Le CDI des matagots

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Français/rédaction : Corrigé du Brevet, 2003, Est.

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Voici un sujet donné au brevet en 2003 à Besançon. Le texte est un extrait de Bel-Ami de Maupassant et relate un épisode où le personnage principal est en proie à la peur à la veille d’un duel qu’il doit livrer :

« Vous raconterez, dans votre journal intime, un moment de grande peur qui eut une fin heureuse. Vous ferez alterner récit et expression des sentiments et vous ne manquerez pas d’inclure dans un passage argumenté votre combat entre la peur et la raison. »

Ce qu’il fallait faire avec ce sujet :

– racontez un moment de grande peur qui se termine bien

récit au temps du passé ou au présent.

– dans un journal intime -> écrire à la première personne du singulier (je)

– alternance récit et expression des sentiments.

mots pour décrire les sentiments : peur, effroi, stupéfaction, frayeur…

– passage argumenté dans lequel la peur combat avec la raison

questionnement sur le modèle du texte lui-même.

Ecriture :

Cher Journal,

Voilà longtemps que je n’ai rien écrit : j’étais sous le choc et le suis encore un peu aujourd’hui. J’ai ressenti il y a de cela quelques jours une terrible frayeur. Mon chien m’a échappé alors que nous étions en promenade dans la rue Bourgain. Fou de joie à l’idée d’être libre et de pouvoir enfin courir à sa guise, il s’est précipité sur la route. Affolée, je me suis jetée à ses trousses afin de le rattraper et de le remettre en laisse. Mais lui jouait et plus je courais, plus il semblait s’amuser. Sur la route, ce n’était vraiment pas prudent ! Alors qu’il contournait un obstacle pour m’échapper de nouveau, une voiture arriva  brusquement et je ne vis bientôt plus mon petit animal. Mon sang ne fit qu’un tour. Je crus même entendre un choc frontal. Alors que la voiture m’avait dépassée, son conducteur s’arrêta, sûrement alerté par le bruit. Il descendit du véhicule. Moi, j’étais incapable de bouger. Mon chien avait-il pu éviter les roues de la voiture ? Se pouvait-il qu’il se cache encore, qu’il soit vivant ? Les images défilèrent dans ma tête. J’étais sûre de l’avoir perdu à jamais. Aucun son ne venait de l’avant de la voiture. A la suite de l’automobiliste, j’avançai, tremblante, peinant pour respirer. Je le voyais déjà aplati sous les roues, des images horribles, sanguinolentes me submergèrent. Je devais aller voir et ne le souhaitais toutefois pas. Je préférais m’épargner cette vue atroce. Mon corps néanmoins se déplaça et avant même que j’aie pu voir l’avant de la voiture j’entendis des  pattes sur le sol. En me retournant, j’aperçus mon jeune  chien, sain et sauf, qui courait vers moi, penaud. Le conducteur parut soulagé. Je repris une profonde respiration et caressai affectueusement l’animal qui fut la cause d’une si grande peur. Seul un coussinet était déchiré mais la plaie était superficielle. Je suis restée plusieurs minutes sur le trottoir avant de pouvoir regagner mon domicile. Malgré la joie de le retrouver, je ne pus me remettre de cette frayeur que quelques jours plus tard.

Voilà la raison de mon silence, cher journal.


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