents.  Avez-vous déjà sculpté avec une pelle ?

 

 

 

 

 

La course en canot :  c’est une course pour les courageux, car le fleuve est glacé.  Cette course est un sport de compétition extrême, pourtant dans l’histoire des québécois, les ancêtres traversaient le fleuve St-Laurent en canot, car c’était le seul moyen de transport en hiver.  Les canotiers qui participent à cette compétition, traversent le fleuve en côtoyant parfois des blocs de glace, ils doivent être très agiles, c’est une compétition d’endurance et de risque.

 

Le bain de neige : quoi de mieux pour montrer à nos amis qu’on n’est pas frileux que de prendre un bain en maillot de bain (parfois sous les -20 degrés celsius !). Vous grelottez juste d’y penser ! Cette activité est pourtant populaire et qu’après le bain c’est le sauna. C’est une expérience inoubliable qui donne de l’énergie.

 

La grande virée : c’est une course d’attelages de chiens de traîneau dans les rues du Vieux-Québec enneigées pour l’occasion.   Après avoir vu cette compétition, les spectateurs se promettent de profiter eux aussi d’une ballade avec les chiens de traîneau dans nos forêts québécoises, pour admirer les paysages blancs de neige et respirer l’air vif de notre climat, le corps bien au chaud sous une couverture de laine du pays comme au bon vieux temps.

 

Il  a plusieurs autres activités, spectacles en chanson, en danse, promenades en carriole au son des grelots, et d’un hiver à l’autre, de nouvelles activités s’ajoutent, comme la course de raquettes, le spectacle de bûcherons acrobates, la tyrolienne qui traverse le ciel des Plaines d’Abraham.   Pour ceux et celles qui veulent en voir davantage, je vous invite à visiter le site du Carnaval de Québec à l’adresse suivante :   http://www.carnaval.qc.ca/ . Vous pouvez aussi compléter avec : http://www.linternaute.com/voyager/carnaval/quebec/quebec.shtml   

 Il y a aussi cette vidéo très intéressante avec une chanson entraînante : http://video.google.fr/videoplay?docid=-1421155355143452181&ei=CgWXSYKQCISQ2wLi8ci7Cw&q=Carnaval+de+Qu%C3%A9bec&hl=fr

                               

 

Le Carnaval de Québec est le plus gros, mais plusieurs autres petits carnavals se font dans nos villes et villages en province, et plusieurs écoles organisent en collaboration avec les étudiants, un Carnaval à leur façon, où tous peuvent profiter des jeux d’hiver ou des activités sportives reliées à notre climat : patinage, glissade, ski, courses de raquettes, batailles de boules de neige. Toutes ces activités font oublier les rigueurs de l’hiver, et mettent en valeur les avantages de notre climat.

 

Avant de terminer, pour vous sucrer le bec, voici des petites gourmandises délicieuses et populaires au Carnaval :

 

Queue de castor, c’est une pâtisserie frite qui ressemble à la gaufre, elle est étirée pour prendre la forme de la queue du castor, et elle est recouverte de chocolat ou saupoudrés de sucre et de cannelle. On peut visionner cette vidéo : http://www.tqs.ca/videos/recettes/2008/02/didier-girol-et-sa-recette-de-queue-de-castor-24127.php et la recette détaillée peut être prise ici : http://chefcuisto.com/recette/2008/02/29/biscuits-queues-de-castor/

 

Tire sur la neige : on fait cuire le sirop d’érable jusqu’à un certain degré, ensuite on rempli une auge avec de la neige propre, et on verse sur la neige la tire d’érable encore chaude.  Ensuite on enroule la tir sur un petit bâtonnet, elle refroidit et durcit.  Délicieux et très sucré !  En visitant ce site, on peut voir les étapes pour faire de la tir sur la neige :

http://www.maplebymail.ca/tire.htm

 

Comme on le dit au Québec : « attachez vos tuques avec d’la broche ! » et venez vivre le Carnaval de Québec !

 

Cet article a été réalisé à partir du texte rédigé par Jocelyne que je remercie de sa contribution. Au niveau du crédit des photos, je voudrais exprimer ma reconnaissance à Madame Andrée-Anne Stewart, adjointe aux communications de « Carnaval de Québec » pour son autorisation de parution en ligne de l’image représentant l’ouverture des feux du Carnaval. Les autres photos proviennent d’amis de Jocelyne ayant personnellement assisté à cette manifestation ou bien ce sont des images libres de droit provenant de « wikipedia ».

Tags : , , , , , , , ,

« Billets précédents Billets suivants »