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Bill Bryson, âgé de quinze ans vit en compagnie de ses parents, de son frère et de sa sœur. Cette famille américaine demeure dans un quartier de Boston au bord de la Charles River. Victime de l’obésité qui touche maintenant plus de neuf pour cents des enfants de douze à dix-sept ans, Bill pèse 150 kilos pour 1m60.
Vous vous demandez quel est le péché mignon qui lui procure un corps d’athlète et une énergie sans pareille ! C’est le Nutella. Vous connaissez peut-être cette exemplaire Pâte à Tartiner aux noisettes et au Chocolat, si peu grasse qu’elle ne contient que des huiles notamment végétales qui sont tenues en suspension par de la lecithine de soja (un émulsifiant excellent pour la santé !), si goûteuse grâce au lait écrémé en poudre présent à seulement 6,6% et surtout grâce à la considérable présence du chocolat au cacao maigre de 7,4%. La cerise sur le gâteau est bien entendu le sucre ainsi que l’arôme artificiel qui donne envie d’en manger indéfiniment, ce qui permet aux commerçants d’en vendre encore et encore avec délectation jusqu’à plus de 70000 tonnes par an en Amérique. Sachez quand même que le mot Nutella est composé de « nut » (noisette) et « -ella », suffixe de nombreux prénoms italiens comme Isabella ou Stella. Le Nutella serait alors comme un véritable être humain et nous devrions lui dire merci plus souvent car c’est lui qui créé le déséquilibre entre notre apport calorique quotidien et nos dépenses énergétiques. Dans 100 g de Nutella, il y a 530 kcl soit un quart des besoins caloriques journaliers or un pot a une masse de 400g. Ah oui, important de le signaler, la publicité va même jusqu’à nous dire comment goûter convenablement. Elle a inventé « le goûter Nutella » : pain 30g, Nutella 15g, yaourt 125g, jus d’orange 100ml soit 250kcl. Cette publicité, proposant des plaisirs extrêmes aux yeux des enfants, provoque chez eux des troubles psychologiques. Ainsi l’enfant est « envoûté» et « poussé» à la consommation d’un produit unique et qui lui procure un « bien-être » fou. Il n’y a qu’à voir le pauvre Bill !
Franchement, tirons révérence à la publicité qui maîtrise prodigieusement la société dès son plus jeune âge.
Enfin, aujourd’hui, Bill qui est accro au Nutella n’en a plus chez lui. Quelle honte ! Il s’empresse donc d’aller en acheter. En errant, désespéré, il aperçoit enfin une petite épicerie, enfoncée dans un coin sombre de la petite rue Nutellife. Sur l’enseigne est collée une publicité pour le Nutella qui récite visiblement « Nutella vous accompagne au quotidien » et « En ce moment pour 2 pots achetés, le 3ème est offert». Cette affiche ne passe pas inaperçue aux yeux de Bill qui se hâte dans le petit Superpot, pardon, la petite superette. Intrigué par un produit à l’emballage doré, il s’en approche et constate que c’est un pack de trois pots de Nutella. De retour chez lui, il ouvre instinctivement les trois pots dorés et en gobe goulûment ce qu’il appelle l’or brun mais, à notre avis, qui ressemble plutôt à un magma d’huile marron. Mais quelque chose lui semble différent, ce Nutella n’a pas le même goût que d’habitude. Il tâte alors la matière de ses lèvres si joliment colorées de chocolat (comme dans la publicité vous savez). Ce geste confirmait alors sa pensée, ce chocolat-là est meilleur. Le garçon, relativement ventru, en veut un autre exemplaire. Il demande alors à sa mère d’aller en acheter au même endroit que lui. Malheureusement, il n’y avait plus les même pots, Mme Bryson lui en achète un, par conséquent différent, mais toujours de la même marque, Nutella. Bill, pas content, commence à « faire des siennes » à sa brave mère qui commence à s’énerver elle aussi, mais calmement :

 » Mais enfin Bill, c’est toujours du Nutella !

– Non, celui-ci n’a pas le même emballage. Il y a marqué dessus Nutella votre complice au quotidien, sur l’autre était marqué vous accompagne au quotidien.

– Et bien, c’est pareil !

– Non, ça n’a pas le même goût ni le même usage.

– Tout ça pour une question de publicité. Ne sois pas idiot, ne prends pas au mot ce qu’il y a écrit sur l’emballage, c’est juste pour promouvoir et mieux vendre le produit !

– C’est comme de la publicité mensongère alors !?

– Mais non, ne dis pas de sottises, c’est absurde, ça n’a strictement rien à voir ! J’en ai rien à fiche, je veux le même sinon je jette celui que tu m’as acheté !

– Ils ont bien trouvé leur slogan les promoteurs, dit-elle mécontente et à part ; il en faut de l’énergie pour être un enfant ! « 

Vincent et Robin – 2nde 3

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